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Echange de réflexions et d'opinions sur des sujets de société et d'actualité, avec un intérêt marqué pour l'Afrique, les finances, le cinéma et l'humaine condition. Mise à jour le dimanche soir
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18-11-2009 Général
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... Raison d'Etat

Machiavel a-t-il toujours raison ?

La raison d’Etat peut-elle supplanter les droits de l’homme ? Les intérêts légitimes de l’état priment-ils sur les intérêts légitimes des citoyens ?

Formuler ces questions ne fait sens qu’en Occident et encore, depuis peu. Autrefois ou ailleurs, la primauté de l’état, du clan, du groupe sur l’individu s’impos(e)ait naturellement: que de rites, de sacrifices, d’excommunications, d’exils, de condamnations, d’affaires étouffées au nom  de cet « Etat » ou …des hommes qui s’en réclament.

La question de sa légitimité n’est pas résolue mais mérite d’être posée ; elle n’est pas que rhétorique ; en tout cas, elle ne l’était pas pour les époux Julius et Ethel Rosenberg, arrêtés en 1951 pour avoir livré des secrets atomiques aux Russes, condamnés à la chaise électrique et exécutés en 1953. Ils étaient juifs et communistes dans une Amérique bouleversée par le début de la guerre de Corée, la récente victoire de Mao en Chine et l’explosion de la première bombe atomique russe qui privait les Etats-Unis du monopole atomique mondial.

MacCarthy réussit à convaincre ses concitoyens que les ennemis de l’Amérique, principalement les communistes, pouvaient aussi se cacher en son sein et qu’il s’agissait de les débusquer.

C’est dans cette ambiance paranoïaque que le couple fut inculpé sur dénonciation du frère d’ Ethel Rosenberg, membre de leur réseau d’espionnage quasi familial et arrêté quelques jours plus tôt. Julius Rosenberg et sa femme nièrent jusqu’au bout et d’être communistes et d’avoir transmis des renseignements aux Russes. Leurs négations répétées, leur profil modeste et ordinaire, leurs jeunes enfants ébranlèrent le monde. Des comités de soutien se multiplièrent dans la majorité des pays libres, encouragés par les partis communistes et soutenus même par le pape. Einstein en personne exprima son incrédulité à propos de leur culpabilité !

Or, la NSA ( National Security Agency) possédait la preuve de leur forfaiture. Mais cette agence de renseignement US ne la divulgua pas au procès au nom de la « raison d’Etat ». En réalité, les époux correspondaient avec les Russes en utilisant un code chiffré alambiqué que la NSA avait décrypté. En faire état au procès aurait averti les Russes des failles de leur système de communications qu’ils se  seraient empressés de modifier.

Tout ceci ne fut publié que 40 ans plus tard, après la chute du mur de Berlin, mais en 1953 lorsque les époux Rosenberg furent grillés sur la chaise électrique, ils pensaient que seul le témoignage de leur frère et beau-frère les accablait. Ils n’ont donc jamais plaidé coupables, espérant que le tribunal d’abord, le président (Eisenhower) ensuite leur éviteraient la peine capitale.

Non seulement les principaux intéressés ignoraient la preuve détenue contre eux mais les comités de soutien, leurs proches, y compris leurs propres enfants les croyaient innocents. Après leurs exécutions, l’Amérique fut vilipendée ; J-P Sartre écrivit « L’Amérique a la rage ! ».

 

Je ne dis pas que preuve sur la table, il n’eut pas fallu se mobiliser contre leurs exécutions mais c’est un autre débat. La question qui me taraude ici pose les limites de la raison d’Etat.

Peut-on envoyer quelqu’un sur la chaise électrique et laisser ses enfants grandir sans plus d’explications ?

 

« Salus patriae suprema lex »

Il ne fallut pas attendre le 16° siècle et Machiavel pour disserter sur ce thème. 350 ans avant Jésus-Christ, Platon écrivit ; «  Le mensonge est utile aux hommes, comme une espèce de pharmakon dont l’emploi doit être réservé aux médecins et interdit aux profanes . C’est donc aux gouvernants de l’Etat qu’il appartient de tromper les citoyens et les ennemis dans l’intérêt de l’Etat et personne d’autre n’y doit toucher ».

Avec le temps l’analyse s’est affinée pour convenir de circonscrire l’exercice de la raison d’Etat dans une quatruple limite :

-       la fin doit être d’utilité publique, non l’utilité du pouvoir, mais le salut public

-       le pouvoir qui l’exerce doit être légitime

-       les moyens employés dérogent à la légalité sans que celle-ci ne soit abolie

-       les circonstances doivent comporter l’urgence et la nécessité.

 Pour ma part, ayant éparpillé quelques illusions au long des mes jours et de mes heures, je m’accommoderais d’une certaine "raison d’Etat" lorsqu'en contrepartie sera conceptualisée et admise au bénéfice des citoyens une certaine « raison de l’Humain », basée - mutatis mutandis- sur les quatre mêmes principes, qui légitimerait l’action citoyenne personnelle ou collective.

Ce que l'Etat s'arroge à titre dérogatoire aura ainsi son pendant au plan individuel.

On admettrait ainsi qu’à défaut de pouvoir se loger ou se nourrir, les citoyens – à titre d’utilité personnelle, pour eux-mêmes, sans abolir les lois et vu l’urgence- puissent squatter les logements abandonnés, mendier dans le métro sans être chassés  ou voler leurs pitances (uniquement en grande surface) ; on tolérerait que des citoyens, aux mêmes motifs, passent les frontières et traversent les murs ; ceux des pays et  ceux de l’intolérance.


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18-11-2009, 00:18:03 JLH
Terre des hommes  
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11-11-2009 Général
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Etre ou devenir ce que nous sommes censés être, manque singulièrement d’intérêt. Aussi, quel souffle de fraîcheur de voir certains courtiser les chemins de traverse.

Ainsi,  à l’université de Nanterre, cet étudiant qui devait répondre  à une question de chimie,

 «  L’enfer est-il exothermique ou endothermique ? ».

Il savait évidemment ce que signifie ces termes (exothermique : qui évacue de la chaleur et endothermique : qui absorbe de la chaleur) ; il connaissait également la clé de la réponse attendue, basée sur la loi de Boyle ( si un gaz se dilate il se refroidit et inversement), mais il choisit la tangente que son  professeur, beau joueur, a posté sur le net .

 

«  Premièrement, nous avons besoin de savoir comment varie la masse de l’enfer avec le temps. Nous devons connaître à quel rythme les âmes entrent et sortent de l’enfer. Je pense qu’on peut assumer sans risque qu’une fois entrées en enfer, les âmes n’en sortent plus. Leur nombre est donc infiniment croissant.

De même, pour le calcul du nombre d’entrées en enfer, nous devons regarder le fonctionnement des différentes religions qui existent de par le monde.

La plupart de ces religions affirment que si vous n’êtes pas membres de leur religion, vous irez en enfer. Comme il existe nombre de religions exprimant cette règle et comme les gens n’appartiennent en général qu’à une seule religion, nous pouvons projeter que toutes les âmes vont en enfer, damnées par l’une ou l’autre des religions concurrentes.

Maintenant regardons la vitesse de changement du volume de l’enfer parce que la loi de Boyle spécifie que «  pour que la pression et la température restent identiques en enfer, le volume de l’enfer doit se dilater proportionnellement à l’entrée des âmes ». Par conséquent, cela donne deux possibilités :

-       si l’enfer de dilate à une vitesse moindre que l’entrée des âmes en enfer, alors la température et la pression augmenteront jusqu’à ce que l’enfer éclate.

-       si l’enfer se dilate à une vitesse supérieure à la vitesse d’entrée des âmes , alors la température diminuera jusqu’à ce que l’enfer gèle.

Laquelle choisir ?

 

Si nous acceptons le postulat de ma camarade de cours Jessica m’ayant affirmé en première année «  Il fera froid en enfer avant que je ne couche avec toi » et en tenant compte du fait qu’elle est venue se coucher près de moi  la nuit dernière, alors l’hypothèse doit être vraie ; il fait froid en enfer. Ainsi je suis sûr que l’enfer est exothermique et a déjà gelé.

 Le corollaire de cette théorie c’est que l’enfer ayant gelé il n’accepte plus aucune âme et du coup, il n’existe plus. Laissant ainsi seul le Paradis et prouvant l’existence d’un Etre divin que la nuit dernière Jessica invoquait sans cesse ; «  Oh… mon Dieu ».

 

Et si cette histoire n’est pas véridique, elle n’en est pas moins rafraîchissante.

PS: ce post doit beaucoup à Internet

 


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11-11-2009, 13:23:43 JLH
Il était une fois  
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04-11-2009 Général
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Les kinois ont érigé la gouaille, la répartie et la dérision en art existentiel c.-à-d. essentiel à leur survie. Nous partageons avec eux une forme de surréalisme belgo/congolais, telle cette fable du " Crocodile et du scorpion". 

*   *   *   *

Un jour, à Kinshasa, un scorpion demande à son voisin crocodile de l'aider à traverser le fleuve Congo pour se rendre à Brazzaville.

" Je dois visiter ma mère de l'autre coté du fleuve mais je ne sais pas nager. Laissez-moi monter sur votre dos, Monsieur Crocodile ."

Le crocodile se méfie:" Je vous connais vous les scorpions. Quand nous serons au milieu du fleuve, tu me piqueras et nous nous noierons tous les deux".

"Pourquoi ferais-je cela? lui répond le scorpion. Si je vous pique, je meurs noyé."

Devant tant de logique, le crocodile se laisse convaincre et il se mit à l'eau, le scorpion cramponné à son dos.

Soudain, arrivés au milieu du fleuve, le scorpion le pique à la nuque et le crocodile sent la paralysie l'envahir.

"Mais pourquoi as-tu fait cela? lui demande le crocodile avant de perdre connaissance.

Et le scorpion lui répond en glissant sous les eaux:" C'est comme cela. Faut pas chercher, on est encore au Congo, non ? "

*   *   *   *

Cette fable, assez connue à Kinshasa, se trouve en exergue d'un livre récent " Réforme au Congo: attentes et désillusions" dont nous aurons l'occasion de reparler.

Rédigé par un collectif d'intervenants directs dans le domaine du développement, il fait un simple constat;" Les problèmes sont identifiés, les causes et les solutions aussi .... mais les choses vont de mal en pis".

Alors? "Est-ce comme cela et il faut pas chercher. Ou au contraire, il faut chercher, même si on est encore au Congo ? ".  Il le faut car la preuve que quelque chose d'autre est possible, qu'une autre Afrique se profile saute aux yeux .. à Kigali.


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04-11-2009, 23:31:55 JLH
Africa   il était une fois  
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25-10-2009 Général
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Le « Mémorial du Souvenir » à Kigali est une bâtisse blanche à flanc de colline surplombant un alignement de fosses communes où plus de 200.000 personnes ont été ensevelies.

Il n’y a ni chaise ni banc dans les différentes salles ; alors on s’adosse aux murs pour ne pas vaciller devant l’indicible. Empreint de dignité et de retenue, le musée témoigne du dernier  génocide (1994) perpétré par les hommes. A le visiter, on se doute que les relations diplomatiques avec la France ne seront pas rétablies demain !

Est-ce pour ne pas accabler plus que nécessaire les génocidaires et/ou les survivants que le parcours se termine par un rappel des autres génocides (du grec genos= race et du latin caedere= tuer) qui secouèrent l’histoire récente ?

En reprenant souffle dans les jardins du cimetière collectif, je me demande comment les hommes au pouvoir entre 1990 et 1994 ont pu rester aussi longtemps aveugles, sourds et muets devant les prémices évidentes du génocide : Mitterrand, Balladur ( 1° Ministre, d’origine arménienne d’ailleurs !), Juppé, ( Affaires étrangères), Léotard (Défense) en France - Boutros-Boutros Ghali ou Koffi Annan à l’ONU et chez nous Willy Claes (Affaires étrangères) ou Dehaene (1° Ministre). Comment ont-ils pu poursuivre une « carrière » politique après un tel aveuglement. Et même s’il est plus aisé de faire le bilan accablant de nos politiques stupides maintenant que dans l’action, comment peuvent-ils ne pas se sentir un peu responsables, un peu solidaires et en tirer les conséquences ? Pas coupables peut-être mais au moins responsables. Et comment ne pas comprendre ces soldats, nos paras ou les autres, rappelés au pays dès le 21 avril par les politiques apeurés qui, de rage, déchiraient leurs bérets bleus  conscients du drame qui se jouera jusque fin juillet : trois mois de honte pour nous tous.

Les victimes rwandaises rejoignent ainsi au panthéon des horreurs humaines les 65.000 Hereros tués en Namibie en 1904, les 200.000 bosniaques tués en 1991, les 1.500.000 arméniens tués en 1915, les 2.000.000 cambodgiens tués en 1975, et les 6.000.000 de juifs tués en 40-45.

Est-ce un soulagement de constater que les bourreaux sont chaque fois différents et que chaque race se retrouve à son tour au banc des accusés ? Ou faut-il désespérer de la race des hommes ?

Si on doit retenir quelque chose de ce drame, il faudrait se souvenir que les allemands n’ont pas tué 6 millions de juifs d’un coup de canon et que les interahamwés n’ont pas tué un  million de tutsi d’un coup de machette. Ils en ont tué un ; puis un autre ; puis encore un- après s’être reposés, avoir mangé et qui sait, prier, ils en ont encore fusillé un puis tronçonné un autre. Les génocides ne sont pas des actes collectifs anonymes, ils sont la somme d’actes individuels.

Mais est-ce plus rassurant ?


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25-10-2009, 17:16:21 JLH
Africa  
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