28.05.2006
Pleurez musulmanes (1)
Catharine A. Mackinnon est à l'origine de la reconnaissance, en 1986 par la Cour Suprême des Etats-Unis, de la notion juridique du harcèlement sexuel. Cette théoricienne et militante féministe américaine publie aujourd' hui un livre en français où elle compare l'oppression masculine et le terrorisme islamique; même guerre planétaire, longtemps niée par les autorités, stucture nébuleuse mais efficace etc.
Elle reconnait vouloir frapper les esprits et réveiller les consciences par ce rapprochement hasardeux. Elle vogue évidemment sur une vague porteuse et façile. Regardez les ventes des titres récents publiés par les maisons d'édition françaises: Brulée vive de Souad- Mutilée de Khady- Mariée de force de Leïla- La femme lapidée de Sahebjam- Défigurée de Rania al Baz- Ma vie d'esclave de Nazer .
Personne ne prétend qu'il fait bon vivre en terre d' Islam ni que le droit et le sort des femmes y soient une priorité. Mais peut-on systématiquement braquer les spots sur les ressorts les plus obscurs de l'être sans , en même temps parler des combats et des résistances engagées par les femmes sur place. Bien sûr il faut vendre et le lecteur veut être ému pas édifié. Mais il est pervers d'insinuer que les victimes de l'oppression masculine ne le sont qu'au nom de l'islam; que les hommes, qui n'y sont pour rien, n'ont - vraiment ma chère- pas d'autres choix et pire que c'est l'occident seul qui donne aux victimes la liberté, le courage d'écrire, la tribune et au passage le nègre blanc pour tenir la plume et le mouchoir pour renifler.
J'ai donc regardé avec jubilation Viva Laldgérie de Nadir Moknèche. Dans ce film tourné à Alger par un algérien, les femmes ne sont voilées que dans la rue et encore, elles possèdent un humour, un talent et une aptitude au bonheur réconfortants.

( 1 ) ce post doit beaucoup à Fawzia Zouari.
22:54 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : afrique du nord, cinema |
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