28.11.2006

Boogie-Woogie

RenaudPatignyOn nous avait prévenu: en sortant, svp ne faites pas de tapage, ne renversez pas les poubelles et ne pissez pas dans les boites aux lettres.

 

Faut pas déranger Etterbeek l'endormie en quittant la salle des fêtes du collège Saint Michel ,même si trois heures durant on a tapé des pieds et des mains au festival de Boogie Woogie qui venait de s'achever.

Car ils ne sont pas très rock & roll les etterbekois, plutôt brushing et chants grégoriens.Mais cela n' empêcha pas 1,200 personnes de passer une excellente soirée boogie-woogie, vous savez cette musique du diable, à la frontière du jazz, du blues et du rock, apparue il y a près d'un siècle dans les campements d'ouvriers noirs au sud des Etats-Unis.

Sont-ce les sons (!) les couleurs et les rythmes africains qui m'enchantent dans cette musique?

J'ai senti la présence dans la salle de milliers de fantômes venus du continent noir, de la Louisiane et du Mississippi. Ils étaient très fiers. Ils sont venus comme chaque année et reviendront aussi l'année prochaine . Moi aussi, même si je ne peux pas taper dans les boites aux lettres en pissant dans les poubelles.

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Immo-Congo ; fausse piste et vrai souci

La presse a tartiné des colonnes pleines sur l'imbroglio juridico-financier d'Immo-Congo. On reproche à la Région Wallone et à la Communauté française la manière utilisée pour l'achat, à Kinshasa, d'un immeuble destiné à loger la délégation Wallonie-Bruxelles, centre culturel phare de la présence belge en RDC. Ce centre je le connais.

Délogée des locaux qu'elle louait, cette délégation choisit un bâtiment mis en vente par une veuve italienne, résidente à Monaco qui en demandait plus de eur 2 millions. Cette dame, je la connais.

Seulement voilà, si la Communauté française avait l'argent pour acheter l'immeuble, la Région Wallone n'avait pas un sou vaillant pour payer sa part.Donc, on recourut à un montage via une société privée qui acheta l'immeuble pour le louer ensuite aux pouvoirs publics belges.

Et comme souvent dans ces cas-là, la société privée, heureuse élue pour " porter" le montage, fut composée des petits amis des uns, des camarades des autres, des relations du troisième etc. Bref, l'écheveau habituel où chacun doit y trouver son content.

Et les oubliés du système de se rappeler au bon souvenir des uns et des autres en dénoncant le dossier, la bouche en coeur, au moment le plus opportun. Une commission parlementaire, le parquet saisi et un homme dans le colimateur: Van Cau.

Je n'ai aucune sympathie particulière pour ce monsieur mais je soutiens qu'on se trompe de cible.Car je doute que l'on puisse prouver que le loyer payé ( eur 270,000/an) soit franchement exagéré. D'une part, l'immeuble et la parcelle en bon état sont situés dans le quartier le plus sécurisé de Kinshasa ( ambassades USA et Israël voisines, ça rigole pas) et d'autre part, le marché immobilier kinois est si ténu qu'il n' y a pas, faute de références comparables suffisantes, d'indicateurs fiables de ce qui serait trop cher, surtout en leasing immobilier ( contrat au terme duquel on devient propriétaire du bien loué).

Bien sûr, il y a quelques faiblesses dans le dossier qui seront mises en exergue mais il est un élément qui n'est évoqué nulle part: les impôts congolais!Comme s'ils n'existaient pas ou comme si on avait décidé de les ignorer.

Or, tout opérateur économique étranger qui développe une activité commerciale, industrielle ou financière au Congo doit s'immatriculer auprès du ministère des finances et remplir une déclaration fiscale. Le taux d'imposition est de 40 % sur les profits des sociétés et je doute fort que le fisc congolais rentre dans les subtilités d'un leasing immobilier ou accepte en charges fiscalement déductibles les intérêts d'un prêt bancaire payé en Belgique.

Je crains donc pour Immo Congo une jolie taxation annuelle qui va copieusement plomber le rendement espéré de cette opération.

A moins évidemment, mais je n'ose même pas l'évoquer, que les propriétaires de Immo-Congo n'aient songé à oublier leurs obligations fiscales congolaises, s'étonnant qu'il y ait une loi fiscale en RDC, ayant vocation à être respectée par tous.

De cela, pas un mot dans la presse belge.

Et si nos ingénieux promoteurs wallons caressaient l'espoir d'être discrets sur les modalités de leurs arrangements et les conditions locatives, c'est rapé.

De cela, des milliers de mots dans la presse belge.

00:14 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : africa, belgique |  Facebook |

21.11.2006

Militaires et cie

J'ai du métier des armes une conception assez martiale. Quand on porte l'uniforme, on vit en caserne, on marche au pas et on mange dans des gamelles. Bon, ca fait un peu ringard, je l'admets comme je me réjouis de l'évolution de ce métier.

Pour avoir attendu l' arrivée improbable des Russes pendant 15 mois dans une casemate en bout de piste d'un aérodrome militaire liégeois dans les années 70, j'ai revisité "Le désert des tartares" grandeur nature. Les Russes ne sont jamais venus ( on serait au courant !) .

Que les forces armées deviennent le bras séculiers des opérations de maintien de la paix, notamment en Afrique, me convient bien.

En ce temps là, en 1991 au plus chaud des pillages, du toit de l'immeuble qui nous servait d'abri, j'ai aperçu leurs silhouettes émaciées glisser le long des facades, bardées d'armes et de munitions et pour nous faire repérer par eux j'ai marché à leur rencontre au milieu de la rue , dans leur ligne de mire. Eux, c'était la légion.

Aujourd'hui, j'ai un peu de mal à fréquenter les soldats de la Monuc, en battle-dress et combat-shoes, à la table du petit déjeuner, facturé usd 30, au bar et autour de la piscine de l'hotel le plus sélect de Kinshasa qui facture la chambre usd 170/nuit!

Je sais que ces soldats et sous-officiers sont en transit à Kinshasa pour quelques jours entre deux affectations, mais cela, les soldats congolais qui, au mieux reçoivent une solde de usd 50 par mois ,ne le savent pas. Et il doit bien exister dans la capitale un endroit moins tape-à-l'oeil que cet hôtel pour dérouler les tapis de sol!

Bon si, comme cela semble se  profiler, la transition démocratique congolaise se réalise dans la paix, il leur sera beaucoup pardonné.  

Sous la contrainte

M. Peter, professeur à l'université d'Amsterdam, assume la chaire du cours " Introduction à la culture arabe". Evoquant les premières années de l'islam, il mentionne la bataille de Bard remportée par les partisans de Mohammed.

 Un étudiant intervient:" Il faudrait préciser, Monsieur, que la victoire fut remportée avec l'aide des anges".

Le professeur, un peu interloqué, répond : " Je peux respecter vos convictions mais je suis historien et nous sommes à un cours d' histoire, pas de théologie".

"Mais si vous êtes historien, continue l'étudiant, vous devez vous référer aux meilleures sources possibles. Or, y-a-t-il meilleure source que le Coran qui est la parole même de Dieu ?"

Quelques semaines plus tard, à l'examen, l'étudiant remet une copie sur laquelle il a écrit en majuscule :" LA BATAILLE DE BADR FUT GAGNEE GRACE AUX ANGES" et ramassa un zéro pointé pour cette question.

Outrage, plainte pour racisme anti-musulman auprès du doyen de la faculté qui, femme de surcroît, se voyait bien embarrassée jusqu'à ce qu'elle trouve un compromis: désormais les étudiants doivent s'en tenir aux prescrits du cours mais ont le droit d'indiquer sur leurs copies d'examen, en arabe, tahta al- ikrah c.-à-.d ( j'écris ceci)" sous la contrainte".

Jeu toujours dangereux du " à qui perd gagne" surtout en cette période électorale aux Pays-Bas. Rendez-vous après les élections!

PS: ce post doit beaucoup à Fouad Laroui

13.11.2006

Jazz

Un ami, qui ne vous veut que du bien, vous dit:

" Ne perdez pas trop de temps avant de découvrir le jazz"

23:57 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loisirs, jazz |  Facebook |

Un long week-end de novembre

Dinant s'enorgueillit légitimement d'être la ville natale d'un homme qui a marqué l'histoire de la musique; Adolphe Sax, fils aîné d'une famille de 10 enfants dont 8 moururent prématurément et lui-même veuf d'une jeune épouse qui décéda à 30 ans après lui avoir donné 5 enfants dont 3 survécurent. Bref, un pur enfant du 19° siècle.

Et même si A. Sax vécut bien plus à Bruxelles et à Paris ( où il fut très critiqué et où il mourut ruiné), il est logique que Dinant développe autour de son nom une activité touristico-culturelle de bon aloi.

Le " concours international de saxophone", les jazz-nights et la " Mise à Sax" , concentration de saxophonistes du monde entier qui reçoivent, en s'inscrivant, une pétition qu'ils joueront tous ensemble dans les rues de Dinant, autant d'initiatives louables.

Pour autant que les compétences suivent!

Samedi fin d'après-midi, 1402 saxophonistes se sont retrouvés au pied de la Collégiale pour "une mise à sax" de la ville devant à peu près autant de spectateurs, après avoir effectué une déambulation lente, tristounette et silencieuse(!!) dans les rues de la cité mosane.On s'attendait alors à vibrer au son de ces centaines d'altos, de ténors, de ces dizaines de sopranos sur les airs endiablés des années 50. Las, après avoir eu droit aux inévitables discours de circonstance, les musiciens ont été desservis par une partition aussi enjouée qu'une marche funèbre, une sonorisation intermittente, une visibilité quasi nulle et une retransmision sur écran géant en panne.

Ce spectacle digne d'une fête de patronage mal organisée me ramène à l'esprit que:" l'ambition sans la compétence est un vol". Navré pour les organisateurs mais il faut parfois dire la vérité même si elle dérange.

C'est précisement ce que fait Al Gore qui lui ne manque pas de compétence. Le film-conférence " An unconvenient truth" ( Une vérité qui dérange) se base sur une documentation sans faille, des propos assénés en parfaite concordance avec les illustrations, 100 minutes d'exposé sans panne de son ni d'approximations. Du beau travail, ciselé qui vous convainc, pour autant que de besoin, que la planète terre est malade de ses occupants.

Trois bémols cependant;

- à la sortie du film on serait presque gêné d'être un de ces humains qui polluent autant la planète bleue; encore un syndrome du, très à la mode, devoir de repentance.

- est-ce bien à Al Gore, qui se définit lui-même comme "l'ancien futur président des Etats-Unis" , battu au décompte des voix en 2000 par Bush Jr dans la course à la succession de Bill Clinton ( qui lui, joue du saxophone si vous suivez toujours), est-ce donc bien à Al Gore de parcourir le monde pour présenter sa conférence pour la millième fois dans les amphithéâtres des campus, les cénacles et les cercles des "décideurs". Ca fait quand même un peu représentant de commerce, l'un et l'autre de luxe sans doute mais quand même. Nicolas Hulot me semble, de ce point de vue,  plus intelligemment actif.

- enfin, je ne doute pas de la qualité et de la hauteur des propos et des arguments d' Al Gore; j'en ai manqué quelques-uns car, pour la première fois au cinéma  en 30 ans, à plusieurs reprises, je me suis endormi!

Mais allez quand même voir ce film; mon épouse,qui n'a pas dormi, en dit le plus grand bien. 

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23:26 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : loisirs |  Facebook |

07.11.2006

Le Soir

Ca y est!  Multirécidiviste des fautes d'orthographe, des erreurs de syntaxe, des approximations dans la mise en pages ( cfr à ce propos les pages télé du w-e et le post du 22-09-2005) le journal "Le Soir" a perdu un lecteur.Toute honte bue, nous nous sommes abonnés à la Libre pour 6 mois.Ca commence fort d'ailleurs; sous une photo récente, la Libre confondit  le président Thabo Mbeki et Kofi Annan!!

Après cela, il ne me restera plus qu'un abonnement à L'Echo!

00:26 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : presse |  Facebook |

L'argent fou

Jackson Pollock avait mal à la vie et cherchait dans ses tableaux la représentation " d'une autre réalité" car il affrontait la sienne à reculons; enfance déjetée, alcoolique à 15 ans, célèbre à 27 ans, mort à 44 dans un accident de voiture.

Il n'est donc plus là pour nous expliquer pourquoi sa toile intitulée n°5 de 1948  est devenue, la semaine dernière, la plus chère au monde.Une histoire entre riches; un businessman américain, producteur notamment de U2, Nirvana ou Guns N'Roses, vendeur de cette toile de 240 cm sur 120 cm et un milliardaire mexicain qui déboursa usd 140 millions pour acquérir cette d'oeuvre d' huile coulée. Car Pollock n'a pas peint ce tableau avec des pinceaux; il étendit la toile au sol puis, dans une fulgurance créative, se déplaca tout autour tenant en mains des pots de couleurs percés de petits trous qui laissaient couler des filets de peinture sur la toile en arabesques superposées, à la recherche d' une autre forme de réalité sensée apaiser l'angoisse de l'auteur.

Ce prix de usd 140 mios, qui dépasse l'entendement, détrône toutes les autres ventes précédentes et notamment le "Portrait du Dr Gachet " peint par Van Gogh qui resta, de 1990 à 2004, le tableau le plus cher à usd 82 mios. 

Pourtant Van Gogh mourut pauvre. De son vivant, il ne vendit qu'une toile " La vigne rouge". Dans les 10 ans qui suivirent sa mort, son portrait du Dr Gachet changea 5 fois de mains pour une somme avoisinant les 1.000 euros.

Puis vinrent, d'on ne sait où, les trompettes de la renommée.

 En 1990 un japonais acheta cette toile pour usd 82 mios et stipula dans son testament qu'il souhaitait être incinéré avec ce tableau.

A sa mort, ses héritiers ne respectèrent pas sa dernière volonté et c'est l'expert Christie qui racheta le portrait pour usd 10 millions.

Je raconte ces anecdotes et cite ces chiffres sans parvenir à me forger une opinion autre que de me remémorer le titre du livre écrit en 1990 par Alain Minc " L'argent fou".

 

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06.11.2006

Mixité

Chaque fois que je croise une femme voilée, je ne peux m'empêcher de penser qu'elle le porte un peu à cause de moi.

Pourtant je n'ai rien fait moi; pas un geste, pas une parole ou un regard offensant. Et ce qui me vexe, c'est qu'elle doit avoir une bien piètre opinion des hommes si elle craint que, sans la protection de son hijab, je me laisserais aller à des comportements répréhensibles.

Suis-je donc à ce point dévoyé que la vue d'une chevelure, d'une nuque ou d'une silhouette déclencherait une éruption hormonale incontrôlable? Je lui en veux un peu de ne pas me faire confiance et de se méfier de moi.

Et si elle agit selon  les recommandations de ses frères ou pères, quelle image des hommes reçoit-elle et quelle définition d'eux-mêmes offrent-ils à leurs soeurs ou filles?

Ce ne serait donc pas tant la religion qui impose le voile que le regard des hommes supposé avilissant , concupiscent.

Et je croyais que les taxis conduits par des femmes ( voilées) réservés uniquement aux femmes  ne circulaient qu'à Téhéran.

Or voici que Londres et Rio de Janeiro instaurent également des taxis unisexes ( à Rio !) Qu'au Japon les chemins de fer proposent des wagons interdits aux hommes et qu'on envisage chez nous des jours réservés aux femmes dans nos piscines municipales!

Ségolène Royal a raison; ce qui est en cause de nos jours c'est l'éducation, l'apprentissage du respect à défaut de galanterie et de civilités à défaut de politesse. 

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