04.12.2006
Bamako
Un ami, blogueur à ses heures, attire notre attention sur le film "Bamako" sorti en salle cette semaine et qui met en scène un procès organisé par les habitants d'un village africain contre la Banque mondiale et le FMI, pour les iniquités engendrées par les politiques financières imposées par ces organismes dans leurs vies et leur village.
C'est dans la cour intérieure d'une parcelle d' habitation que les représentants de la société civile expriment leurs douleurs et l'injustice de leurs vies broyées par les promesses fallacieuses de progrès sous couvert de "programmes d'ajustement structurel " imposés par le FMI, autorisés par les pays du nord et soutenus par quelques édiles locaux corrompus.
Le film se déroule au Mali mais il aurait pu être tourné dans quasiment tous les pays africains et dans nombre de pays sud-américains.
Dans les années 90, presque toute l'Amérique latine relevait des décisions du " Consensus de Washington" qui organisait une sorte de tutelle financière de ces pays mais qui était beaucoup plus" Washington" que "consensus" .
" Le problème du FMI, c'est qu'il ne s'agit plus d'une institution représentant des pays, que les acteurs du système financier international en ont pris le contrôle pour mieux protéger leurs intérêts et ceux de leurs bailleurs de fonds " déclarait le ministre des Finances argentin en 2002 lorsqu'il osa refuser un prêt de usd 25 milliards du FMI et , ultime vexation, commenca à rembourser les dettes de l'Argentine à la Banque Mondiale au juste motif qu'avec les politiques financières de ces 2 organismes, l'Argentine mourra guérie!
Depuis lors, il a fait des émules puisque la Russie, la Turquie, le Brésil, l'Inde et l'Algérie ont fait de même.
S'agissant de la corruption qui polluent les flux financiers de toute nature qui entourent les prêts et les aides à destination de ces pays, chacun sait l'importance des sommes qui se retrouvent sur des comptes bancaires secrets ou alimentent les trains de vie dispendieux des dirigeants.
Et pas seulement en Afrique. La Russie et l'Irak sont des exemples d'actualité.La firme Siemens, gigantesque conglomérat, ne vient-elle pas de reconnaître qu'elle utilisait une caisse noire de eur 200,000,000 pour obtenir des marchés dans certains pays.
Jeter la pierre à qui: au corrompu ou au corrupteur?
Au sein même de la Banque Mondiale, le problème de la corruption fait débat car selon certains, la question est un sujet politique et non économique, donc hors de la compétence de la Banque.
D'autres craignent que la Banque n'y trouve prétexte pour suspendre l'aide aux pays qui mécontenteraient l'administration américaine. Qui n'est plus celle de Jimmy Carter, lui qui fit adopter le "Foreign Corrupt practises Act", interdisant aux sociétés américaines de recourir à la corruption.
Depuis lors, sous Reagan, Bush père et Junior ou Clinton, peu de progrès.
Or, il s'agit de porter le fer où cela fait mal; le secret bancaire et les paradis fiscaux, les deux mamelles de la corruption mondiale.
En août 2001, un mois avant les attaques du 11/09, le gouvernement US a opposé son veto à une proposition de l'OCDE visant à imposer une limite (même pas une suppression) aux comptes secrets; " la libre entreprise" vous comprenez!
Depuis lors, les USA ont changé d'avis mais uniquement pour les terroristes!Lorsque ceux qui pourfendent la corruption supprimeront les paradis fiscaux et les comptes numérotés, je commencerai à les prendre au sérieux.
Avant cela, je rigole.
Mais pas elle !

23:05 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : africa, cinema |
Facebook |










Écrire un commentaire