20.03.2007
Water
Il y a 34 millions de veuves en Inde.
Hier encore, elles interrogeaient; " Pourquoi les veuves sont-elles traitées comme cela" et recevaient pour seule réponse : " Demande aux dieux". Longtemps les veuves n'avaient d'autres choix que de brûler sur le bûcher de leur défunt mari, épouser le frère de leur mari ( le "sororat" qui fait toujours la loi dans plusieurs régions du monde) ou vivre, cloitrées dans des maisons pour veuves, la chasteté et la pauvreté jusqu'à leur mort.
Or les filles hindoues pouvaient être mariées très jeunes, même pré-pubères à des hommes beaucoup plus âgés et tomber veuves à l'entrée de l'adolescence.
Water est un superbe film de la réalisatrice Deepa Metha, l'ennemie jurée des intégristes hindous. Elle met en scène le parcours d'une fillette qui tombe veuve dans les années d'avant-guerre et abandonnée par sa famille, rejoint un refuge pour veuves.
Les raisons historiques de ce traitement relèvent de la volonté des hommes, pas des dieux. Volonté de maintenir les femmes, sublimées autant que redoutées pour leur rôle de génitrices, sous le contrôle des maris hantés par la crainte d'une filiation illégitime; volonté d'assujettir les femmes au clan par des liens de sang.
Mais il est difficile de reconnaître ses propres turpitudes, alors on invoque les dieux et les textes sacrés qui s'imposent aux hommes et plus encore aux femmes.On a fait dire à ces textes vieux de 2000 ans que " la femme est la moitié de son mari quand il vit et quand il meurt, elle est donc à moitié morte".
Il fallut, en cette matière aussi, attendre l'avènement de Ghandi pour que changent les mentalités. Petit à petit, car Deepa Metha pourchassée par les hindous extrémistes, a dû terminer son film en cachette au Sri-Lanka .
22:49 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinema, terre des hommes |
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