31.07.2007

Voile et chicha

"L'interdiction du port du foulard en France le rend obligatoire dans nos pays" me dit mi-figue, mi-raisin un ami tunisien.

Dans son pays, une circulaire de 1981 ( la 108) interdit le port de "l'habit sectaire" dans tous les lieux publics. Ce texte, rigoureusement respecté et appliqué, assurait la laïcité et l'égalité homme-femme chères à Bourguiba dans la vie quotidienne. Mais récemment, le gouvernement dut exhumer la 108 tant la recrudescence du foulard, voire de la barbe ( également interdite) a pris de l'ampleur.

Non par le fait d'un prosélytisme ismalique radical ou la percée d'un wahhabisme importé, ni par un changement des rapports homme-femme ; la résurgence d'un sentiment religieux " light" traduit une réaction unificatrice face aux agressions ressenties par la communauté musulmane ( la Oumma) en Palestine, Irak, Afghanistan sur le plan international et en Europe sur le plan identitaire.

Tant que l'interdiction du voile émanait des autorités nationales tunisiennes, les citoyens s'y conformaient, avec souvent un sentiment de modernité qu'ils revendiquaient à l'égard des autres pays musulmans. Mais dès que l'injonction fut décrétée dans les pays occidentaux à l'encontre de leurs soeurs exilées, on ressortit le foulard des tiroirs. Il s'agit plus d'une quête identitaire que d'un retour au dogme.

Les pays méditerranéens sont à l'articulation d'une Europe qui attire et d'un Orient qui fascine. La multiplication des chaînes arabes captées par satellite font découvrir une arabité nouvelle à Dubaï, au Quatar, loin des traditions figées, surannées qui éloignaient les jeunes de leurs racines. Et la confrontation d'une nouvelle et possible identité arabo-islamique moderne soutient très bien la comparaison avec TF1 ou Rai Uno !

Sans omettre que cet occident ne parvient toujours pas à régler le problème majeur qui empeste le climat mondial car il humilie, frustre et révolte; le conflit israélo-palestinien. Les reportages sanglants et déchirants qui occupent 45 secondes aux journaux télévisés européens tournent en boucle sur les chaînes arabes que regardent, révulsés, les fumeurs de chicha dans les salons de thé à la tombée du jour.

Si on conteste aux arabes leur tradition du voile et si on les laisse à leur amertume, voici que se multiplient en Europe les bars à chicha où on peut fumer le narguilé, ce mélange de tabac aromatisé, qui ne contient pas plus de substances toxiques que la fumée de tabac mais dans des volumes beaucoup plus important. Alors qu'une bouffée de cigarette contient 35 ml de fumée, soit 3/4 de litre de fumée par cigarette ( ce qui n'est pas rien), le fumeur de chicha, qui aspirerait sur une soirée 30 à 50 bouffées de narguilé, aurait consommé l'équivalent de 40 cigarettes!

Or, selon le "Bulletin épidémiologique hebdomadaire", en France la moitié des moins de 16 ans ont déjà goûté la chicha.

Par jeu, par curiosité, par souci d'appartenance. Comme on porte le voile au même âge.

30.07.2007

Parc Paradiso

 Agréablement surpris, vaut le détour, même si tout n'est pas parfait.

Mais le regard des enfants sur les rapaces, les marcassins, les murènes et les poissons-chats mérite d'y passer quelques heures, si possible hors affluence.

 Et l'on s'étonne à peine de retrouver soi-même des yeux d'enfants, sauf qu'à contempler tous ces volatiles me revient ce mot de Jean-Luc Fonck:

" Vole avec les aigles ou gratte avec les poules".

 

http://www.paradisio.be/

23:22 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loisirs |  Facebook |

22.07.2007

Modernité

L'être humain a peur du changement, il résiste aux innovations, s'arc-boute à ses habitudes et à ses convictions.

Les exemples sont quotidiens; en cette période de vacances, propice aux photographies, voici ce que pensaient les contemporains de Daguerre, considéré comme l'un des pères de la photographie, des premiers clichés qui demandaient des temps de pose et de développement extrêmement longs;

" Dans ces jours déplorables, une industrie nouvelle est née, qui ne contribue pas peu à confirmer la sottise dans sa foi et à ruiner ce qui reste du divin dans l'esprit des Français"

L'épiscopat allemand à son tour diabolisa la photographie au nom des Saintes ecritures:" Vouloir fixer de fugitifs reflets ( sur une plaque) est non seulement une impossibilité mais le vouloir confine au sacrilège. Dieu a créé l'homme à son image et aucune machine humaine ne peut fixer l'image de Dieu".

Alphonse Lamartine n'est pas en reste:" La photographie se borne à calquer la nature sans la choisir, sans la sentir, sans l'embellir. C'est cette servilité qui me fait profondément mépriser cette invention du hasard".

Baudelaire, dont on aurait pu attendre une vision plus moderniste:" La photographie ne peut qu'être la servante des sciences et des arts mais la très humble servante".

Bonnes vacances!

 

PS; ce post doit beaucoup à Chloé.

Bienséance

Les gorges du Verdon méritent leur renommée; site grandiose, balades sportives ou tranquilles, couleurs changeantes qui affolent l'objectif de votre numérique. Les chemins escarpés réservent aussi quelques surprises.

Ainsi, au fond de la gorge, en suivant une sente au milieu d'éboulis, sommes nous tombés sur une famille hollandaise; le père, les deux jeunes enfants et  la mère accroupie, qui urinait à même le sol au milieu des siens en continuant la conversation. Personne ne lui tournait le dos et nous fûmes plus gênés qu'elle. Nous ne pouvions que passer à coté d'eux, aussi nous sommes nous immobilisés le temps qu'elle se redresse et se réajuste.

Je savais les hollandais plutôt " nature" et décomplexés mais, à la réflexion, qui a raison? Nous, qui nous cachons pour pratiquer une de nos fonctions les plus naturelles?

Les romains défectaient en commun, comme ils faisaient ripaille de concert. Nous avons élevé notre besoin de nous nourrir au niveau de l'art de la table et de la gastronomie. Est-il inconvenant d'imaginer des lieux d'aisance couverts de marbre et de mosaïques, agrémentés de murs d'eau, parfumés de jasmin et de cannelle, les sièges revêtus de palissandre et au fronton de l'entrée ces mots: " C'est ici que tombent en ruines les délices de la cuisine"?

Il existe déjà des toilettes hightech avec sièges chauffants, jets d'eau tiède ciblés à force variable et souffles d'air chaud focalisés.

A la réponse; " on est pas des animaux" je rétorquerais;" pourquoi ne nous cachons pas pour manger?"

Cette fonction, éminemment sociale, mobilise les muscles de notre facies, exprime nos goûts et illustre notre tempérament : on ouvre la bouche, découvrant nos dents, notre langue, notre palais, on mastique, on mord, déchire, suce, glousse, mâche, mandibule, avale, regurgite, rote.

On dévoile assurément plus de notre personnalité que deux fesses sur un pot.

Ce n'est pas Gérard Depardieu qui me contredira. Grand lâcheur de caisses en public, il ne fit aucun effort, raconte Marie Gillain,  pour réprimer un vent, proprement immonde, sur une piste de danse, puis rigolard lança à la cantonnade:" Gazeux ce slow, gazeux".

Et  Depardieu n'est pas hollandais.

15.07.2007

Il faudrait qu'on m'explique (4): vengeance

Enfant, cette très belle femme m'a tenu sur ses genoux en me racontant des histoires. C'était les jours heureux.

Pourtant cette dame, aujourd'hui disparue, connut une vie tragique, au sens grec du terme.Son père mourut trois semaines avant sa naissance; elle fut déposée, à peine emmaillotée, chez une tante qui l'éleva pendant 4 ans; son premier mari mourut à 33 ans d'urémie, son second époux quelques années seulement après leur mariage.

Elle en tira une grande amertume, une mélancolie maladive et un ressentiment si âcre à son égard, de l'avoir une fois de plus laissée seule et abandonnée, que des années plus tard elle fit déterrer le cercueil de feu son mari puis l'incinéra pour le priver à jamais des joies de la " réssurection des corps".

Qu'elle ait été perturbée par les affres de sa vie s'explique aisément mais cette ultime vengeance envers un mari, qui aurait tout autant préféré vivre quelques années de plus, n'a d'égal que le comportement des troupes de dominicains qui, au 13° siècle, déterrèrent le corps des cathares pour les brûler.

Il faut croire que le "consolamentum", venu de Bulgarie déstabilisait la papauté, qui qualifia d'hérétiques ces " bons hommes" pourtant frugaux, pieux, sincères et non violents.C'est que Innocent III ne voulait plus que le Saint Siège revive les tourments des 10° & 11° siècles qui virent 44 papes se succéder dont 10 moururent assassinés!

Mais la croisade contre les  Albigeois, pour autant qu'elle l'eut inspirée, ne me fut jamais racontée par la belle dame brune, lorsqu' enfant elle me contait une histoire avant d'aller dormir.

Tax Freedom Day ( suite)

Elle s'appelait Fatika et travaillait mi-temps aux cliniques St Luc en qualité d'infirmière en soins palliatifs.

Un jour, la directrice de nursing lui proposa la fonction de "chef de service". Sous régime temps-plein évidemment, avec prestations alternées le week-end. Trois grands enfants permettaient à Fatika d'envisager cette promotion. Son mari, inquiet pour son confort de vie, suggéra d'engager temps-plein la femme de ménage qui, jusqu'alors, prestait à leur domicile 4 heures deux fois par semaine. Celle-ci accepta mais demanda à être "déclarée " puisqu'elle n'aurait plus qu'un seul emploi.

Deux constatations s'imposèrent rapidement;

* en s'inscrivant à l'ONSS ( Office National de Sécurité Sociale) en qualité d'employeur ( d'une seule personne, femme de ménage dans son foyer ) Fatika reçut un tombereau de formulaires, notes explicatives et règlements. En réalité, autant et les mêmes que le Directeur des Ressources Humaines de Cokerill-Sambre, car " la loi est la même pour tout le monde", lui répondit-on.

* un simple calcul établit l'impossibilité de supporter le coût d'une femme de ménage ( salaire brut + charges patronales) avec le salaire net perçu par une infirmière, chef de service en soins palliatifs.

Et la chaîne des emplois de se briser, faute de pouvoir répercuter en aval un emploi qui procéderait de celui qu'on exerce.

Alors deux solutions;

a- soit on gagne très, très bien sa vie et on peut poursuivre la chaîne des emplois en engageant un collaborateur, un adjoint, une aide.. mais ceci ne concerne que quelques happy few,

b- soit on accepte les contraintes d'un double horaire ( maison+ boulot).

" Libérez les heures supplémentaires " disait Sarkozy. Ici et pour Fatika, c'est fait!

Si la cascade des emplois se tarit rapidement, privant ainsi la communauté d'un effet d'entrainement salutaire, d'autres éléments de la vie en société peuvent aisément être répercutés. Ainsi, mais est-ce un bien, on peut souvent se défausser de la charge d'un impôt qui vous frappe. Cela s'appelle "la translation fiscale". On en parlera aussi. Mais plus tard.

02.07.2007

Ô ma douleur

Sois sage, ô ma douleur, et tiens toi plus tranquille,

Tu réclamais le soir; il descend; le voici .

 Ma douleur, donne moi la main; viens par ici,

-Charles Baudelaire -" Les Fleurs du mal" .

16:48 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poesie |  Facebook |

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