27.08.2007
Sagesse
Vous êtes, je suis, nous sommes envahis d'informations, de messages, de courriels de niveau très inégaux, souvent non sollicités, qui nous font prendre conscience que les priorités, le sens de l'humour et les centres d'intérêt sont des notions très personnelles.
Il avait raison celui qui écrivit, il y a 150 ans :
"Ce que l'on pense ne doit pas forcément être dit; ce qui est dit ne doit pas forcément être écrit; ce qui est écrit ne doit pas à tout prix être publié; et l'on n'est pas obligé de lire tout ce qui est publié".
10:25 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : citation |
Facebook |
La pyramide de Maslow
Nous avons développé un besoin exacerbé de classer, catégoriser, ordonner, répertorier tout, y compris nos comportements et nos motivations. C'est commode,didactique et rassurant.
" Chaque chose à sa place et une place pour chaque chose".
Ainsi, nos besoins et nos aspirations ont été hiérarchisés en 5 niveaux successifs, représentés sous forme d'une pyramide qu' on escaladerait étage après étage, lorsque le précédent aurait été pleinement satisfait.
Selon Maslow, nous viserions d'abord à combler nos besoins physiologiques, puis repus, nous chercherions à assurer nos besoins de sécurité qui précèdent eux-mêmes nos besoins d'appartenance et d'amour, lesquels, une fois rencontrés, nous permettraient d'assouvir nos besoins d'estime de soi et des autres qui, enfin déboucheraient sur l'accomplissement de soi.
Cette progression séquentielle s'appliquerait aux hommes, aux groupes sociaux et même aux couples.
Abhraham Maslow, qui formula ce concept dans les années 40, a tout faux.
On dit qu'il élabora sa théorie au terme d'une longue observation des humains. C'est qu'il n'avait jamais regardé d' enfants en bas-âge.
On ne passe pas successivement d'une étape à l'autre; toutes les composantes de notre vie s'entremêlent, s'interpénètrent, s'enchevêtrent.
J'en veux pour preuve ( après une longue observation ! ) un enfant de 9 mois, qui n'a évidemment aucune prise sur ses besoins homéostatiques, qui mourrait demain si on ne le nourissait pas, mais qui veut dès maintenant et ici, bien plus que du pain et du lait.
Il est en quête perpétuelle de tout et tout de suite; de sécurité dans les bras de ses parents, d' attention et d'affection dans le regard qu'on lui porte, d'estime de lui lorsqu'il franchit les "premières fois" de sa vie; se mettre debout, escalader un escalier, boire seul son biberon.
Il monte et descend la pyramide de Maslow sans aucune considération pour les paliers à respecter; il crie de faim, de joie, de rage, de frustration, de bon coeur, il expérimente tout, même les limites de son pouvoir à notre égard .
A moins de trois ans, il cherchera déjà à se rendre utile, à recevoir des encouragements et des félicitations car son souci d'appartenance à une famille qui l'estime, s'imposera bien avant qu'il n'ait maîtrisé ses sphincters.
Le soir venu, harassé de ses exploits du jour, qui l'a vu déployer ses forces et ses charmes pour gagner un peu d'autonomie, ressentir une fois encore l'amour qu'on lui porte, tester sa volonté contre la nôtre et progresser dans sa recherche de soi, il doit s'endormir en se disant; " Je suis le roi du monde".
10:20 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : l humaine condition |
Facebook |
22.08.2007
La pirogue
A Kinshasa, le loisir dominical préféré de beaucoup d'expatriés consiste à se promener en hors-bords sur le fleuve majestueux qui atteint, à certains endroits, 15 kms de large.
On part le matin pour une heure de navigation, fouettés par le vent et les embruns; on débarque sur un banc de sable qui affleure à la surface de l'eau;rapidement, on tend une toile, en forme de tente solaire, pour se protéger des rayons brûlants; on se baigne dans l'eau peu profonde et tiède; les hommes s'échinent à allumer un brasero pour y cuire quelques saucisses tandis que de jeunes femmes se font tirer en ski nautique.
Vers 17 h, les hors-bords rentrent vers la ville, sans trop se presser tant les lumières du couchant irisent le ciel. Mais sans s'arrêter non plus, car la nuit déboule en 30 minutes, et avec elle, les moustiques.
Il y a 2 semaines, un groupe d'amis, expats et congolais, avait affrété une baleinière pour une escapade commune sur le fleuve.
Ils étaient une vingtaine sous l'autorité débonnaire d'un capitaine congolais à rentrer en fin de journée, lorsque l'un d'eux aperçut à la surface de l'eau une étrange masse . Il alerta ses amis puis le capitaine qui réchigna à changer d'allure et de cap, le soir tombait. Lorsqu'il y consentit, ils découvrirent, accrochés à un fagot de bois, une jeune femme et son enfant.
Partis glaner du bois sur les bancs de sable les plus proches du rivage, leur pirogue avait coulé et la jeune mère s'était saisie du fagot pour surnager. Comme beaucoup de congolais, elle ne savait pas nager. Elle avait "beaucoup craint " car la nuit venait.
Elle rentra avec la baleinière et ses sauveteurs jusqu'au port de plaisance. Là, elle avisa un groupe de militaires en faction et s'empressa d' accuser la baleinière d'avoir heurté et coulé sa pirogue!Malgré les démentis véhéments des expats, les militaires la crurent un moment. Mais le capitaine exhiba sa casquette et son statut, vrai ou factice, d'officier assermenté pour rétablir la vérité.
Alors les militaires battirent la femme à coups de ceinturons, devant son enfant, longuement. Elle ne cria presque pas. Justice était rendue, rapide, brutale et franche.
Pourtant, l'attitude de la jeune femme ne pourrait n'être ingrate qu'à nos yeux. Je n'y vois, pour ma part, aucune perfidie.
Car ce n'est pas tout de lui sauver le vie.
Quelle vie? Les congolais, qui habitent le long du fleuve, sont souvent des pêcheurs, parmi les plus pauvres, se logeant dans des huttes rudimentaires et commerçant le produit de leur pêche. La femme, déposée au port, se retrouve à des kilomètres de son village, seule, démunie et, plus grave, sans pirogue. Comment retourner vers sa famille, expliquer la perte de la pirogue, en acquérir une nouvelle?
Elle a vite compris que ses sauveteurs sont riches, qu'elle a une chance "d'attraper" quelques dollars. Elle a essayé et perdu. Son dos s'en souviendra longtemps.
La reconnaissance, la gratitude, comme la malice ou la méchanceté lui sont étrangères. Seule comptent sa survie et sa pirogue.
08:59 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : africa, l humaine condition, il etait une fois |
Facebook |
10.08.2007
La mort,la belle affaire.
" Il faut réussir sa vie" nous serine-t-on depuis l'enfance.
On a intégré cette ritournelle sans trop savoir ce qu'elle signifie. Alors on improvise; la course à l'argent, aux honneurs, on cherche à s'intégrer dans tel cercle, à rejoindre telle obédience, à se faire adouber par tel milieu; bref, à se rassurer dans et par le regard des autres. Soit.
On nous a beaucoup moins parlé de réussir notre mort.
D'abord parce que celle-ci est capricieuse et imprévisible, ensuite parce que c'est moins drôle, enfin parce qu'on ne sait pas non plus ce que "réussir sa mort" signifie.
Capricieuse la mort: celle que l'on appelait " The Body", tant ses mensurations impressionnaient avec 101 cm de tour de poitrine mais aussi, dit la légende, 160 de Q.I. mourut décapitée à 34 ans par les tôles en acier qui dépassaient d'un camion que sa décapotable emboutit. Les trois enfants de Jayne Mansfield ( elle en avait 5) qui l'accompagnaient, sortirent vivants de l'accident.
Que ce corps adulé soit tronconné par la mort ouvre un abîme de perplexité.
Moins drôle la mort: le philosophe grec du 5° siècle avant notre ère, Héraclite, soufffrait d'hydropisie. Il imagina un remède à sa façon et demanda à ses esclaves de lui enduire le corps de fumier puis alla s'exposer à la chaleur du soleil. Mais une meute de chiens sauvages ne reconnut pas l'homme sous sa couche d'excréments et le dévora.
Georges Brassens a beaucoup décliné le verbe mourir ; il suffit de l' écouter chanter le poème de Lamartine " La pensée des morts" pour tressaillir.Mais c'est avec " Pauvre Martin" que Brassens aborda la question de la mort avec la plus grande sérenité:
" Et quand la mort lui a fait signe
de labourer son dernier champ
il creusa lui-même sa tombe
en faisant vite, en se cachant
et s'y étendit sans rien dire
"
09:19 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : l humaine condition |
Facebook |
LDL away (3) : yaourt et fromage blanc
Pour les bourgeois du 19° siècle, l'embonpoint était un signe d'aisance matérielle. On les appelait les " ventres dorés " car ils exhibaient une chaîne en or ,entre leur ceinture et leur montre glissée dans son gousset, dont la longueur attestait de leur respectabilité.
De nos jours,les pantalons taille basse justifient quelques efforts dans les choix alimentaires.
Plutôt que se priver, autant cuisiner light. Continuons notre série par deux fondamentaux; le yaourt et le fromage blanc que l'on retrouvera souvent dans les recettes suivantes.
Yaourt:
* Il faut d'abord acquérir une "yaourtière" muni de ses 6 ou 9 pots selon les modèles ( on en trouve en brocante ou "Aux Petits Riens" à 5 euros).
* Ensuite, mélangez 1 litre de lait demi-écrémé avec un pot de yaourt maigre ( ce premier doit hélas être acheté).
* Branchez la yaourtière, remplir les pots et les laisser sans couvercle dans la yaourtière pendant 7 à 8 heures.
* Enfin, placez les pots munis de leur couvercle au frigo, dégustez les mais gardez en un pour servir à la prochaine fabrication.
Variantes; vous pouvez également ajouter au mélange 4 cuillères à soupe de canderel si vous souhaitez un yaourt au goût sucré ou placer une cuillère à soupe de confiture dans le fond de chaque pot por obtenir un yaourt aux fruits.
Fromage blanc:
* Il faut disposer d'une " fromagère" ( en brocante à 5 euros) ou d'un grand thermos.
* Mélangez 1 litre de lait demi-écrémé avec, la première fois, une cuillère à soupe de ferment lactique ( en vente en pharmacie).
* Versez le mélange dans la fromagère et laissez la branchée toute la nuit.
* Au matin, laissez égoutter le fromage durant 15 minutes puis le mettre au frigo. Conservez une petite partie pour la fabrication suivante en remplacement du ferment.
Un litre de lait donne 300 grammes de fromage.
And the LDL is away !
PS: ce post doit beaucoup à Rose
09:14 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cuisine |
Facebook |
Les infirmières et l'étudiant
Voici donc les cinq infirmières bulgares libérées, rentrées au pays après 8 années de détention en Lybie.
Par vagues opportunistes, par moments médiatiques, par intermittences télévisuelles on parlait d'elles, on compatissait un instant puis on zappait. Je crains d'ailleurs qu'il en fut de même pour les hommes politiques car, en définitive, cette question était de nature politique.
Mais aujourd'hui je voudrais dire quelques mots du médecin palestinien qui partagea leur sort. Enfin, de l'étudiant en médecine puisque Achraf Joumaa Hajouj n'était encore qu'un carabin lorsqu'il fut arrêté en 1999.
Si leur détention fut longue et pénible, celle du seul arabe impliqué fut plus dure encore. Les cinq femmes furent rapidement transférées dans un appartement de deux pièces d'où elles ne pouvaient sortir, alors que lui fut enfermé dans l'aile des condamnés à mort de la prison de Benghazi.
" Je ne suis qu'un réfugié palestinien, venu d'Egypte en Lybie avec ma famille en 1971. Je n'ai pas de gouvernement pour s'occuper de moi. Seuls les chrétiens se sont souciés de mon sort".
Pendant qu'il était maintenu en isolement et torturé pendant les 10 premiers mois de sa détention ( on ne le tortura plus dès qu'il fut condamné à mort), sa famille fut malmenée, les parents perdirent leurs emplois et ses soeurs furent chassées de l'université. Ils s'inscrirent alors tous ensemble pour un pélérinage à la Mecque mais, sitôt sortis de Lybie, ils quittèrent les pélerins et se réfugièrent aux Pays-Bas où ils obtinrent le statut de réfugiés politiques en 2005.
Achraf Joumaa Hajouj espère maintenant terminer ses études de pédiatrie en Bulgarie ou ailleurs. Quant aux cinq infirmières, leur avocat français va publier un livre sur leur odyssée, intitulé :" Dans les geôles de Kadhafi".
Combien de pages réservera-t-il à leur compagnon d'infortune?
09:11 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : terre des hommes |
Facebook |









