29.12.2007

HUG

sunriver

Des Etats-Unis je ne connais qu`un seul etat; l`Oregon. En Oregon, je ne connais qu`une ville; Portland. A Portland, je ne connais qu`un quartier; Pearl District.

 C`est dire la connaissance lacunaire que j`ai de cet enorme pays et la mefiance que je reserve a mes premieres impressions. Quelques cliches, auquel on peut s`attendre, sont averes; sentiment d`espace, paysages impressionnants, routes larges et droites, magasins ouverts jour et nuit, obeses handicapes de la vie, professionnalisme en toutes matieres.

Americains et fiers de l`etre, je retiens surtout chez eux une vraie gentillesse ; les voisins, les passants, les commercants, les automobilistes sont affables, disponibles et cette amabilite, que je tenais pour convenue et commerciale, depasse clairement le simple savoir-vivre.

J`en veux pour exemple la circulation routiere. Bien sur, ils roulent dans des vehicules hors normes mais sans aucune agressivite ni impatience ni impetuosite et pourtant, conducteur inexperimente, j`ai plus d`une fois sollicite leur bienveillance.

Au carrefour, pas de priorite de droite. Chacun obeit au panneau `STOP all way`et marque l`arret sur les 4 voies. C`est le premier arrive qui redemarre et les autres suivent selon l`ordre d`arrivee !! J`ignore si ce systeme fonctionne egalement dans les grandes cites comme N-Y mais dans une ville provinciale d`un million d`habitants c`est tres agreable,  comme est plaisante la priorite quasi absolue reservee aux pietons.

Cette gentillesse revet parfois des aspects etonnants a nos yeux: les americains ne se serrent pas la main ou si peu et ne s`embrassent pas les deux joues lorsqu`ils se saluent; ils se donnent un HUG c.-a-d. qu`ils se serrent dans les bras, se donnent l`accolade, s`enlacent. Voir des enfants de 3 ans se donner un HUG a la maternelle ou des joyeux drilles a la sortie d`une boite de jazz s`etreindre chaleureusement, cadre bien avec le sentiment ambiant.

Et on peut comprendre que ce peuple accueillant, qui cultive une vraie volonte de bien faire, s`etonne que ` le monde n`aime pas l` Amerique`. Comme nous nous etonnons que ce meme peuple elise et reelise J.W.Bush.

Il doit donc y avoir deux Ameriques; on peut apprecier l`une tout en refutant l`autre.   

A la veille du Nouvel-An et puisque je suis aux States, j`en profite pour vous donner a tous et a toutes

`60.000 big HUGS`. 

 

PS 1: la photo n`est pas qu`une carte postale, c`est aussi le paysage que l`on decouvre au coin du chemin.

PS 2: texte tape sur un clavier Qwerty ! 

01:26 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : america |  Facebook |

18.12.2007

China wants you

Quelques jours en Algérie pour affaires.

Notre partenaire algérien possède un terrain de 5000 m2 à l'ouest d'Alger et rêvait d'y construire un hôtel 5* de 160 chambres. Dans un pays miné par le chômage, celui des jeunes en particulier, il vient de passer commande pour la construction et la livraison clés sur portes de son hôtel à une firme... chinoise.

 A mon étonnement, il répond prix et compétence."Le chinois travaille mieux, plus longtemps et moins cher que les algériens" soutient-il.

Peut-être a-t-il raison. Les ouvriers chinois vivront dans des containers transformés en base de vie; ils travailleront 7 jours semaine, 10 heures par jour; mangeront des plats chinois préparés par des cuisiniers chinois et ne sortiront du chantier qu'une fois par semaine, encadrés par des chefs d'équipe aux allures de sous-officiers. Bref, ils vivront comme les 750.000 autres chinois d'Afrique.

Leur présence s'explique par les énormes besoins en matières premières réclamées par l'économie chinoise en croissance galopante. Ils troquent ces matières contre des travaux d'infrastructure; chemins de fer au Nigéria et en Angola, barrage au Soudan, aéroports, stades , routes etc . Par opportunisme ou par facilité, ils ne travaillent qu'avec des ouvriers ou sous-traitants chinois et créent peu de valeur ajoutée locale.

D'où un mélange de contentement et de suspicion que leur présence suscite. Car les capitaux affluent; en RDC une enveloppe globale de 20 milliards de dollars a été citée; en Afrique du Sud, le chinois ICBC, première capitalisation boursière au monde avec 337 milliards de dollars, a pris une participation de 5,6 milliards dans la plus importante banque africaine, la Standard Bank, réalisant ainsi le plus gros investissement dans ce pays depuis la fin de l'apartheid.

Si l'Europe fronce les sourcils devant cette offensive chinoise, qui n'est pas neuve ( lire à ce sujet post du 24-09-2005), c'est essentiellement parce que ces investissements ne sont pas " conditionnés": ni bonne gouvernance, ni droits de l'homme ne sont mentionnés dans les rapports Afrique/Chine.

Plus perturbant encore; au moment où l'Europe tente d'effacer la dette des pays les plus pauvres, la Chine lui accorde des nouveaux crédits qui perpétuent le cycle sans fin de l'endettement.

Mais la Chine ne semble pas le seul objectif d'une Chine en effervescence: des fonds chinois ne viennent-ils pas de remplumer la City Bank of America et que dire de l'acquisition de 4,18% du capital de notre Fortis Bank nationale par l' assureur chinois Ping An.

Au moins cette prise de participation fera-t-elle découvrir notre pays au 1,3 milliard de chinois qui, il y a 10 ans, me confiait ne connaître de la Belgique que Tintin, Jean-Michel Saive et .. Dutroux!

19:50 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : afrique, chine |  Facebook |

17.12.2007

L'enfer est pavé...

L'Arche de Zoé n'a que 3 ans d'existence mais elle a déjà provoqué pas mal de dégâts.

Vouloir ex-filtrer 103 enfants tchadiens, plus ou moins orphelins, vers la France afin de les "arracher à une mort certaine", en les maquillant au besoin en blessés à coup de mercurochrome, relève d'un aveuglement fautif tant à l'égard des enfants que des familles françaises d'accueil.

Cette fausse bonne idée repose sur une pseudo-analyse du bien de l'enfant, de la définition du bonheur, de l'(in)capacité des autorités en place à gérer ces questions et privilégie l'action directe voire brutale, érigée en dogme au même titre que le devoir d'ingérence.

Sauf qu'elle met la pagaille à tous les niveaux, comme souvent ces grands gestes de compassion qui se préoccupent plus de leurs auteurs que de leurs "cibles". ( voir à ce sujet post du 31/08/2005 "L'office des étrangers a raison" ).

Au final; des enfants déboussolés, des parents tchadiens plus ou moins complices qui doivent s'en expliquer, des familles d'accueil françaises désemparées et l'arrestation de quelques européens par les autorités de N'djamena qui provoque de malheureux réflexes .

Chez Sarkozy d'abord lorsqu'il affirme virilement:" J'irai les chercher un par un quoi qu'ils aient fait". Chez les diplomates français ensuite qui tentèrent de dessaisir les tribunaux tchadiens au profit de la justice française. Imaginez un instant que quelques tchadiens soient appréhendés en France (ça, ce n'est pas difficile) et que Idriss Deby annonce à la télévision tchadienne qu'il ira les chercher un par un dans les geôles de France!

Plus grave; lorsqu'une ONG " sort des clous", toutes les autres vivent des moments difficiles car les suspicions se répandent aussi vite que les rumeurs.

Doit-on pour autant s'inquiéter pour ces " aventuriers de la bonne volonté", retenus prisonniers dans ce pays instable? Idriss Deby hausse le ton et réclame pour son pays le droit au respect et à l'indépendance judiciaire. Soit. Il serait plus crédible si son bilan démocratique et son action en faveur de ses compatriotes n'étaient pas aussi lamentables.Car le Tchad recrute des enfants-soldats pour lutter contre les insurgés qui ne reconnaissent pas la légitimité de Deby (ah, toujours cette lutte pour le pouvoir!); le drame du Darfour bouleverse l'est du pays au point qu'une force européenne de 3.700 hommes devrait se déployer ( encore une fausse bonne idée) dans la région où opérait l'Arche de Zoé et il est vrai que la justice, dans une affaire comme celle-ci, est aux ordres.

Mais Idriss Deby sait aussi à qui il doit le pouvoir. Il y a quelques semaines, l'armée française, qui possède une base près de N'djamena, stoppa l'avancée des rebelles aux portes de N'djamena. A coups de Mirage 2000 et de quelques éléments de la légion. Et Idriss Deby n'est pas un ingrat.

08:36 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : africa, france |  Facebook |

03.12.2007

Commision Arena

Samedi 1° décembre, 16h ; Yves Leterme a démissionné de sa fonction de formateur il y a une heure. Advienne maintenant que pourra...

Mais les francophones ont des ressources car, je ne sais pas si vous le savez mais pendant que l'orange bleue virait au cauchemar et que la commission institutionnelle, voulue par le Roi, patinait au démarrage, l'inénarrable Arena avait lancé l'idée d'une "commission Wallonie-Bruxelles".Belle initiative que d'appeler les francophones de Bruxelles et de Wallonie à se concerter pour définir ensemble leurs perspectives d'avenir, surtout qu'il y a urgence.Car la fragmentation du paysage francophone laissait aux flamands, tel un gaz parfait, tout loisir d'occuper l'entièreté de l'espace institutionnel disponible.

Seulement voilà, on n'est pas en francophonie pour rien; chacun s'ingénia à récupérer l'idée pour l'amender, la circonscrire, la personnaliser. Lancée en septembre dernier, il fallut 3 mois de tractations pour finaliser la liste des 18 politiques et 18 "personnalités issues de la société civile" ( mais désignés par les politiques!) qui la composeront.

Délicat saupoudrage entre partis, régions, sous-régions, tendances, chapelles et courants. Je ne suis ni surpris ni déçu par la liste des politiques; il ne fallait s'attendre à rien d'original de ce coté mais les représentants de la société civile me laissent pantois; on retrouve un dirigeant de la FGTB, un autre de la CSC et par conséquent le patron de la FEB, puis un représentant de l'action laïque, d'une ONG, un cacique de la mutuelle chrétienne et un autre de la mutuelle socialiste, un recteur d'université etc.  

Autant de personnes aux commandes depuis des siècles et qui n'ont plus l'ombre d'une idée originale, lobotomisés par leurs fonctions et plombés par un tombereau de positions acquises qu'il s'agit de défendre.

Je connais personnellement une de ces 18 personnes pour avoir eu à travailler avec elle. Je peux témoigner de son incapacité totale à émettre la moindre idée créatrice et de son incommensurable habilité à se mettre en conformité avec le courant dominant; on l'appelait d'ailleurs " tournesol".

Le courage eut été de nommer un groupe de choc qui "challengerait" les politiques en les questionnant sur leurs affirmations, certitudes et préjugés; des historiens pour dire le sens des siècles, des philosophes pour dire le sens des choses, des psy pour dire le sens des attitudes; des acteurs de terrain pour dire le sens de la vie.

Se remettre en question, en danger, regarder au-delà de la ligne d'horizon, ne devoir de compte à personne, sauf à sa conscience, définissent les hommes d'état. Ceux qui osent changer l'angle d'analyse et prendre les chemins de traverse à la mesure du risque assumé.

Pour ne prendre aucun risque- mais où est-il avec une telle commission- on a décidé que ses recommandations ne seront évidemment pas contraignantes, simplement indicatives et qu'elle disposera d' un an pour les formuler.

 Mais où serons-nous dans un an?

Vu de loin

Au moment où la Belgique se délite, le témoignage de personnes avisées, vivant en dehors de nos frontières, mérite un moment d'attention. Voici l'opinion d'un compatriote ayant roulé sa bosse en Afghanistan, au Rwanda et vivant aujourd'hui à la frontière de la Suisse.

La carte blanche d’un Belge de France.

"Au terme de décennies de «compromis à la Belge» et d’expérimentation constitutionnelle, la crise actuelle révèle aux incrédules que la scission du pays n’est pas impossible, et que la Belgique de Madame Houart n’existe plus dans les faits depuis belle lurette.

Paradoxalement, des solutions entre l’actuel système fédéral et son éclatement ne sont pas envisagées par peur d’une douloureuse mise à plat du problème. Les Flamands ont un sentiment d’appartenance communautaire fort, alimenté par un très paradoxal mythe de persécution bien que numériquement et économiquement dominants depuis 30 ans. Forts d’une situation socio-économique enviable et méritée, ils rêvent de devenir la Suisse du Nord dans un territoire culturellement homogène.

Cette dernière aspiration, à contre pied de l’Histoire, porte en elle des germes fascisants que l’on retrouve disséminés dans une multitude de décisions politiques apparemment anodines (c’est bien connu, le diable se cache dans les détails !). Bref, les Flamands ont un dessein ambitieux pour leur région, et bien que pas fondamentalement séparatistes, ne conçoivent désormais plus la Belgique que comme une coquille vide dans laquelle ils n’auraient plus rien à voir avec ces empêcheurs de réformer en rond de francophones.

 Les hommes politiques Flamands sont enivrés par le mouvement de régionalisation initié dans les années 80, et appliquent le principe du cliquet : toujours demander plus, avancer résolument pas à pas et bétonner tout acquis.

D’accord, mais pour aller vers quoi à l’horizon 2030 ?

Les Francophones se réveillent maintenant avec la gueule de bois, sans « projet francophone », désunis, tout empêtrés qu’ils sont dans les affaires du PS, les guerres de baronnies, la survie financière de la région Bruxelloise, le sauvetage de la Wallonie, et niaisement convaincus que la crise est le seul fait des hommes politiques auxquels certains adresseront puérilement une marche noire-jaune-rouge malgré l’évidence du délitement de la nation à tous les niveaux.

Soyons clairs : le projet communautaire Flamand d’une part et l’aspiration au statut quo francophone d’autre part sont tous deux totalement légitimes puisque clairement validés par les urnes.

La très lourde faute technique réside dans la scission des circonscriptions électorales en deux blocs communautaires distincts, capables d’accoucher en toute légitimité de deux projets fédéraux inconciliables, voire anti-fédéraux pour certains. Ce fondamental biaisé condamne tout rabibochage gouvernemental à un perpétuel sursis.

Alors, tant qu’à poser la question de l’avenir du pays, pourquoi ne pas s’imposer un franc processus de redéfinition de la nation – certes radical et probablement inconstitutionnel – pour qu’une Belgique épanouie existe encore en 2030 ?

A savoir,- d’ici à 2009, chaque communauté ouvre le « chantier de la dernière chance » et élabore un Projet de communauté qui l’engage jusqu’en 2030. Ceci forcerait les Flamands à nous dire ouvertement ce qu’ils veulent au final et aux francophones à se poser enfin cette même question ;

- pendant cette période, on procède à un référencement de la population et subséquemment à une révision de la frontière linguistique ;

- en 2009, l’ensemble des Projets de communauté sont soumis à référendum au sein d’une circonscription électorale nationale unique.

Si un projet se dégage et obtient une majorité des 2/3 – équilibrés on l’applique sans tabou sur l’ensemble du territoire (deux préalables cependant: la signature de la Convention sur la protection des minorités, et une solution acceptable pour Bruxelles). Dans le cas contraire on confédéralise immédiatement le pays en donnant une totale autonomie à chaque communauté ou Région.

C’est ça, ou encore une décennie de soins palliatifs pendant que la mondialisation fait son œuvre et dicte sa loi sans que la Belgique ne puisse y prendre la toute petite part qu’il lui reste."

Mathieu Soupart

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