10.11.2008

God bless America

Il a des ressources ce peuple américain! C'est sa force et sa grandeur. En élisant Barack Hussein Obama, il a non seulement épaté le monde entier mais aussi vaincu ses peurs et ses démons.

Alors que chez nous, où le vote est obligatoire et le scrutin proportionnel, les élections se traduisent par des variations à la marge de quelques pourcents, qui ne remettent pas en cause  les coalitions d'équilibristes où chacun peut tout bloquer sans que personne ne puisse décider,

alors que chez nous la nomination d'un premier ministre ni femme ni noir mais juste francophone paraît une incongruité,

la-bas au pays du commercial" Just do it", ils ont répondu au slogan " Yes, we can" par un démocratique" Yes, we did"! 

Car on ne leur aurait pas pardonné d'en prendre 4 ans de plus avec le clan républicain après 8 années de " Busherie"

Car, même s'ils se moquent comme d'une guigne du monde entier, le monde ne se fiche pas d'eux

Car je craignais- et l'ai écrit le 06-06-2008 après la lutte fratricide entre Obama et Hillary Clinton- le schisme entre les démocrates, les caisses vides et l'essouflement.

Mais c'était sans compter sur un Mc Cain toléré mais jamais véritablement adoubé par les caciques du parti républicain; à preuve, ils lui ont collé Sarah Palin aux basques

C'était sans compter sur l'emballement de l'histoire, sur l'espoir soulevé pour un peuple qui ne comprenait pas qu'on ne l'aimât pas à l'étranger, sur la dynamique créée qui gonfla de 18% le nombre des votants

C'était sans compter sur les 640 millions de dollars récoltés auprès de généreux donateurs ( surtout les universités comme celle de Californie usd 909.283 mais aussi des banques comme Goldman Sachs usd 874.000 ou Microsoft usd 714.000, Google usd 701.000 etc ) pendant que des millions de citoyens, parmi les moins fortunés mais les plus motivés, versèrent des sommes de quelques dollars

C'était sans compter sur le buzz d'internet magistralement orchestré par un jeune homme de 26 ans

C'était sans compter sur le charisme et l'honnêteté intellectuelle ( son discours sur la question raciale ) du candidat noir.

Noir Obama?

Il revendique bien plus sa moitié noire que sa moitié blanche mais refuse le clivage racial, se qualifiant de " postracial". Ce qui est très adroit car cette position évite une confrontation direct sur ce sujet et disqualifie autant les tenants des "wasp" ( white anglo-saxons protestants) que les politiciens noirs comme Jesse Jackson qui avaient fait de la question raciale leur unique cheval de bataille.Bien vu aussi car les électeurs blancs et noirs peuvent adhérer à cette nouvelle perspective qui s'inscrit d'ailleurs dans un contexte porteur avec les Tiger Woods en golf, les Lewis Hamilton en F1, les Michaëlle Jean au Canada, les Colin Powell et autre Condoleeza Rice.

A choisir, Obama se définit lui-même comme noir car la société le définit comme tel, même si la "One drop Rule" selon laquelle une seule goutte de sang noir suffit à ne plus être admis comme blanc est supprimée depuis 1970. Il ne renie pas cette part de lui mais bien plus, incarne une rupture générationnelle. Il n'est pas descendant d'esclaves, il n'a pas connu la guerre de Corée, avait 7 ans au plus fort de la contestation contre la guerre du Vietnam ou à la mort de Martin Luther King, et il apporte - j'insiste- cette honnêteté qui est la matrice de l'éthique morale dont le monde a tant besoin.

Cela dit il va décevoir; le monde d'abord car il sera le président des Etats-Unis avant tout, les américains ensuite car, confronté à une situation économique et internationale désastreuse, il lui faudra plus de talent pour appliquer son programme que pour le déclamer.

Mais au moins puisse-t-il préfigurer un monde de diversité, d'harmonie et de rigueur; bref une synthèse d'humanité.

God bless Obama  

23:44 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : america |  Facebook |

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