18.01.2009

A chacun ses béquilles

En Algérie, une enseignante de 37 ans comparaît devant le tribunal de Tiaret accusée de  « pratique sans autorisation d’un culte non musulman » pour s’être convertie au christianisme en 2004. Le procureur a requis une peine de trois ans de prison ferme.

 

Aux Etats-Unis, la chaîne de télévision ABC a diffusé un reportage où l’on voit un boulanger du Texas refuser de servir une femme voilée. L’objectif de l’expérience ciblait les réactions des autres clients : 13 d’entre eux prirent la défense de la musulmane, interpellant le boulanger ou claquant la porte ; 6 clients approuvèrent le boulanger et 22 détournèrent la tête.

 

Au sud de l’Inde, de très jeunes filles sont mariées à la déesse Yelamana au nom d’une tradition antique, aujourd’hui totalement dévoyée. Ces fillettes dédiées à la déesse acquièrent le statut de « devadasis » ou esclaves des dieux, hier courtisées pour leurs connaissances unique des arts et de la musique, elles sont encore investies de nos jours de certains pouvoirs religieux mais sont surtout considérées comme des « basavi » ou génisses errantes, obligées de recevoir tous les hommes de leurs clans, prêtres inclus.

 

Au Bénin, une église fondée en 1949 suite à la vision céleste d’un prophète est devenue en un demi-siècle la deuxième religion du pays après le catholicisme. Si elle s’en inspire largement, elle se singularise par son corps de « visionnaires » ( les woli), sorte de devins qui apportent une touche de traditions locales, de divination et de pouvoir de guérison. Maladies, accidents de la vie, problèmes de couple, d’emploi résultent toujours d’un acte malveillant d’un parent, d’un ennemi ou d’un dieu qui ne résisteront pas aux prescriptions du woli. Les miracles se succèdent entre deux transes, assez proches des pratiques vaudoues. Deux chefs d’état africains adhèrent à l’ »Eglise du Christianisme Céleste » ( Bozizé et Gbagbo) qui sépare cependant les hommes des femmes, ces dernières portant une coiffe pour les « protéger de l’Esprit Saint trop fort pour elles ».

 

En Espagne, des athées et libres-penseurs militants louent des emplacements publicitaires dans les bus de Barcelone pour afficher : » Dieu n’existe probablement pas, arrête de t’inquiéter et profite de la vie ». A quoi une Eglise évangélique à Madrid répond sur la ligne 493 : » Oui, Dieu existe, profite de la vie avec Christ ». 

 

De fait, à chacun ses béquilles.

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