16.03.2009
Magnolia
Comme la plupart des événements de notre vie, les anniversaires sont ce que l’on en fait. Des moments de joie, de doute, de fierté ou de chagrin.
Le rapport à l’âge se nourrit de deux perceptions, concordantes ou antagonistes. D’abord, le consensus généralement admis de ce que l’on doit être. Cette représentation sociale évolue mais lentement. Il m’en coûte de citer Jacques Séguéla, ce saltimbanque de la publicité, mais il illustre bien notre propos lorsqu’il dit : » Si on n’a pas de Rolex à 50 ans, on a raté sa vie ».
A ce diktat social on confronte, avec plus ou moins d’apaisement, l’idée personnelle que l’on façonne de soi face au temps.
Avez-vous remarqué que les personnes âgées, comme les enfants, comptent les demi-années. Ils disent avec la même fierté « J’ai 4 ans et demi » pour cette moitié d’année gagnée sur la vie ou « J’ai 89 ans et demi » pour cette moitié d’année gagnée sur la mort.
Le vertige du temps fait parfois vaciller comme tremble la flamme des bougies à souffler. Jonathan Littel ( Les Bienveillantes) écrit : » Longtemps on rampe sur cette terre comme une chenille dans l’attente du papillon splendide et diaphane que l’on porte en soi. Et puis le temps passe, la nymphose ne vient pas et on reste larve ».
Il en faut des cadeaux pour effacer ce chancellement. Il en est des pas chers et qui font plaisir ; d’autres très onéreux qui flattent autant celui qui les donne que celui qui les reçoit.
Il y a aussi des cadeaux-émotion qui vous mettent à découvert et vous laissent touché-coulé. Ainsi ce blog qui, par la grâce et les soins de quelques proches, a reçu une version papier. 386 pages comme 386 miroirs qu’on appréhende de regarder.
« Pour être un homme, dit-il, il faut planter un arbre, construire une maison et écrire un livre ».
Il y a des anniversaires heureux.
23:58 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : il etait une fois |
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