17.03.2009

Fortisgate

Comme vous le savez- si vous n’avez pas rejoint Alain Hubert dans la station Princess Elisabeth en Antarctique - nos parlementaires ont constitué deux commissions pour examiner les implications du Fortisgate. Elles sont aussi drôles l’une que l’autre.

La première vise à examiner les éventuelles pressions exercées par l’exécutif – entendez les cabinets des 1° Ministre et Ministre des Finances-  sur les juges appelés à se prononcer, en décembre dernier, sur la validité de la vente de 75% de Fortis à la BNPParibas sans avoir consulté les actionnaires.

Il eut été inadmissible n’est-ce pas qu’un « dircab » passe un coup de fil à un juge avant le prononcé du jugement puisque depuis Montesquieu, on tient la séparation des pouvoirs comme le socle de nos démocraties.

A la nuance près que l’auteur de «  De l’esprit des lois » ( livre mis à l’index par l’Eglise catholique !) ne prévoyait pas que la nomination des juges fassent l’objet d’âpres marchandages entre partis politiques, de sorte que tous les magistrats impliqués dans le dossier Fortis sont étiquetés politiquement.

Voici donc d’éminents juristes qui mangent dans la main des politiques pour obtenir leurs nominations et qui pourraient les snober le lendemain en invoquant la séparation des pouvoirs !

A y bien regarder, les inimitiés sont d’ailleurs sélectives ; Londers (CVP) ne s’entend plus avec Leclercq (PS) ; Delvoie (VLD) ne peut plus voir de le Court (CDH) et Blondeel (SPA) brocarde Schurmans (CD&V).

Je vous garantis que les recommandations de la commission parlementaire seront évanescentes et que leurs conclusions ne pointeront aucune responsabilité personnelle.

Mais à quelques semaines des élections, quel meilleur moyen de braquer les caméras de télévision sur soi que de constituer une commission chargée de faire toute la lumière sur les dévoiements de notre démocratie. Bref, on s’est fait plaisir, on a réglé quelques comptes et obtenu des temps d’antenne.

 

Pendant ce temps, ces mêmes parlementaires n’ont pas interpellé le gouvernement sur la promesse non tenue d’une circulaire administrative établissant les critères de régularisation des milliers de sans-papiers qui vivent une précarité à laquelle tous les partis avaient promis, il y a un an,  de mettre un terme, Leterme. Je ne dis pas qu’il faille régulariser ou expulser tout le monde mais tenir ses promesses est aussi un des socles de notre démocratie.

 

Je vous parlerai de l’autre commission sous peu.

 

 

 

 

 

 

 

23:12 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : belgique |  Facebook |

Écrire un commentaire