22.03.2009

Et maintenant ?

Et maintenant que vas-tu faire, Andry Rajoelina dit TGV, de ta victoire ? ( voir post des 9/2 et 28/1/2009)

Toi qui as pris le pouvoir à Madagascar au bout de trois mois d’affrontements en renversant un président, certes autocratique mais élu; toi qui n’as pas lu la constitution de ton pays et qui, de toute façon, as dissous le parlement, certes aux ordres du pouvoir précédent, mais élu ; toi qui annonces des élections dans … 2 ans ; deux ans pour que faire ?

Combattre la pauvreté ? Très bien. Rendre la fierté aux malgaches ? Parfait. Mais la fin de la pauvreté ne se décrète pas par ordonnance alors que le tourisme est en berne, que l’effondrement des matières premières reporte les investissements miniers et que les aides internationales sont suspendues, non par sympathie à l’égard du président déchu mais par souci de ne pas encourager des prises de pouvoir  illégales.

 Je crains que, confronté aux dures réalités du terrain, tu ne verses dans un populisme facile accusant de tes échecs au choix, les opposants, la Norvège ou les USA qui les premiers ont suspendu leurs aides non humanitaires, tes frères africains de la SDAC et de l’Union Africaine qui contestent ta prise de pouvoir, alors que tu n’as pour tout programme que l’intention de vendre l’avion du président pour construire un hôpital.

Je n’ai aucune sympathie particulière pour l’ex-président Ravolamanana qui s’était approprié Madagascar mais il te reste à gagner notre sympathie. Car certains esprits mal intentionnés te soupçonnent de « rouler » pour l’ancien dictateur Ratsiraka, adepte d’un marxisme tropical bien singulier, dégommé par Ravalomanana en 2002 et jouissant d’un exil doré en France mais à qui tu devrais pas mal d’argent ! D’autres te croient instrumentalisé par une pléiade d’opposants de tous bords qui te feront goûter sous peu au marigot politique tananarivien.

En signe d’une humble reconnaissance, tu pourrais par exemple commencer par te rendre seul et sans caméra de télévision au cimetière de Tananarive te recueillir sur la tombe des 135 personnes mortes pour te permettre d’être là où tu as si ardemment exigé d’être.

 

Et maintenant que vas-tu faire, capitaine Président Dadis ? (voir post des 29/1 et 13/02/2007)

De ton coup d'état dans ton pays -la Guinée- émasculé de toute vie politique autre que courtisane pendant des décennies ; aucune culture de pouvoir alternatif, aucune génération de politiciens jeunes, aucune controverse ne furent tolérées depuis 1984, année de l’arrivée musclée de Lansana Conté au pouvoir. Dès lors, privés d’ailes, aucun oiseau politique guinéen ne prit son envol lorsque la porte de la cage s’est enfin entrouverte.

Sauf toi, capitaine Dadis. Tu as pris le pouvoir en déclarant le rendre aux civils dans 2 ans mais tu as placé 10 militaires dans le gouvernement de transition. Rien de bon pour amadouer les bailleurs de fonds qui contestent ton coup de force, échaudés par le régime de Lansanna Conté, un militaire comme toi qui  prit le pouvoir, comme toi, pour empêcher un désastre annoncé (ou entretenu) dans le pays mais qui, de dérapages en dérives, le garda 25 ans !

Une petite dernière dérive dénoncée juste après sa mort ? La transformation de son pays en "narco-état", nouvelle plaque tournante entre l’Amérique du sud et l’Europe  pour l’acheminement de drogues dures. Avec la complicité avérée de Ousmane Conté, un de ses fils, qui était en bonne compagnie puisqu’il couvrait ce trafic avec le directeur national de la sûreté urbaine, le directeur de la sécurité routière et l'ex-directeur d’Interpol en Guinée !

 

Alors qu’allez-vous faire de votre pouvoir nouveau Andry TGV le malgache, capitaine Dadis le guinéen ?

Et vous Raimondo Pereira, le guinéen de Bissau ou Oud Abdelaziz, le mauritanien dont on parlera prochainement. Si vous êtes encore là !

 

23:47 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : africa |  Facebook |

Écrire un commentaire