14.09.2009
Bénissez-le
Les coutumes africaines m'étonnent encore. Elles ne s'adressent pas spontanément à notre entendement et les connaître ne suffit pas à les comprendre.
Je savais que, dans les entreprises, le premier salaire ne revient pas à son titulaire mais doit être cédé par celui-ci à ceux qui lui ont permis d'acquérir ce travail; famille, chef d'atelier ou intermédiaire.
Mais je n'avais pas saisi toute la subtilité de cette coutume.
Pour avoir aidé pendant quelques années un jeune congolais à financer ses études, je vis venir à moi la semaine dernière sa mère qui me tendit une enveloppe:" Quelle que soit la somme que mon fils vous donne, prenez-la " désamorçant ainsi mon prévisible refus.
Je protestai mollement, conscient que sa démarche n'était pas strictement financière.
" C'est une partie de son premier salaire, expliqua t-elle. Toute la famille a reçu sa part et nous avons fêté. Vous ne devez pas refuser cette enveloppe. Bénissez-mon fils en la prenant et son avenir sera encore meilleur".
Quand j'insinuai que, très honoré de ce geste, je pourrai ainsi aidé quelqu'un d'autre, elle me dira:" Ne donnez pas cet argent ni ne l'économisez; consommez le et fêtez. Ainsi vous le bénirez le mieux".
Lorsque je m'étonnai que la génération actuelle acceptât encore cette pratique, elle me fit comprendre que tout le monde y trouvait son content et je devinai alors que ce geste de remerciement ouvrait à mon protégé, ainsi qu'à sa famille, le droit de me solliciter plus tard puisqu'il s'était dignement acquitté de son présent devoir de reconnaissance.
Alors j'ai réservé au billet glissé dans l'enveloppe le sort qui lui était dévolu et j'ai fêté!
22:26 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : africa |
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Commentaires
Serait-ce naïf de penser que ces remerciements sont totalement gratuits et ne supposent aucune sollicitation ultérieure ?
Écrit par : pierrot | 28.09.2009
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