04.05.2010
BHV
Ceux qui proclament, parfois avec dédain, ne rien comprendre au problème de BHV m'agacent.
D'abord, on en parle depuis des années; ensuite, internet récompenserait rapidement un peu de curiosité. Ici même, on l'a déjà évoqué, notamment les 15-07-2008 et 01-11-2007.
Alors, si Yves Leterme a eu tout faux en prétendant, pendant une campagne électorale, qu'il "suffira de 5 minutes de courage politique pour régler BHV", j'ai plaisir à vous garantir qu'il vous suffira de 10' pour lire ce post et briller dans les réunions de famille préélectorales.
* La langue française fut la seule langue officielle en Belgique jusqu'en 1898.
* En 1932, les Flamands proposèrent d'en faire un pays bilingue mais les Wallons, menés par Jules Destrée, refusèrent en espérant réserver ainsi aux seuls Wallons les emplois qui, à l'époque, requéraient, à tout niveau, la connaissance du français.
* On parla donc le français au sud et le flamand au nord; il restait à organiser les droits des minorités qui se trouvaient à la frontière entre les deux communautés. A cet effet, on décida de procéder tous les 10 ans à un recensement linguistique des populations communales et de garantir des facilités à une communauté linguistique lorsqu'elle dépasse 30% des habitants d'une commune. En réalité, un seul recensement eut lieu, en 1947 et ses résultats pénalisèrent la Flandre: 3 communes flamandes devinrent bruxelloises et 4 autres communes flamandes bénéficièrent de facilités.
* Début des années 60, constatant la francisation rampante des communes flamandes autour de Bruxelles, les bourgmestres flamands refusèrent d'organiser le recensement et exigèrent que la frontière linguistique soit définitivement figée pour arrêter la propagation de la "tâche d'huile" francophone.
* La frontière fut donc tracée en 1964 par le Ministre Gilson et des facilités reconnues à une trentaine de communes; ici pour une minorité flamande, là pour une minorité francophone ou germanophone.
* Depuis très longtemps, une circonscription électorale bizarre regroupait les 19 communes bruxelloises et 35 communes flamandes autour de Hal et Vilvorde pour permettre aux 150.000 francophones installés au nord du Brabant de voter pour des listes francophones.
Sans cette construction hybride, ils auraient été rattachés à Leuven et n'auraient pas eu accès à des listes francophones ni les moyens de se faire rendre justice dans leur langue. Cette circonscription appelée Bruxelles+ Hal+ Vilvorde= BHV, la seule bilingue en Belgique, était en quelque sorte la contrepartie d'une ville de Bruxelles limitée à ses 19 communes. Si les francophones acceptaient le carcan qui pesait sur Bruxelles, au moins les francophones de la périphérie bruxelloise pouvaient-ils voter pour les mêmes listes électorales que les bruxellois c.-à-d. des listes francophones ou flamandes. Les Flamands s'accommodèrent de cette situation qui permettait de verrouiller le territoire de Bruxelles.
* Le problème de BHV débuta début des années 90 lorsque les flamands demandèrent de scinder la province du Brabant en deux; Brabant flamand et Brabant wallon. Cette scission intervint sous la houlette de Jean-Luc Dehaene et donna l'occasion aux nationalistes flamands de demander la scission de BHV puisque cet circonscription hybride entamait le territoire du seul Brabant flamand.
La Cour d'arbitrage estima en 1998 que BHV n'avait rien d'illégal et le problème fut botté en touche. Mais en 2002 Guy Verhofstadt, machiavélique ou honnête homme, procéda à une réforme qui fit coïncider les circonscriptions électorales avec les provinces. Or, à l'évidence, BHV ne coïncide avec aucune province belge. Dès lors, à nouveau saisie du problème, la Cour d'arbitrage décréta en 2003 que BHV ne correspondait plus aux normes légales et qu'il convenait de régler cette question.
* Depuis longtemps, les flamands soutiennent que les facilités accordées aux francophones à Hal, Vilvorde ou dans les 6 communes autour de Bruxelles n'ont qu'un temps - celui accordé aux francophones pour "s'intégrer"- et qu'elles doivent être progressivement supprimées. D'où leur demande incessante pour scinder BHV et rattacher Hal et Vilvorde avec Leuven au sein de leur province; le Brabant flamand.
En fait et en droit, ils n'ont pas tout à fait tort; les partis politiques francophones ne disent d'ailleurs pas "non", ils disent:" Si vous avez quelque chose à demander, nous aussi nous avons des revendications car l'existence de BHV et des facilités ne s'expliquent que par les concessions que nous vous avons faites; suppression du recensement, carcan autour de Bruxelles etc; si on supprime ces facilités, on remet en cause nos concessions, notamment à Bruxelles". Mais ce langage n'est pas entendu par les Flamands; la scission de BHV doit être accordée par les francophones sans aucune discussion ni contrepartie. Lassés d'attendre, les parlementaires flamands- dont Herman Van Rompuy ! - ont signé une proposition de loi pour faire voter au Parlement la scission de BHV par le groupe linguistique flamand majoritaire (88 députés) contre la minorité francophone ( 62 députés).
Depuis des mois, les francophones utilisent toutes les procédures possibles pour reporter le vote au Parlement de cette proposition de loi qui romprait le dialogue entre les deux communautés et cristalliserait les attitudes nationalistes flamandes. Si les partis francophones bloquent la procédure de vote de la scission de BHV, avec une certaine mauvaise foi, ce n'est pas tant pour défendre le seul sort électoral de 150.000 francophones résidant en Brabant flamand
En réalité, le conflit BHV s'inscrit comme la suite logique de la délimitation de la frontière linguistique en 1964, de la suppression des messes en français à la côte, du "Walen buiten" de Leuven en 1968, des marches flamandes sur Bruxelles ou dans les Fourons en 1987.
Le fond du problème repose sur deux conceptions différentes de la façon de régir les relations entre les communautés: pour les flamands, le "droit du sol" prime, pour les francophones le "droit des gens" s'impose.
L'obsession flamande se reflète dans leur slogan:" Vlaanderen waar Vlaams thuis zijn". Il s'agit de sanctuariser le territoire flamand par une homogénéisation linguistique sans faille. Que 10.000 étudiants francophones guindaillent dans les rues de Leuven, que les francophones de Halle ou de Vilvoorde puissent voter pour des listes francophones ou se faire rendre justice dans leur langue n'est plus tolérable.
Cette fixation procède d'une peur obsolète mais d'un complexe et d'une rancoeur compréhensibles. Il est exact que la langue flamande eut du mal à supplanter une multitude de patois qui la mirent en péril mais c'est de l'histoire ancienne; il est vrai par contre que les Flamands doivent abandonner leur langue aux frontières de leur région et que, systématiquement ils doivent adopter une langue étrangère.
Alors, au moins sur leur territoire ils entendent imposer leur langue.
Mais les francophones savent que BHV n'est qu'une étape et que, ce problème réglé, les facilités dans les 6 communes en périphérie de Bruxelles seront contestées, le wooncode et ses diverses déclinaisons seront appliqués puis Bruxelles sera étranglée financièrement et mise sous gestion tutélaire flamande.
Alors pour ne pas se retrouver tout nus, relégués en citoyens de seconde zone, les francophones ont décidé de caler; s'il faut négocier c'est ici et maintenant et pas seulement de BHV mais aussi de Bruxelles et de l'envie de vivre ensemble.
Mais qui a envie d'avoir envie?
23:46 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, belgique |
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Commentaires
"En fait et en droit, ils n'ont pas tout à fait tort"... j'aurai préféré, même si cela revient presque au même, " ils n'ont pas tout a fait raison". Car pour moi, BHV n'est que l'arbre qui cache la foret, ce n'est qu'un pretexte politique destiné à cacher les finalités d'un racisme profond. Vous n'avez sans doute pas peur car, comme moi, vous etes tous las du debat communautaire. Vous acceptez petites réformes par petites réformes, examinez leurs légitimités individuelles sans voir les objectifs d'ensemble sous-jacents. Vous vous etes habitués…Et en politque, l’habitude n’a rien de bon. Alors pour avoir peur, changez de point de vue, prenez celui d'un étranger, celui d'un francais par exemple, c'est parfois plus éclairant :
Ci-après un extrait que vous trouverez sur le site du journal Libération ( publié avant les élections) :
"Imaginez que de l'autre côté du périphérique parisien, l'on parle flamand et qu'à Boulogne-Billancourt, qui compterait 80% de Fancophones, il serait interdit à ces derniers de parler le français au conseil municipal, sous peine de poursuites.
Imaginez que les Francophones de Boulogne n'auraient le droit d'aller dans une école francophone de Boulogne qu'en maternelle et en primaire. Que ces écoles seraient gérées par le gouvernement des Flamands, et qu'il serait interdit au maire, sous peine de suspension, d'adresser la parole à un instituteur francophone en... français (sauf hors du cercle professionnel).
Imaginez que les Flamands y auraient coupé Arte, FR3 et TF1 au profit de chaînes anglophones. Imaginez qu'il y serait interdit d'envoyer des convocations électorales en français aux Francophones, sous peine de suspension. Et que l'on appellerait Boulogne-Billancourt une «commune à facilités».
C'est cela, la question linguistique en Belgique aujourd'hui.
Ah oui. Imaginez enfin que les Francophones aux droits si limités seraient installés là depuis deux, trois, quatre ou cinq générations. De vrais immigrés, en quelque sorte. Mais dans leur propre pays.
Oiges nous donne un bel exposé, où le mot «racisme» apparaît plusieurs fois. Il s'agirait du racisme des Francophones envers les Flamands. C'est étrange, parce que les seuls Flamands qui font état de ce racisme habitent... en Flandre. Je n'ai jamais entendu un Flamand habitant la Wallonie se plaindre d'une telle chose. C'est étrange, parce que les Francophones ont été sortis de Flandre (notamment de l'Université de Louvain) sous le slogan «Walen Buiten», que l'on trouve aujourd'hui encore sur beaucoup de murs en Flandre.
C'est étrange, parce qu'en réponse à cela, j'ai lu, pour la première fois, le tag «Flamands dehors» voici un mois, sur le parlement flamand, situé à Bruxelles, à 85% francophone, mais capitale de la Flandre. Un tag, aussitôt effacé par un ouvrier flamand. Les tags «Wallons dehors» ne sont, eux, presque jamais effacés. Efficacité avant tout. Quant aux panneaux «Là où les Flamands sont chez eux» qui ornent l'entrée de plusieurs communes flamandes, quelquefois même des ponts entiers, et ce, sur les ordres de l'autorité locale, il ne sont pas racistes. C'est une simple précision.
Vous sortez du périph pour aller à Asnières, et à la sortie, on vous assène «Asnières, là où les Flamands sont chez eux». Et ce n'est pas raciste. Ensuite, sur un blog, on vous dit : vous, les Francophones, vous êtes des racistes. Ce n'est pas du surréalisme belge, c'est tout simplement la vision flamande d'aujourd'hui, et c'est tout simplement atterrant.
Raciste, le wallon ? C'est bizarre, parce que le site Wallonie.be existe en 6 langues, alors que le site Flandres.be n'existe qu'en néerlandais et en... anglais. Si on veut la version francophone, on tombe sur une page qui dit que c'est en construction, et qu'en attendant, on doit aller sur l'une des deux autres versions.C'est même très bizarre, parce que pour qui parle couramment le néerlandais (ce qui est mon cas), il y a sur le site Vlaanderen.be tout un chapitre qui explique aux habitants de Flandre quand ils ont le droit (ou pas) de parler une autre langue que le néerlandais, alors que sur le site wallon, rien de tel.
Pourtant, il y a des communes à facilités en Wallonie aussi, et là, il n'y a pas de loi antiflamands.C'est même terriblement bizarre, quand on sait que l'extrême-droite, ouvertement raciste, est le premier parti au gouvernement flamand, que celui-ci assimile les francophones aux «autres allochtones» : paresseux, profiteurs, étrangers. Alors qu'en Francophonie, le FN doit se contenter d'un siège, obtenu tout juste.
Bien sûr, il y a l'histoire. Bien sûr, il y a cent ans de domination francophone, mais cette discrimination tenait avant tout de la ségrégation de classe : ces Francophones qui ont brimé les Flamands étaient en réalité des bourgeois et des nobles... flamands.
La preuve? Ils portaient des noms flamands. N'allez pas me dire que Woeste ou Van de Berghe sont des noms français ! Bien sûr, les Wallons ont eu un sort plus confortable que les Flamands pendant la grande guerre... c'est dans une langue proche de leur dialecte qu'on leur expliquait comment se faire charcuter sur le champ de bataille. Alors que les Flamands sont morts pour n'avoir pas compris les ordres. Tout de même, après 3 ou 4 ans de guerre, on peut supposer que la plupart d'entre eux étaient suffisamment intelligents pour comprendre le français ? Mais plus sérieusement, oui, il faut le reconnaître, impérativement : il y a eu de graves injustices envers les soldats flamands pendant la grande guerre, comme avec les Bretons bretonnants, les Germanophones ou les Corses en France, comme avec les Harkis plus tard, comme avec les tirailleurs sénégalais. Et évidemment, les épitaphes en français pour des soldats flamands étaient une infamie.Mais c'était en 1914.
De 1940 à 1945, bien des nationalistes flamands se sont associés aux nazis pour défendre leur «cause» (alors que depuis 1930, il y avait des bataillons flamands et des bataillons francophones). Bien des Francophones sont morts en stalag ou sous la torture de ces gens. De cela, les Flamands ne vous parleront jamais. Pire : très récemment, le patron de la NVA (nationaliste de droite non extrémiste), Bart De Wever a cru nécessaire de faire un tout petit peu de révisionisme en critiquant les excuses que le maire d'Anvers venait de faire aux Juifs pour les exactions de sa police, de 1940 à 1945. (Bart de Wever s'en est excusé en petit comité devant les Juifs d'Anvers, mais a «oublié», comme il l'avait promis, de diffuser ces excuses dans la presse, suite à quoi les Juifs d'Anvers, très modérés, ont dit refuser ces excuses si privées.)
L'histoire n'est pas simple. L'histoire de Belgique moins encore. Alors revenons à l'actualité : il y a quelques signes qui ne devraient tromper personne, et qui sont autant de signaux d'alarme que l'ambiance complexe du pays et le double langage de certains rendent presque imperceptibles, au point qu'aucune presse ne les relève.
Il y a de quoi s'alarmer.Oui : s'alarmer ! Quand tous les partis flamands, socialistes inclus votent, avec les néo-nazis antifrancophones du Vlaams Belang, un projet de loi visant à supprimer la possibilité pour les Francophones de «Boulogne» ou d' «Asnières» d'être jugés dans leur langue ou de voter pour des partis francophones - eux qui sont installés là depuis quelquefois quatre ou cinq générations. ( je précise toutefois que les verts flamands se sont abstenus... mais n'ont pas voté contre) S'alarmer, quand les sociaux-chrétiens applaudissent avec les néo-nazis, se félicitent ensemble, pour le bon tour qu'ils ont joué aux Francophones. Ce n'est pas Sarkozy serrant la main de Le Pen, non. En Belgique, c'est carrément Bayrou qui danse la gigue avec Mégret ou Golnisch.
S'alarmer! Quand le Vlaams Belang, toujours lui, veut mettre une loi à l'agenda de la chambre. Cette loi exige la séparation immédiate du pays. Le préambule de 30 pages est une véritable diatribe antifrancophone.
Dans tout pays occidental, tous les partis démocrates voteraient contre. En Belgique, non : même des chrétiens démocrates flamands, des libéraux flamands, des indépendantistes démocrates flamands se croient obligés, en pleine négociation gouvernementale avec les Francophones, de s'abstenir, plutôt que de se lever d'une voix contre l'extrême-droite. On vous expliquera que la démocratie, en Flandre, c'est de laisser libre cours à l'expression des idées fascistes (et authentiquement fascistes) de l'extême-droite au nom de la liberté d'expression. Ce sont ces mêmes partis qui, interrogés par une presse étrangère, affirment haut et fort qu'ils sont absolument contre une éventuelle séparation du pays.S'alarmer, donc, quand la complaisance envers les idées du parti néo-nazi le plus puissant d'Europe (qui n'est rien de moins que le premier parti au parlement flamand...) a inondé les cénacles et la presse. Non pas par peur de leur violence, mais par peur de l'opinion publique.
S'alarmer quand un membre de ce parti diffuse sur son site la liste des «Mauvais Flamands», soit celle des signataires d'une pétition pour la solidarité entre les deux communautés, nom, prénom, adresse.Celui qui a connu Vichy devrait, à la lecture de cette dernière phrase, commencer à trembler. Mais bien sûr, c'est du passé, tout ça! Noir tableau que celui que je dresse là? Oui, noir, à dessein, et par la force des choses. Mais ce sont des faits que je reprends ci-dessus, pas des discours, des simples faits, vérifiables, précis. Autre fait : en 1999, le Parlement flamand a voté une série de lois qui définissaint l'avenir de la Belgique. Ceci devrait convaincre : 60% de la population a décidé de l'avenir de 100% de la population, sans consulter les 40% restants. C'est comme si les Suisses allemands décidaient de tout et imposaient ensuite leurs décrets aux Suisses francophones. Pardon, ce n'est pas «comme si», c'est «exactement comme si». Aujourd'hui, les représentants de ce parlement «négocient» avec les francophones pour faire passer leurs décrets unilatéraux, qui comprennent notamment la scission de la sécurité sociale. Et pour mieux faire «accepter» ces idées, ils expliquent à qui veut l'entendre (et l'écrire) que c'est à l'avantage des francophones, que ceux d'entre ces derniers qui disent «non» les «humilient» ( c'est le terme exact utilisé par Bart de Wever, président d'un des partis qui négocient le futur gouvernement avec les Francophones«.)
Ils disent aussi que le Francophone est un profiteur et que Bruxelles s'enrichit de l'argent flamand. Bruxelles? 85% de Francophones, un PIB par habitant proche du double de celui de la Flandre. La seule vraie région très riche du pays. A qui l'on ne rend qu'un quart des produits fiscaux qu'elle génère. Mais cela, on oubliera de vous le dire, parce que pour tous les partis flamands, Bruxelles, 1.200.000 personnes, dont un million de francophones, est la capitale de la... Flandre.
Ceux qui n'auront pas compris que la Flandre veut prendre tout ce qui l'intéresse et abandonner tout ce qui n'est pas assez riche pour elle sont aveugles. Ceux qui n'auront pas considéré le décalage entre l'électeur flamand, qui se dit modéré, Belgicain, non-séparatiste, et le même, qui a voté à 65% pour des partis ouvertement confédéralistes (qui voient la future Belgique comme l'association de deux états) et à 30% nationalistes purs et durs (dont 20% d'extrême-droite), ceux-là sont des utopistes.Mais le problème de l'extrême droite est soigneusement laissé de côté dans la presse flamande autant que dans la politique.
Mauvaise image. Oulah! La mauvaise image! Pourtant, en Flandre, c'est avéré, Le Pen fait mieux que Sarko. Et ça ne dérange personne.Tache d'huile : le journal le plus lu de Flandre n'utilise déjà plus le terme »Régions«, qui correspond à la définition légale (on peut penser que cela intéresse les journalistes). Elle utilise plus généralement le terme »états fédérés«, qui correspond à sa vision et à celle des partis. Or deux états fédérés sont bien deux états distincts.Une presse qui se détache à ce point de la sémantique nationale (belgicaine) ne fait plus du journalisme, elle fait du militantisme.J'ai bien dit »militantisme«, pas »propagande«. Je n'ai pas écrit »propagande«, parce que seuls 80% des journaux flamands en sont vraiment déjà là. Et pour cette dernière phrase, je reconnais que j'ai pêché : ce chiffre n'est pas vérifiable. »
Écrit par : rachoun | 14.06.2010
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