28.10.2010
Le Baiser de l'Hôtel de ville
Photographe français parmi les plus connus, Robert Doisneau se voulait humaniste. Il a saisi la France de l'après-guerre comme personne et connut la notoriété avec un seul cliché: "Le Baiser de l'Hôtel de Ville" qui ouvre la série de photos reprises sous le lien ci-dessous et qui fut pour beaucoup dans la fascination qu'exercent Paris et la France sur les Américains.
En 2005, la femme qui apparaît sur le cliché pris en 1950 pour le magazine Life, vendit pour 150.000 euros l'un des rares tirages argentiques d'époque de 18x24 cms que Doisneau lui offrit en remerciement pour sa collaboration d'une telle spontanéité que longtemps on crût qu'il s'agissait d'un instantané illustrant le coté glamour et libéré de la capitale française.
Doisneau reconnut en 1993, un an avant sa mort qu'il s'agissait d'une photo "posée". Il avait demandé à un jeune couple qui passait devant l'Hôtel de ville de s'embrasser devant son objectif. Il ajouta:"Je n'aurais jamais osé photographier des gens comme cela. Des amoureux qui se bécotent dans la rue sont rarement des couples légitimes!".
Hélas!
15:53 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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18.10.2010
Vole Filair, vole (2)
A propos du crash aérien que je relatais dans mon post du 3 septembre, l'hedomadaire " Jeune Afrique" publie cette semaine le résultat de l'enquête menée par les autorités congolaises, qui ont délégué sur les lieux de l'accident un spécialiste, le commandant André Decorte dont les conclusions sont corroborées par le témoignage de l'unique survivante.
L'accident survenu le 25 août dernier, à 500 mètres de l'aéroport de Bandundu, qui entraina la mort de 19 passagers et des membres de l'équipage, ne serait pas dû à une panne de carburant mais à une panique à bord.
Le Let-140 tchèque transportait en cabine un..... crocodile vivant, dissimulé par un passager dans un gros sac de sport. Mais alors que l'avion amorçait sa descente sur Bandundu, le saurien se serait échappé jetant l'effroi dans l'étroite carlingue. L'hôtesse, effrayée, s'est précipitée la première vers le cockpit, aussitôt imitée par tous les passagers. Déséquilibré, l'appareil n'a pu être rattrapé par le commandant, Dany Philemotte. Si l'on en croit le rapport, une partie des curieux accourus sur les lieux se seraient mués en pillards, allant jusqu'à dépouiller de leurs vêtements le corps des victimes.
Détail tragicomique; le crocodile, lui, a survécu au crash avant d'être découpé à la machette par les villageois.
Vole Dany, vole.
PS: ce post doit beaucoup à Th. qui est ici remerciée.
18:08 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : il était une fois |
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11.10.2010
Armes silencieuses pour guerres tranquilles.
Il importe, devant l'afflux d'informations de toutes sortes dont nous sommes abreuvés quotidiennement, de se forger une grille de lecture pour garder une réflexion critique sur les discours officiels afin de ne pas se soumettre à la seule pensée dominante. Je vous propose de vous inspirer du linguiste et philosophe, de sensibilité anarchiste, nord-américain Noam Chomsky, professeur au MIT, qui a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média.
Lorsque vous faites un exercice de relecture des grands thèmes actuels dont on nous rabâche les oreilles ( l'Irak, le Moyen-Orient, les pensions, les roms, la délinquance, BHV, les people, la politique bling-bling, papa Daerden, TF1, les JT qui s'ouvrent sur des faits divers etc) , à la lumière de ces décodages, vous apercevez qu'une cohorte de journalistes et d'intellectuels asservis servent de prêtrise sécularisée aux dominants.
Voici l'éventail des "armes silencieuses pour guerre tranquilles" comme Chomsky les qualifie :
1/ La stratégie de la distraction
Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles. « Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser ; de retour à la ferme avec les autres animaux. »
2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions
Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.
3/ La stratégie de la dégradation
Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.
4/ La stratégie du différé
Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. Cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.
5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants. Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celle d’une personne de 12 ans ».
6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion
Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…
7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures".
8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité
Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…
9/ Remplacer la révolte par la culpabilité
Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution !…
10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes
Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.
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Même s'il est contesté pour ses prises de position politiques, principalement par les dirigeants israéliens à qui il ne passe rien étant lui-même juif, Chomsky a énormément contribué à décrypter les mécanismes de la " fabrication du consentement". Et je trouve un écho particulier aux stratégies 1-2 et 9.
Mais il n'a rien inventé; les romains avaient déjà tout compris " Panem et Circenses".
22:50 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique |
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04.10.2010
Ad nauseam
On va aborder, au cours des semaines à venir, quelques sujets arides - les vacances sont finies- mais en guise de hors-d'oeuvre je voudrais vous présenter Monsieur E. Ford.
On savait des financiers, qualifiés d'avisés, qui achètent à tour de bras des céréales ou du sucre à chaque inondation ou incendie en espérant les revendre plus chers lorsque la faiblesse des récoltes, et donc des revenus des cultivateurs, auront boosté le prix des matières agricoles. Et nous, bonasses, on achète aux guichets de nos banques des fonds de placement "jouant" les prix agricoles, autant de "black boxes" concoctées par des financiers qui ne distingueraient pas l'orge du froment au bord du champ.
On savait certains pauvres à ce point désespérés qu'ils vendent leur sang ou leur rein. M. E. Ford a trouvé mieux. Les Etats-Unis sont le seul pays où un titulaire d'assurance-vie peut vendre sa police à un tiers qui payera les primes pendant le reste de la vie de l'assuré et touchera à l'échéance, c.-à-d. à la mort du titulaire, les capitaux prévus au contrat.
L'intérêt pour l'assuré est de toucher tout de suite, lui-même ou ses ayants-droit, une partie de la somme assurée et de ne plus devoir payer les primes annuelles. Solution confortable lorsqu'on est malade et endetté.
Le spéculateur espère qu'à la mort de l'assuré, il touchera plus que le montant du rachat de l'assurance majoré des primes annuelles versées. Donc, plus vite le titulaire meurt, plus le spéculateur s'enrichit.
Pour augmenter la probabilité de ses gains, M.E. Ford ciblait les assurés vieux, malades et endettés qu'il démarchait pour leur racheter à vil prix leur assurance-vie. Pour lancer son business il créa un fonds et promis aux souscripteurs un rendement de 8% pendant 7 ans. 23.000 anglais trouvèrent du charme à ce projet et lui confièrent 450.000 livres sterling.
Mais voilà, M.E. Ford s'est trompé en manipulant les tables de mortalité et ses assurés ne moururent pas selon le business-plan prévu. M.E. Ford fut déclaré en faillite et 23.000 souscripteurs perdirent leur mise.
Aucune réglementation ne parviendra à juguler ce type de comportement qui, s'il n'a rien d'illégal, dévoile une conception totalement dévoyée du capitalisme. Car, ne nous y trompons pas, je trouve des vertus à un capitalisme entrepreneurial qui lève des fonds pour lancer ou développer des projets de chercheurs, d'entrepreneurs ou d'industriels. Et tant mieux si ceux qui ont soutenu ces projets et se sont exposés au risque de l'entreprise s'en trouvent récompensés.
Mais l'argent a une odeur et tant que des hommes qui imaginent ou participent à un type de business qui spécule sur les malheurs des autres se regarderont dans la glace sans ciller, c'est foutu.
En attendant, tant pis pour leur g....
18:05 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : business |
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