08.11.2010
On nous balade
On nous balade.
Chaque soir, à l'heure du journal télévisé, j'ai la désagréable impression que les rédactions des chaînes télévisées se sont concertées pour nous concocter un J.T. tel un salmigondis d'informations n'ayant d'autre but que de nous distraire, nous infantiliser, nous dissiper bien à l'écart des enjeux réels de notre vie en société. Les télévisions et radios ne sont déjà pas des médias "d'opinions" et même plus des médias "d'informations" tant celles-ci sont triées, filtrées, épurées. Il n'y a pas de pire censure que celle qu'on s'applique soi-même, non pas pour plaire à une autorité supérieure mais pour flatter les consommateurs qui doivent pouvoir "s'identifier" à cette information de "proximité". Au risque de réduire leur champs de vision et d'intérêt à leurs nombrils et celui de leurs voisins.
Qu'on nous lâche un peu avec ces procès d'assisses, ces caves inondées, ces faits divers insignifiants, les démissions des uns, les déclarations des autres et surtout qu'on cesse ces reportages testimoniaux de quidam interpellés sur les trottoirs qui n'ont rien à dire et qui ne disent d'ailleurs rien.
Douloureuse impression que nous vivons sur cette terre aussi aveugles et inconscients que les passagers du Titanic qui dansaient et dînaient dans le ventre du navire alors que leur vaisseau fonçait nuitamment dans le brouillard vers son tragique destin. Il serait temps qu'on monte sur le pont et qu'on jette un oeil par-dessus le bastingage.
Et tant pis si le spectacle nous désole.
La crise bancaire et financière qui ébranla l'économie, détruisit 30 millions d'emplois et obligea les états à secourir les institutions financières au prix d'un endettement abyssal n'est pas terminée et pose question. Est-elle due seulement à l'incompétence des uns et à l'avidité des autres? Une nouvelle réglementation, plus coercitive envers les banques, nous épargnera-t-elle la répétition de telles dérives? Suffit-il de séparer les banques d'affaires des banques commerciales pour se prémunir de nouveaux séismes? Peut-on compter sur les Républicains, qui reviennent en force aux USA, pour juguler la crise? Barak Obama, arrivé à la Maison blanche en plein marasme économique, est-il blâmable de n'avoir pas trouvé de solution?
Rechercher les causes et les remèdes en personnalisant le sujet, en cherchant "le" coupable, en se référent aux comportements inadéquats ou fautifs des individus ne suffit pas.
Alors où chercher? Cette fois c'est moi qui vais vous balader.
Rappelons nous les prémices de la crise: elle est née d'un surendettement des ménages US à qui les banquiers firent miroiter des taux d'emprunts très (trop) bas. Lorsque ceux-ci remontèrent légèrement, comme les taux d'emprunts étaient variables et ajustables au marché, le coût des emprunts augmenta et les ménages à faible revenus ont été en défaut de remboursement; donc on a saisi leurs maisons pour les vendre et rembourser les banques; tellement de maisons ont été saisies et mises en vente que le marché immobilier s'est effondré. Et une flopée de ménages s'est retrouvée à la rue.
Vite rejoints par une seconde catégorie de ménages qui, bien que payant leurs échéances, furent victimes d'une diminution de la valeur théorique de leur habitation. En effet, la garantie des prêts bancaires était basée sur la valeur des habitations; comme celles-ci perdirent de la valeur, le banquier estima ne plus être suffisamment couvert et exigea le remboursement anticipé du prêt ou l'ajout d'autres garanties que l'emprunteur ne put lui donner.
Donc on saisit aussi leur maison ; la machine infernale est en route. Appauvris ou devenus craintifs, les ménages arrêtent de consommer, donc les sociétés de biens et services vendent moins et licencient à leur tour tandis que l'état reçoit moins de recettes fiscales au moment où il doit, coûte que coûte, soutenir les banques. Il n'a d'autre choix que de s'endetter. Dans des proportions énormes. Qu'il faudra un jour rembourser. Que nous ou nos enfants devront un jour rembourser.
Mais pourquoi a-t-on tant poussé les ménages à s'endetter? Pas pour leur procurer l'indispensable ni le nécessaire. Uniquement car les courtiers en prêts hypothécaires et les institutions financières y trouvaient leur intérêt.
Donc, voici les coupables? Suffira-t-il de les réglementer et de les cadenasser pour résoudre le problème?
Ce n'est pas si simple. On y revient à huitaine
22:30 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : business, médias |
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