18.09.2011

Nine Eleven

Les commémorations du 11 septembre 2001 furent à la hauteur de l'émotion qui nous fit ressentir il y a 10 ans que "nous étions tous américains". Journaux télévisés, émissions spéciales, première page des magazines, Obama à Ground zero, discours et médailles. Ce fut sobre mais intense.

D'où provient alors cette impression d'inachevé, d'incomplitude ( néologisme), voire d'occasion ratée d'écrire la fin de  l'histoire. Car y-a-t-il eu une réflexion complète, objective et cartésienne sur les motifs qui poussèrent  19 terroristes à venir se faire exploser pour toucher l' Amérique au coeur de sa puissance ? Au delà des raccourcis du style " 19 pirates fanatiques", " 19 malades d'Allah" ou " 19 forcénés instrumentalisés qui vouent une haine incompréhensible à l'Occident" , tous slogans qui arrangent bien les médias avides de solutions simples et binaires ( les bons contre les méchants), qui a posé la question qui fâche;" Pourquoi haïssent-ils tant l'Amérique?".

Un peu d'introspection, de remise en question, d'interrogations sur les politiques menées:" Qu'a fait l'Amérique, où, quand et comment pour susciter tant de haine?". Rien? C'est un peu court. La solidarité à l'égard des Etats-Unis, la reconnaissance profonde que nous, les européens,  leur devons pour les guerres du 20° siècle ne doit pas nous empêcher d'y réfléchir et la compassion que nous leur témoignons ne doit pas les empêcher d'y réfléchir eux aussi.

 Près de 3000 morts et des héros, tels les pompiers de N-Y. Chacun en convient mais n'était-il pas évitable que 343 pompiers périssent dans l'effondrement des tours? Plus de 10% des victimes furent envoyées à pied dans les escaliers des immeubles en feu sans qu'un officier, normalement ingénieur des mines, n'envisage à temps le catastrophique écroulement des bâtiments! 

Des victimes et des héros. A coup sûr. Mais ceci ne doit cependant pas nous dispenser de réfléchir.