25.11.2011
Est-ce grave Dr Euro?
« Est-ce grave Dr Euro ? »
« Oui, c’est grave et le pronostic vital est engagé ! »
« Je dois bien avouer que toutes ces informations économiques déprimantes, dont on nous rabâche les oreilles depuis deux ans, me passent un peu au-dessus de la tête. Ces déficits, ces cotations, ces mesures d’austérité, ces banques en faillite, ces querelles entre les responsables me semblent relever d’un monde immatériel où je ne me reconnais plus. »
« C’est vrai que la terre n’a pas cessé de tourner pour autant. Mais en réalité ce n’est pas si compliqué ; il suffit de s’en référer à ce qui se passe au niveau d’un ménage ou d’une PME ou d’une commune. On ne peut pas dépenser plus que ce que l’on gagne !
Une banque passe à la trappe lorsqu‘elle oublie son métier : récolter l’épargne puis prêter ce qu’elle détient à des consommateurs ou des investisseurs fiables. Son bénéfice ne peut provenir que de la différence entre le taux qu’elle accorde aux épargnants et le taux qu’elle demande aux emprunteurs.
Malheureusement, cette marge ne suffit pas à satisfaire l’appétit des actionnaires de la banque ni des dirigeants qui sont rémunérés en partie selon les bénéfices. Donc, les banques s’endettent de plus en plus, en empruntant de l’argent pour faire des placements à risque ou racheter des concurrents, en espérant maximiser leurs profits. Ils inventent des produits financiers tellement compliqués qu’on les appelle des « black boxes » que même les dirigeants ou les administrateurs de ces banques ne comprennent pas …jusqu’à ce que ces placements se révèlent hasardeux. Quand ils doivent rembourser, c’est la crise voire la faillite.
En 2008, on a ainsi assisté à la déconfiture de plusieurs banques (en Irlande, en Belgique ou aux USA). La plupart ont été soutenues par les Etats qui leur ont prêté de l’argent ou qui les ont rachetées. Mais l’état, c’est nous ; donc dans ce scénario, c’est la collectivité qui est venue au secours des banques. A raison ?
Si les Etats n’étaient pas intervenus, les épargnants, clients de Fortis ou de KBC ou de Dexia risquaient vraiment de perdre leurs économies, ce qui n’était pas socialement envisageable. Par contre, les actionnaires de ces banques ont perdu tout ou partie de leurs mises ; certaines personnes en Belgique ou à l’étranger ont acheté des titres Fortis à 30 euros il y a 3 ans qui ne valent plus aujourd’hui que 1,13 euro ! De même il fallait débourser 20 euros pour acheter une action Dexia il y 3 ans ; elle vaut encore 38 centimes d’euro ce matin. Et tout est à l’avenant ; en janvier dernier le titre KBC valait encore 30 euros, il cote aujourd’hui 8 euros.
Donc les Etats ont surtout sauvé les épargnants, clients des banques, mais personne ne rembourse les actionnaires et c’est assez logique.
Mais voici que les Etats à leur tour, après avoir aidé les banques, plongent dans les difficultés.
Si on ne prête pas de l’argent à la Grèce, ce pays ne peut plus payer ses fonctionnaires, ses clients et fournisseurs ! Il en a été de même avec l’Irlande et maintenant le Portugal, l’Italie et l’Espagne sont aux abois ! Pourquoi ?
A nouveau, parce qu’ils dépensent plus que ce qu’ils gagnent.
Les recettes d’un pays sont principalement les impôts et taxes sur le travail, les accises, la tva, les droits de succession ou d’enregistrement etc. Les autres recettes (domaniales ou les revenus des sociétés étatiques) sont devenues très marginales. Dans presque tous les pays, les dépenses publiques (fonctionnaires, infrastructures, défense, justice, enseignement, sécurité sociale etc) dépassent les recettes. Dans ce cas, l’état, comme un ménage, doit emprunter en espérant pouvoir rembourser un jour.
En fait, les états ne remboursent jamais !
(à suivre)
18:29
Écrit par JLH
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : business |
Facebook
|










Écrire un commentaire