02.05.2007
Un foulard pour salaire
Tout le monde ressent un certain malaise lorsqu'on évoque les sommes colossales versées à certains dirigeants d'entreprises. Privées ou publiques d'ailleurs.
J'ai déjà cité l'exemple de Noël Forgeard, ex-patron d'Airbus (cfr post des 17 et 2 juillet 2006). Certaines dispositions règlementaires ont été prises pour les sociétés cotées en bourse, qui prévoient la publication des salaires octroyés, escomptant par cette transparence nouvelle, une auto-régulation des intéressés, soudain animés par une louable retenue qui confinerait à de la pudeur à l'égard des moins bien lotis en général et de leurs propres salariés en particulier.
Que nenni! Cette publication rate sa cible car les patrons concernés ne lâchent rien et les autres dirigeants y puisent arguments pour réclamer, preuves en mains, une adaptation de leur propre rémunération au motif que "d'autres gagnent beaucoup plus".
Et en cette matière il n'y a guère de limites.Le ex-patron du brasseur Inbev ( Stella à Leuven), licencié en 2005 pour manque d'enthousiasme à propos de la fusion avec les brésiliens de Ambev, réclame eur 30.000.000 de prime de fin de contrat alors que la société, aujourd'hui belgo-brésilienne, n'est disposée à lui verser que (!) eur 10.000.000. Si Ford a perdu usd 12,7 milliards en 2006, son PDG a perçu quand même usd 28.000.000. Alcatel vient d'annoncer 12.000 suppressions de poste suite à sa fusion avec l'américain Lucent mais son PDG a encaissé une prime de départ de eur 5.700.000 en plus des 2.500.000 perçus à titre de salaire annuel. Le président de Eiffage ( construction française) a accumulé des actions gratuites pour eur 23.000.000. L'ex-PDG de Carrefour, remercié en février 2006 pour cause de résultats insuffisants, reçut eur 38,000,000 soit 350 années de salaire d'une caissière.
Aucune règle économique, aucune loi du marché ne justifie de telles sommes pour des cadres-dirigeants qui, aussi talentueux soient-ils, ne sont ni des inventeurs géniaux, ni les fondateurs de leurs entreprises.Seules la cupidité et l'arrogance de l'argent expliquent la persistance d'un système qui s'auto-alimente car ceux qui pourraient ou devraient le dénoncer s'en gardent bien. Ils espèrent un jour parvenir à leur tour dans le cercle restreint des " happy few". Quant aux politiciens ils s'émeuvent, surtout en période électorale et promettent de s'en occuper... après les élections, on n'est jamais assez prudent.
Bref, en cette matière l'éthique revêt l'aspect crépusculaire d'un phtisique en phase terminale, à un souffle du néant. Heureusement pour la planète des hommes, chaque jour des milliers de bénévoles s'activent dans les milieux associatifs, culturels et politiques.
Que serait la campagne présidentielle sans les milliers de militants; que deviendraient nos clubs sportifs sans ses passionnés-dévoués? Et les festivals, les Asbl, les mouvements de jeunesse comme les boy-scouts qui fêtent leur centenaire cette semaine? 100 ans que des milliers de jeunes dirigent des réunions, des camps, des activités et enfilent leur foulard pour seul salaire, sans même imaginer un instant être rémunérés. Pourtant, on peut estimer à 70 jours par an le temps consacré à une fonction de chef de meute, de troupe ou de compagnie.
Ce dévouement, naturel pour les intéréssés, permet de croire que tout espoir n'est pas perdu.Sauf que parmi les PDG cités il doit bien y avoir quelques " Bison tenace" ou " Angora économe"!
08:41 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : business |
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09.04.2007
Shopping fiscal
Le prix de l'immobilier a fortement progressé ces dernières années dans le Tournaisis, à Ixelles autour des étangs et dans le quartier du Chatelain.
En cause, nos voisins français qui fuyent la fiscalité jugée exubérante de leur pays et plus particulièrement l'impôt sur la fortune. Celui-ci commence avec un patrimoine de 750,000 euros ce qui n'est pas rien, encore qu'on ait souvent cité l'exemple de l'île de Ré, où s'est réfugié Lionel Jospin après sa défaite en 2002, car quiconque y possède une maison de pêcheur est soumis à l'IF.
Le même phénomène s'observe le long de la frontière hollandaise que nos voisins bataves traversent pour venir élire domicile en terre flamande.
Après les réfugiés politiques, les réfugiés économiques, voici donc les réfugiés fiscaux.La Belgique serait-elle devenue un paradis fiscal?
Pour certains assurément. Aucun impôt ne frappe la fortune dans notre pays et les gains (éventuels) réalisés sur les places bousières restent exemptés de tout impôt. Ces deux exonérations ne doivent pas faire oublier que les droits de succession d'une part et d'enregistrement sur les ventes d'immeubles d'autre part sont parmi les plus élevés d'Europe.
Et puis surtout, il ne fait pas bon d'être résident belge, célibataire et sans enfant. Très rapidement la moitié de la rémunération est confisquée par l'impôt. La situation ne s'améliore pas vraiment lorsque le profil fiscal se modifie: un cadre marié avec un enfant qui gagnerait 60,000 euros/an verserait 22,448 euros à l'Etat en Belgique, 10,143 en Suisse,7,084 au Luxembourg et 4,410 en France! Conclusion; il faut aller travailler en France et venir pantoufler en Belgique pour profiter de ses avoirs.
C'est ce qu'on appelle le "shopping fiscal".
Notre pays accueille donc quelques centaines d "happy few fiscaux". Ils n'ont rien à craindre de notre système fiscal qui applique chez nous le conseil de Colbert au roi de France;" Sire, il faut taxer les pauvres, ils sont tellement plus nombreux".
NB: ce post doit beaucoup à J-P Bours.
00:43 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : business |
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24.01.2007
Charity Business ( 2 )
Tandis que l'homme le plus riche de Belgique sollicite votre contribution pour alimenter son fonds ( cfr le post précédent), l'homme le plus riche du monde a décidé de consacrer, à la fondation qu'il a créé avec sa femme Melinda, ce qu'il a de plus précieux et de plus rare; son temps.
Bill Gates va se retirer des affaires dans deux ans et s' adonner complètement au développement de sa fondation, suivant ainsi les idées défendues par Andrew Carnegie dans son livre " Gospel of wealth- L'évangile de la richesse" où il justifiait, nous étions en 1889, le capitalisme à l'américaine c.-à-d. pur jus de concentration de richesses, par le devoir fait aux plus riches de se retirer assez tôt du business pour dépenser leurs fortunes dans des actions philantropiques!
Aujourd'hui, Bill a 50 ans. Compte tenu de l'ampleur de sa fortune, il est urgent qu'il décroche s'il veut avoir le temps de dépenser tout son argent.
D'autant que sa fondation vient de doubler de taille en recevant usd 30,000,000,000 de Warren Buffet, son copain de bridge qui est aussi le n°2 parmi les plus riches au monde.
Donc, la " Bill & Melinda Gates Fondation" qui occupe 250 collaborateurs temps-plein, dispose de usd 60 milliards, solide machine de guerre pour développer son action caritative.
A 75 ans, Warren Buffet est trop vieux pour se reconvertir dans le philantropique. Il continuera donc à gérer ses fonds, en buvant du Coca-Cola à la cerise, son unique boisson et en vivant à Omaha, un bled de 400,000 habitants perdu dans le Nebraska où se trouve le siège social de sa société qui se réduit à un petit étage, loué à l'année, qu'il partage avec sa douzaine de collaborateurs. Comme notre Albert Frère, mais à la x° puissance, il a une capacité intuitive à prévoir les mouvements des marchés financiers mais contrairement à son pote Bill, il abhorre la technologie n'investissant que dans ce qu'il connait; le Coca-Cola, les crèmes glacées et les assurances.
Il partage cependant avec Bill Gates la même conception méritocratique propre aux USA; de l'argent ca se gagne, se gère puis s'investit dans des fondations car les héritiers doivent recevoir" juste assez pour pouvoir tout faire mais pas assez pour ne rien faire".
Nos deux compères mènent d'ailleurs campagne contre le gouvernement Bush pour maintenir les droits de succession aux Etats-Unis, traitant au passage l'Europe de continent "dynastique" où les fortunes se recoivent en héritage alors que le talent et les compétences ne sont pas héréditaires.
Cette approche est la base des grandes fondations du siècle dernier dont la plus célèbre, celle de Rockfeller, n' atteint "que" usd 450 millions. Elle alimente aussi une culture de masse qui voit les anciens des collèges et universités se montrer, fortune faite, généreux envers leurs " alma mater".
Evidemment, comme on joue dans la cour des grands, les héritiers recoivent quand même quelques centaines de millions des dollars. Tout est relatif.
De plus, les sommes mobilisées par les fondations ne sont pas, par nature, gage d'affectation optimale. Certains, qu'on pourrait qualifier de communistes, pensent même que l'état pourrait mieux discerner le bien commun que ces milliardaires reconvertis.
Et puis, sans un sou vaillant, d'autres se penchent aussi sur la misère du monde avec sincérité,efficacité et dévouement.
C'est vendredi qu'on enterre l' abbé Pierre.
10:13 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : business |
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Charity Business
Albert Frère est l'homme le plus riche de Belgique. Mais la vie ne lui a pas épargné son lot de chagrin.L' accident qui coûta la vie à son fils Charles-Albert fut l'épisode le plus cruel que le destin réserva à ce père.
IL créa alors un fonds,richement doté, au nom de son fils disparu qui accorde des aides financières à des oeuvres sélectionnées avec soin. Qui n'apprécierait?
Moneymaker plus que businessman, A. Frère possède une intuition rare qui lui permet, de facon récurrente, de placer son argent à bon escient, dégageant de confortables plus-values presque à chaque coup.
Tout récemment, il acquit quelques millions de titres de la société Suez ( maison mère d' Electrabel) pour une valeur de 200,000,000 euros. Somme rondelette qui ne lui permit d'acquérir que 0,4% du capital de Suez mais A. Frère avait racheté 1% quelques semaines plus tôt et en possédait déjà 8% de sorte qu'il devenait, avec 9,4%, le premier actionnaire de Suez pour une valeur estimée de 4,000,000,000 euros.
Mais Suez n'est qu'une participation parmi d'autres puisqu'il possède également une forte position en Total ou en Lafarge par exemple, qui le place à la tête d'une fortune de plusieurs milliards d'euros. Qui trouverait à y redire?
Sauf que cette semaine, un publi-reportage d'un tiers de page parut dans la presse pour annoncer, en quadrichromie, les dons octoyés en 2006 par le fonds Charles-Albert Frère à 4 ASBL actives dans des secteurs sensibles ( enfants malades, mamans fragilisées..) pour une valeur totale de .. 500,000 euros.
Beaucoup d'argent pour vous et moi mais raisonnablement médiocre pour la famille Frère qui prend bien soin de mentionner qu'elle est le "principal contributeur" de son fonds éponyme. On attendait rien de moins de cette famille qui entretient, à raison, la mémoire du fils.
Bon pensez-vous, on est un peu pingre du coté de Loverval et on a déjà plus connu plus discret en la matière.
Pingre mais altruiste car la même annonce, par souci de démocratie capitaliste participative, vous invite, en lettres rouges, à contribuer au fonds; " les dons sont bienvenus au compte 068... et l'immunisation fiscale est acquise à partir de 30 euros."
Evidemment, Albert ne nous invite pas à participer à ses cotés au rachat des meilleurs vignobles du Bordelais ni à déguster son " Cheval Blanc". Pour cela, il a choisi Bernard Arnault, le patron-actionnaire du groupe de luxe français LVMH.
Mais dans un geste de compassion, je suggère que nous envoyions 30 euros à la Blanche Borne ( son siège social) dans une enveloppe avec la mention:" Pour vous aider à racheter des actions Suez, des vignobles, des titres Total ou Lafarge. On vous fait confiance Albert. Pardon, Baron Frère" .
10:13 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : business |
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17.07.2006
Le parachute du père Noël
Noël Forgeard, dont il est question dans le post du 2 juillet sous le titre " con & bête à la fois ", ne mérite peut-être pas ce titre. Il a effectivement quitté EADS sous la contrainte mais pas les mains vides; le conseil d'administration lui a octroyé un parachute de départ de six millions . Ben voyons.
00:26 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : business, delit d initie |
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02.07.2006
Boursicoteurs : Con et bête à la fois
La bourse est un vaste espace de vente et d'achat de titres de sociétés, qui devrait s' apparenter à ce que les économistes appelent depuis Ricardo " le marché parfait " c.-à-d. un marché où toutes les informations, qui conduisent les uns à vendre et les autres à acheter, seraient au même moment disponibles pour tous. Ce flux d'informations permettrait à chacun de se déterminer au mieux de ses intérêts et un subtil équilibre naîtrait de l'ensemble de tous ces intérêts en apparence antagonistes.
Ricardo ( économiste anglais du début 19°s) a expliqué que ce " marché parfait" guidé par une " main invisibe" ne serait régulé par rien d'autre que les intérêts optimisés de chacun.
Malheureusement, il y a toujours des petits malins bien placés qui ont connaissance, avant tout le monde, d'informations susceptibles d'influencer, en bien ou en mal, la valeur d'une entreprise et partant le cours de son action en bourse.
On peut imaginer qu'il soit facile pour un dirigeant d'entreprise de savoir, avant les autres, si son affaire est ou non performante. S'il utilise ce renseignement à son seul profit, sans en informer l'ensemble des actionnaires et de ce que les anglais appelent les stakeholders ( tous ceux qui ont un intérêt dans l'entreprise; actionnaires, clients, employés..) il commet un "délit d'initié" punissable pénalement.
Noël Forgeard était jusqu'à ce soir le co-président de EADS, la société qui construit les avions Airbus. En mars 2006, il vendit un paquet d' actions EADS qu'il détenait ( à titre de moyen de paiement d' une partie de sa rémunération)et empocha un bénéfice de 2.500.000 euros.( soit dit en passant le salaire de 2.000 travailleurs travaillant au smic dans les usines d' EADS).
Trois mois plus tard, EADS annonce un retard de 7 mois dans la livraison de ses premiers Airbus 380, ces mastodontes qui pourront transporter jusqu'à 800 personnes dans sa configuration full passagers ( je ne vous dis pas les soucis à l'embarquement et débarquement). La bourse sanctionne le titre qui perd 26% de sa valeur en une seule journée. En d'autres termes, N. Forgeard aurait perdu 600.000 euros s'il n'avait pas vendu quelques semaines plus tôt. Mais voilà par chance ce matin-là, le co-président de EADS s'est dit en se rasant " Tiens je vais vendre pour 2.500.000 euros ce matin". Car évidemment, lorsque l'autorité de contrôle des marchés français ( on reparlera de celle-là un autre jour) l'a interrogé sur cette vente devenue suspecte, Noël Forgeard a fait fort:" Non, je n'étais pas au courant des problèmes de retard de livraison de notre plus grand avion, qui est aussi notre plus gros contrat pour les années à venir et notre principal atout concurrentiel".
Autrement dit: " Oui, je suis le co-président d'un énorme société franco-allemande; oui je perçois un salaire colossal( hors titres qui eux viennent en bonus) mais non je ne suis pas au courant de ce qui se passe de grave dans mon entreprise; ben oui je suis un gros con"
Et il ajoute:" Il n' y a aucune raison que je démissionne".
Ben voyons! En Belgique, on a déjà donné dans ce registre; rappelez-vous la Sabena étrillée par les Suisses et abandonnée au bord de la faillite. Aucun administrateur ne s'est déclaré ou n'a été reconnu responsable " On ne savait pas!"
Calimero disait " Si j'avais su, j' aurais pas venu"
Je préfère Brel: " Con et bête à la fois"
22:09 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : business, delit d initie |
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26.06.2006
Boursicoteurs ( 2 )
Le journal économique " L' Echo" organise, depuis plusieurs mois, un concours boursier gratuit et plaisant pour les boursicoteurs.Chaque participant est doté d' une somme virtuelle de 100.000 euros qu'il doit placer sur les marchés financiers et faire fructifier. Il peut acheter, vendre, replacer quand il veut, ce qu'il veut; des actions, des commodities, des devises, des sicavs, des sicafis etc.
Je m' étais inscrit puis, faute de temps, je n'ai rien fait. Aucun placement ni achat. Mes 100.000 euros sont restés improductifs. Tous les jours je reçois cependant mon classement par courriel puisque l'Echo me considère toujours comme participant, un peu paresseux sans doute.
Hier, après 4 mois de compétition, je suis classé 4.254° sur 17.613 joueurs. J'en déduis que 4.253 participants actifs m'ont battu pour avoir, au mieux de leurs connaissances, activé leur cagnotte et gagné quelque argent . Mais moi, sans rien faire, j' ai battu 13.359 boursicoteurs qui eux ont tous perdu de l' argent.
Mon inaction, bien involontaire, est pleine d'enseignements et d'humilité. Mais en ce domaine comme dans d'autres, chacun se croit plus malin que les autres. Un tee-shirt à la mode affiche d'ailleurs modestement:" Je suis un gros malin".
Je lui préfère clairement le texte d'un tee-shirt dédié à la malaria mais qui semble d' à propos pour ce post boursier:" Je suis le moustique qui pique, te nique et t'envoie à la clinique"
00:03 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bourse, business |
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04.06.2006
Que les gros salaires...
Un individu a déboursé eur 2.160.000 pour avoir l'honneur (?), la joie (?), le privilège (?) de disposer du numéro de portable " 6666666".
Cet indicatif unique avait été mis aux enchères par la compagnie de téléphone locale Q-Tel.Cela s'est passé le mois dernier au ...Qatar.
Ouf!
Encore " qu'il y en a des ceux" qui, chez nous payent plus de 1.000 eur pour le plaisir d' avoir une plaque minéralogique personnalisée.
Que Axel Mercks, coureur cycliste doué et courageux, gagne beaucoup plus que son légendaire de père ou qu' Olivier Rochus, par ailleurs bien sympathique, gagne plus que J. Borg interpelle.
Mais tout se perd. Même Fidel Castro apparaît dans le top 10 des plus grande fortunes au monde avec usd 990 millions, plus que la reine d'Angleterre dont la famille eut pourtant tout le Commonwealth pour s'enrichir alors que Fidel n'a qu' une île.
Mon père me disait:" Si tu veux gagner ta vie, travaille. Si tu veux devenir riche, trouve autre chose." Est-ce encore vrai aujourd'hui?
Des salaires annuels de plusieurs millions de euros récompensent les chefs d'entreprise dans tous les pays, même le nôtre.
Il y a 20 ans, un patron américain gagnait 125 fois le salaire d'un ouvrier. Aujourd'hui, 240 fois.
Que le boss évincé de Inbev ou de Vinci recoive des millions d'euros à titre de prime de départ alors que l'entreprise rationnalise et délocalise a de quoi choquer.
" C'est l'avidité qui fait progresser le monde" dit-on pour justifier les excès.C'est oublier un peu vite Gandhi qui déclarait:
" La terre suffit largement à satisfaire les besoins de l'homme, mais pas son avidité".
23:57 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : business |
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16.04.2006
Justine de Monaco
Discussion à propos de Justine, Tom, Alex, Thierry et les autres qui ont pris la route de Monaco sous les conseils avisés de leurs experts.
Je ne suis pas de ceux qui vilipendent ces comportements pour 3 raisons:
1 - à quel titre et de quel droit ces sportifs qui passent 250 jours/an à l'étranger, gagnent leur argent dans des compétitions aux 4 coins du monde, n'ont aucun employeur ou aucune activité lucrative ( ou si peu) en Belgique, devraient-ils payer leurs impôts chez nous ?
Parce qu'ils ont la nationalité belge? En Belgique, le critère est la résidence; tu résides ici, tu es soumis à l'impôt quelle que soit ta nationalité; tu n'es pas résident en Belgique, tu ne seras pas taxé ici même si tu es belge (sauf si tu perçois des revenus pour une activité ponctuelle chez nous).
Parcequ' ils ont un devoir de reconnaissance envers la mère-patrie où ils ont grandi et reçu les bases de leur formation?
Sans doute, serait-ce équitable mais...
2 - ... il faut avoir une vocation de victime expiatoire pour accepter les taux d'impôts confiscatoires de notre fiscalité pour les individus. Au minimum 50% seront prélevés alors qu'on s'accorde à fixer à 30% le taux moyen compréhensible par les contribuables.
( PS: votre taux moyen d'imposition apparaît d'ailleurs dans le coin supérieur gauche de votre avertissement -extrait de rôle)
Ce qui dérange évidemment c'est que ce sont déjà les plus nantis qui échappent à cette imposition excessive, parce qu'ils en ont les moyens..
3 - ... dès lors, et plus fondamentalement, c'est l'existence même de ces paradis fiscaux qui pose problème .
Les sportifs utilisent un système connu de tous, toléré par tous,organisé voire glorifié. Lisez la presse "people" et admirez les couches de vernis plaquées sur les familles royales qui ne survivent qu' au moyen d'une fumisterie fiscale . Je hurle de rire quand je vois Caroline ouvrir le bal du Gala de la Croix Rouge, événement le plus mondain de l'année, où les happy few se rachètent une conscience bon marché en payant cher un couvert au dîner organisé par et pour une clique dont la survie dépend d'un système immoral.
Comment admettre 21% de chômeurs à Bruxelles, capitale de l'Europe, et la présence de 6 paradis fiscaux au sein de même Europe.
On ne pourrait les supprimer, nous dit-on, car l'argent s'évaderait vers d'autres cieux. Alors, fermons d'un coup tous ces edens que les puissances se sont constitués pour pouvoir jouer à armes égales au jeu du " je te tiens, tu me tiens..." Monaco, Andorre, Saint-Marin, Liechtenstein, Jersey, Guernessey auquels il faut rajouter le Luxembourg et la Suisse.
Y a du boulot! Etrangement les programmes politiques, fussent-ils électoraux, ne mentionnent pas la suppression des paradis fiscaux européens parmi leurs priorités. On s'en accommode bien et puis c'est compliqué . D'accord mais alors foutons la paix à Justine; au moins son argent on sait comment elle l'a gagné, ce qui n'est pas le cas de bien d'autres de ses voisins de paliers. Sur ce plan, celui du blanchiment d'argent, il faut reconnaître des progrès, il y a un frémissement de volonté de clarté. Mais les politiques ne pourront être pris au sérieux , que lorsqu'ils décideront de l'abolition des paradis fiscaux. Hors de cela, pas de salut.
Et puis, et puis il y a KIM qu'est belle comme un soleil et qui reste au pays ( librement inspiré de J. Brel) avec tant d'autres qui résistent comme des saints aux tentations.
Allez KIM, sancta subito!
23:30 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : business, fiscalite |
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10.04.2006
Du pain et des jeux
Un couple bruxellois a gagné 75.753.123 euros au Lotto soit plus de bef 3.000.000.000.
Cela n' a aucun sens, c'est grotesque et immoral.
*******
Tom Boonen rassemble sur son nom et ses victoires tous les qualificatifs et commentaires dithyrambiques de la presse nationale. Il le mérite d'autant plus que parfois, comme aujourd'hui, il perd ce qui renforce encore son côté sympa.
Je ne me souviens pas d' avoir entendu persifler à son égard comme on l'a fait cent fois contre Justine Hénin: pourtant tous deux habitent Monaco.
Ils n'auront jamais pour voisins sur le roché monégasque les bruxellois septante fois millionnaires: les gains au Lotto sont exemptés d'impôt en Belgique.
Pour eux, comme pour Tom Boonen ou pour nous, l'important n'est pas tant d'avoir ou de ne pas avoir d'argent, c'est l'usage qu'on en fait.
00:04 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : business |
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12.03.2006
La Suisse rembourse
Une journée à Genève sous un crachin glacial.
Le Rhône en crue couvrait les berges piétonnes, ma balade favorite, et même le célèbre jet d'eau du Lac Léman n'osait pas sortir par un temps pareil.
" L'Italie, sous les Borgia, a connu la guerre, les trahisons, la terreur et les meutres mais elle a aussi produit Michel-Ange, Léonard de Vinci et la Renaissance.
En Suisse, ils ont connu 500 ans de paix et de démocratie et ils ont produit l'horloge à coucou".
Je partage un peu le sentiment de l'auteur de cet aphorisme dont j'oublie le nom. Comme je partage l'opinion de Jean Ziegler qui titrait dès 1976 " La Suisse au-dessus de tout soupçon"où les empires occultes des banques et de la finance étaient accusés de contribuer à la paupérisation absolue du Tiers-Monde.
30 ans plus tard, la Suisse essaye de se refaire une façade de moralité - elle qui refuse toujours de rejoindre l' Union européenne pour pouvoir préserver son système bancaire, tout comme la Norvège refuse pour ne pas avoir à partager sa richesse née de ses colossales réserves de gaz et de pétrole .
A ce jour, la Suisse a déjà remboursé usd 1,546 milliard à 13 états étrangers qui, lors d'un changement de régime ( je n'ose pas écrire" lors de l'avènement de la démocratie") ont réclamé la restitution des fonds détournés par les dirigeants précédents.
Restent huit contentieux en cours pour un total de usd 1,6 milliard : le plus petit montant concerne Mobutu soit 7,7 millions réclamés par ses successeurs Kabila père puis fils - le montant le plus élevé revient à Abacha, ex-dictateur du Nigéria, avec usd 700 millions saisis en 1999 .
L'Afrique n'a pas le monopole des coffres hélvétiques ; le Mexique réclame usd 130 millions détournés par l'ancien président Salinas et son frère tandis que l ' Indonésie aurait été pillée par l' ex-président Marcos à hauteur de 356 millions.
Ce faisant, la Suisse n'agit pas par excès de scrupules mais obtempère à la Convention anti-corruption de l' ONU de 2003 qui oblige de restituer l'argent de la corruption à l ' état d'origine. Mais n' en fixe pas les modalités. De sorte qu' il faut d'habitude plus de 10 ans et de multiples procédures avant que les coffres suisses ne s'entrouvrent . Souvent les sommes restituées sont confiées à des organismes internationaux, style banque Mondiale ou FMI, à charge pour ceux-ci de promouvoir des projets de développement au bénéfice de la population.
En tout cas, les kinois attendent toujours!
Sur le lac Léman, l'après-midi, le jet d'eau se lançait à la verticale et retombait, sous l'action du vent, en un rideau d'eau.
C'était joli.
22:43 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : business, justice |
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26.02.2006
Boycottons Carrefour
" Chers clients,
Nous exprimons notre solidarité à la communauté musulmane. Carrefour ne vend pas de produits danois"
Affiche Carrefour-Tunis Février 2006
22:03 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : business |
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11.02.2006
Boursicoteurs (1)
Il y a tant à dire à propos de la bourse, de ses méandres et de ses excès.
Un monde d'initiés ou qui prétendent l'être,un monde d'argent, de profits et de pertes aussi, une formidable machine à générer de la circulation et de la mobilisation de fonds.
Un monde sans morale ni scrupules, bref sans éthique.
Volkswagen vient de présenter un plan de redressement qui prévoit 22.000 pertes d'emploi; la valeur de l'action VW a progressé de 8% c.-à-d.que les actionnaires ( que nous pouvons tous être puisque l'action VW est achetable dans toutes les banques)se sont enrichis parce que d'autres perdent leur job!
Cet exemple ciblé sur une compagnie déterminée vaut aussi sur un plan général. Les dernières statistiques américaines en matière de chômage font apparaître une diminution du nombre de demandeurs d'emploi ramené à 4,7% de la population active ( Bruxelles 20% !!).Les américains ont créé 1.980.000 nouveaux postes de travail en 2005 et même s'ils ont aussi licencié, le taux de 4,7% n'est pas loin de ce qu'on considère comme le plein emploi soit un chômage inférieur 4 %.
Bonne nouvelle croyez-vous? Pour les travailleurs sans doute mais les actionnaires ( que nous pouvons tous être) boudent car, qui dit moins de chômeurs dit tension sur les salaires puisque les firmes vont devoir augmenter leurs propositions de rémunération pour attirer les demandeurs d'emploi de plus en plus sollicités ( rappelez-vous les années 60-70 !)
Qui dit salaires en hausse dit bénéfices des sociétés en baisse. Et si le pouvoir d'achat des travailleurs s'améliore, il risque de créer une possible tension sur les prix donc de l'inflation. Mais les bourses n'aiment ni l' inflation ni les bénéfices rabotés. Elles préfèrent un taux de chômage un peu plus élévé pour pouvoir tenir les vélléités d'augmentation des salaires sous l'éteignoir.
D'ailleurs vous remarquerez que la bourse belge a progressé de 21% en 2005. Normal, on a 12% de chômeurs!
22:33 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : business |
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08.01.2006
En faillite
J'ai vécu une faillite. Une start-up, basée sur l'idée d'un physicien brillant et sur l'argent de notre société, qui déposa son bilan après 5 ans d'existence et eur 4 millions dépensés en R&D.
De l'idée au concept puis au prototype et au premier test au banc d'essais, nous avons suivi la trajectoire habituelle des innovations. Au premier anniversaire de la société, j' écrivis au tableau ; " Quand on rêve seul, ce n'est qu'un rêve - Quand on rêve à plusieurs c'est le début d'une réalité" .
A l'atelier, j'ai vu défiler les noms les plus prestigieux de la profession, venant du Japon, du Canada, d' Angleterre, interrogeant sans fin nos ingénieurs qui défendaient leur technologie. J'y ai cru...un temps. Puis le processus long et lent se mit en marche. Les commandes fermes ne suivaient pas les multiples demandes d'études et de prototypes qu' exigeaient les clients potentiels. Les recettes ne couvraient pas les coûts; les actionnaires étaient de plus en plus sollicités pour avancer l'argent que maintenant les banques renâclaient à prêter; les plans de redressement se succédaient sans succès et les 7 collaboreteurs prenaient conscience que le projet virait à l'échec. Les plus réactifs quittèrent le navire, les plus obstinés affirmaient qu'ils auront raison dans 10 ans, les plus indolents espéraient une reprise par un autre industriel.
Mais les actionnaires ne voulaient pas attendre 10 ans. Une x° et ultime réunion du conseil d'administration dans une atmosphère lourde. Les actionnaires, faute de perspectives et de plan crédible, arrêtèrent les frais.
Le lendemain, je me rendis au greffe du tribunal de commerce, près de la place St Lambert, avec notre avocat, pour faire déclaration de faillite. Les employés furent gentils, indifférents. Quelques documents à signer. C'est tout.
On sort de là avec un goût de cendres dans la bouche.
Le lendemain, le tribunal désigna un curateur, comme d' habitude un avocat, qui se rendit à l'atelier, remit un C4 à chaque employé et interdit dorénavant à quiconque de faire quoi que ce soit de ou dans l'atelier. Il va rechercher un repreneur et à défaut vendre le matériel et les équipements pour payer peu ou prou les créanciers. En l'occurence, il y avait peu de dettes et le personnel très qualifié fut repris par un des principaux fournisseurs .
3 ans plus tard, la clôture de la faillite n'est toujours pas prononcé. Ici comme ailleurs, la justice se hâte lentement.
L'année dernière, en 2005, 7.906 entreprises connurent la même désaventure. Ce chiffre brut couvre des réalités bien différentes : sectorielles d'abord avec le secteur Horeca et celui de la construction en tête de pont- sociales ensuite, souvent une ou quelques personnes par faillite, parfois l'hémorragie comme à Hamont Achel avec 345 emplois perdus - régionales enfin car si la Flandre réduit ses faillites de 5%, si la Wallonie stabilise ( ou stagne ) ses dépôts de bilans, Bruxelles enregistre une progression de 9% !
Au total, eur 1.123.000.000 sont restés impayés par les entreprises qui ont fermé et 16.886 jobs perdus.
Ces chiffres ont fait la manchette des journaux écrits ou télévisés et alimenté un sentiment diffus de sinistrose.Il eût été correct de dire sur le même ton que 52.998 nouvelles sociétés ont été créées en 2005 en progression de 6% par rapport à 2004 et de 12% par rapport à 2003. Et dans ce domaine, si la Flandre occidentale voit ses nouvelles entreprises augmenter de 15%, Liège affiche + 9% et Bruxelles + 8%.
Allez, quand on rêve seul, ce n'est pas toujours qu'un rêve.
19:24 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : business |
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18.12.2005
La baffe au "shorter"
Monsieur Liu Qibing, un chinois de 39 ans- diplômé et agréé courtier auprès de la 1° place financière du monde, Londres- sert aux mieux les intérêts de son pays en achetant les matières premières nécessaires à son économie.
En mai dernier, le gouvernement chinois tente de freiner la croissance économique débridée du pays( plus de 9%) et M. Liu en déduit que la demande - et partant les prix- des matières premières ( les "commodities") vont baisser. Dès lors il vend, à découvert car il ne les a pas, 200.000 tonnes de cuivre à usd 3.300 / tonne, avec obligation pour lui de les livrer le 21 décembre 2005. Evidemment, il compte bien les acheter avant cette date à un prix inférieur à usd 3.300 pour pouvoir honorer sa livraison à temps en empochant un bénéfice.
Mais voilà, l'économie chinoise ne se calme pas, la demande et les prix restent soutenus mais en plus, son plan est éventé. D'autres spéculateurs apprennent que M. Liu doit absolument acheter 200.000 tonnes de cuivre avant le 21/12/2005 et s'arrangent pour faire grimper les prix sur les marchés internationaux.
Vendredi dernier le 16 décembre, le prix du cuivre, à usd 4.400 / tonne, battit son record absolu depuis sa première cotation en ..1870.
Si M. Liu devait acheter 200.000 tonnes à ce prix pour les revendre comme promis, il perdrait usd 220.000.000. J'aurais tendance à dire : " tant pis pour sa g....."
En vérité, M. Liu a disparu depuis le 15 novembre et son employeur, le très discret parastatal chinois " Bureau des Réserves" tente de gagner du temps et de trouver un échappatoire.
Ce n'est pas la première fois que les spéculateurs chinois jouent et perdent. Il y a quelques mois la "China Aviation Oil" a spéculé sur une baisse du prix du carburant pour avion et a perdu usd 470.000.000.
Les occidentaux ne sont pas en reste. La banque anglaise Baring a dû déclarer faillite en 1995 après la spéculation ratée d'un de ses traders.
Les financiers ont ainsi inventé un nouveau jeu, obéissant à ses propres règles, décorrelé de la réalité économique et agité de mouvements browniens compris des seuls initiés.
Mais aucun pays producteur, aucune société locale, aucun salarié n'a voix au chapitre.
Et quand on évoque la taxe Tobin ( taxe sur les mouvements financiers), les économistes - financiers poussent des cris d'orfraie en brandissant le spectre d'une " déstabilisation des marchés".
Il n'y a pas que l'argent qui soit fou!
22:30 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : business |
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17.12.2005
L'argent fou
En 1990, Alain Minc écrivit un livre, dont j'emprunte le titre, pour décrire les dérives d'un capitalisme devenu incontrôlable.
Il n'avait encore rien vu.
En quelques années, le capitalisme, seul système économique encore en vigueur, est parvenu à s'affranchir des lois économiques et à créer sa propre dynamique. Basiquement, l'économie a pour but de régir les échanges de biens et les prestations de service entre les individus selon une évaluation de leurs valeurs respectives, par le biais d'un outil monétaire unifié; l'argent. On n'échange plus une paire de souliers contre cinq pains; on a intercalé dans le processus un étalon de valeur unanimement admis; l'argent.
Le problème c'est que l'argent, à son tour et par une perversion du système, est devenu un "bien".
Les marchés financiers achètent et revendent 5 ou 6 fois une marchandise entre sa production et sa consommation, sans autre valeur ajoutée à chaque stade que la spéculation des intermédiaires qui espèrent revendre plus cher demain, ce qu'ils ont acheté aujourd'hui.
Les masses monétaires en circulation dépassent de loin la valeur des biens et des services qui s'échangent et faussent le principe même du capitalisme qui est basé sur le principe d'un parfait équilibre entre l'offre d'un bien et sa demande.
Ainsi, la demande accrue des pays asiatiques pour le pétrole a provoqué une augmentation sensible du prix car la production et surtout le raffinage ( l'offre ) ne parvenait pas à suivre. C'est la loi du genre dans le système capitaliste qui table sur une augmentation de l'offre ( en augmentant la production) pour retrouver naturellement un équilibre.
Mais on estime que la spéculation des intermédiaires compte pour 20% dans le prix actuel du pétrole. Ce n'est plus du capitalisme, c'est de la spéculation où le système tourne sur lui-même.
Le fin du fin n'est cependant pas là.
Les vrais spéculateurs achètent et vendent à découvert c.-à-d. qu'ils vendent par exemple aujourd'hui pour eur 100 un produit qu'ils n'ont pas ( du pétrole, de l'or, du blé, des titres Fortis, n'importe quoi ) avec livraison en mars en espérant pouvoir acheter ce qu'ils doivent livrer, avant la date fatidique de mars, à un prix moins cher que leur prix de vente.
On les appelent les "shorters". Ils font fortune ou ils prennent des claques.
Demain, l'histoire d'une claque récente.
23:53 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : business |
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14.12.2005
Le pacte des générations ( suite)
Lire aussi le long commentaire du blog du 12 décembre signé FC " Pour négocier il faut au moins être deux".
00:09 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : business, belgique, social |
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12.12.2005
Pacte des générations ( 2 ) Les surnuméraires
Le titre du sujet n'est pas passionnant, j'en conviens. Mais il pollue la vie sociale actuelle et laissera des traces. Le PS n'est pas suivi par les syndicats, qui eux-mêmes ne sont pas suivis par leurs bases tandis que le sud du pays ne suit pas le nord car leurs problèmes ne sont pas identiques ( population plus âgée en Flandres, chômage des jeunes accentué au sud ).
Que les carrières doivent être allongées, soit. Mais il y a la manière. Deux voies de réflexion.
Les seniors réchigneraient moins à prolonger leur présence au travail si on osait en bouleverser les modalités.Des semaines de 3 jours couplées à des horaires à temps partiel, plus flexibles et des jours de vacances supplémentaires répondraient sans doute, pour partie, à la préoccupation majeure des plus âgés ; disposer de temps libre quitte à supporter une réduction proportionnelle de leurs salaires, pour autant qu'on ne rabote pas leur pension à l'échéance.
Pour les jobs plus contraignants sur le plan physique, il faudrait y ajouter une redéfinition des prestations vers des fonctions d'encadrement et de formation.
Or, de telles mesures, pas cosmétiques mais véritablement engageantes, qui apportent une vraie rupture dans le rythme de travail des seniors, ne semblent pas accompagner le programme gouvernemental. Il leur colle des années de travail supplémentaires, point barre.
Il ne faut pas s'étonner que cela s'agite.
Deuxième voie: les prépensions ont été créées pour éviter les licenciements secs dans des entreprises en difficulté. Celles-ci agitaient le spectre de la fermeture si elles ne pouvaient pas dégraisser les "surnuméraires". Avec le temps, ce pis-aller devint un moyen commode utilisé par toutes les entreprises, même parfaitement rentables.Demandez à Fortis et ING qui sortent des résultats financiers flatteurs mais en même temps réduisent leurs effectifs en se défaussant pour partie sur l'état. D'ailleurs, les employeurs restent très discrets dans la tourmente actuelle et crieront à l'asphysie si la charge des prépensions leur étaient, à bon droit, portée en compte, hors les cas de sauvetage avérés.
Mais leurs cris n'abuseront personnes ; ils criaient déjà en 1914 lorsqu'on a interdit le travail des enfants et en 1936 quand on a octroyé la première semaine de congés payés!
PS : au passage, appréciez le terme " surnuméraire" : " Désolé, vous êtes un surnuméraire"
23:17 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : business, belgique, social |
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11.12.2005
Pacte des générations
J'aurais préféré vous dire l'éclat ocre et or du soleil de 16h aujourd'hui sur les plateaux givrés du Condroz mais je rumine deux commentaires à propos du "pacte des générations" qui ne souffrent plus d'attendre.
A- Il a une vertu didactique ce pacte: chacun a maintenant compris le lien intergénérationnel qui nous lie sur le plan de la sécurité sociale.
La célèbre formule écolo " On n' hérite pas la Terre de nos parents; on l'emprunte à nos enfants" peut s'appliquer aussi au système social.
La relation de causalité entre nos attitudes présentes et le type de couverture sociale de demain est établie: on commence à travailler plus tard, on s'arrête plus tôt, on vit plus longtemps, de sorte que l'effet de cisaille est patent. Chacun en convient.
B- Les pré-pensions sont dans le colimateur des négociateurs pour deux raisons:
* d'abord leur argumentation fallacieuse " place aux jeunes". On nous bassine avec ce slogan depuis 20 ans mais il faisait plaisir à tout le monde: les employeurs y trouvaient un prétexte honorable- les travailleurs visés se disculpaient de tout sentiment de culpabilité, ils contribuaient à l'emploi des jeunes- les syndicats sauvaient les meubles et l'état maintenait la paix sociale. Mais, en règle générale, l'argument est faux.
Si, pour un prof prépensionné, un jeune est nommé, dans le secteur privé les gains de productivité dispensent de remplacer et on n'engage pas un jeune pour un vieux ; on réorganise, on restructure, on rationnalise, on informatise.
Aujourd'hui que nos intérêts se sont déplacés, on reconnaît cette situation car l'équilibre budgétaire prime la paix sociale.
* ensuite leurs coûts. Schématiquement, les prépensionnés émargent au budget du chômage et reçoivent, en plus, un complément de leurs ex-employeurs pendant un certain temps.
Le budget de l'état est doublement impacté : d'abord par la suppression ou la diminution des cotisations sociales liées au travail de ces personnes qui ne sont plus actives et ensuite par les allocations sociales qui leur sont versées .
La quadrature du cercle?
Deux suggestions peu exploitées demain .
A moins que les couleurs du couchant ne m' imposent de vous parler d'elles.
21:42 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : belgique, business, social |
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07.12.2005
La paresse
Chaque année, des milliers de livres traitant d'économie et de gestion sont publiés en langue française.Certains de nature technique " Guide pratique de l'EURL" ou " Plan comptable normalisé 2005" ; d'autres de vulgarisation " Le management pour les nuls " ou " Vivent les impôts", il y en a pour tous les goûts.
Livres Hebdo vient de publier la liste des meilleures ventes du genre en 2005 qui consacrent un livre au titre étonnant dans cette catégorie, écrit par une femme travaillant mi-temps comme psychanalyste et mi-temps comme économiste chez EDF ( au salaire de eur 1.700 pour 20h /semaine).
" Bonjour paresse" désacralise le travail, fait l'apologie de la simulation et prône l'art de se planquer. Non par souci d'efficacité ( atteindre le même résultat en s'économisant ), ni par souci esthétique ( la lenteur en toutes choses devient alors tendresse, respect, la grâce dont les hommes sont parfois capables ( Sansot)) mais platement par envie de désolidarisation.
Sont surtout visés les cadres moyens dans grandes sociétés de service.
Les confrères psychanalystes de l'auteure se régalent de la voir numéro 1 des ventes et y décèlent la marque d'un désenchantement général, le refus d'adhésion aux projets des entreprises, les stigmates des 35 heures et la paresse élevée au rang de vertu par les
200.000 français qui achetèrent le livre
Il y a 50 ans, une autre jeune femme, âgée de 19 ans, écrivit un autre livre pour un autre bonjour ; Françoise Sagan signait " Bonjour tristesse" qui se vendit en 2.000.000 d"exemplaires.
Ouf !
23:25 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : business |
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20.11.2005
Héliopolis et Prix Nobel
La Belgique industrieuse a eu son heure de gloire. La première des six questions du concours diplomatique retenues dans le blog d' hier s'y réfère.
" Des dunes désertiques et incandescendentes, au nord du Caire, surgit une ville " taillée en plein drap" dont le prince est un baron et l'emblème un soleil: Héliopolis".
Fantasme rêvé par le baron Edouard Empain, qu'il réalisa avant la première guerre mondiale, cette ville égyptienne est sortie tout droit du désert et de l'imagination de cet entrepreneur belge qui fit fortune notamment avec le métro de Paris et les tramways du Caire.
Trois batiments dominent cette cité de tous les excès; le luxueux hotel " Le Palace", la "Villa hindoue" et la Basilique sous laquelle Edouard Empain, conformément à ses dernières volontés, repose à jamais depuis 1929.
Prix Nobel : 10 belges reçurent cette distinction prestigieuse. A ce jour.
Suite des réponses demain.
17:12 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : business |
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05.11.2005
R & D
Chacun y va de son couplet quant à la nécessité de consacrer plus de moyens humains et financiers à la Recherche et au Développement, piliersde notre avenir depuis que l'industrialisation, la production de série et les services de base sont délocalisés.
Les budgets 2004 consacrés à la R&D des plus grandes firmes privées mondiales viennent d'être publiés.
Champion toutes catégories: Mercedes Daimler. Un constructeur de voitures!!
Et ce n'est pas un accident: parmi les 6 premiers, 4 constructeurs de voiture!!
Des bagnoles!
Personne ne nie l'intérêt de disposer de véhicules plus sûrs et moins polluants.( dans le genre 4*4 avec pare-buffles si possible ) . Mais de là à devoir constater que, sur la planète des hommes, les bagnoles mobilisent la plus grande partie des moyens R&D!
Car le jour où les chinois aligneront un parc automobile au ratio " nombre d'autos/ population" comparable à celui de l'Europe ou des USA, l'air chinois, déjà bien pollué, deviendra définitivement irrespirable.
Heureusement, le n° 2 mondial de la R&D est la pharma américaine Pfizer. Vous pouvez être sûrs, ils développent un médicament pour soigner les voies respiratoires.
19:24 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : business |
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21.10.2005
d'Algérie : un peu le matin..
Un entrepreneur algérien, petit, ridé, fripé me dit: " J'ai perdu 63 ans de ma vie".
" Mais quel âge avez-vous?"
" Je suis né en 42. A 17 ans je travaillais comme manoeuvre sur les chantiers des français. Puis je me suis installé à mon compte. Tout du temps perdu. Je vous le dis Monsieur. Chez nous, en Algérie, on travaille un peu le matin et pas trop l'après-midi. C'est pas possible".
De fait, le chantier a pris du retard. Deux mois, peut-être trois.Je lui dis que c'est pas un motif de déprimer.Il persiste.
" Vous avez perdu 2 mois, moi 63 ans. Et maintenant, c'est le ramadan, encore plus difficile".
Pourtant, je vois ce vendredi, jour de la prière, au coeur du ramadan, une quinzaine d'ouvriers au travail dans la poussière du béton, sous la tôle surchauffée du hangar.
" Ce sont des volontaires, concède-t-il désabusé, et ils arrêteront à 15h. Je vous le dis Monsieur".
Et il s'éloigne en maugréant " ...un peu le matin". Je lui plante dans le dos, entre les omoplates, un regard amusé. Il doit le sentir car il se retourne. Pour la première fois depuis 2 jours, il sourit.
20:46 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : afrique du nord, business |
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10.10.2005
de Antananarivo
Long voyage vers Madagascar. 11 heures de vol. Je voyage rarement en business classe. Les arnaques m'énervent et la différence de prix pour quelques dm2 en plus et quelques coupes de champagne relève de l'escroquerie.
Je dis souvent à mes collègues que la business classe est l'hotel le plus cher du monde; même une nuit au Conrad voire au Crillon est moins onéreuse. Et je leur rappelle la phrase de Ghandi à qui on demandait pourquoi il voyageait en 2° classe. Il répondit : " parce qu'il n'y a pas de 3° ".
J'ai beau leur dire qu'on n'arrive pas plus vite que les passagers qui payent 3 fois moins cher, je dois reconnaitre qu'on en sort moins fatigué, pour autant qu'on ne consomme pas trop d'alcool, ce qui reste à prouver. Mais rien n'y fait.
Il faut voir avec quelle constance les cadres, les "executives" réclament cet avantage.Moins par souci de confort que - à nouveau- par désir d'appartenance, à une classe de privilégiés, aux "happy few". Personnellement, j' ai plutôt le sentiment d'être un pigeon.
Mais hier, je volais business. J'avais un prétexte; au sortir de l'avion une série de réunions avant de prendre le vol du retour jeudi matin.
Et puis, il faut toujours s'appuyer sur ses principes, ils finiront bien par céder!
17:39 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : business, citation |
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07.10.2005
L'ultima ratio
Je voudrais vous éviter un papier sur la grève générale de ce vendredi, décrétée et imposée par la FGTB.
Juste un mot, je n'aime pas les dictatures. Fussent-elles syndicales
22:02 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : business |
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06.09.2005
Pétrole
A propos de pétrole, on rapporte à Tunis l'anecdote suivante;
Lorsque le ministre de l' Energie annonça au président Habîb Bourguiba, dans les années 60, qu'on avait trouvé du pétrole dans le golfe de Gabès, celui qui conduisit la Tunisie à l'indépendance aurait répondu: " Pourvu qu'il n'y en ait pas trop". Visionnaire!
22:59 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : business |
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