21.07.2010
La translation fiscale
Je m’en voudrais de vous laisser partir en vacances sans revenir sur « Le dilemme du prisonnier » (post du 10-03-2010) où j’abordais la question de « l’efficacité et de l’équité » des nouvelles charges fiscales qui taclent déjà les Grecs, les Espagnols, les Anglais ou les Français et qui nous attendent dès la rentrée pour les motifs énoncés dans ce post.
Si l’on a compris « pourquoi » il faut lever de nouveaux impôts, reste la question fondamentale ; « comment » opérer. Car l’impôt n’a pas qu’une fonction budgétaire ; depuis longtemps on s’en sert comme d’un outil pour redistribuer les richesses et pour servir d’incitants à l’activité économique. Autant le faire de façon efficace et équitable. Sans oublier que la fiscalité ne constitue qu’un des moyens créés pour alimenter le trésor public ; elle participe, avec le recours aux emprunts et avec les ressources monétaires à la politique financière du pays. Quelle pertinence aurait un régime fiscal vertueux et performant au prix d’une politique d’emprunts suicidaires ou d’artifices monétaires ?
Mais si l’élaboration d’un régime fiscal prend en compte les phénomènes collectifs, il s’applique au niveau individuel de chaque contribuable.
L’intérêt général, qui guide l’élaboration des normes, n’est pas, comme on l’a vu dans le post du 10-03, la somme des intérêts individuels. A l’échelle des individus, les critères d’une bonne fiscalité se mesurent à ses conséquences immédiates et personnelles. Chaque contribuable instruit le dossier de sa propre imposition. Et l’ensemble de ces démarches individuelles s’assemblent pour constituer une nébuleuse d’effets qui va perturber le fonctionnement souhaité du système général. En raison, le contribuable entend bien les fondements économiques et moraux de la fiscalité. Par tradition et éducation, il sait les méfaits de la fraude. Par principe, il se convainc de son devoir fiscal. Pourtant, le poids de sa contribution le taraude, qui limite ses moyens et sa liberté.
Si l’impôt représente de fait une diminution de son pouvoir d‘achat, il représente surtout un abandon de son pouvoir discrétionnaire d’orienter lui-même ses dépenses au profit d’une autorité qui décidera en son nom et à sa place de l’affectation qu’il convient de lui donner.
De ce point de vue, l’impôt n’est pas destructeur de richesses ; il modifie le sens des dépenses qui s’opère dans l’intérêt général mais à l’intérieur d’une somme inchangée.
Face à l’impôt, le contribuable réagit selon son tempérament ; son éducation et sa conception de l’état.
De toutes les attitudes possibles, la pire pour la collectivité est l’évasion fiscale qui consiste à se soustraire à l’impôt par le déplacement géographique du siège de sa fortune, de son domicile ou de son entreprise. Se placer ainsi hors du champ fiscal appauvrit bien plus la collectivité que celui qui fraude le fisc pour pouvoir disposer à son gré de son argent et l’investir ou le dépenser dans son pays mais selon ses propres priorités. Dans ce cas, ce n’est que l’affectation des richesses qui est remis en cause, pas leur contribution à l’économie nationale.
Mais il est une autre attitude qui brouille aussi les cartes et perturbe les intentions du législateur ; la translation fiscale.
Elle consiste à faire supporter par un tiers les effets d’une nouvelle taxation en reportant la charge fiscale sur autrui. Ainsi, si les loyers sont taxés de 10%, les propriétaires pourraient être tentés de reporter cette charge sur le locataire en augmentant leurs loyers. Dans ce cas simpliste, une mesure d’accompagnement pourrait interdire cette « translation » en bloquant les loyers mais les schémas peuvent très vite se compliquer lorsqu’on aborde d’autres types d’impôts qu’il ne nous revient pas d’analyser ici. Retenons que le législateur, s’il veut opérer en équité et avec efficacité, doit intégrer cette notion de translation et essayer de l’anticiper. Pour cela il faut comprendre les ressorts de sa mise en œuvre.
Dans quelles circonstances un salarié exigerait-il une augmentation de salaires à son employeur si ses impôts directs ou le coût de la vie, par le poids des impôts indirects, étaient majorés ?
Les cafetiers augmenteraient-ils le prix de la chope si la taxe sur les terrasses étaient relevés ?
Comment réagiraient les médecins si leurs frais de déplacement n’étaient plus déductibles qu’à 30% ?
Sur le terrain, on constate que la translation s’opère rarement sur la totalité de l’impôt au détriment d’une seule autre personne ; elle intervient de façon diffuse et rend l’analyse de son cheminement concret difficile.
Plusieurs études ont été menées pour tenter de conseiller l’état dans sa politique fiscale en anticipant le comportement des contribuables. A l’analyse, ce qui conditionne l’attitude des contribuables est un subtil équilibre entre l’efficience de leurs comportements et l’inconfort qu’ils induisent.
Il faut d’abord que le choix du contribuable de répercuter l’impôt sur un tiers soit efficace ; à quoi peut lui servir d’augmenter ses prix, ses loyers ou son salaire s’il vend moins, perd son locataire ou doit partir en grève.
Ensuite, la mise en œuvre de la translation peut provoquer des discussions, des contrôles, une insécurité, bref un inconfort, que chacun évalue à l’aune de ses convictions et de sa situation.
Chacun accordera une pondération différente à ces deux paramètres- rendement et inconfort- mais on peut croire qu’un rendement élevé relèvera la dose d’inconfort tolérée alors qu’un confort plus important s’accommodera d’un rendement plus faible.
Le choix du comportement illustre bien le caractère anthropomorphique de la fiscalité. Bien sûr, personne ne se livre à un calcul précis de ces deux paramètres ; ils restent largement innomés.
Il n’empêche, à l’heure où la charge fiscale est en train de s’alourdir, le législateur réfléchit – du moins je l’espère- à la façon d’encadrer la translation fiscale qui pourrait dénaturer ses objectifs d’efficacité et d’équité.
En cela, il peut être utilement conseiller par le nouveau Prix Franqui ( le Nobel belge) qui a été récemment attribué à François Maniquet, professeur à UCL, qui fut justement récompensé pour ses travaux sur la recherche d'une "économie juste".
Nous reparlerons de cet étonnant économiste… après les vacances.
18:06
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : fiscalite |
Facebook
|
07.07.2010
Blog en révision
SKYNET, le fournisseur de la plate-forme des blogs, va procéder à une révision importante de
sa présentation, de sorte que les blogs peuvent encore être lus mais ne peuvent plus être
alimentés jusqu'au 12 juillet au soir. Nous voilà donc en chômage technique pendant quelques jours.
Rendez-vous à partir du 13 juillet.
22:32
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
27.06.2010
Nacht und Nebel

" Vous entrez ici par la porte, vous sortirez par la cheminée".
C'est par cette phrase que les prisonniers "Nacht und Nebel" (nuit et brouillard), appelés ainsi car ils devaient disparaître sans plus laisser de trace, étaient accueillis à leur arrivée au camp de Struthof, érigé dès 1940 dans une Alsace annexée par le Reich, mais aujourd'hui sur sol français et lieu de mémoire.
Premier camp de concentration à être libéré par les alliés en avril 1945, ceux-ci découvrirent le four crématoire tel que je l'ai photographié il y a 15 jours, au détour d'une balade vosgienne. En prenant la mesure de la sauvagerie humaine, un gradé américain a dit:" Si les américains ne savaient pas pourquoi ils sont venus se battre en Europe, maintenant ils le savent".
La cruauté des SS, leur indifférence aux autres, leur sentiment "d'être en droit d'agir ainsi" ne peuvent s'expliquer que par un étrange paradoxe. Ils vivaient en famille dans des villas à quelques centaines de mètres du camp dans lequel ils affamaient, brutalisaient, regardaient agoniser des hommes de leur âge, les dépiautaient avant de les brûler et à leur procès, lorsqu'il y en eut, s'étonnèrent des griefs dont on les accablait. On retrouva le même comportement schizophrénique au Cambodge, au Rwanda, en Croatie, partout où des hommes, comme vous et moi, franchirent les limites de l'appartenance humaine. Un curieux processus collectif qui trouve un terreau fertile partout, parvient à déshumaniser l'autre jusqu'au point où il quitte le genre humain pour appartenir un autre groupe, celui des "undermenschen, des cancrelats, des cafards" qu'on peut maltraiter puisqu'ils ne sont plus des nôtres.
Tous les tortionnaires n'étaient pas des brutes analphabètes; il y eu à Struthof des expériences médicales à propos du typhus exanthématique, du gaz ypérite et la constitution de collections anatomiques menées par d'érudits médecins dont l'un avait même été candidat au prix Nobel avant la guerre!
Le processus par lequel on parvient à extirper à l'autre son humaine condition ; le raser, le tatouer, lui enfiler une costume de bagnard, l'affamer, l'affaiblir par le froid, la fatigue d'un travail harassant, la peur des chiens et des punitions, conduit effectivement au résultat recherché; des êtres vivants mais qui ne montrent plus aucune fierté, plus aucune résistance, plus aucune attitude digne et virile. Puisqu'ils rampent je peux marcher dessus; il ne leur reste de la vie que le souffle ; leur ôter est devenu anodin.
Mais ce qu'il faut comprendre c'est que ce ne sont pas ces épaves qui ont quitté le genre humain, ce sont leurs bourreaux. Pour pouvoir se comporter à la maison en pères de famille et au camp en tortionnaires, ils se sont persuadés qu'ils n'avaient plus en face d'eux des hommes, d'autres pères et d'autres fils mais des sous- under- quelque chose. En réalité il faut effectivement que quelqu'un - du bourreau ou de la victime- rompe le lien relationnel où l'autre est le miroir de soi, donc respectable. Mais à vouloir pousser le prisonnier Nacht und Nebel hors du miroir en l'avilissant, ce sont les bourreaux qui chavirent, pas ceux qui coulent.
Arrivés au bout du voyage, en face du "poële à os", il n'y a plus de larmes depuis longtemp, justes quelques mots griffonnés par un rescapé ;
Lorsque finalement le corps se retrouvait devant cette bouche métallique brûlante, il était si déshydraté qu'il ressemblait à du bois mort et tordu. Alors le cadavre ne faisait plus qu'un avec ses frayeurs et ce n'étaient pas les flammes de cette trappe qui rendaient hagards ses grands yeux ouverts aux extrémités de ses membres de bois, mais le néant infini qu'ils fixaient depuis longtemps et dans la fixation duquel ils s'étaient vitrifiés".
Pahor, déporté Nacht und Nebel slovène.
12:53
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : terre des hommes |
Facebook
|
15.06.2010
A voté
En Belgique, le vote est obligatoire ; ce qui en soi est louable. Des sanctions sont d’ailleurs prévues pour les récalcitrants.
Les électeurs empêchés pour justes motifs (maladie, voyage, obligation professionnelle..) peuvent mandater un autre électeur pour voter en leur nom. Rien n’est cependant prévu pour les personnes (très) âgées.
Ainsi dimanche dernier, cette dame de 92 ans souhaitait donner procuration à son fils.
Le formulaire de procuration ad hoc devait être retiré, quelques jours plus tôt, au « service de la population » de la commune .
L’employée communale : « Pourquoi souhaitez-vous un formulaire de procuration ? »
Je réponds « Pour une dame de 92 ans »
« Avez-vous un certificat médical ? »
« Mais cette dame n’est pas malade »
« Vous ne pouvez voter par procuration qu’en cas de maladie ou d’invalidité ».
Elle avait raison, c’est inscrit en toutes lettres sur la convocation, mais j’insistai.
« Mais elle n’est ni malade ni invalide ; simplement elle a 92 ans »
« Vous avez quand même besoin d’un certificat médical, c’est la loi »
« Elle ne va pas dépenser 35 euros de visite à domicile pour que le médecin atteste qu’elle a 92 ans ; sa carte d’identité suffit »
« C’est la loi, Monsieur »
« Réfléchissez un peu, la sécurité sociale est déjà en déficit, si des dizaines de milliers de seniors appellent leur médecin …. »
« Je n’ai pas à réfléchir, ce n’est pas moi qui fais les lois »
« Ce n’est non plus à vous à décider qui peut voter ou pas, je m’arrangerai avec le président du bureau de vote ».
Je sortis de cette joute verbale avec la procuration et la volonté d’en découdre au bureau de vote de mon quartier le jour de l’élection.
Dimanche 13 juin à 13h au bureau de vote, les deux premiers assesseurs, qui contrôlent les identités, ne posent pas de question à propos de la procuration et me donnent deux cartes de vote. Sans demander mon reste, je me précipite dans l’isoloir et accomplis mon devoir électoral et filial.
Mais le président du bureau de vote m’interpelle dès que je sors de l’isoloir : » Avez-vous le certificat médical pour cette personne ? »
Je lui réponds guilleret d'avoir déjà voté et curieux de sa possible réaction devant le (for)fait accompli : « Son certificat c’est son âge, elle a 92 ans » et alors que j’allais développer toute une argumentation invoquant les droits de l’électeur âgé, la Cour de Justice, le budget de la sécurité sociale et la démocratie, il me répondit débonnaire : » Bon, ce n’est pas tout à fait normal mais je comprends ».
Et j’entends, dans mon dos en m’éloignant : « A voté ».
21:30
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : politique, belgique |
Facebook
|
04.06.2010
Insolite mais...
J'ai assisté à mon premier mariage entre deux femmes.
Insolite.
Insolite, mais précédé du traditionnel "brûlage de culotte" entre copines à la Grand Place.
Insolite, mais deux robes de mariées blanches très classiques.
Insolite, mais chaque mariée conduite devant l'officier de l'état civil au bras de ses parents.
Insolite, mais une suite, en queues de pie et robes longues, précédée de petits enfants, qui faisait aux époux une haie d'honneur à l'Hôtel de ville et sous les frondaisons du jardin ensoleillé.
Insolite, mais entouré de tellement d'amis et d'amies, majoritairement en couple hétéro, qui, au-delà de voeux de bonheur convenus, se plaisaient à encadrer et à accompagner ce couple, par respect pour son engagement.
Insolite, mais d'une telle sincérité revendiquée sans militantisme et longuement exprimée par elles, leurs proches et les 8 témoins.
Insolite, mais qui s'inscrit dans la démarche classique d'une envie de famille.
Insolite, mais tellement indispensable à leur accomplissement.
Je ne sais pas pourquoi ces deux jeunes femmes, tout autant iconoclastes que traditionnelles, me remémorent cette phrase:
" Life is not about waiting for the storm to pass, it is about learning to dance in the rain".
Longue et belle vie à vous deux J & A.
00:08
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : l humaine condition |
Facebook
|
24.05.2010
Le ratio mort / kilomètre
Jeudi dernier à Antananarivo, je lisais à haute voix le projet de procès-verbal de la réunion qui s'achevait lorsqu'un premier téléphone sonna. Son propriétaire, gêné par cette interruption, répondit brièvement à deux reprises:" Ah bon" puis raccrocha. Je voulus reprendre ma lecture quand il déclara placidement: " On tire en ville".
Son voisin lui demanda:" Où ?" Il répondit: " Autour du Fort Duchesne ". Un autre demanda " Qui tire ? "
" Il semblerait que ce soit entre l'armée et les FIGN" ( forces d'intervention de la gendarmerie). Nos collègues malgaches firent le grimace.
Je repris la lecture à une vitesse accélérée lorsqu'un bruit sourd et mat, comme un coup de canon, tonna.
C'était un coup de canon. Aussitôt un deuxième puis un troisième téléphone sonnèrent dont celui du responsable d'une agence financière française en rapport direct avec l'ambassade de France. Comme dans d'autres pays confrontés à des troubles potentiels, les ambassades ont organisé à Madagascar une pyramide d'appels téléphoniques entre leurs ressortissants qui permet de faire circuler en un minimum de temps des consignes de sécurité, les appels à rallier des points de rassemblement identifiés à l'avance et les ordres d'évacuation. Pour l'heure, on évacuait l'école française et on invitait les habitants de la capitale à ne plus circuler en ville.
Je ne repris pas la lecture du procès-verbal qu'on s'empressa de signer puis chacun, expatrié ou malgache, s'égailla pour reprendre les enfants dans les écoles et regagner ses foyers.
Il était près de midi. Lorsque tout fut terminé vers 18h, on ne déplora finalement que trois tués et une trentaine de blessés.
Ce qui agita la capitale malgache pendant 6 heures ne fut même pas évoqué dans les médias européens. Les agences Reuters et AFP délivrèrent de courts communiqués que seule RFI Afrique reprit dans ses bulletins d'information.
Pendant ces heures étales où bizarrement une cité entière tombe en léthargie alors que de frénétiques combats opposent une centaine de soldats dans un périmètre de quelques rues, dont les échos nous parviennent d'autant mieux que les autres bruits de la ville ont disparu, j'ai eu le temps de réfléchir au ratio auquel semblent obéir les médias entre le nombre de morts et la distance kilométrique.
Le nombre de minutes télévisées ou de lignes dans la presse écrite est directement proportionnel à un certain rapport entre le nombre de morts/ nombre de kilomètres.
Ainsi, manifestement 3 morts malgaches à 11.000 kms octroie 0 minute et 0 ligne.
Quel est le seuil de déclenchement; combien faut-il de morts/ kllomètre pour retenir l'attention des médias ?
Par exemple, à 11.000 kms faut-il 20 ou 100 morts?
Mais les termes de cette équation ne suffisent pas. Il faudrait ajouter un variable pour la notoriété du mort; un autre pour le degré d'appartenance; un troisième pour le degré de violence de la mort et un dernier sur la présence de caméras; chaque paramètre pondéré par un coefficient d'importance.
On aurait ainsi:
Nbr de minutes télé = nbr de morts * ( notoriété*x/10) + ( appartenance *x/10) + ( ° de violence*x/10) + (qualité photos *x/10) // nombre de kilomètres.
Si Bill Gates meurt dans son lit demain, le monde entier en parlera car sa notoriété supplantera toute autre considération; mais il faudrait que je sois coupé en rondelle pour que j'obtienne trois lignes dans les faits divers. De même, la présence de quelques belges dans un crash aérien au bout du monde augmentera le nombre de minutes ou de lignes consacrés par les médias belges à la catastrophe puisque le phénomène d'appartenance des victimes à la communauté des lecteurs-auditeurs jouera son rôle d'identification.
Il faudrait un mathématicien pour écrire correctement l'algorithme qui vous fera savoir comment mourir célèbre.
Car même dans la mort, on n'est pas égaux.

22:36
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (1)
| Envoyer cette note
| Tags : presse, africa |
Facebook
|
13.05.2010
Esther
Elle s'appelle Esther; elle est hongroise et a 20 ans.
Lorsqu'elle est arrivée en Belgique, il y a 8 mois, elle ne parlait pas un mot de français. Aujourd'hui, elle explique avec un accent gouleyant, qu'elle voulait, après son bac, consacrer un an de sa jeunesse à découvrir l'Europe occidentale, apprendre le français et servir une cause.
C'est ainsi qu'elle débarqua comme bénévole dans l'ASBL bruxelloise " Notre Abri" qui, comme son nom l'indique, accueille une soixantaine de bambins de 0 à 6 ans malmenés par la vie toujours, par leurs proches souvent. Elle jongle tous les ans pour boucler son budget, supérieur aux subsides obtenus, et recourt à quelques bénévoles pour renforcer son équipe professionnelle.
Esther s'occupe des enfants, partage leurs jours et leurs nuits puisqu'elle loge à l'ASBL et découvre la face cachée d'une Belgique qu'elle croyait opulente. En soi, c'est déjà remarquable.
Pour emmener ses enfants une semaine à la mer du Nord pendant les vacances, l'ASBL organise chaque année une rando-vélo sponsorisée.
Une trentaine de paire de mollets prend le train à 6 heures, descend à Knokke puis parcourt lentement les 140 kms vers Bruxelles pour venir, symboliquement, chercher les enfants qui passeront, l'été venu, 140 heures à la mer. ( voir post du 19-05-2008)
Esther ne pratique pas le vélo et n'a aucune condition physique, hormis celle de sa jeunesse. Elle reçut un vélo d'emprunt, on régla vaille que vaille la selle, elle chaussa des ballerines et commença à pédaler.
Elle moulinait un si petit rapport à la sortie de Knokke que je fus persuadé qu'elle ne rallierait pas Bruxelles. Elle oubliait de changer de vitesses, de boire avant d'avoir soif, de manger avant d'avoir faim, de s'abriter du vent au coeur du peloton. A partir de Gand, elle commença faire du yo-yo, rattrapant le groupe pour aussitôt le lâcher. Mais chaque kilomètre parcouru rapportait quelques euros à l'ASBL et à elle quelque fierté.
On quitte la Dendre et le plat pays à Liedekerke pour aborder les montées du Brabant flamand. Au kilomètre 100, elle cria " bingo", épuisée mais étonnée de ne pas avoir défailli. Les dernières montées furent pénibles. Derrière ses lunettes cerclées, son regard tanguait. Les plus costauds la poussaient quelques mètres; ses mains tétanisées par le froid et la fatigue s'accrochaient au guidon; ses ballerines, trop souples,ne protègaient plus ses pieds des morsures des pédales.
Le premier bâtiment bruxellois qu'elle reconnut fut l'hôpital d' Erasme où elle avait accompagné des enfants. Là, elle comprit qu'elle arriverait au bout de ses 141 kms. Mais lorsqu'elle arriva au pied de la rue Van Zuylen, la dernière ligne droite, longue et raide comme un col alpin, elle dit:" Oh non". Alors on lui cria:" Lâche pas Esther, lâche pas".
Au sommet de la rue, les amis, les parents nous attendaient. Esther ne connaissait personne sauf les enfants, dans les bras des puéricultrices, qui s'étonnaient de voir tous ces casques bariolés sur des vélos trois fois plus grands qu'eux. Les bambins ne comprirent pas pourquoi leur "Esti" descendit de vélo, s'assit par terre et pleura.
S'il vous reste 2 francs 3 sous, envoyez un gosse à la mer. Ne le faites pas pour Esther, faites le pour ces gosses qui n'ont rien demandé ni à la vie, ni à vous. Mais raison de plus.
www.notreabri.be
ING 310-1412668-46 avec mention " 140 Kms pour Esther".
Pour tout don de 30 euros ou plus, vous recevez une attestation fiscale, qui donne droit à une déduction fiscale, à déclarer en code 1394; mais 3 francs deux sous c'est très bien aussi.
18:44
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (2)
| Envoyer cette note
| Tags : il etait une fois |
Facebook
|
04.05.2010
BHV
Ceux qui proclament, parfois avec dédain, ne rien comprendre au problème de BHV m'agacent.
D'abord, on en parle depuis des années; ensuite, internet récompenserait rapidement un peu de curiosité. Ici même, on l'a déjà évoqué, notamment les 15-07-2008 et 01-11-2007.
Alors, si Yves Leterme a eu tout faux en prétendant, pendant une campagne électorale, qu'il "suffira de 5 minutes de courage politique pour régler BHV", j'ai plaisir à vous garantir qu'il vous suffira de 10' pour lire ce post et briller dans les réunions de famille préélectorales.
* La langue française fut la seule langue officielle en Belgique jusqu'en 1898.
* En 1932, les Flamands proposèrent d'en faire un pays bilingue mais les Wallons, menés par Jules Destrée, refusèrent en espérant réserver ainsi aux seuls Wallons les emplois qui, à l'époque, requéraient, à tout niveau, la connaissance du français.
* On parla donc le français au sud et le flamand au nord; il restait à organiser les droits des minorités qui se trouvaient à la frontière entre les deux communautés. A cet effet, on décida de procéder tous les 10 ans à un recensement linguistique des populations communales et de garantir des facilités à une communauté linguistique lorsqu'elle dépasse 30% des habitants d'une commune. En réalité, un seul recensement eut lieu, en 1947 et ses résultats pénalisèrent la Flandre: 3 communes flamandes devinrent bruxelloises et 4 autres communes flamandes bénéficièrent de facilités.
* Début des années 60, constatant la francisation rampante des communes flamandes autour de Bruxelles, les bourgmestres flamands refusèrent d'organiser le recensement et exigèrent que la frontière linguistique soit définitivement figée pour arrêter la propagation de la "tâche d'huile" francophone.
* La frontière fut donc tracée en 1964 par le Ministre Gilson et des facilités reconnues à une trentaine de communes; ici pour une minorité flamande, là pour une minorité francophone ou germanophone.
* Depuis très longtemps, une circonscription électorale bizarre regroupait les 19 communes bruxelloises et 35 communes flamandes autour de Hal et Vilvorde pour permettre aux 150.000 francophones installés au nord du Brabant de voter pour des listes francophones.
Sans cette construction hybride, ils auraient été rattachés à Leuven et n'auraient pas eu accès à des listes francophones ni les moyens de se faire rendre justice dans leur langue. Cette circonscription appelée Bruxelles+ Hal+ Vilvorde= BHV, la seule bilingue en Belgique, était en quelque sorte la contrepartie d'une ville de Bruxelles limitée à ses 19 communes. Si les francophones acceptaient le carcan qui pesait sur Bruxelles, au moins les francophones de la périphérie bruxelloise pouvaient-ils voter pour les mêmes listes électorales que les bruxellois c.-à-d. des listes francophones ou flamandes. Les Flamands s'accommodèrent de cette situation qui permettait de verrouiller le territoire de Bruxelles.
* Le problème de BHV débuta début des années 90 lorsque les flamands demandèrent de scinder la province du Brabant en deux; Brabant flamand et Brabant wallon. Cette scission intervint sous la houlette de Jean-Luc Dehaene et donna l'occasion aux nationalistes flamands de demander la scission de BHV puisque cet circonscription hybride entamait le territoire du seul Brabant flamand.
La Cour d'arbitrage estima en 1998 que BHV n'avait rien d'illégal et le problème fut botté en touche. Mais en 2002 Guy Verhofstadt, machiavélique ou honnête homme, procéda à une réforme qui fit coïncider les circonscriptions électorales avec les provinces. Or, à l'évidence, BHV ne coïncide avec aucune province belge. Dès lors, à nouveau saisie du problème, la Cour d'arbitrage décréta en 2003 que BHV ne correspondait plus aux normes légales et qu'il convenait de régler cette question.
* Depuis longtemps, les flamands soutiennent que les facilités accordées aux francophones à Hal, Vilvorde ou dans les 6 communes autour de Bruxelles n'ont qu'un temps - celui accordé aux francophones pour "s'intégrer"- et qu'elles doivent être progressivement supprimées. D'où leur demande incessante pour scinder BHV et rattacher Hal et Vilvorde avec Leuven au sein de leur province; le Brabant flamand.
En fait et en droit, ils n'ont pas tout à fait tort; les partis politiques francophones ne disent d'ailleurs pas "non", ils disent:" Si vous avez quelque chose à demander, nous aussi nous avons des revendications car l'existence de BHV et des facilités ne s'expliquent que par les concessions que nous vous avons faites; suppression du recensement, carcan autour de Bruxelles etc; si on supprime ces facilités, on remet en cause nos concessions, notamment à Bruxelles". Mais ce langage n'est pas entendu par les Flamands; la scission de BHV doit être accordée par les francophones sans aucune discussion ni contrepartie. Lassés d'attendre, les parlementaires flamands- dont Herman Van Rompuy ! - ont signé une proposition de loi pour faire voter au Parlement la scission de BHV par le groupe linguistique flamand majoritaire (88 députés) contre la minorité francophone ( 62 députés).
Depuis des mois, les francophones utilisent toutes les procédures possibles pour reporter le vote au Parlement de cette proposition de loi qui romprait le dialogue entre les deux communautés et cristalliserait les attitudes nationalistes flamandes. Si les partis francophones bloquent la procédure de vote de la scission de BHV, avec une certaine mauvaise foi, ce n'est pas tant pour défendre le seul sort électoral de 150.000 francophones résidant en Brabant flamand
En réalité, le conflit BHV s'inscrit comme la suite logique de la délimitation de la frontière linguistique en 1964, de la suppression des messes en français à la côte, du "Walen buiten" de Leuven en 1968, des marches flamandes sur Bruxelles ou dans les Fourons en 1987.
Le fond du problème repose sur deux conceptions différentes de la façon de régir les relations entre les communautés: pour les flamands, le "droit du sol" prime, pour les francophones le "droit des gens" s'impose.
L'obsession flamande se reflète dans leur slogan:" Vlaanderen waar Vlaams thuis zijn". Il s'agit de sanctuariser le territoire flamand par une homogénéisation linguistique sans faille. Que 10.000 étudiants francophones guindaillent dans les rues de Leuven, que les francophones de Halle ou de Vilvoorde puissent voter pour des listes francophones ou se faire rendre justice dans leur langue n'est plus tolérable.
Cette fixation procède d'une peur obsolète mais d'un complexe et d'une rancoeur compréhensibles. Il est exact que la langue flamande eut du mal à supplanter une multitude de patois qui la mirent en péril mais c'est de l'histoire ancienne; il est vrai par contre que les Flamands doivent abandonner leur langue aux frontières de leur région et que, systématiquement ils doivent adopter une langue étrangère.
Alors, au moins sur leur territoire ils entendent imposer leur langue.
Mais les francophones savent que BHV n'est qu'une étape et que, ce problème réglé, les facilités dans les 6 communes en périphérie de Bruxelles seront contestées, le wooncode et ses diverses déclinaisons seront appliqués puis Bruxelles sera étranglée financièrement et mise sous gestion tutélaire flamande.
Alors pour ne pas se retrouver tout nus, relégués en citoyens de seconde zone, les francophones ont décidé de caler; s'il faut négocier c'est ici et maintenant et pas seulement de BHV mais aussi de Bruxelles et de l'envie de vivre ensemble.
Mais qui a envie d'avoir envie?
23:46
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (1)
| Envoyer cette note
| Tags : politique, belgique |
Facebook
|
25.04.2010
"L'aide fatale" des ONG?
Et si, à la Baule en 1991, Mitterand n'avait pas prévenu les chefs d'état africains que la France conditionnerait dorénavant son aide à l'instauration de la démocratie dans leur pays, mais si, plus radicalement, il avait annoncé que la France cesserait toute assistance financière à partir de 1996?
Et si l'ensemble de la communauté internationale lui avait emboîté le pas en fermant les robinets de l'aide à l'Afrique moyennant préavis de 5 ans?
La situation dans ces pays serait-elle aujourd'hui meilleure ou pire?
On serait tenté de dire que l'Afrique, déjà mal en point, serait à l'agonie. Ce n'est pourtant pas l'avis de plusieurs experts dont Dambisa Moyo, une jeune économiste zambienne, bardée de diplômes, dans un livre qui fait débat:" L'aide fatale".
Son analyse part d'un constat: depuis les indépendances, soit une cinquantaine d'années, l'Occident a déversé plus de 1.000.000.000.000 de dollars en Afrique à titre d'aides diverses au développement.
Résultat? A part quelques exceptions, un grand fiasco.
Pour Moyo, la cause de cet échec réside précisement dans l'aide au développement en ce qu'elle alimente les circuits de courtisanerie, dissocie l'argent reçu d'un travail presté, nourrit la corruption, cultive l'état de dépendance. Un des rares chefs d'état convaincu de la pertinence de cette réflexion est P. Kagamé au Rwanda. Les autres n'osent même pas imaginer que le budget de leur état soit réduit de 30, 40 ou 50%.
Les Cahiers Africains, n° 76 intitulé:" Réforme au Congo", font le même constat:"On a identifié les problèmes, nous en connaissons les causes et les solutions.. mais les choses vont de mal en pis".
Toute la méprise relève d'une perception différente des stratégies et des objectifs des uns et des autres: là où les contributeurs étrangers identifient un problème à résoudre, en matière de sécurité, d'éducation, de gouverance,de santé ou d'infrastructures, les autorités locales distinguent une source d'aides, de revenus et de profits qu'il convient de ne pas tarir.
Ainsi, maintenir un conflit de basse intensité à l'est du Congo arrange tant de personnes qu'il serait naïf de croire au règlement rapide du problème.
Il n'y a pas que les marchands d'armes qui ont pour devise;" No war, no job, no money".
Et les ONG? Elles jouent un rôle central dans les secteurs d'activité délaissés par l'autorité publique et singulièrement dans l'éducation et la santé.
Au Cambodge, la plus forte concentration d'ONG par tête d'habitants, on ne demande pas :" " Dans quelle entreprise travailles-tu," mais " Pour quelle ONG travailles-tu?"
Elles aussi sont sujettes à des remises en question existentielles puisque leur but ultime consiste à se rendre inutiles, ayant soit résolu le problème à l'origine de leur action, soit transféré leurs compétences à des structures locales.
Si vous souhaitez en savoir plus sur cette problématique, je vous invite à consulter le flyer repris ci-dessous et à assister à l'expo photos et à la présentation d'un film qui sera faite le samedi 5 juin à 18 heures au centre culturel Jacques Franck , ch de Waterloo 94 à 1060 St Gilles,
ou visitez le site http://lemondesolidaire.canalblog.com

01:23
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : politique, africa |
Facebook
|
13.04.2010
Le frère du Mwana Kitoko
La présence du roi Albert II aux manifestations du 50° anniversaire de l'indépendance du Congo en juin prochain, occupe toutes les conversations à Kinshasa. Alors que certains partis politiques belges regrettent ce voyage, qui s'apparenterait à un soutien au régime de Kabila, la communauté belge sur place s'en réjouit.
Mais qu'en pensent les congolais?
La plupart souhaite sa présence mais pour des motifs divers et variés: " Il doit venir pour constater notre souffrance... pour nous apporter l'argent... pour dire à Kabila comment il doit faire... pour comprendre que ce n'est pas 50 ans d' indépendance mais 50 ans de dépendance..".
Je crains que nos amis congolais ne soient déçus! Albert II est un vieux monsieur de 76 ans qui, au terme d'un long voyage, sera ménagé, véhiculé, climatisé, dorloté, préservé des mauvaises rencontres et des mauvais esprits. Il rencontrera quelques dignitaires du régime en place, quelques diplomates, quelques religieux et puis repartira comme il est venu, bonhomme, chaleureux, compatissant.
Pour célébrer cet anniversaire, l'ambassade de Belgique avait imaginé de faire venir l'équipe nationale belge de football pour une rencontre historique contre les "Léopards"; on avait déjà fixé, dans les chancelleries, le score "diplomatiquement correct" de 2 à 2. Devant les réticences des joueurs, des clubs et de la fédération belge, on s'orienterait maintenant vers un match entre vétérans; les Pfaff, Vercauteren, Vanderelst, Wilmots, et autre Scifo contre les Bongo-Bongo, Lukaku (père) etc. Ici, on ne fixerait pas le score à l'avance car les grigris auront d'office raison de nos vétérans en 2° mi-temps lorsqu'au bord de la déshydratation, ils devront encore courir 45' sous 30° à l'ombre.
Match ou pas, je m'attends à un grand charivari car tout le monde se presse pour être sur la photo. De nombreux ministres belges ont déjà réservé des chambres d'hôtel et prévenu notre ambassadeur de leurs arrivées alors qu'ils ne sont même pas invités! Le seul ministre belge officiellement invité à ce jour est Pieter De Crem, notre Ministre de la Défense. Les autres jouent des coudes et des influences pour se faufiler dans la suite royale.
Déjà en 1985, lors de la dernière visite du roi Baudouin à Kinshasa, à l'occasion du 25° anniversaire de l'indépendance, le protocole fut submergé de demandes d'invitations. Un homme d'affaires belge, bien connu dans le cénacle kinois, fit des pieds et des mains pour obtenir une invitation au dîner de gala offert par Mobutu à Baudouin et Fabiola qui, à l'époque, s'entendaient très bien ( Mobutu et Baudouin, pas Baudouin et Fabiola, suivez un peu!).
Lorsque, de guerre lasse, le protocole lui délivra son sésame, ce brasseur d'affaires expédia une copie de son "plan de table" à sa maman, ultime preuve de sa réussite sociale!
Chacun place son ego où il peut!
De ce point de vue, les congolais veillent également à défendre le prestige de leur pays: le défilé militaire sur le boulevard du 30 Juin ( le principal boulevard de Kinshasa qui, en l'occurence, porte bien son nom), pour l'instant atrocement mutilé par un chantier d'élargissement à 8 voies orchestré par les chinois, alignera des milliers d'hommes de troupe et 49 chars à chenilles tout neufs, achetés récemment à l'Ukraine, pour 100 millions de dollars!
100 millions de dollars pour des chars qui n'auront aucune utilité militaire dans un pays grand comme 5 fois la France, sans voies de communications, sans maintenance fiable et sans autres adversaires que des milices armées sévissant en brousse ou s'y retranchant au moindre souci. Mais 100 millions de dollars à la gloire du pouvoir qui voudrait, le 30 juin, décréter la fin de la mission de la Monuc.
Si Albert II applaudit au passage de ces chars qui arracheront le bitume surchauffé du "boulevard de la dépendance", je deviens républicain!
22:43
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (1)
| Envoyer cette note
| Tags : africa |
Facebook
|
04.04.2010
La communion du Namibien
L'Ordre de Malte est une vénérable organisation catholique à vocation humanitaire qui prodigue ses bons soins et ses belles manières dans plus de 120 pays. A Kinshasa, je rencontre un père belge d'un certain âge qui, pour l'Ordre de Malte, se dévoue au chevet des malades et leur apporte l'aide et le soulagement des sacrements.
"Hier, me dit-il, j'ai pu faire la leçon à nos fidèles congolais car un homme de Namibie, alité, a pu me présenter son carnet de mariage."
Je devais paraître étonné, car il continua:" Je leur ai dit; voici un homme venu de loin muni de son carnet, où est le vôtre?"
Comme je ne comprenais pas le sens de cette parabole, il m'expliqua:" Oui, bien sûr, en Europe vous l'avez oublié mais ici nous essayons de l'appliquer: dans la foi catholique, un homme qui n'est pas marié à l'église ne peut pas communier! S'il vit en ménage ou a épousé plusieurs femmes, je ne peux pas lui donner la communion. Pas plus qu'aux divorcés".
"Mais ils sont mourants vos fidèles" me hasardais-je.
" En effet mais pas toujours. Vous comprenez, c'est pour protéger la famille africaine car les 2° ou 3° épouses sont très mal considérées. Ainsi l'Eglise veut-elle rappeler les hommes à la monogamie chrétienne. J'aurais beaucoup plus facile s'ils avaient tous leur livret de mariage" soupira-t-il.
Il feignait de ne pas savoir que, même épouse unique, une veuve est souvent mal traitée par la famille du défunt qui, généralement, lui reprend l'ensemble de ses biens, voire l'oblige à quitter le domicile conjugal. Son argument éducationnel ne me convainquit pas plus qu'il ne persuade les congolais d'adopter la monogamie.
Je fis la moue: "Sur leur lit de mort, vous pourriez faire une exception".
" Ah non,dit-il, car sinon pourquoi le namibien aurait-il pris son carnet de mariage?"
23:49
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : religion |
Facebook
|
27.03.2010
Les mots pour le dire
Souvent, j’accueille de nouveaux employés, signe avec eux des contrats d’emploi et les présente à leurs nouveaux collègues. Les mots de circonstances arrivent aisément, parsemés de sourires et d’encouragements. Parfois, je revois ces personnes, quelques mois ou quelques années plus tard, pour un tout autre entretien ; celui de leur licenciement. Les enjeux, les charges émotionnelles ne sont plus les mêmes ; les mots non plus. A l'embarras que j’éprouve à trouver les mots justes, je présents la difficulté qu’ils ont à les entendre. J’appréhende toujours, non pas leurs réactions immédiates assez prévisibles, mais les comportements ultérieurs. A juste titre bouleversés, ils traversent une zone de turbulences et sont exposés à l’accident ou à la dépression. Aussi, je m’astreins d’abord à leur accorder du temps, lors de l’entretien et les jours suivants. Ensuite, alors qu’ils réclament systématiquement une explication rationnelle ou d’un motif précis, que je suis souvent bien en peine de leur donner et que toute façon ils n'entendent pas, je m’efforce de les amener vers la résilience qui consiste à transformer cette épreuve, non pas en une chance, mais en une opportunité de rebondir vers un possible différent. Exercice délicat puisqu’ils passent généralement par les étapes classiques de l’incompréhension, du refus, du sentiment d’injustice que les avertissements préalables, explicites ou sous-entendus, n’ont guère prévenus . Dans cette recherche du juste mot, je rejoins le médecin qui doit annoncer une maladie, le professeur un échec, le juge une condamnation, l’époux une séparation, l’ami un autre chemin ; bref nous tous qui, à un moment ou un autre, devons faire part d’une information qui touche au cœur. Nous n’avons pas tous la même faculté de nous exprimer. Ni d’entendre. Il ne s’agit pas tant d’une question de vocabulaire que de ton. Lorsque l'annonce est faite, dans toute sa brutalité pour eux, quels que soient les mots utilisés, je continue de parler, de paraphraser, de meubler le temps pour leur laisser celui de déglutir, de reprendre souffle en réfléchissant, à leur tour, aux premiers mots qu'ils vont prononcer dans leur nouveau statut de licenciés. Je vois bien qu'ils ne m'écoutent plus vraiment, qu'ils sont en quête d'eux-mêmes et très, très seuls. Lorsque la confrontation risque d'être conflictuelle, je demande à une autre personne d'être présente à l'entretien; mais c'est rare car ce tiers rompt le colloque singulier qui doit s'installer pour que le contrat d'emploi seul soit rompu; pas un avenir.
22:53
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (2)
| Envoyer cette note
| Tags : l humaine condition |
Facebook
|
19.03.2010
B.D.S.
B.D.S.= Boycott-Désinvestissements-Sanctions
La situation au Proche-Orient se dégrade à nouveau suite à la décision israélienne de construire 1.600 logements pour colons dans Jérusalem –Est. Quand je dis « israélienne » je devrais écrire « prise par le Ministère de l’Intérieur contrôlé par les ultras orthodoxes du parti Shas ».
Les palestiniens se sentent à nouveau agressés ; leur territoire grignoté, fragmenté, emmuré ; leurs intérêts bafoués.
Alors, ils ramassent des pierres et caillassent les véhicules grillagés de Tsahal ; alors jour et nuit, certaines chaînes arabes diffusent les images de ces heurts, de visages ensanglantés, d’enfants en pleurs ; alors s’inscrit dans l’imaginaire arabe un Israël démoniaque pour qui la guerre seule suffit puisqu’ils sont les plus forts.
Mais un autre sentiment enfle aussi dans les rues arabes ; que leurs dirigeants sont misérables car passifs face à la souffrance palestinienne.
Gaza est une prison à ciel ouvert où s’entassent 1,5 million de personnes privées de liberté et de ravitaillement, dont tous les accès sont contrôlés par l’armée israélienne qui filtre ou bloque les passages à son gré. Ce blocus sur terre, sur mer et dans les airs d’un million et demi d’êtres humains s’apparente à un acte de guerre. La seule frontière non israélienne de Gaza donne sur l’Egypte. Mais elle est aussi hermétiquement fermée que les frontières vers Israël ; à la nuance près que ce sont les égyptiens qui la cadenassent.
Selon l’Exode, Dieu punit le pharaon qui s'opposait à la sortie des juifs et envoya les « 10 plaies sur l’Egypte ». La rue arabe promet des sauterelles, des ulcères, des grenouilles et la grêle à Moubarak ( et par extension aux autres chefs d’états arabes) pour ne pas laisser sortir les habitants de Gaza de leur prison.
L’aveuglement dont font preuve les protagonistes au Proche-Orient ne peut mener qu’à une impasse. Que les Israéliens soient les plus forts, soit !
Mais l’Ecclésiaste nous l’a pourtant appris : » Il y a un temps pour tout ; pour tuer et pour guérir, pour abattre et pour bâtir, pour aimer et pour haïr, il y a un temps pour la guerre et un temps pour la paix ».
Or, à force d’écraser l’autre, de disqualifier les leaders arabes nationalistes laïcs en les rendant complices d’Israël, celui-ci pousse le peuple arabe à se réfugier dans la seule idéologie alternative, le fondamentalisme islamique. Si Israël manque la chance historique de faire la paix avec les nationalistes arabes laïcs, il sera confronté demain à un monde arabe uniformément fondamentaliste.
« Mais il s’agit seulement de nous défendre contre les roquettes et les attentats » plaide le porte-parole israélien. « Mais il s’agit uniquement de venger nos frères humiliés et bombardés » rétorque le Hamas.
Ici comme ailleurs, lorsqu’une conflictualité est à son comble, étrangement, agresseur et agressé utilisent le même langage négateur, les mêmes disqualifications. Les uns et les autres se nient dans une symétrie de comportements et de rhétoriques ; chacun ayant ses victimes à venger et ses martyrs à glorifier. Aux colons accrochés à leur droit immémorial sur la terre de toutes les discordes répondent les manifestants qui aspirent à repousser les israéliens à la mer.
Alors comment faire comprendre que l’humiliation fait le lit du fanatisme, que les écrasés d’aujourd’hui sont les martyrs de demain ?
Si la diplomatie US ou européenne n’a donné aucun résultat, ne serait-il pas temps d’appliquer aux belligérants, sérieusement, systématiquement, le cocktail qui - entre autres - fit plier l’Afrique du Sud : Boycott, Désinvestissements, Sanctions.
Mais l’application d’une telle politique se heurte à la lâcheté européenne qui- pour des raisons honorables- se sent redevable d’une dette impossible à apurer envers le peuple juif qu’elle ne pût préserver de l’holocauste. Culpabilité qui ne paralyse pas les Etats-Unis, malheureusement minés par de puissants lobbies pro israéliens surreprésentés dans les couloirs de Washington quand seulement 2% de la population américaine est juive.
Il faudra donc tout un cheminement pour s’imprégner de l’idée que ce conflit, qui mine bien plus que le Proche-Orient, doit être résolu, non pas au nom de la fraternité juive ou de l’identité arabe mais au nom de l’équité et de la justice.
Je crois deviner que les Américains vont sérieusement entamer le programme B.D.S. : la semaine dernière, le vice-président Joe Biden, furieux contre Israël, l’a fait vertement comprendre : il est arrivé avec une heure et demi de retard à un dîner donné en son honneur par Netanyahu !
Après une charge aussi virile, la paix n’est plus qu’une question d’heures !!
22:27
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : proche orient |
Facebook
|
10.03.2010
Le dilemme du prisonnier
A l’origine de la crise , en 2008, nous découvrions une dérive de l’endettement des ménages américains: trop de crédits accordés trop facilement, difficultés de les rembourser, saisie des habitations, banques déstabilisées par les défauts de remboursements de ses clients etc…
Après l’intervention massive des états qui ont soutenu l’économie et les banques en particulier, nous avons maintenant une crise de l’endettement public : les états n’ont plus assez de ressources financières propres (impôts nationaux) et doivent recourir à l’emprunt sur les marchés étrangers… qu’il faudra bien un jour rembourser. Déjà certains pays faseyent au point d’annoncer des mesures d’austérité sans précédents.
Pour en sortir, je l’ai déjà mentionné, il n’y a pas d’autres solutions que de créer de l’inflation et/ ou d’augmenter les recettes fiscales. (Il y a aussi la guerre, mais si on peut l’éviter…).
Aujourd’hui on n’en parle pas encore à haute voix car les états, tétanisés par l’augmentation du chômage, réfrènent leurs envies de soulager leurs endettements. Mais dès que l’occasion se présentera, on y passera.
Cercle tragique : pour éviter une crise globale mortifère, il fallait déverser de l’argent dans les rouages économiques et accepter des coupes sombres dans l’emploi. Pour retrouver un certain équilibre, il va falloir vivre bientôt avec une inflation et une pression fiscale accrues. Autant dire que le pouvoir d’achat va trinquer.
Au final, la faute originelle se situe dans l’essence même des marchés et dans l’acte de foi selon lequel le marché s’autorégule, que ses excès sont sanctionnés par les mécanismes naturels de l’économie libérale, qu’une main invisible met de l’ordre pour rétablir toujours l’équilibre puisque la somme des intérêts individuels débouchent naturellement sur l’intérêt collectif.
Les faits ont démontré le contraire.
La théorie aussi. « Le dilemme du prisonnier » a été théorisé notamment par Albert W. Tucker pour démontrer que la somme des comportements individuels ne débouche pas naturellement sur l’optimisation des résultats.
Prenons un exemple qui fait sens :
Deux braqueurs attaquent un bijoutier, s’enfuient et tuent une mère de famille qui passait par là et qui eut le mauvais réflexe de s’accrocher au volant de sa voiture convoitée par les malfrats. La police les attrape mais ignore lequel des deux a tiré. La torture n’ayant plus cours dans notre pays, ils proposent à chacun des prisonniers, isolés en cellule, le pacte suivant :
· si tu dénonces ton complice, tu seras libéré et il prendra 15 ans. (total prison 15 ans)
· mais si lui, à son tour, te dénonce, on tourne en rond et vous prenez chacun 10 ans. (total 20 ans)
· enfin, si vous vous taisez tous les deux, dans le doute, vous aurez 5 ans chacun.(total 10 ans)
La logique économique voudrait que l’un et l’autre se taisent. Mais celui qui est innocent aura envie de dénoncer son complice et d’être libre. Evidemment, le coupable n’aura aucune envie de prendre 15 ans et devinant que son compère va le dénoncer, trouvera avantage à le dénoncer à son tour pour n’écoper que de 10 ans. Chacun poursuivant son intérêt personnel, le résultat n’est pas optimal : ils encaissent 20 ans de prison alors qu’il y avait moyen de ne prendre que 10 ans.
Bien sûr, on devrait pouvoir introduire un biais éthique dans le raisonnement ; le coupable, contrit, se tait afin de ne pas accabler son complice. Mais le code d’honneur du truand, qui braque les bijouteries et met une balle pleine tête à une passante, me laisse sceptique.
Cela étant, il est évident une dose d’éthique dans le monde du business serait extrêmement salutaire.
En attendant cette rédemption, on va voir fleurir la charge fiscale. Normalement, la pression fiscale devrait obéir à deux impératifs : efficacité et équité.
Mais est-ce conciliable ?
On en reparlera sous peu.
17:36
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : business |
Facebook
|
01.03.2010
La même semaine
A Montréal, un copain d'enfance donne son dernier coup de pédale sur un vélo d'exercice dans une salle de sport. Rien ne le prédisposait à rejoindre Goscinny, le père d'Astérix, qui clabota à 51 ans en pédalant dans le cabinet de son cardiologue.
La même semaine à Amsterdam, un nouveau-né pousse son premier cri et la famille s'agrandit.
C'est la vie qui se déroule et s'écoule comme le sang dans nos veines.
Mais parfois, c'est l'hémorragie. Alors la parturiente rejoint les "mamans courage" qui exposent leur vie pour la donner. Elles abordent des contrées qui nous seront à jamais refusées, à nous les hommes tout penauds de rester sur le rivage de la souffrance.
Est-ce pour cela qu'on se bat, qu'on travaille ou qu'on pédale? Car nous ne devons pas être économes de notre sang?
On t'embrasse Y. Salut à toi G.
" On naît parmi les hommes, on meurt inconsolé parmi les dieux" R. Char
22:31
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (1)
| Envoyer cette note
| Tags : l humaine condition, il etait une fois |
Facebook
|
23.02.2010
Doigts de fée
Au-delà de la virtuosité de cette jeune ukrainienne aux doigts de fée, dessinant sur un tapis de sable l'invasion de son pays par l'armée allemande en 1940, le plus fascinant reste le coté fugace, éphémère et précaire de l'ouvrage. A son dernier coup d'ongles, il ne reste rien de ce qui nous a étreint l'instant d'avant.
On ressent confusément que des instants comme ceux-ci sont indispensables, mais on ne sait pas à quoi.
Simonova rejoint ici Rimbaud qui disait:" J'écris des silences, des nuits, je note l'inexprimable. Je fixe des vertiges".
NB: Ce post doit beaucoup à internet.
22:25
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
|
Facebook
|
18.02.2010
Double Dip
Le langage fleuri des économistes regorge d'expressions colorées.
Ainsi, une crise, comme nous venons d'en connaître en 2009, se prénomme un " dip"; si le malade reprend des couleurs, la figure économique devient un "V"; mais si la crise réapparaît, on assiste à un "double dip" ou une figure en "W" c.-à-d. une crise suivie d'un rebond qui précède une seconde crise.
Autant une simple récession peut se gérer - elles furent nombreuses par le passé et on en connaît les remèdes classiques - autant un "double dip" effraye. Or, de ce point de vue, 2010 sera cruciale.
Trois scénarios sont envisageables: soit l'économie replonge et bonjour les dégâts- soit elle redémarre et on attend patiemment une nouvelle crise- soit une activité médiocre stagne en dessinant un "L" comme l'expérimente le Japon depuis près de 20 ans. Aucun de ces 3 scénarios n'est satisfaisant. Pourquoi?
Pour caricaturer, le Japon est un pays pauvre, peuplé de personnes riches. L'état croule sous les dettes, l'asphyxiant complètement et l'empêchant de développer des politiques volontaristes dans quelque domaine que ce soit. Sa priorité budgétaire est de rembourser ses dettes puis de payer les soins et les pensions d'une population de plus en plus âgée. La marge de manoeuvre du gouvernement nippon est très réduite. Ressembler au Japon n'est un sort enviable pour l'Europe.
Si un "double dip" se forme et que l'économie replonge, les remèdes mis en oeuvre par les gouvernements en 2009 n'auront servi à rien et c'est dramatique car les états sont à bout de souffle, endettés jusqu'au cou pour avoir injecté - en vain - de l'argent public dans les rouages économiques. Beaucoup d'argent ! Lorsque l'Europe lança la monnaie unique, en 1999, des règles avaient déjà été établies et codifiées par le célèbre Traité de Maastricht pour assurer une certaine orthodoxie : il prévoyait que les états membres ne pouvaient pas avoir un déficit budgétaire supérieur à 3% de leur PIB. En 2010, les déficits vont atteindre 6% en Belgique, 8,5% en France, 12% en Irlande, 13% en Grèce. Et ce n'est pas mieux aux Etats-Unis avec 10% ou à Dubaï avec 17%! Lorsque les états sont en déficit, ils font comme vous et moi, ils empruntent c.-à-d. qu'ils s'endettent sur les marchés nationaux ( la plupart des belges ont déjà acheté des "bons d'état" ) ou internationaux. Mais si la confiance des prêteurs est ébranlée, ils exigeront des intérêts de plus en plus élevés. Ainsi, la Grèce, pour pouvoir emprunter, doit actuellement accepter de payer le double des intérêts payés par l'Allemagne, ce qui rend le poids de son endettement encore plus pénible.
La zone euro craquelle sous ces disparités symptomatiques de l'état de santé trop différencié entre les "bons" et les "moins bons" élèves de la classe européenne. Au point qu'on regroupe les pays européens les plus endettés sous le doux vocable de " PIGS" ( cochons en anglais): il s'agit du Portugal, de l'Italie, de la Grèce et de Spain ( Espagne), tous des pays méditerranéens, désignés comme les fossoyeurs de la monnaie unique et qui, bien sûr ont attiré les fonds vautours, ces énormes machines de guerre financière qui disposent d'une puissance de feu impressionnante et qui se ruent sur tous les corps malades de l'économie en spéculant sur leur mort prochaine. S'ils ne créent pas le problème, ils l'amplifient dans le seul souci d'en tirer profit.
Certains fonds vont jusqu'à spéculer sur la fin de la monnaie unique et sur le retour aux monnaies nationales. Ils estiment qu'une union monétaire sans union politique est intenable. La réponse appropriée tient cependant dans "plus d'Europe, plus vite" plutôt qu'un dé-tricotage des fondements de notre Union, gage de paix et de stabilité dans ce coin du monde. Les adversaires de l'euro soutiennent aussi que, sous le régime des monnaies nationales, les pays en difficulté pouvaient décider de dévaluer leur monnaie librement pour retrouver un équilibre économique. En effet, une dévaluation booste les exportations: si un USD=30 francs belges avant la dévaluation et 60 francs après celle-ci, une tablette de chocolat de 30 francs belges coûtait 1 USD au gourmet américain et seulement 0,5 USD après dévaluation. On peut donc espérer qu'il en achètera deux et que le carnet de commandes de Marcolini se remplisse. Mais il ne faut pas oublier qu'une dévaluation renchérit le coût des importations : si le baril de pétrole vaut 3 USD, il fallait 90 BEF pour l'importer avant la dévaluation et 180 BEF le lendemain de celle-ci. On peut croire que le belge va, en conséquence, réduire sa consommation de pétrole et de produits importés, ce qui est tout bénéfice pour la balance commerciale du pays ( différence entre le total des importations et des exportations). La dévaluation a donc des vertus et la Belgique l'a pratiquée à plusieurs reprises, comme en 1982 à hauteur de 8,5%. Ceux qui regrettent le temps passé des dévaluations nationales oublient que l'euro peut aussi dévaluer par rapport au USD ou au Yen. Les Américains ne se privent d'ailleurs pas de laisser filer le USD lorsqu'ils estiment nécessaire de relancer leurs industries. Dévaluer l'Euro reste une question politique dont il n'est pas (encore) question, même si la monnaie unique a déjà perdu près de 10% depuis le début de cette année.
Pour l'instant, les états européens se focalisent sur les moyens de réduire leurs endettements, en espérant revenir à l'orthodoxie prônée par Maastricht en 2013 ou 2015! Si une seconde crise se déclenche, elle ne pourra plus être contrée par des mesures gouvernementales. Quant aux banques centrales, appelées essentiellement à réguler l'inflation, elles ont déjà quasiment épuiser toutes leurs cartouches en réduisant leurs taux de base à 1%.
Restent les consommateurs qui, par leurs dépenses d'investissement ou de consommation, pourraient relancer la mécanique surtout dans des pays comme les USA où la consommation domestique représente près de 60% du total des richesses créées chaque année.
Mais comment croire à la relance de la consommation alors que le chômage frappe quasiment 10% de la population ( 21% à Bruxelles !), que les pertes d'emploi vont encore percuter en 2010 et que dans un tel contexte la population a plus tendance à épargner qu'à dépenser.
Puisque ni la stagnation économique à la japonaise ni le "double dip" ne sont souhaitables, on devrait raisonnablement appeler de nos voeux une reprise rapide et durable. Pourtant, certains s'en gardent bien car ils estiment qu'aucune leçon n'a été tirée du séisme vécu au cours des 18 derniers mois. Recommencer à produire encore plus de véhicules pour sauver des emplois dans l'industrie; importer encore plus de pétrole, extrait de plus en plus difficilement; spéculer à nouveau sur des montages financiers abscons, tout cela ne peut que nous mener plus ou moins vite vers une nouvelle crise.
Paradoxalement, les tenants d'une remise à plat du modèle économique sont de deux bords divergents; il y a d'abord les partisans purs et durs des lois du marché qui déplorent les aides apportées aux banques, les soutiens aux industriels (primes à la casse dans le secteur automobile) et autres interventions étatiques. Selon ceux-ci, on aurait dû laisser les lois du marché s'exercer librement, qui auraient séparer le bon grain de l'ivraie et qui, moyennant quelques convulsions, auraient livré un nouveau paysage économique débarrassé des banques mal gérées, des industries peu performantes et des spéculateurs ruinés. Toutes les mesures d'encadrement et de soutien ne font que retarder l'inévitable et salutaire nettoyage des opérateurs économiques défaillants. Une reprise basée sur les efforts de stabilisation et des incitants gouvernementaux ne rime à rien.
D'autres par contre regrettent que les mesures prises ne soient qu'emplâtres de fortune et qu'en dehors d'un show médiatique à propos des bonus des dirigeants, l'ordre économique n'ait pas fondamentalement changé. Une reprise dans ces conditions ne résoudra rien; on recommencera demain les errements d'hier.
Les faits semblent accréditer cette thèse car on ne voit pas très bien ce qui a été modifié en profondeur dans l'ordre économique. Obama essaye bien de réagir en tentant de recréer une séparation entre les banques de dépôt et les banques d'affaires ( distinction supprimée par Bill Clinton !) mais il se heurte à des lobbies hyper puissants qui ont leurs entrées au Congrès américain.
Pourtant, ce n'est pas le travail qui manque; les besoins sont énormes, les défis colossaux. On est loin d'avoir satisfait les besoins, même primaires, des hommes en termes de santé, d'éducation, d'infrastructures. 2 milliards d'humains vivent sans eau, ni électricité, avec 2 USD par jour!. Si donc l'économie patine, ce n'est pas faute de besoins à satisfaire; c'est par une mauvaise allocation des ressources, un choix des priorités déficient et suite à des interférences vénales qui privilégient tout sauf l'intérêt collectif.
La seul reprise économique acceptable résulterait d'une prise de conscience globale de nos destins communs, de l'exceptionnelle chance de pouvoir goûter un bref moment à la vie sur cette terre et de l'inanité de toutes nos prétentions matérielles.
Car on n'a pas de poche dans notre dernière chemise.
01:00
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : business |
Facebook
|
08.02.2010
Le Ruban Blanc
Du superbe film de Michael Haneke " Le ruban blanc" qui dépeint en noir et blanc la vie d'un village allemand, campagnard et protestant, avant la première guerre mondiale, régi par le propriétaire terrien, son régisseur, le pasteur et le médecin, tous engoncés dans leurs certitudes de servir Dieu, le Bon et le Bien, je retiens cette phrase:
" Rien de tel qu'une bonne haine de soi".
Celle qui naît lorsqu'on haït sa vie, son village, sa famille mais qu'on s'identifie néanmoins à eux et que l'on perpétue à défaut de pouvoir s'en délivrer.

21:58
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : cinema |
Facebook
|
Nos enfants nous accuseront
Marie Curie, après avoir reçu deux Prix Nobel ( Physique en 1903 avec son mari Pierre Curie et Chimie en 1911) mourut de leucémie pour avoir été trop exposée aux éléments radioactifs.
Sa fille, Irène Curie, après avoir reçu le Prix Nobel de chimie en 1935 ( quelle famille!), mourut à son tour de leucémie pour les mêmes raisons.
Durant ces années d'exploration de la radioactivité, on en ignorait encore la nocivité et lorsqu'on commença à s'en protéger, il était souvent trop tard.
Aujourd'hui, nous savons ce qui nous nuit mais nous ne voulons pas le voir; nous l'entendons mais ne voulons pas l'écouter; nous le pressentons mais ne voulons pas l'admettre.
Alors, que peut un clip de 6' pour ceux qui se veulent sourds et aveugles?
Au moins ne pas rester muet!
Mais, me direz-vous, Pierre Curie, le mari de Marie, est mort en traversant la rue, renversé par une voiture à cheval en 1909. Une mort stupide pour un homme brillant.
Bon, d'accord le "fatum" a toujours raison mais ce n'est pas pour cela que j'ai tort.
21:58
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (1)
| Envoyer cette note
| Tags : terre des hommes |
Facebook
|
02.02.2010
Can 2010
Je ne sais pas si vous avez suivi la dernière CAN qui vient de se terminer en Angola par la victoire de l’équipe égyptienne des « Pharaons ». Pour les non initiés, je parle aujourd’hui de football, mais de ce foot politico-business, qui sous toutes les latitudes, remplit ses tribunes de politiques, affairistes et démagos en quête de reconnaissance populaire. La victoire de l’Egypte, dimanche passé en Angola, a le mérite de remettre un peu de calme sur la planète foot en Afrique car on a frôlé plus d’une catastrophe pendant cette quinzaine de jours de compétition. D’abord, lors de la demi-finale qui opposa l’Algérie à l’Egypte. Ces deux pays étaient au bord de la rupture des relations diplomatiques depuis l’élimination en novembre dernier de l’Egypte par l’Algérie lors des sélections pour l’autre compétition de foot , encore plus prestigieuse, Cette élimination intervint au terme de trois matchs entre ces deux pays dans un climat délétère ; au Caire, le bus des joueurs algériens fut caillassé et les supporters algériens battus. A Khartoum, lors du match de barrage, les supporters égyptiens conduits par Alaa Moubarak, furent molestés par « des extrémistes islamiques repentis dépêchés à Khartoum par Bouteflika » selon le témoignage du fils aîné du président égyptien qui, lui-même, renchérit devant le Parlement égyptien : " Nul ne touchera impunément à la dignité des Egyptiens ". Son fils Gamal, successeur présumé, enfonça le clou ; " Ceux qui nous ont agressé devront subir la colère de l’état égyptien". Les médias égyptiens se lâchèrent et entretinrent un climat de haine sans précédent à l’égard des algériens qui, nombreux au Caire, n’osaient plus sortir. Le drapeau algérien fut brûlé par des avocats du barreau cairote. Puis la rue arabe s’enflamma, souvent en faveur des algériens. On vit des marocains défiler dans les rues de Casablanca avec des drapeaux algériens ; insolite quand on sait la tension entre les deux pays à propos du Sahara Occidental. A Gaza, mais aussi à Harlem ou à Marseille, les jeunes descendirent bruyamment dans les rues en fustigeant l'Egypte. Les autorités algériennes, qui ont autant besoin de cette victoire que leurs collègues égyptiens pour distraire leur jeunesse de ses préoccupations quotidiennes, tentèrent de calmer le jeu. Les ministres assurèrent que le retrait annoncé de 5 milliards de USD d’investissements égyptiens en Algérie n’aura pas de conséquence sur l’économie nationale et qu’il sera facile de remplacer les 10.000 travailleurs égyptiens renvoyés au bord du Nil. On vit même le très honni ministre israélien des Affaires Etrangères M. Lieberman rappeler les deux pays à la raison. C’est dire si la demi-finale de Ainsi chacun est content et les honneurs sont saufs; Mais on n'a pas seulement frôlé la catastrophe; il y eut aussi morts d’hommes dès avant le démarrage de Le temps de trouver le tribunal compétent, Jamel Debouzze, l'humoriste franco-marocain, a déclaré sa volonté de changer de nationalité après toutes ces péripéties footballistiques et a choisi la nationalité algéro-irlandaise. Seuls les initiés comprendront.
19:03
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : africa |
Facebook
|
25.01.2010
Kin la belle
De retour de Kinshasa, je ne sais plus que dire.
Alors, je vous montre.

22:45
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : africa |
Facebook
|
18.01.2010
Madame la Terre
Ce n'est pas parce que je parlais de vous la semaine dernière, Madame, en appelant à vous craindre, qu'il fallait vous manifester aussi vite, avec autant de violence ni vous acharner sur un des peuples les plus pauvres sur votre sol.
La compréhension de vos mouvements d'humeur nous ont longtemps échappé et nous avons dû recourir aux esprits maléfiques ou aux dieux pour pleurer nos morts que vous laissiez sous vos gravats. Lorsque vous rasiez Lisbonne en 1755 ou que vous écrasiez 200.000 japonais à Kantô en 1923, nous ignorions tout de la "tectonique des plaques". Même Albert Einstein niait encore en 1955 que les continents bougeassent.
Aujourd'hui, on peut doctement expliquer aux Haïtiens que vous êtes composée d'une dizaine de grandes plaques et d'une vingtaine d'autres, plus petites. Elles se meuvent à des vitesses différentes, dans des directions diverses. Les prévisionnistes, qui appellent Tokyo la ville "qui attend de mourir", estiment qu'un jour la Californie se détachera de la côte ouest pour former une sorte de Madagascar dans le Pacifique, que l'Afrique absorbera la Méditerranée et remontant vers le Nord, créera une nouvelle boursouflure, de Paris à Calcutta, qui n'aura rien à envier à l'Himalaya. Evidemment, la dérive de vos continents s'opère à la vitesse où poussent nos ongles, imperceptible, mais de temps à autre il faut bien les couper comme vous devez bien vous ébrouer.
Ceci ne consolera pas les haïtiens ; dans les ruines de Port-au-Prince, combien de petite Omayra Sanchez, cette enfant colombienne qui agonisa deux jours, coincée dans un enchevêtrement d'éboulis lorsque vous fîtes rugir le volcan Nevada del Ruiz en 1985 ?
Le gouvernement haïtien, déjà déficient en temps normal, a jeté l'éponge laissant à la communauté internationale le soin de gérer au mieux la catastrophe que vous avez provoqué. Ils en ont déjà bavé les Haïtiens depuis leur indépendance; dans quel tréfonds de leur conscience collective vont-ils trouver la résilience nécessaire pour reconstruire leur pays ?
Avec quelle probité, lorsqu'on sait que les dons et aides financières vont pleuvoir sur le pays?
Devra-t-on mettre ce pays sous mandat de gestion de l'ONU ?
Enfin, va-t-on enfin s'astreindre à un travail de réflexion sur les priorités du peuple des humains: toute la vie est concentrée sur une tranche de 20 kms de haut au maximum, des profondeurs de la fosse océanique au sommet de l'Everest. Autant dire moins que rien au regard de l'immensité du cosmos. Et pourtant on s'en soucie comme de colin-tampon.
Evidemment, même si les 6 milliards d'humains entraient en lévitation spirituelle, vous ne cesseriez pas pour autant, Madame, de crachoter, de frissonner, d'éructer et de convulser, tout comme vous êtes restée insensible jadis aux sacrifices humains que nos ancêtres vous dédiaient.
" La terre est dangereuse -expliquait un géologue anglais -l'histoire de chaque partie de notre terre, comme la vie d'un soldat au front, consiste en de longues périodes d'ennui, traversées de brèves périodes de terreur".
Puisqu'on doit encore coexister quelque temps, Madame, si on trouvait autre chose ?
23:24
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (1)
| Envoyer cette note
| Tags : terre des hommes |
Facebook
|
11.01.2010
Noël, Noël

Il y a, sous nos latitudes, des Noëls blancs. Plus au sud, il y a des Noëls noirs comme la lave, jaune comme le sable, émeraude comme la mer. Pour avoir pris l'avion 8 fois en 15 jours afin de vous ramener cette photo, je peux témoigner que les mesures de sécurité dans les aéroports ne valent pas tripette. Nous sommes notamment passés par Zaventem, Schiphol et San Francisco; nous avons été interrogés, scannés, palpés par une bordée d'agents qui nous ont confisqué ici une pomme, là une laque pour cheveux ( + briquet= lance-flammes), on a passé des languettes de détection au-dessus des biberons mais, dans un autre sac de la famille, ils ont laissé passer une autre pomme, une autre laque et même un opinel oublié! On ne sera jamais à l'abri de suicidaires exaltés; en attendant, on compile les mesures liberticides qui ne sont pas neutres sur le plan de la mentalité collective. De plus en plus, au nom d'une sécurité assez illusoire, on accepte d'être fouillé, fiché, photographié et demain radiographié si les "full body scanners" sont placés dans les aéroports. il n'y a pas si longtemps, on ne posait pas de cadenas sur son vélo, on ne fermait pas la porte du garage à clé + verrou, on se baladait encore sur les jetées découvertes des aéroports. Que s'est-il passé? Pourquoi s’amuse-t-on à se faire peur ? Il faut espérer que le climat anxiogène actuel créé par l'homme, pour l'homme et avec l'homme ne soit que passager car d'autres craintes d’une autre ampleur mériteraient notre docte savoir. La masse compacte de la lave froide, lovée en viroles, qui se noie dans la mer fascine et effraye. On explore l’espace mais que sait-on des entrailles de notre terre? A part Jules Verne qui fit un"Voyage au centre de la terre" en 1864, personne n'a jamais été voir battre le ventre du monde. Le voudrait-on, qu’on serait carbonisé par les 6000°de chaleur supposés bouillonner dans le noyau interne. Sous la mince et délicate couche de terre arable (arabilis=cultivable), qui assure à elle seule la nourriture de tous les êtres vivants sur terre, 6374 Kms nous séparent du centre de notre planète. Des tentatives furent bien menées pour creuser le sol et les Russes à cet égard furent les plus obstinés. Lorsqu’ils abandonnèrent leur forage sur la presqu’île de Kola, près de la frontière finnoise, ils avaient atteint une profondeur de 12 Kms. Si la distance Bruxelles-Kinshasa représente assez fidèlement le rayon de la terre, les Russes sont bien arrivés à Hoeilaart ! Ce que l’on sait de notre globe résulte de l’étude des ondes sismiques et des roches volcaniques. Les plus fortes éruptions eurent lieu avant l’avènement de l’homme et décimèrent les animaux victimes pour la plupart, non de mort brutale, mais d’ostéodystrophie pulmonaire, qui n’est pas à souhaiter à vos amis car vos poumons sont lacérés par un air saturé de poussières abrasives. De nos jours, il reste une centaine de volcans en activité et de temps à autre ils crachotent. La plus violente explosion volcanique des temps modernes remonte à 1815 en Indonésie. Une jolie montagne explosa entraînant tsunamis, désolation et 100.000 victimes. Il fallut plusieurs mois pour que le manteau crépusculaire de cendres, poussières et suies atteigne l’Europe où il n’y eut, en 1816, ni printemps ni été. Les récoltes furent désastreuses, l’Islande connut une famine et de nombreux sinistrés émigrèrent aux USA. C’est précisement là-bas, dans l’état de Nebraska, que les vulcanologues s’accordent à prévoir la prochaine catastrophe volcanique, au cœur du superbe parc du Yellowstone, célèbre pour ses geysers, ses sources hydrothermales et ses boues chaudes. Quand la terre se vengera de la sottise des hommes qui ne daignent pas s’occuper d’elle, peut-être arrêterons-nous de nous chamailler et porterons-nous notre regard, de notre nombril à celui du monde.
22:46
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : terre des hommes |
Facebook
|
20.12.2009
Elise de miel
Trève de Noël.
Un peu de poésie dans ce monde de brutes avant de vous retrouver l'an prochain. Si Dieu le veut.
"Elise de miel
marchait nacrée, sur la rive
d'un fleuve imaginaire
à la recherche étonnée
d'un homme lunaire
Elise de miel
que peux-tu donc faire avec tes yeux de verre
et ton ventre en orange
sans homme lunaire
Elise de miel
voulait un enfant
pour jouer à l'ange
et compter chaque dent
avec l'homme lunaire
Elise de miel
marche toujours sur la rive
sans amant, sans enfant.
La ruche a perdu sa reine
où est l'homme lunaire?"
PS: ce post doit beaucoup à Chantal.
20:22
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : poesie |
Facebook
|
15.12.2009
Magnificient
Un clip + une chanson de U2 = une modeste contribution au sommet de Copenhague
22:53
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : terre des hommes |
Facebook
|
A la dérive
Madagascar est une île…. à la dérive.
Il y a un an, Ravolamanana ,le président élu en 2006, dut quitter le pays, destitué par des mouvements populaires attisés par TGV, le maire de la capitale Antananarivo ( cfr post des 2 et 9 février - 2 mars 2009). Depuis lors, la confusion fait figure de régime politique. Le soulèvement populaire n’a pas fait l’unanimité parmi la population et fut fermement condamné par la communauté internationale, particulièrement par les chefs d’états de la région. Sous l’égide du Mozambique et sous la pression financière de l’Union Européenne et des USA, le président déchu réfugié au Botswana et le président autoproclamé ont été priés de trouver un terrain d’entente. Pour tout simplifier, on a rappelé deux anciens présidents, octogénaires, résidents en France, MM. Ratsiraka et Zafy « afin que toutes les sensibilités politiques du pays soient impliquées dans un accord « inclusif ».
Les réunions se succédèrent à Maputo, Addis Abebas sans compter les réunions secrètes à Paris et à Genève.
En fait « d’accord » , les malgaches ont vu s’échafauder petit à petit un système, hybride et temporaire, à quatre têtes avec un Président- deux Vice-Présidents et un Premier Ministre, chacun issu d’une famille politique différente.
Autant dire que ce montage n’avait aucune chance de fonctionner ; personne ne peut décider sans l’accord des trois autres mais chacun peut tout bloquer.
Et puis, comme me l’explique une malgache, fille d’un ancien Premier Ministre, pourquoi quatre mouvances, pourquoi pas cinq ou six ou 19 millions puisqu’il y a 19 millions de malgaches ; quel est encore la légitimité des deux anciens présidents qui ont été battus lors d’élections précédentes. En réalité, me confie-t-elle, il n’y a que 4 personnalités qui se chamaillent pour s’attribuer au mieux, se partager sinon, le pouvoir pour eux ou pour les leurs. Il y a quand même 560 postes politiques à pourvoir dans le pays !
Je reste impressionné par la capacité d’indifférence des hommes politiques au sort des populations. A Madagascar ou ailleurs.
La seule chose qui vaille depuis un an sur l’île sont les palabres politiques ayant pour unique objet la répartition des postes !
Pendant ce temps, 70% des malgaches vivent avec 2 USD par jour; les recettes financières s’écroulent; le tourisme a reculé de 50%; 150.000 emplois ont disparus au cours des 12 derniers mois ; des projets d’investissements sont annulés ou suspendus ; l’aide internationale qui représente 50% des recettes de l’état est gelée – l’Union Européenne a bloqué 630 millions d’euros et les Etats-Unis vont exclure Madagascar des accords tarifaires préférentiels (AGOA) qui permettent à certains pays d’exporter vers les USA sans droits d’entrée.
Tout cela glisse sur l’indifférence des politiques comme une goutte d’eau sur la feuille du palétuvier.
A 130 kms de la capitale, une usine est terminée, opérationnelle, les 115 ouvriers engagés sous contrat, les matières premières en stock prêtes à l’emploi, les camions dans la cour pour commencer la distribution .... mais le dernier paraphe de la dernière autorisation légale à obtenir n’est toujours pas apposé …. depuis 6 mois. Cette société a déjà payé EUR 2,9 millions de taxes sur les importations d’équipements industriels, ; en activité, elle devrait payer chaque mois des droits de TVA sur les ventes, des accises sur l’énergie, des précomptes sur les rémunérations etc.... rien n’y fait. Aucune explication logique à cette situation ubuesque ; " demain... revenez demain... ou après.... enfin un autre jour ».
Mais alors comment se finance l’état pour supporter ses frais de fonctionnement si l’économie est à genoux et les aides internationales coupées ?
Voici l’heure des exportations pirates de "bois de rose" par dizaines de containers vers la Chine au détriment de la "Grande Terre" déjà si cruellement déboisée; voici le temps des prêts d’argent par des usuriers internationaux qui misent sur l’un ou l’autre des candidats au pouvoir suprême, lui faisant crédit en gageant les exportations de crevettes ou de vanille des 2 ou 3 années à venir ; voici la survenance de pays frondeurs ( Libye par ex) qui prêtent ou donnent en monnayant un vote ou un appui en leur faveur dans une instance internationale ; voici le règne des "n’importe quoi" au pays des "n’importe comment".
On dit que Madagascar s’est détachée du continent africain il y a 240 millions d’années. Je ne la savais pas toujours à la dérive.
22:51
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : africa |
Facebook
|
06.12.2009
Breaking News: Les balles sifflent
On a tiré sur le président autoproclamé de Guinée, le Capitaine Dadis Camara (voir post du 15/10/2009). Il a été touché, évacué et soigné au Maroc.
On a aussi tiré sur la voiture du président autoproclamé de Madagascar, dit TGV( voir post du 9/02/2009). Il est indemne, refuse de se rendre encore à Maputo et raidit ses positions. J'y reviens semaine prochaine.
.
Il n’était pas bon d’être "autoproclamé" cette semaine !
21:45
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : africa |
Facebook
|
Persona

J'apprends presque fortuitement qu'un ancien collègue que j'ai beaucoup côtoyé, pas vraiment un ami, doit subir une transplantation cardiaque aussi vite que possible.
Que devrais-je ressentir ?
De la compassion, de l'indifférence, de la peur? Il me semble que ce qui prévaut ressemble à un sentiment de vulnérabilité. Nous avons le même âge, le même parcours professionnel et certains traits de caractère identiques où se mêlent de l'impatience et de l'intransigeance. Je cherche et trouve de justes motifs pour me convaincre que ce qu’il endure ne peut m’arriver. Mais il m’en coûte de ne pouvoir considérer son problème sans le ramener à moi. Quelles qualités faudrait-il pour pouvoir appréhender ce qui nous entoure sans se l’approprier ?
Cette propension égocentriste est parfaitement illustrée dans l'exposition "Persona" actuellement au musée de Tervuren. 180 masques rituels africains déclinent le thème de l’identité, du respect de soi ou de la représentation de l'Autre. Ils sont regroupés par thème dans une douzaine d’espaces vitrés le long d’un déambulatoire bien documenté. Ce qui compte dans les traditions africaines, ce n’est sûrement pas le porteur du masque. Celui-ci doit complètement s’effacer au seul profit du message qu’il incarne ; il ne peut, en aucun cas, essayer de s’approprier un rôle dans la cérémonie. Bien sûr, il véhicule avec talent et conviction le rite, mais il n’est pas autorisé à montrer son propre visage au public et, le masque déposé, il doit s’abstenir de toute forme de personnalisation.
Ingénument à deux reprises, le concepteur de l'exposition a placé, au milieu des masques, un miroir à hauteur d'homme. Déambulant lentement devant ces vitrines, attentif aux objets exposés, on aperçoit soudain son propre visage. L'effet est interpellant. Et c’est ici que, pour moi, l’expo prend tout son sens.
La « persona », en latin, est le masque que tout individu porte pour répondre aux exigences de la vie en société. Pour les uns, notre figure au milieu des masques rituels dans ce musée a, de ce point de vue, tout son sens puisqu’elle n’est qu’un masque parmi d’autres. D’autres pourraient aussi comprendre, en se dévisageant dans la vitrine, que si on avance masqué dans la vie, malgré tous les artifices dont on se pare, on finit toujours par se retrouver face à soi-même.
Les plus prosaïques enfin y verront la simple l’illustration du mot : « Si on n’est pas responsable de sa figure, on est responsable de la tronche qu’on tire ». Car à l’évidence, les masques sont bien plus beaux que bien des visages.
Sauf peut-être les masques mortuaires.
05:47
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (1)
| Envoyer cette note
| Tags : l humaine condition |
Facebook
|
24.11.2009
La main d'Henry
Et si le propre de l’homme n’était pas le « rire » comme le prétendait Bergson mais le « besoin de justice ».
Quelle autre espèce vivante possède, chevillée au corps, ce « désir d’équité » qu’on revendique d’abord pour soi-même, puis, au terme d’un long apprentissage, au bénéfice des autres également. Ainsi, sommes-nous courroucés si on estime être traité injustement et indignés si justice n’est pas rendue à autrui.
Mais à y réfléchir quelque peu, ce qui nous caractérise n’est pas tant un « besoin de justice » qu’un « refus de l’injuste ».
Caïn, fils aîné d’Adam et Eve, n’a-t-il pas tué son frère car Dieu avait refusé son offrande alors qu’il avait accepté celle d’Abel. Voici déjà le premier fils de l’homme qui s’irrite d’une injustice divine et se venge. (Gen 4 – 1 à 9)
Dans un premier temps, ce « refus de l’injustice » s’exprime d’abord par le rejet instinctif de toute discrimination dont on serait victime. Et à ce stade, ce sentiment s’arrête là car on supporte très bien l’inique et l’arbitraire s’ils nous sont favorables. « Ce n’est point parce qu’on craint de la commettre mais c’est parce qu’on craint de la subir qu’on blâme l’injustice » ( Platon).
Mais encore faut-il, pour ressentir de l’injustice, pouvoir se représenter ce qui est juste. Sinon comment souffrir d’une situation, d’un état si on ne peut en imaginer un autre possible, un autre sort, où nous aurions été méritoirement traités. Posséderait-on un sens inné d’une justice immanente qui nous permettrait de juger notre infortune par rapport à un référent de justice auquel nous aurions naturellement droit ? Regarder les enfants apporte un élément de réponse.
Le bambin viendrait-il au monde avec une conception innée de ce qui est juste ou habité d’une dose incommensurable d’égoïsme, nécessaire à sa survie, qui accapare autour de sa petite personne le monde entier, et surtout sa mère. A l’évidence, les enfants en bas âge, s’ils s’accommodent volontiers d’un traitement de faveur, s’emportent s’ils s’estiment lésés. Est-ce par référence à un concept de justice ou par égoïsme ?
Et il leur faudra du temps pour passer progressivement du "refus de l’injuste", qui s’apparente longtemps à une exigence d’appropriation, vers un "désir d’équité" qui requiert d'admettre l’existence équipotente des autres. Le temps de comprendre que la seule façon de ne plus souffrir d’injustice, le prix à payer pour être traité en équité, c’est de reconnaître le même droit aux autres. Le besoin de justice procède du refus de l’injuste. Le désir d’équité n’est pas inné ; il est la résultante acquise du rejet de l’iniquité.
Toute cette réflexion pour en arriver à parler de la main d’Henry, footballeur français qui, lors d’un match contre l’Irlande, contrôla le ballon de la main avant de le passer à un équipier qui marqua le but de la victoire et qualifia les français pour la coupe du monde de foot au détriment des irlandais. Mais voilà, seul l’arbitre n’a pas vu cette faute de main. Les télévisions passèrent en boucle, sous tous les angles, cette séquence et après match, Henry ne put qu’avouer sa tricherie. Mais pour beaucoup, dans ce cas, faute avouée n’est pas pardonnée.
Or, il est impossible pour un joueur, qui n’a même pas marqué le but lui-même, alors que 80.000 personnes hurlent de joie et que ses 10 équipiers lui sautent sur le dos pour le congratuler, de s’extraire calmement de la mêlée pour courir vers l’arbitre : « Excusez Monsieur, mais j’ai fauté ; si, si, je vous assure, vous ne l’avez pas vu mais demandez aux irlandais ».
Il eut fallu que l’arbitre convoquât Thierry Henry et « face to face » lui demande : " As-tu fauté, mon fils ? ». Et Henry, dans ce confessionnal à ciel ouvert, devant 12 caméras n’aurait pas dit : « Que nenni Monsieur, j’avais les mains en poche ».
Mais voilà, l’arbitre ne l’a pas fait ; les français iront un peu penauds ( même pas sûr) en Afrique du Sud, les irlandais méditeront sur l’injustice du sport, Domenech, l’entraîneur des Bleus empochera les 840.000 euros promis en cas de qualification et TFI rentabilisera les 240.000.000 euros payés pour s’attribuer les droits de retransmission télévisée de cette coupe du monde.
On s’accommode très bien d’une injustice sur les terrains de sport, comme dans la vie, si elle nous est favorable et le désir d’équité n’est définitivement pas inné.
Le propre de l’homme ne serait-il pas son égoïsme ?
23:40
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : justice, l humaine condition |
Facebook
|
18.11.2009
Raison d'Etat
Machiavel a-t-il toujours raison ?
La raison d’Etat peut-elle supplanter les droits de l’homme ? Les intérêts légitimes de l’état priment-ils sur les intérêts légitimes des citoyens ?
Formuler ces questions ne fait sens qu’en Occident et encore, depuis peu. Autrefois ou ailleurs, la primauté de l’état, du clan, du groupe sur l’individu s’impos(e)ait naturellement: que de rites, de sacrifices, d’excommunications, d’exils, de condamnations, d’affaires étouffées au nom de cet « Etat » ou …des hommes qui s’en réclament.
La question de sa légitimité n’est pas résolue mais mérite d’être posée ; elle n’est pas que rhétorique ; en tout cas, elle ne l’était pas pour les époux Julius et Ethel Rosenberg, arrêtés en 1951 pour avoir livré des secrets atomiques aux Russes, condamnés à la chaise électrique et exécutés en 1953. Ils étaient juifs et communistes dans une Amérique bouleversée par le début de la guerre de Corée, la récente victoire de Mao en Chine et l’explosion de la première bombe atomique russe qui privait les Etats-Unis du monopole atomique mondial.
MacCarthy réussit à convaincre ses concitoyens que les ennemis de l’Amérique, principalement les communistes, pouvaient aussi se cacher en son sein et qu’il s’agissait de les débusquer.
C’est dans cette ambiance paranoïaque que le couple fut inculpé sur dénonciation du frère d’ Ethel Rosenberg, membre de leur réseau d’espionnage quasi familial et arrêté quelques jours plus tôt. Julius Rosenberg et sa femme nièrent jusqu’au bout et d’être communistes et d’avoir transmis des renseignements aux Russes. Leurs négations répétées, leur profil modeste et ordinaire, leurs jeunes enfants ébranlèrent le monde. Des comités de soutien se multiplièrent dans la majorité des pays libres, encouragés par les partis communistes et soutenus même par le pape. Einstein en personne exprima son incrédulité à propos de leur culpabilité !
Or, la NSA ( National Security Agency) possédait la preuve de leur forfaiture. Mais cette agence de renseignement US ne la divulgua pas au procès au nom de la « raison d’Etat ». En réalité, les époux correspondaient avec les Russes en utilisant un code chiffré alambiqué que la NSA avait décrypté. En faire état au procès aurait averti les Russes des failles de leur système de communications qu’ils se seraient empressés de modifier.
Tout ceci ne fut publié que 40 ans plus tard, après la chute du mur de Berlin, mais en 1953 lorsque les époux Rosenberg furent grillés sur la chaise électrique, ils pensaient que seul le témoignage de leur frère et beau-frère les accablait. Ils n’ont donc jamais plaidé coupables, espérant que le tribunal d’abord, le président (Eisenhower) ensuite leur éviteraient la peine capitale.
Non seulement les principaux intéressés ignoraient la preuve détenue contre eux mais les comités de soutien, leurs proches, y compris leurs propres enfants les croyaient innocents. Après leurs exécutions, l’Amérique fut vilipendée ; J-P Sartre écrivit « L’Amérique a la rage ! ».
Je ne dis pas que preuve sur la table, il n’eut pas fallu se mobiliser contre leurs exécutions mais c’est un autre débat. La question qui me taraude ici pose les limites de la raison d’Etat.
Peut-on envoyer quelqu’un sur la chaise électrique et laisser ses enfants grandir sans plus d’explications ?
« Salus patriae suprema lex »
Il ne fallut pas attendre le 16° siècle et Machiavel pour disserter sur ce thème. 350 ans avant Jésus-Christ, Platon écrivit ; « Le mensonge est utile aux hommes, comme une espèce de pharmakon dont l’emploi doit être réservé aux médecins et interdit aux profanes . C’est donc aux gouvernants de l’Etat qu’il appartient de tromper les citoyens et les ennemis dans l’intérêt de l’Etat et personne d’autre n’y doit toucher ».
Avec le temps l’analyse s’est affinée pour convenir de circonscrire l’exercice de la raison d’Etat dans une quatruple limite :
- la fin doit être d’utilité publique, non l’utilité du pouvoir, mais le salut public
- le pouvoir qui l’exerce doit être légitime
- les moyens employés dérogent à la légalité sans que celle-ci ne soit abolie
- les circonstances doivent comporter l’urgence et la nécessité.
Pour ma part, ayant éparpillé quelques illusions au long des mes jours et de mes heures, je m’accommoderais d’une certaine "raison d’Etat" lorsqu'en contrepartie serait conceptualisée et admise au bénéfice des citoyens une certaine « raison de l’Humain », basée - mutatis mutandis- sur les quatre mêmes principes, qui légitimerait l’action citoyenne personnelle ou collective.
Ce que l'Etat s'arroge à titre dérogatoire aurait ainsi son pendant au plan individuel.
On admettrait alors qu’à défaut de pouvoir se loger ou se nourrir, les citoyens – à titre d’utilité personnelle, pour eux-mêmes, sans abolir les lois et vu l’urgence- puissent squatter les logements abandonnés, mendier dans le métro sans être chassés ou voler leurs pitances (uniquement en grande surface) ; on tolérerait que des citoyens, aux mêmes motifs, passent les frontières et traversent les murs ; ceux des pays et ceux de l’intolérance.
00:18
Écrit par JLH
dans Général |
Lien permanent
| Commentaires (0)
| Envoyer cette note
| Tags : terre des hommes |
Facebook
|









