18.04.2011

Le printemps arabe

Ne nous y trompons pas et méfions nous du phénomène de "halo" qui nimbe d'une teinte monochrome des situations bien différentes.

Les mouvements qui secouent le monde arabe ont surpris tout le monde: les autorités, les opposants historiques souvent en exil qui courent maintenant pour les rattraper, les occidentaux et les populations elles-mêmes; s'ils procèdent tous d'un sincère sursaut de dignité qui transcende le ras-le-bol populaire en revendications citoyennes, il serait faux de les amalgamer dans un vaste et unique mouvement de protestation.

La Tunisie présente la démarche la plus structurée malgré quelques dérapages (prisons vidées, émigrés embarqués, règlements de compte) et les Tunisiens ne semblent pas prêts à accepter que qui que ce soit leur confisque leur révolution.

Les Egyptiens ont chassé Moubarak mais ils ont laissé le pouvoir au "Conseil Suprême des Forces Armées Egyptiennes" c.-à-d. à l'armée qui avait placé Moubarak comme chef de l'état et qui fait et défait les présidents égyptiens depuis 1952. Cette fois, les militaires promettent un référendum constitutionnel et des élections libres dans les 6 mois au grand dam de l'opposition totalement déstructurée après 25 ans d'état d'urgence et incapable, à bref délai, d'organiser et financer des campagnes électorales dans l'ensemble du pays. Si les électeurs égyptiens souhaitent manifester leur mécontentement, ils n'auront peut-être pas d'autre choix que de voter pour les "Frères musulmans", seul force politique organisée dans tout le pays.

Que dire de la Libye où règne une guerre civile dans laquelle l'OTAN joue un jeu dangereux face à un dictateur allumé. Devant ce qui ressemble plus à une dissidence armée d'une partie du pays qu'à une révolte citoyenne, les occidentaux avaient le choix entre deux mauvaises décisions; intervenir ou ne pas intervenir.

Plus loin encore au Yémen, en Syrie, dans le Golfe, les populations s'éveillent à de nouvelles formes d'expression qui ébranlent leurs dirigeants mais on y distingue des antagonismes de clans (sunnites vs chiites ou nord vs sud) qui rendent la lecture plus complexe.

Si donc tous ces mouvements ne recouvrent pas qu'une seule vérité, ils ont en commun de ne rien devoir à personne et pas un seul arabe ne croit aux accusations de leurs dirigeants qui, dans un réflexe pavlovien, rejettent la responsabilité des troubles sur " des complots venus de l'étranger".

Pas un seul drapeau américain ou israélien n'a été brûlé et pas un seul cri de haine contre ces deux pays n'a été scandé par les manifestants. Les arabes se sont révoltés chez eux, pour eux et sans nous.

Plus remarquable encore, l'idéologie religieuse est absente du débat. On a laissé Dieu et Allah où ils doivent être, au ciel. Bouazizi qui s'est immolé à Sidi Bouzid en Tunisie après que la police, qui le rançonnait, ait confisqué une fois de plus son étal et après avoir été giflé par une femme policière, n'a pas crié " Allah Akbar" en craquant l'allumette ni rêvé aux mille vierges qui attendent les martyrs au paradis lorsqu’il agonit pendant trois jours. Il est mort pour revendiquer une dignité bafouée et un droit au travail méprisé.

Pour saisir la révolution arabe dans son ampleur, il faut se rappeler l'emprise mentale totale du respect dû aux anciens, au raïs, au chef à qui on doit allégeance (Maroc) et le poids de la solidarité clanique (Libye).

Tout cela a été bouleversé par la mort de Bouazizi. On sait des bergers, des charpentiers et des adeptes du rouet qui ont changé le cours de choses; voici un vendeur de légumes qui mérite uns statue dans toutes les capitales arabes... dès demain, lorsque ce monde arabe qui s'ébroue sera sorti de la "Jahilyya", l'époque de l'ignorance. 

Dans cette vaste reconfiguration du Maghreb et du Proche-Orient, qui perd et qui gagne?

Y perdent, du moins dans un premier temps, les extrémistes musulmans, hier encore les seuls à s'opposer aux dictatures affairistes  des pays arabes  jugés impies et qui prônaient l'avènement de régimes théocratiques par la violence au nom du djihad. Ils rejettent toute forme de démocratie, les hommes n'ont pas à élire leurs dirigeants ni à voter leurs lois puisque Dieu est leur seul chef et le Coran leur seule loi. Les mouvements citoyens et démocratiques leur coupent l'herbe sous le pied... pour autant qu'ils réussissent.

La ligue arabe et l'Union Africaine également ont démontré une nouvelle fois leur incapacité à réagir aux évènements qui les concernent en priorité. Impuissants et tétanisés, ils n'ont pas répondu aux injonctions de l'ONU et des capitales occidentales les priant de s'occuper de ce qui les regardait.

Israël aussi n'a rien à gagner de ces mouvements démocratiques. La paix "honteuse" scellée avec l'Egypte pourrait être remise en question par un nouveau gouvernement égyptien qui ne tolérerait plus de participer activement au blocage de leurs frères à Gaza.

Les régimes de Ahmadinejad en Iran, d'El Assad en Syrie et les monarchies (autoproclamées) dans le Golfe ont vacillé et connaîtront encore bien des convulsions. Ces dirigeants ont du souci à se faire malgré les mesures économiques populistes prises dans l'urgence (augmentation des salaires des fonctionnaires, subventions pour réduire le prix des denrées alimentaires etc..) qui trahissent l'incompréhension des dirigeants quant à la nature des revendications populaires. Pour survivre, ces régimes pratiquent la charité alors qu'ils se sont appropriés des pans entiers des économies nationales.

Par contre, il ne serait pas étonnant que le grand gagnant  soit la Turquie qui devient une puissance régionale incontournable et qui pourrait, gouvernée par l'AKP un parti islamiste modéré, devenir un exemple de transition réussie pour les pays arabes.

Le vrai problème est de savoir si ces révolutions vont pouvoir s'affranchir de l'emprise du religieux pour évoluer vers une démocratie ouverte. Dans ces pays où l'analphabétisme reste un réel défi, où le poids des traditions arrange bien des intérêts, pourront-ils remettre en question leur mode de penser et de vivre, faire la place qu'il convient aux minorités, aux femmes et aux technocrates qui vont bouleverser le conservatisme des valeurs et des moeurs ?  Ce sera d'autant plus difficile que la religion est la seule structure développée, commune à tous et présente dans chaque foyer.

Quel rôle alors nous revient-il, nous leurs voisins du Nord, directement concernés par la réussite de  ces révolutions.

D'abord, il faut accepter la faillite des complaisances antérieures et l'inadaptation des souhaits occidentaux de voir les pays arabes évoluer à l'unisson sous le regard éclairé de l'Occident comme le rêvait encore Sarkozy lançant en 2008 l'UPM (l’Union pour la Méditerranée). Nous devrons sans doute admettre des évolutions asymétriques, tous les pays de cette région du monde évoluant à des rythmes différents qui vont créer des espaces d'incertitude et des lignes de fracture fragiles.

Mais surtout il faut épauler les nouvelles autorités démocratiques confrontées à des défis titanesques, sans pour autant s'immiscer dans les choix et les orientations retenues mais en confortant les gouvernements qui réinscrivent leurs pays dans un monde ouvert et tolérant.

Pour faire image, autant il est dangereux de lancer nos F16 sur Tripoli, autant il est justifié d'isoler financièrement, diplomatiquement Kadhafi et les siens, indispensable d'envoyer autant de bateaux et des avions que nécessaire pour évacuer les réfugiés qui fuient les zones de guerre et grand temps de décider d'un plan Marshall pour soutenir ces pays qui nous le rendront bien en instaurant un régime où chaque citoyen arabe aura sa place. Ni précéder, ni susciter, ni provoquer mais accompagner de façon discriminée, rapide et puissante tout effort de normalisation de ces sociétés. 

Notre seconde responsabilité sera de mettre une pression de fer sur Israël pour qu'il accepte de discuter avec ses voisins afin de sortir de cette confrontation qui pollue les relations internationales depuis des lustres. Or, la tentation sera grande pour ce pays de profiter des soucis domestiques de ses voisins pour renforcer ses positions au-delà de l'acceptable.

Enfin, à titre individuel, on peut aussi aller en vacances chez nos voisins arabes et humer le parfum printanier du jasmin.

 

 

 

07.12.2010

Le mauvais oeil

Ce n’est pas la première fois mais je m’en passerais bien.

Lorsque j’atterris à Antananarivo le 16 novembre dernier, mes collègues malgaches m’apprirent mi-gênés, mi- amusés qu’une tentative de putsch venait d’éclater l’après-midi même dans une caserne à un petit kilomètre de l’aéroport.

 «  Bienvenue à Madagascar » annonçait la banderole barrant le hall d’arrivée. Comme j’étais déjà présent lors des grabuges du mois de mai, je soupçonne certains de mes collègues de croire que j’ai le "mauvais œil "; si tel est le cas et selon les coutumes, on risque de me déifier ou de me brûler !

En réalité, la mutinerie fit beaucoup plus de bruit dans les médias européens que sur le terrain. Les officiers mutins n’ont pas été suivis par les casernes comme ils l’espéraient et finalement une reddition négociée mit un terme à cet épisode après trois jours de palabres et quelques rafales d’armes automatiques pour faire bonne figure. Jamais nous ne fûmes inquiétés ou entravés dans nos occupations ou déplacements.

Mais une fois de plus, cette convulsion illustre l’instabilité politique chronique de certains états africains.

Il y a deux semaines, les élections en Egypte gagnées par le parti du président avec 92% des voix, le week-end dernier l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire attendue depuis ...2005 qui débouche sur deux présidents auto proclamés et des jours bien sombres en perspective, deux ans de désordres en Guinée avant des élections sans cesse reportées (où une amélioration pourrait poindre) semblent confirmer que le pouvoir ne se partage pas, ne se cède pas mais s’arrache et se garde. En ces matières comme dans d’autres, les occidentaux jouent un rôle qui n’est pas de leur ressort ; nous voulons inculquer et copier-coller nos systèmes et organisations politiques partout dans le monde comme étant les seules références qui vaillent.

A ce sujet, je ne peux que reprendre mot à mot ce que je disais il y a déjà trois ans.

Libres de choisir, les sociétés africaines opteraient probablement pour d'autres modes de représentation politiques plus décentralisées, plus négociées. Sans doute jusqu'au marchandage. Mais qui sommes-nous pour leur vanter le mérite des seules élections à l'occidentale. Rappelons-nous que longtemps le président français fut désigné par les parlementaires et qu'il fallut attendre De Gaulle pour instaurer l'élection directe au suffrage universel du président de la république en ... 1965.

Ce choix gaullien n'est plus remis en cause dans nos pays où l'information circule presque librement par la voie multiple des médias, où chacun, en gros, est scolarisé et peut s'exprimer, où règne un état de droit, censé mettre en oeuvre des politiques et des moyens au service des citoyens.

Mais en Afrique, l'état est bien incapable d'assurer ce rôle de "gouvernement des structures et des hommes", faute d'expertise, de moyens et de vraie volonté. Dès lors si vous êtes financièrement, matériellement, médicalement, socialement en difficulté, vous ne vous tournez pas vers l'état, mais vers votre famille, votre clan, votre tribu, votre ethnie. Car il n'y a ni caisse de pension, ni caisse de maladie, ni syndicat, ni mutuelle, ni CPAS dignes de ces noms. Il y a vos "frères" qui ont le devoir de vous accueillir si un soir vous débarquez, venant de votre village lointain, avec pour seul viatique leur adresse griffonnée sur un bout de papier. Refuser d'accorder votre aide revient à vous exclure du clan qui est le seul gage de votre survie.

 De sorte que si le "meilleur de vos frères"  perd les élections, c'est toute sa communauté qui est mise en danger car le vainqueur des élections aura déjà tant à faire à " servir" sa famille qu'il n'aura, le voudrait-il, pas les moyens de prendre en compte les légitimes prétentions des autres.

 Tant que les états resteront aussi faibles, incapables de jouer leur rôle, les vaincus sortiront des tranchées pour contester le verdict des urnes. C'est une question de survie. Il faut donc arrêter d'imposer des élections générales et libres dans des pays incapables d'accueillir les vaincus. Il faut d'abord consolider ces états, les renforcer et en attendant, ils doivent réinventer d'autres formes de représentation. Eux. Pas nous.

Et si malgré tout on nous sollicite, pour organiser et subventionner des élections, pourquoi ne pas commencer par le commencement ; une élection au niveau des villages et des quartiers ( souvent regroupés par origine) ; puis les élus réunis au niveau provincial ou régional, élisent leurs représentants au niveau national qui à leur tour élisent le président et nomment le gouvernement. Cette filière a le mérite que chaque niveau vote pour des élus qui leur sont proches, qu’ils connaissent et cotoyent, qui parlent leur langue et connaissent leur état. Bien sûr il y aura des marchandages et des intrigues mais au moins les gens se reconnaîtront dans leurs élus qui auront des compte en leur rendre. Cette représentation politique pyramidale aura aussi le mérite de coûter infiniment moins cher que les campagnes électorales nationales, elles seront moins sujettes aux fraudes lors du dépouillement et moins contestables par les non-élus.

Lorsque j'atterris à Bruxelles une semaine plus tard, j'appris que la palabre belgo-belge entamée au lendemain des élections de juin se poursuivait, que le nouveau gouvernement se faisait toujours attendre mais que les casernes restaient calmes!

11:29 Écrit par JLH Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : africa |  Facebook |

24.05.2010

Le ratio mort / kilomètre

Jeudi dernier à Antananarivo, je lisais à haute voix le projet de procès-verbal de la réunion qui s'achevait lorsqu'un premier téléphone sonna. Son propriétaire, gêné par cette interruption, répondit brièvement à deux reprises:" Ah bon" puis raccrocha. Je voulus reprendre ma lecture quand il déclara placidement: " On tire en ville".

Son voisin lui demanda:" Où ?" Il répondit: " Autour du Fort Duchesne ". Un autre demanda " Qui tire ? "  

" Il semblerait que ce soit entre l'armée et les FIGN" ( forces d'intervention de la gendarmerie). Nos collègues malgaches firent le grimace.

Je repris la lecture à une vitesse accélérée lorsqu'un bruit sourd et mat, comme un coup de canon, tonna.

C'était un coup de canon. Aussitôt un deuxième puis un troisième téléphone sonnèrent dont celui du responsable d'une agence financière française en rapport direct avec l'ambassade de France. Comme dans d'autres pays confrontés à des troubles potentiels, les ambassades ont organisé à Madagascar une pyramide d'appels téléphoniques entre leurs ressortissants qui permet de faire circuler en un minimum de temps des consignes de sécurité, les appels à rallier des points de rassemblement identifiés à l'avance et les ordres d'évacuation. Pour l'heure, on évacuait l'école française et on invitait les habitants de la capitale à ne plus circuler en ville.

Je ne repris pas la lecture du procès-verbal qu'on s'empressa de signer puis chacun, expatrié ou malgache,  s'égailla pour reprendre les enfants dans les écoles et regagner ses foyers.

Il était près de midi. Lorsque tout fut terminé vers 18h, on ne déplora finalement que trois tués et une trentaine de blessés.

Ce qui agita la capitale malgache pendant 6 heures ne fut même pas évoqué dans les médias européens. Les agences Reuters et AFP délivrèrent de courts communiqués que seule RFI Afrique reprit dans ses bulletins d'information. 

Pendant ces heures étales où bizarrement une cité entière tombe en léthargie alors que de frénétiques combats opposent une centaine de soldats dans un périmètre de quelques rues, dont les échos nous parviennent d'autant mieux que les autres bruits de la ville ont disparu, j'ai eu le temps de réfléchir au ratio auquel semblent obéir les médias entre le nombre de morts et la distance kilométrique.

Le nombre de minutes télévisées ou de lignes dans la presse écrite est directement proportionnel à un certain rapport entre le nombre de morts/ nombre de kilomètres.

Ainsi, manifestement 3 morts malgaches à 11.000 kms octroie 0 minute et 0 ligne.

Quel est le seuil de déclenchement; combien faut-il de morts/ kllomètre pour retenir l'attention des médias ?

Par exemple, à 11.000 kms faut-il 20 ou 100 morts?

Mais les termes de cette équation ne suffisent pas. Il faudrait ajouter un variable pour la notoriété du mort; un autre pour le degré d'appartenance; un troisième pour le degré de violence de la mort et un dernier sur la présence de caméras; chaque paramètre pondéré par un coefficient d'importance.

On aurait ainsi:

Nbr de minutes télé = nbr de morts * ( notoriété*x/10) + ( appartenance *x/10) + ( ° de violence*x/10) + (qualité photos *x/10) // nombre de kilomètres.

Si Bill Gates meurt dans son lit demain, le monde entier en parlera car sa notoriété supplantera toute autre considération; mais il faudrait que je sois coupé en rondelle pour que j'obtienne trois lignes dans les faits divers. De même, la présence de quelques belges dans un crash aérien au bout du monde augmentera le nombre de minutes ou de lignes consacrés par les médias belges à la catastrophe puisque le phénomène d'appartenance des victimes à la communauté des lecteurs-auditeurs jouera son rôle d'identification.

Il faudrait un mathématicien pour écrire correctement l'algorithme qui vous fera savoir comment mourir célèbre. 

Car même dans la mort, on n'est pas égaux.


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22:36 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : presse, africa |  Facebook |

25.04.2010

"L'aide fatale" des ONG?


Et si, à la Baule en 1991, Mitterand n'avait pas prévenu les chefs d'état africains que la France conditionnerait dorénavant son aide à l'instauration de la démocratie dans leur pays, mais si, plus radicalement, il avait annoncé que la France cesserait toute assistance financière à partir de 1996?

Et si l'ensemble de la communauté internationale lui avait emboîté le pas en fermant les robinets de l'aide à l'Afrique moyennant préavis de 5 ans? 

La situation dans ces pays serait-elle aujourd'hui meilleure ou pire?

On serait tenté de dire que l'Afrique, déjà mal en point, serait à l'agonie. Ce n'est pourtant pas l'avis de plusieurs experts dont Dambisa Moyo, une jeune économiste zambienne, bardée de diplômes, dans un livre qui fait débat:" L'aide fatale".

Son analyse part d'un constat: depuis les indépendances, soit une cinquantaine d'années, l'Occident a déversé plus de 1.000.000.000.000 de dollars en Afrique à titre d'aides diverses au développement.

Résultat? A part quelques exceptions, un grand fiasco.

Pour Moyo, la cause de cet échec réside précisement dans l'aide au développement en ce qu'elle alimente les circuits de courtisanerie, dissocie l'argent reçu d'un travail presté, nourrit la corruption, cultive l'état de dépendance. Un des rares chefs d'état convaincu de la pertinence de cette réflexion est P. Kagamé au Rwanda. Les autres n'osent même pas imaginer que le budget de leur état soit réduit de 30, 40 ou 50%. 

Les Cahiers Africains, n° 76 intitulé:" Réforme au Congo", font le même constat:"On a identifié les problèmes, nous en connaissons les causes et les solutions.. mais les choses vont de mal en pis".

Toute la méprise relève d'une perception différente des stratégies et des objectifs des uns et des autres: là où les contributeurs étrangers identifient un problème à résoudre, en matière de sécurité, d'éducation, de gouverance,de santé ou d'infrastructures, les autorités locales distinguent une source d'aides, de revenus et de profits qu'il convient de ne pas tarir.  

Ainsi, maintenir un conflit de basse intensité à l'est du Congo arrange tant de personnes qu'il serait naïf de croire au règlement rapide du problème.

Il n'y a pas que les marchands d'armes qui ont pour devise;" No war, no job, no money".

Et les ONG?  Elles jouent un rôle central dans les secteurs d'activité délaissés par l'autorité publique et singulièrement dans l'éducation et la santé. 

Au Cambodge, la plus forte concentration d'ONG par tête d'habitants, on ne demande pas :" " Dans quelle entreprise travailles-tu," mais " Pour quelle ONG travailles-tu?"

Elles aussi sont sujettes à des remises en question existentielles puisque leur but ultime consiste à se rendre inutiles, ayant soit résolu le problème à l'origine de leur action, soit transféré  leurs compétences à des structures locales.

Si vous souhaitez en savoir plus sur cette problématique, je vous invite à consulter le flyer repris ci-dessous et à assister à l'expo photos et à la présentation d'un film qui sera faite le samedi 5 juin à 18 heures au centre culturel Jacques Franck , ch de Waterloo 94 à 1060 St Gilles,

ou visitez le site  http://lemondesolidaire.canalblog.com

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13.04.2010

Le frère du Mwana Kitoko

La présence du roi Albert II aux manifestations du 50° anniversaire de l'indépendance du Congo en juin prochain, occupe toutes les conversations à Kinshasa. Alors que certains partis politiques belges regrettent ce voyage, qui s'apparenterait à un soutien au régime de Kabila, la communauté belge sur place s'en réjouit.

Mais qu'en pensent les congolais?

La plupart souhaite sa présence mais pour des motifs divers et variés: " Il doit venir pour constater notre souffrance... pour nous apporter l'argent... pour dire à Kabila comment il doit faire... pour comprendre que ce n'est pas 50 ans d' indépendance mais 50 ans de dépendance..".

Je crains que nos amis congolais ne soient déçus! Albert II est un vieux monsieur de 76 ans qui, au terme d'un long voyage, sera ménagé, véhiculé, climatisé, dorloté, préservé des mauvaises rencontres et des mauvais esprits. Il rencontrera quelques dignitaires du régime en place, quelques diplomates, quelques religieux et puis repartira comme il est venu, bonhomme, chaleureux, compatissant.

Pour célébrer cet anniversaire, l'ambassade de Belgique avait imaginé de faire venir l'équipe nationale belge de football pour une rencontre historique contre les "Léopards"; on avait déjà fixé, dans les chancelleries, le score "diplomatiquement correct" de 2 à 2. Devant les réticences des joueurs, des clubs et de la fédération belge, on s'orienterait maintenant vers un match entre vétérans; les Pfaff, Vercauteren, Vanderelst, Wilmots, et autre Scifo contre les Bongo-Bongo, Lukaku (père) etc. Ici, on ne fixerait pas le score à l'avance car les grigris auront d'office raison de nos vétérans en 2° mi-temps lorsqu'au bord de la déshydratation, ils devront encore courir 45' sous 30° à l'ombre.

Match ou pas, je m'attends à un grand charivari car tout le monde se presse pour être sur la photo. De nombreux ministres belges ont déjà réservé des chambres d'hôtel et prévenu notre ambassadeur de leurs arrivées alors qu'ils ne sont même pas invités! Le seul ministre belge officiellement invité à ce jour est Pieter De Crem, notre Ministre de la Défense. Les autres jouent des coudes et des influences pour se faufiler dans la suite royale.

Déjà en 1985, lors de la dernière visite du roi Baudouin à Kinshasa, à l'occasion du 25° anniversaire de l'indépendance, le protocole fut submergé de demandes d'invitations. Un homme d'affaires belge, bien connu dans le cénacle kinois, fit des pieds et des mains pour obtenir une invitation au dîner de gala offert par Mobutu à Baudouin et Fabiola qui, à l'époque, s'entendaient très bien ( Mobutu et Baudouin, pas Baudouin et Fabiola, suivez un peu!).

Lorsque, de guerre lasse, le protocole lui délivra son sésame, ce brasseur d'affaires expédia une copie de son "plan de table" à sa maman, ultime preuve de sa réussite sociale!

Chacun place son ego où il peut!

De ce point de vue, les congolais veillent également à défendre le prestige de leur pays: le défilé militaire sur le boulevard du 30 Juin ( le principal boulevard de Kinshasa qui, en l'occurence,  porte bien son nom), pour l'instant atrocement mutilé par un chantier d'élargissement à 8 voies orchestré par les chinois, alignera des milliers d'hommes de troupe et 49 chars à chenilles tout neufs, achetés récemment à l'Ukraine, pour 100 millions de dollars!

100 millions de dollars pour des chars qui n'auront aucune utilité militaire dans un pays grand comme 5 fois la France, sans voies de communications, sans maintenance fiable et sans autres adversaires que des milices armées sévissant en brousse ou s'y retranchant au moindre souci. Mais 100 millions de dollars à la gloire du pouvoir qui voudrait, le 30 juin, décréter la fin de la mission de la Monuc. 

Si Albert II applaudit au passage de ces chars qui arracheront le bitume surchauffé du "boulevard de la dépendance", je deviens républicain!


22:43 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : africa |  Facebook |

02.02.2010

Can 2010

Je ne sais pas si vous avez suivi la dernière CAN qui vient de se terminer en Angola par la victoire de l’équipe égyptienne des « Pharaons ». La CAN, Coupe Africaine des Nations, est suivie avec un enthousiasme débridé par les populations des pays en lice et avec encore plus de ferveur que la Coupe du Monde qui aura lieu en juin prochain, mais où les pays africains sont évidemment moins représentés.

Pour les non initiés, je parle aujourd’hui de football, mais de ce foot politico-business, qui sous toutes les latitudes, remplit ses tribunes de politiques, affairistes et démagos en quête de reconnaissance populaire.

La victoire de l’Egypte, dimanche passé en Angola, a le mérite de remettre un peu de calme sur la planète foot en Afrique car on a frôlé plus d’une catastrophe pendant cette quinzaine de jours de compétition.

D’abord, lors de la demi-finale qui opposa l’Algérie à l’Egypte.

Ces deux pays étaient au bord de la rupture des relations diplomatiques depuis l’élimination en novembre dernier de l’Egypte par l’Algérie lors des sélections pour l’autre compétition de foot , encore plus prestigieuse, la Coupe du monde.

Cette élimination intervint au terme de trois matchs entre ces deux pays dans un climat délétère ; au Caire, le bus des joueurs algériens fut caillassé et les supporters algériens battus. A Khartoum, lors du match de barrage, les supporters égyptiens conduits par Alaa Moubarak, furent molestés par «  des extrémistes islamiques repentis dépêchés à Khartoum par Bouteflika » selon le témoignage du fils aîné du président égyptien qui, lui-même, renchérit devant le Parlement égyptien : " Nul ne touchera impunément à la dignité des Egyptiens ". Son fils Gamal, successeur présumé, enfonça le clou ; " Ceux qui nous ont agressé devront subir la colère de l’état égyptien".

Les médias égyptiens se lâchèrent et entretinrent un climat de haine sans précédent à l’égard des algériens qui, nombreux au Caire, n’osaient plus sortir. Le drapeau algérien fut brûlé par des avocats du barreau cairote.

Puis la rue arabe s’enflamma, souvent en faveur des algériens. On vit des marocains défiler dans les rues de Casablanca avec des drapeaux algériens ; insolite quand on sait la tension entre les deux pays à propos du Sahara Occidental. A Gaza, mais aussi à Harlem ou à Marseille, les jeunes descendirent bruyamment dans les rues en fustigeant l'Egypte.

Les autorités algériennes, qui ont autant besoin de cette victoire que leurs collègues égyptiens pour distraire leur jeunesse de ses préoccupations quotidiennes, tentèrent de calmer le jeu. Les ministres assurèrent que le retrait annoncé de 5 milliards de USD d’investissements égyptiens en Algérie n’aura pas de conséquence sur l’économie nationale et qu’il sera facile de remplacer les 10.000 travailleurs égyptiens renvoyés au bord du Nil. On vit même le très honni ministre israélien des Affaires Etrangères M. Lieberman rappeler les deux pays à la raison.

C’est dire si la demi-finale de la CAN en Angola entre les deux frères ennemis pouvait être explosive. Ce jour-là les dieux du stade avaient choisi leur camp : en expulsant trois joueurs algériens, l’arbitre a facilité la revanche des « Pharaons » qui se sont donc qualifiés pour la finale.

Ainsi chacun est content et les honneurs sont saufs; la Can à l’Egypte et la qualification pour la Coupe du Monde à l’Algérie.

Mais on n'a pas seulement frôlé la catastrophe; il y eut aussi morts d’hommes dès avant le démarrage de la CAN. Les joueurs togolais furent accueillis à coup de fusils par des indépendantistes lorsqu’ils arrivèrent en bus à Cabinda, cette enclave angolaise bourrée de pétrole, où ils devaient jouer leur premier match. Mitraillés pendant 10 minutes, déplorant deux tués et des blessés, les Togolais firent leurs bagages et se retirèrent de la CAN.

La CAF (Fédération Africaine du Football, toute puissante instance organisatrice et disciplinaire) estima que cette décision de retrait, encouragée par les autorités togolaises, constituait une « ingérence politique » dans le déroulement de la compétition sportive et sanctionna l'équipe des "Eperviers" en la rayant des deux prochaines éditions de la CAN. Le Togo crie au scandale, se dit insulté et veut saisir la justice de cette ignominie. Mais quel est le tribunal compétent pour un différent d’ordre sportif entre un pays et une fédération, fondé sur un acte de rébellion commis dans une enclave sécessionniste?

Le temps de trouver le tribunal compétent, la Coupe du Monde sera fini. Elle se déroulera en Afrique du Sud en juin prochain. « Inch Allah » disent les Algériens.

Jamel Debouzze, l'humoriste franco-marocain, a déclaré sa volonté de changer de nationalité après toutes ces péripéties footballistiques et a choisi la nationalité algéro-irlandaise. Seuls les initiés comprendront.

 

 

 

19:03 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : africa |  Facebook |

25.01.2010

Kin la belle

De retour de Kinshasa, je ne sais plus que dire.

Alors, je vous montre.

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22:45 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : africa |  Facebook |

15.12.2009

A la dérive

Madagascar est une île…. à la dérive.

Il y a un an, Ravolamanana ,le président élu en 2006, dut quitter le pays, destitué par des mouvements populaires attisés par TGV, le maire de la capitale Antananarivo ( cfr post des 2 et 9 février - 2 mars 2009). Depuis lors, la confusion  fait figure de régime  politique. Le soulèvement populaire n’a pas fait l’unanimité parmi la population et fut fermement condamné par la communauté internationale, particulièrement par les chefs d’états de la région. Sous l’égide du Mozambique et sous la pression financière de l’Union Européenne et des USA, le président déchu réfugié au Botswana et le président autoproclamé ont été priés de trouver un terrain d’entente. Pour tout simplifier, on a rappelé deux anciens présidents, octogénaires, résidents en France, MM. Ratsiraka et Zafy « afin que toutes les sensibilités politiques du pays soient impliquées dans un accord « inclusif ».

Les réunions se succédèrent à Maputo, Addis Abebas sans compter les réunions secrètes à Paris et à Genève.

En fait « d’accord » , les malgaches ont vu s’échafauder petit à petit un système, hybride et temporaire, à quatre têtes avec un Président- deux Vice-Présidents et un Premier Ministre, chacun issu d’une famille politique différente.

Autant dire que ce montage n’avait aucune chance de fonctionner ; personne ne peut décider sans l’accord des trois autres mais chacun peut tout bloquer.

Et puis, comme me l’explique une malgache, fille d’un ancien Premier Ministre, pourquoi quatre mouvances, pourquoi pas cinq ou six ou 19 millions puisqu’il y a 19 millions de malgaches ; quel est encore la légitimité des deux anciens présidents qui ont été battus lors d’élections précédentes. En réalité, me confie-t-elle, il n’y a que 4 personnalités qui se chamaillent pour s’attribuer au mieux, se partager sinon, le pouvoir pour eux ou pour les leurs. Il y a quand même 560 postes politiques à pourvoir dans le pays !

                       Je reste impressionné par la capacité d’indifférence des hommes politiques au sort des populations. A Madagascar ou ailleurs.

La seule chose qui vaille depuis un an sur l’île sont les palabres politiques ayant pour unique objet la répartition des postes !

Pendant ce temps, 70% des malgaches vivent avec 2 USD par jour; les recettes financières s’écroulent; le tourisme a reculé de 50%; 150.000 emplois ont disparus au cours des 12 derniers mois ; des projets d’investissements sont annulés ou suspendus ; l’aide internationale qui représente 50% des recettes de l’état est gelée – l’Union Européenne a bloqué 630 millions d’euros et les Etats-Unis vont exclure Madagascar des accords tarifaires préférentiels (AGOA) qui permettent à certains pays d’exporter vers les USA sans droits d’entrée.

Tout cela glisse sur l’indifférence des politiques comme une goutte d’eau sur la feuille du palétuvier. 

A 130 kms de la capitale, une usine est terminée, opérationnelle, les 115 ouvriers engagés sous contrat, les matières premières en stock prêtes à l’emploi, les camions dans la cour pour commencer la distribution .... mais le dernier paraphe de la dernière autorisation légale à obtenir  n’est toujours pas apposé …. depuis 6 mois.  Cette société a déjà payé EUR 2,9 millions de taxes sur les importations d’équipements industriels, ; en activité, elle devrait payer chaque mois des droits de TVA sur les ventes, des accises sur l’énergie, des précomptes sur les rémunérations etc.... rien n’y fait. Aucune explication logique à cette situation ubuesque ; " demain... revenez demain... ou après.... enfin un autre jour ».

 

Mais alors comment  se finance l’état pour supporter ses frais de fonctionnement si l’économie est à genoux et les aides internationales coupées ?

Voici l’heure des exportations pirates de "bois de rose" par dizaines de containers vers la Chine au détriment de la "Grande Terre" déjà si cruellement déboisée; voici le temps des prêts d’argent par des usuriers internationaux qui misent sur l’un ou l’autre des candidats au pouvoir suprême, lui faisant crédit en gageant les exportations de crevettes ou de vanille des 2 ou 3 années à venir ; voici la survenance de pays frondeurs ( Libye par ex) qui prêtent ou donnent  en monnayant un vote ou un appui en leur faveur dans une instance internationale ; voici le règne des "n’importe quoi" au pays des "n’importe comment".

 

On dit que Madagascar s’est détachée du continent africain il y a 240 millions d’années. Je ne la savais pas toujours à la dérive.

 


 

22:51 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : africa |  Facebook |

06.12.2009

Breaking News: Les balles sifflent

On a tiré sur le président autoproclamé de Guinée, le Capitaine Dadis Camara (voir post du 15/10/2009). Il a été touché, évacué et soigné au Maroc.

On a aussi tiré sur la voiture du président autoproclamé de Madagascar, dit TGV( voir post du 9/02/2009). Il est indemne, refuse de se rendre encore à Maputo et raidit ses positions. J'y reviens semaine prochaine.

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Il n’était pas bon d’être "autoproclamé"  cette semaine !

21:45 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : africa |  Facebook |

04.11.2009

Le crocodile et le scorpion

Les kinois ont érigé la gouaille, la répartie et la dérision en art existentiel c.-à-d. essentiel à leur survie. Nous partageons avec eux une forme de surréalisme belgo/congolais, telle cette fable du " Crocodile et du scorpion". 

*   *   *   *

Un jour, à Kinshasa, un scorpion demande à son voisin crocodile de l'aider à traverser le fleuve Congo pour se rendre à Brazzaville.

" Je dois visiter ma mère de l'autre coté du fleuve mais je ne sais pas nager. Laissez-moi monter sur votre dos, Monsieur Crocodile ."

Le crocodile se méfie:" Je vous connais vous les scorpions. Quand nous serons au milieu du fleuve, tu me piqueras et nous nous noierons tous les deux".

"Pourquoi ferais-je cela? lui répond le scorpion. Si je vous pique, je meurs noyé."

Devant tant de logique, le crocodile se laisse convaincre et il se mit à l'eau, le scorpion cramponné à son dos.

Soudain, arrivés au milieu du fleuve, le scorpion le pique à la nuque et le crocodile sent la paralysie l'envahir.

"Mais pourquoi as-tu fait cela? lui demande le crocodile avant de perdre connaissance.

Et le scorpion lui répond en glissant sous les eaux:" C'est comme cela. Faut pas chercher, on est encore au Congo, non ? "

*   *   *   *

Cette fable, assez connue à Kinshasa, se trouve en exergue d'un livre récent " Réforme au Congo: attentes et désillusions" dont nous aurons l'occasion de reparler.

Rédigé par un collectif d'intervenants directs dans le domaine du développement, il fait un simple constat;" Les problèmes sont identifiés, les causes et les solutions aussi .... mais les choses vont de mal en pis".

Alors? "Est-ce comme cela et il faut pas chercher. Ou au contraire, il faut chercher, même si on est encore au Congo ? ".  Il le faut car la preuve que quelque chose d'autre est possible, qu'une autre Afrique se profile saute aux yeux .. à Kigali.

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