18.12.2007
China wants you
Quelques jours en Algérie pour affaires.
Notre partenaire algérien possède un terrain de 5000 m2 à l'ouest d'Alger et rêvait d'y construire un hôtel 5* de 160 chambres. Dans un pays miné par le chômage, celui des jeunes en particulier, il vient de passer commande pour la construction et la livraison clés sur portes de son hôtel à une firme... chinoise.
A mon étonnement, il répond prix et compétence."Le chinois travaille mieux, plus longtemps et moins cher que les algériens" soutient-il.
Peut-être a-t-il raison. Les ouvriers chinois vivront dans des containers transformés en base de vie; ils travailleront 7 jours semaine, 10 heures par jour; mangeront des plats chinois préparés par des cuisiniers chinois et ne sortiront du chantier qu'une fois par semaine, encadrés par des chefs d'équipe aux allures de sous-officiers. Bref, ils vivront comme les 750.000 autres chinois d'Afrique.
Leur présence s'explique par les énormes besoins en matières premières réclamées par l'économie chinoise en croissance galopante. Ils troquent ces matières contre des travaux d'infrastructure; chemins de fer au Nigéria et en Angola, barrage au Soudan, aéroports, stades , routes etc . Par opportunisme ou par facilité, ils ne travaillent qu'avec des ouvriers ou sous-traitants chinois et créent peu de valeur ajoutée locale.
D'où un mélange de contentement et de suspicion que leur présence suscite. Car les capitaux affluent; en RDC une enveloppe globale de 20 milliards de dollars a été citée; en Afrique du Sud, le chinois ICBC, première capitalisation boursière au monde avec 337 milliards de dollars, a pris une participation de 5,6 milliards dans la plus importante banque africaine, la Standard Bank, réalisant ainsi le plus gros investissement dans ce pays depuis la fin de l'apartheid.
Si l'Europe fronce les sourcils devant cette offensive chinoise, qui n'est pas neuve ( lire à ce sujet post du 24-09-2005), c'est essentiellement parce que ces investissements ne sont pas " conditionnés": ni bonne gouvernance, ni droits de l'homme ne sont mentionnés dans les rapports Afrique/Chine.
Plus perturbant encore; au moment où l'Europe tente d'effacer la dette des pays les plus pauvres, la Chine lui accorde des nouveaux crédits qui perpétuent le cycle sans fin de l'endettement.
Mais la Chine ne semble pas le seul objectif d'une Chine en effervescence: des fonds chinois ne viennent-ils pas de remplumer la City Bank of America et que dire de l'acquisition de 4,18% du capital de notre Fortis Bank nationale par l' assureur chinois Ping An.
Au moins cette prise de participation fera-t-elle découvrir notre pays au 1,3 milliard de chinois qui, il y a 10 ans, me confiait ne connaître de la Belgique que Tintin, Jean-Michel Saive et .. Dutroux!
19:50 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : afrique, chine |
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