18.04.2011

Le printemps arabe

Ne nous y trompons pas et méfions nous du phénomène de "halo" qui nimbe d'une teinte monochrome des situations bien différentes.

Les mouvements qui secouent le monde arabe ont surpris tout le monde: les autorités, les opposants historiques souvent en exil qui courent maintenant pour les rattraper, les occidentaux et les populations elles-mêmes; s'ils procèdent tous d'un sincère sursaut de dignité qui transcende le ras-le-bol populaire en revendications citoyennes, il serait faux de les amalgamer dans un vaste et unique mouvement de protestation.

La Tunisie présente la démarche la plus structurée malgré quelques dérapages (prisons vidées, émigrés embarqués, règlements de compte) et les Tunisiens ne semblent pas prêts à accepter que qui que ce soit leur confisque leur révolution.

Les Egyptiens ont chassé Moubarak mais ils ont laissé le pouvoir au "Conseil Suprême des Forces Armées Egyptiennes" c.-à-d. à l'armée qui avait placé Moubarak comme chef de l'état et qui fait et défait les présidents égyptiens depuis 1952. Cette fois, les militaires promettent un référendum constitutionnel et des élections libres dans les 6 mois au grand dam de l'opposition totalement déstructurée après 25 ans d'état d'urgence et incapable, à bref délai, d'organiser et financer des campagnes électorales dans l'ensemble du pays. Si les électeurs égyptiens souhaitent manifester leur mécontentement, ils n'auront peut-être pas d'autre choix que de voter pour les "Frères musulmans", seul force politique organisée dans tout le pays.

Que dire de la Libye où règne une guerre civile dans laquelle l'OTAN joue un jeu dangereux face à un dictateur allumé. Devant ce qui ressemble plus à une dissidence armée d'une partie du pays qu'à une révolte citoyenne, les occidentaux avaient le choix entre deux mauvaises décisions; intervenir ou ne pas intervenir.

Plus loin encore au Yémen, en Syrie, dans le Golfe, les populations s'éveillent à de nouvelles formes d'expression qui ébranlent leurs dirigeants mais on y distingue des antagonismes de clans (sunnites vs chiites ou nord vs sud) qui rendent la lecture plus complexe.

Si donc tous ces mouvements ne recouvrent pas qu'une seule vérité, ils ont en commun de ne rien devoir à personne et pas un seul arabe ne croit aux accusations de leurs dirigeants qui, dans un réflexe pavlovien, rejettent la responsabilité des troubles sur " des complots venus de l'étranger".

Pas un seul drapeau américain ou israélien n'a été brûlé et pas un seul cri de haine contre ces deux pays n'a été scandé par les manifestants. Les arabes se sont révoltés chez eux, pour eux et sans nous.

Plus remarquable encore, l'idéologie religieuse est absente du débat. On a laissé Dieu et Allah où ils doivent être, au ciel. Bouazizi qui s'est immolé à Sidi Bouzid en Tunisie après que la police, qui le rançonnait, ait confisqué une fois de plus son étal et après avoir été giflé par une femme policière, n'a pas crié " Allah Akbar" en craquant l'allumette ni rêvé aux mille vierges qui attendent les martyrs au paradis lorsqu’il agonit pendant trois jours. Il est mort pour revendiquer une dignité bafouée et un droit au travail méprisé.

Pour saisir la révolution arabe dans son ampleur, il faut se rappeler l'emprise mentale totale du respect dû aux anciens, au raïs, au chef à qui on doit allégeance (Maroc) et le poids de la solidarité clanique (Libye).

Tout cela a été bouleversé par la mort de Bouazizi. On sait des bergers, des charpentiers et des adeptes du rouet qui ont changé le cours de choses; voici un vendeur de légumes qui mérite uns statue dans toutes les capitales arabes... dès demain, lorsque ce monde arabe qui s'ébroue sera sorti de la "Jahilyya", l'époque de l'ignorance. 

Dans cette vaste reconfiguration du Maghreb et du Proche-Orient, qui perd et qui gagne?

Y perdent, du moins dans un premier temps, les extrémistes musulmans, hier encore les seuls à s'opposer aux dictatures affairistes  des pays arabes  jugés impies et qui prônaient l'avènement de régimes théocratiques par la violence au nom du djihad. Ils rejettent toute forme de démocratie, les hommes n'ont pas à élire leurs dirigeants ni à voter leurs lois puisque Dieu est leur seul chef et le Coran leur seule loi. Les mouvements citoyens et démocratiques leur coupent l'herbe sous le pied... pour autant qu'ils réussissent.

La ligue arabe et l'Union Africaine également ont démontré une nouvelle fois leur incapacité à réagir aux évènements qui les concernent en priorité. Impuissants et tétanisés, ils n'ont pas répondu aux injonctions de l'ONU et des capitales occidentales les priant de s'occuper de ce qui les regardait.

Israël aussi n'a rien à gagner de ces mouvements démocratiques. La paix "honteuse" scellée avec l'Egypte pourrait être remise en question par un nouveau gouvernement égyptien qui ne tolérerait plus de participer activement au blocage de leurs frères à Gaza.

Les régimes de Ahmadinejad en Iran, d'El Assad en Syrie et les monarchies (autoproclamées) dans le Golfe ont vacillé et connaîtront encore bien des convulsions. Ces dirigeants ont du souci à se faire malgré les mesures économiques populistes prises dans l'urgence (augmentation des salaires des fonctionnaires, subventions pour réduire le prix des denrées alimentaires etc..) qui trahissent l'incompréhension des dirigeants quant à la nature des revendications populaires. Pour survivre, ces régimes pratiquent la charité alors qu'ils se sont appropriés des pans entiers des économies nationales.

Par contre, il ne serait pas étonnant que le grand gagnant  soit la Turquie qui devient une puissance régionale incontournable et qui pourrait, gouvernée par l'AKP un parti islamiste modéré, devenir un exemple de transition réussie pour les pays arabes.

Le vrai problème est de savoir si ces révolutions vont pouvoir s'affranchir de l'emprise du religieux pour évoluer vers une démocratie ouverte. Dans ces pays où l'analphabétisme reste un réel défi, où le poids des traditions arrange bien des intérêts, pourront-ils remettre en question leur mode de penser et de vivre, faire la place qu'il convient aux minorités, aux femmes et aux technocrates qui vont bouleverser le conservatisme des valeurs et des moeurs ?  Ce sera d'autant plus difficile que la religion est la seule structure développée, commune à tous et présente dans chaque foyer.

Quel rôle alors nous revient-il, nous leurs voisins du Nord, directement concernés par la réussite de  ces révolutions.

D'abord, il faut accepter la faillite des complaisances antérieures et l'inadaptation des souhaits occidentaux de voir les pays arabes évoluer à l'unisson sous le regard éclairé de l'Occident comme le rêvait encore Sarkozy lançant en 2008 l'UPM (l’Union pour la Méditerranée). Nous devrons sans doute admettre des évolutions asymétriques, tous les pays de cette région du monde évoluant à des rythmes différents qui vont créer des espaces d'incertitude et des lignes de fracture fragiles.

Mais surtout il faut épauler les nouvelles autorités démocratiques confrontées à des défis titanesques, sans pour autant s'immiscer dans les choix et les orientations retenues mais en confortant les gouvernements qui réinscrivent leurs pays dans un monde ouvert et tolérant.

Pour faire image, autant il est dangereux de lancer nos F16 sur Tripoli, autant il est justifié d'isoler financièrement, diplomatiquement Kadhafi et les siens, indispensable d'envoyer autant de bateaux et des avions que nécessaire pour évacuer les réfugiés qui fuient les zones de guerre et grand temps de décider d'un plan Marshall pour soutenir ces pays qui nous le rendront bien en instaurant un régime où chaque citoyen arabe aura sa place. Ni précéder, ni susciter, ni provoquer mais accompagner de façon discriminée, rapide et puissante tout effort de normalisation de ces sociétés. 

Notre seconde responsabilité sera de mettre une pression de fer sur Israël pour qu'il accepte de discuter avec ses voisins afin de sortir de cette confrontation qui pollue les relations internationales depuis des lustres. Or, la tentation sera grande pour ce pays de profiter des soucis domestiques de ses voisins pour renforcer ses positions au-delà de l'acceptable.

Enfin, à titre individuel, on peut aussi aller en vacances chez nos voisins arabes et humer le parfum printanier du jasmin.

 

 

 

16.12.2008

La rue algérienne

La rue algérienne est bruyante. Dès 5 heures, les appels à la prière du muezzin puis la pétarade des moteurs réveillent la cité.

La rue algérienne est froide en ce mois de décembre sous un ciel couvert. Les algériens, leurs maisons ou leurs habits ne sont pas équipés pour affronter les rigueurs de l'hiver. L'absence d'isolation thermique ou sonore, de doubles vitrages ou les portes mal ajustées, le carrelage à tous les étages et le chauffage déficient accentuent le désagrément du séjour dans cette petite ville côtière loin d'Alger.

La rue algérienne est frappée de "hitisme", concept local qui désigne la propension des jeunes désoeuvrés à passer leurs journées adossés au premier mur (hit) venu. Le chômage cantonne les jeunes diplomés à se regrouper place Gédeon à Bougie ou boulevard Che Guevara à Alger pour scruter sur la mer la ligne d'horizon, eux qui n'en ont pas.

La rue algérienne est bordée de bâtiments inachevés faute de moyens financiers suffisants pour terminer des constructions laissées au stade du gros oeuvre brut de décoffrage. La pénurie de logements oblige les jeunes à rester chez leurs parents, à retarder leur mariage ou pire en s'installer en couple dans le foyer parental!

La rue algérienne renâcle devant la révision constitutionnelle du 12 novembre permettant au président Abdelaziz Bouteflika de briguer un 3° mandat; vieille coutume africaine que de changer la constitution pour prolonger les "carrières" des présidents.

Cette " présidence à vie" est une fausse bonne idée. Comme souvent, le président en exercice estime être le seul capable de guider son pays, monopolisant le pouvoir, s'attribuant à lui et aux siens tous les leviers de l'état, bref supprimant toute idée d'alternance, de changement, d'espoir.

"Toutes les contrées arabes, sans exception, demeurent dirigées par des régimes autocratiques"

Or où croyez-vous que les hommes qui n'ont pas forcément le même avis sur la conduite du pays iront déverser leur hargne, leur amertume ou leur courroux si tout mode d'expression politique leur est refusé?

En Tunisie, cet été, un manifestant a été tué par balles lors d'un mouvement de protestattion dénoncant le chômage, le coût de la vie et la corruption à Gafsa . Six meneurs viennent d'être condamnés à des peines de prison de 2 à 10 ans fermes. Et le policier ??

Je préfère de loin le scénario grec où la jeunesse, outrée par la mort d'un gamin de 15 ans abattu par un policier, n'accepte plus de se taire et exprime son désarroi dans les rues, non seulement contre cette bavure mais surtout pour qu'on lui fasse une place dans une société accaparée par des partis politiques sclérosés et parfois corrompus. Je remarque au passage que depuis des jours et des nuits, les policiers se font canardés sans plus perdre leur sang-froid. Vous me direz que c'est bien le moins mais cette évidence est loin d'être acquise sur les deux rives de la méditerranée. Il est vrai que la Grèce est le berceau de la démocratie.

 

 

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25.06.2008

La graine et le mulet

image_3Un film d'Abdellatif Kechiche réalisé en 2007 avec peu de moyens mais beaucoup d'humanité. J'ai beaucoup aimé.

10.03.2008

La parabole du taxi

Long séjour à l'hôtel El Djazaïr, le plus ancien et le plus authentique palace d'Alger qui allie le beau et le faste: hall aux cent panneaux décoratifs de céramique, petit déjeuner servi dans une salle de bal au plafond ouvragé, enchevêtrement de salons garnis de miroirs, mosaîques et paravents ajourés, le tout surplombant un des plus beaux jardins de la ville orné d'orangers, de caroubiers, d'eucalyptus, d'hibiscus, de bougainvillées en tonnelle, de jasminiers et dans le patio un "mesk el lil" à l'enivrante odeur.

Seul moyen de déplacement pour les affaires, le taxi accède à cet hâvre de sérénité sur appel du concierge et après une fouille stricte par des gardes armés qui ouvrent le capot avant et le coffre sans un sourire. Les attentats de janvier ont chauffé les esprits.

Il n'existe ni compteur ni barème pour les courses en taxi et il vaut mieux se mettre d'accord sur un forfait avant de démarrer. Notre taximan s'appelait Jamel. Il connaissait l'adresse de l'avocat chez qui nous nous rendions:" Bien sûr, je la connais Monsieur. Ca fait 37 ans que je suis taxi. Je connais toutes les rues".

Ce qui n'est pas rien et force le respect car cette capitale de 3 millions d'habitants est installée sur une série de gradins parsemés de chemins désespèrement accrochés aux nombreux talwegs et ravins qui traversent la ville de part en part.

 Lorsqu'on lui demanda s'il était originaire d'Alger, le taximan précisa;" Je ne suis pas arabe moi, Monsieur. je viens de Kabylie". Puis quelques minutes plus tard lorsqu'un automobiliste lui coupa la route;" Il doit être arabe celui-là", nous rappelant ainsi opportunément que les berbères sont les occupants historiquement légitimes de l'Afrique du Nord qui fut envahie par les arabes fin du 7° siècle.

Nous roulâmes 15' vers le quartier d'Hydra. Certains points de vue nous dévoilait " Alger la Blanche, ses maisons chaulées sont suspendues en cascade en pain de sucre en coquilles d'oeufs brisés en lait de lumière solaire en éblouissante lessive passée au bleu en dentelle en entre-deux en plein milieu de tout le bleu"(Anna Greki).

Après un moment, je sentis du flottement dans le comportement du chauffeur; il hésitait un moment puis péremptoire décretait:" C'est par là". Si on s'inquiétait, il niait l'évidence: "Non, je connais , c'est la rue qui a changé". Lorsqu'on passa pour la 3° fois au même endroit, on le somma de questionner les passants. Sans grand succès. On appela notre avocat pour annoncer le retard et demander d'instruire le taximan sur le chemin à suivre. L'avocat appela sa secrétaire à la rescousse. Ils s'expliquèrent au téléphone et nous reprîmes notre déambulation. Nous dûmes rappeler une deuxième fois la secrétaire pour répéter les consignes. Finalement nous arrivâmes avec 20' de retard. Heureusement la course était au forfait.

Pendant ces pérégrinations circulaires dans le dédale des rues d'Hydra alors que le chauffeur prétendait tout connaître, je ne pus m'empêcher de penser que l'Algérie toute entière ressemblait étrangement à ses taxis.

Les industriels, les avocats, les banquiers ont tous la prétention et la fierté de revendiquer leurs compétences qui, à l'examen se révèlent très approximatives.Les mécanismes classiques des affaires leur échappent sans qu'ils ne l'admettent. Difficile de jouer au football si les adversaires ou pire,les coéquipiers ne connaissent pas les règles du jeu ou les réinventent à leur guise.A défaut de pouvoir les convaincre par le verbe et le raisonnement il faut s'astreindre à prouver les limites de leur savoir par l'absurde:" Faisons comme vous dites et voyons le résultat". Enorme perte de temps et d'énergie.

Ce décalage entre les prétentions et les compétences n'existe pas en Tunisie. Il ne fait aucun doute que les algériens, qui ont vécu pendant 30 ans sous un système économique hyper centralisé, assimileront à leur tour les concepts qui leur échappent actuellement. En attendant,la déception vient du fait que parlant la même langue,utilisant le même vocabulaire, on croit se comprendre. Mais en réalité on ne joue pas la même partition. Les fausses notes précèdent la cacophonie des relations qui, finalement se délitent entre partenaires de sorte que ce long séjour à l'hotel El Djazaïr sera aussi le dernier.

31.07.2007

Voile et chicha

"L'interdiction du port du foulard en France le rend obligatoire dans nos pays" me dit mi-figue, mi-raisin un ami tunisien.

Dans son pays, une circulaire de 1981 ( la 108) interdit le port de "l'habit sectaire" dans tous les lieux publics. Ce texte, rigoureusement respecté et appliqué, assurait la laïcité et l'égalité homme-femme chères à Bourguiba dans la vie quotidienne. Mais récemment, le gouvernement dut exhumer la 108 tant la recrudescence du foulard, voire de la barbe ( également interdite) a pris de l'ampleur.

Non par le fait d'un prosélytisme ismalique radical ou la percée d'un wahhabisme importé, ni par un changement des rapports homme-femme ; la résurgence d'un sentiment religieux " light" traduit une réaction unificatrice face aux agressions ressenties par la communauté musulmane ( la Oumma) en Palestine, Irak, Afghanistan sur le plan international et en Europe sur le plan identitaire.

Tant que l'interdiction du voile émanait des autorités nationales tunisiennes, les citoyens s'y conformaient, avec souvent un sentiment de modernité qu'ils revendiquaient à l'égard des autres pays musulmans. Mais dès que l'injonction fut décrétée dans les pays occidentaux à l'encontre de leurs soeurs exilées, on ressortit le foulard des tiroirs. Il s'agit plus d'une quête identitaire que d'un retour au dogme.

Les pays méditerranéens sont à l'articulation d'une Europe qui attire et d'un Orient qui fascine. La multiplication des chaînes arabes captées par satellite font découvrir une arabité nouvelle à Dubaï, au Quatar, loin des traditions figées, surannées qui éloignaient les jeunes de leurs racines. Et la confrontation d'une nouvelle et possible identité arabo-islamique moderne soutient très bien la comparaison avec TF1 ou Rai Uno !

Sans omettre que cet occident ne parvient toujours pas à régler le problème majeur qui empeste le climat mondial car il humilie, frustre et révolte; le conflit israélo-palestinien. Les reportages sanglants et déchirants qui occupent 45 secondes aux journaux télévisés européens tournent en boucle sur les chaînes arabes que regardent, révulsés, les fumeurs de chicha dans les salons de thé à la tombée du jour.

Si on conteste aux arabes leur tradition du voile et si on les laisse à leur amertume, voici que se multiplient en Europe les bars à chicha où on peut fumer le narguilé, ce mélange de tabac aromatisé, qui ne contient pas plus de substances toxiques que la fumée de tabac mais dans des volumes beaucoup plus important. Alors qu'une bouffée de cigarette contient 35 ml de fumée, soit 3/4 de litre de fumée par cigarette ( ce qui n'est pas rien), le fumeur de chicha, qui aspirerait sur une soirée 30 à 50 bouffées de narguilé, aurait consommé l'équivalent de 40 cigarettes!

Or, selon le "Bulletin épidémiologique hebdomadaire", en France la moitié des moins de 16 ans ont déjà goûté la chicha.

Par jeu, par curiosité, par souci d'appartenance. Comme on porte le voile au même âge.

03.09.2006

Chine-Tunisie; même combat

La Chine est si particulière qu'elle n'a pas grand chose de commun avec les autres nations ... sauf la Tunisie.

Ces 2 pays ont aujourd'hui une économie d'inspiration libérale, même si elle ne dit pas son nom, où les individus disposent d'une réelle liberté d'entreprendre, de faire des affaires, de s'enrichir, de voyager et de négocier.

Mais à Tunis pas plus qu'à Pékin la presse n'est libre et gare à vous si vous vous avisez de vous intéresser à la politique. ( cfr post du 26/11/2005 à ce propos)

Le pouvoir est accaparé ici par un clan, là par un parti. Ce grand écart entre un citoyen économiquement adulte et politiquement infantilisé n'est pas tenable à long terme ni en Tunisie, ni en Chine.

28.05.2006

Pleurez musulmanes (1)

Catharine A. Mackinnon est à l'origine de la reconnaissance, en 1986 par la Cour Suprême des Etats-Unis, de la notion juridique du harcèlement sexuel. Cette théoricienne et militante féministe américaine publie aujourd' hui un livre en français où elle compare l'oppression masculine et le terrorisme islamique; même guerre planétaire, longtemps niée par les autorités, stucture nébuleuse mais efficace etc.

Elle reconnait vouloir frapper les esprits et réveiller les consciences par ce rapprochement hasardeux. Elle vogue évidemment sur une vague porteuse et façile. Regardez les ventes des titres récents publiés par les maisons d'édition françaises: Brulée vive de Souad- Mutilée de Khady- Mariée de force de Leïla- La femme lapidée de Sahebjam- Défigurée de Rania al Baz- Ma vie d'esclave de Nazer .

Personne ne prétend qu'il fait bon vivre en terre d' Islam ni que le droit et le sort des femmes y soient une priorité. Mais peut-on systématiquement braquer les spots sur les ressorts les plus obscurs de l'être sans , en même temps parler des combats et des résistances engagées par les femmes sur place. Bien sûr il faut vendre et le lecteur veut être ému pas édifié. Mais il est pervers d'insinuer que les victimes de l'oppression masculine ne le sont qu'au nom de l'islam; que les hommes, qui n'y sont pour rien, n'ont - vraiment ma chère- pas d'autres choix et pire que c'est l'occident seul qui donne aux victimes la liberté, le courage d'écrire, la tribune et au passage le nègre blanc pour tenir la plume et le mouchoir pour renifler.

J'ai donc regardé avec jubilation  Viva Laldgérie de Nadir Moknèche. Dans ce film tourné à Alger par un algérien, les femmes ne sont  voilées que dans la rue et encore, elles possèdent un humour, un talent et une aptitude au bonheur réconfortants.

( 1 ) ce post doit beaucoup à Fawzia Zouari.

21.05.2006

Le trésor de la Casbah

Marseille,  mercredi 17 mai.

A l'embarquement du vol Air Algérie à destination de Bejaia, une foule frétillante de passagers, semblables à ces écoliers en voyage scolaire, s'interpellait joyeusement.

Je compris vite que ces " pieds noirs" retournaient grâce à une association d'amitié franco- maghrébinne, et pour la première fois depuis 44 ans, à Bougie, appelation française de la ville kabyle Bejaia située sur la côte algérienne à équidistance entre Alger et la Tunisie.

L' émotion était palpable. Pour avoir séjourné à répétition dans cette cité depuis 4 ans, business oblige, je comprenais mal cette fièvre qui culmina lorsque l'avion arriva en vue des côtes algériennes et vira pour s'aligner sur la piste découvrant sous son aile la baie de Bejaia.

Plusieurs femmes pleuraient en silence. Etait-ce sur leur jeunesse passée à Bougie qu' elles avaient quitté en 1962, à la pensée de visiter le cimetière français où reposaient leurs parents ou à l'idée de retrouver leur maison? 

Je doute que pleurassent de joie les premiers français qui abordèrent la rive algérienne en 1830. Car il s'agissait d'un débarquement militaire. A l'époque, Alger était dirigé par les ottomans représentés sur place par le " dey" Hussein Pacha qui souffleta d' un coup d'éventail le consul du roi de France.Cette gifle fut longtemps le motif officiel du débarquement français. En réalité, la France désargentée connaissait l'existence du trésor du dey d'Alger évalué à 150 millions de francs de l'époque et cherchait un prétexte pour prendre d'assaut une ville qu' elle savait mal défendue.

Pour s' allier les ardeurs de son armée, le roi Louis- Philippe promit de se servir de cet argent pour honorer les traitements, impayés depuis 1815, des membres de la légion d'honneur. Vous savez cette distinction honorifique en forme de rosette inventée par Napoléon, celui-là même qui rétablit l'esclavage, et qui fait encore ramper les hommes d'aujourd'hui.

Bref, 48 millions de francs furent expédiés par bateau à la Monnaie de Paris et le reste, estimé à 88 millions, disparut au plus grand bénéfice de la famille royale française, laquelle fut spoliée de ses biens par Louis Napoléon en 1848, de sorte que l' on peut dire que le trésor de la casbah est finalement revenu au peuple de la France.

Quant au dey Hussein Pacha, il fut d' abord exilé en France puis en Egypte. Non sans avoir essayé de reconquérir l'Algérie au départ de l' Italie en armant quelques canonnières qu'il espérait, avant que l'on en empêcha, de faire naviguer canonnières bourrées de poudre, pour débarquer à ... Bougie.

22.01.2006

d'Alger : Jarehead et les coups tordus

 

A la veille d'une mission en Algérie nous avons été voir le film " Jarhead ", tiré du récit autobiographique d'un tireur d'élite américain qui ne tira aucun coup de fusil pendant la 1° guerre de Golf, essentiellement gagnée par l'aviation US.

Les marines voient , sentent, bouffent du sable mais pas l'ennemi et enragent de ne pas pouvoir se servir de leurs armes, après en avoir tant bavé à l'instruction.

 

Je donne 14/20 à ce film mais je suis certain que les algériens et les pieds noirs qui connurent la sale guerre d'Algérie le côteraient 20/20 . Car les contacts directs, les attentats, la torture, l'humiliation furent le lot de tous ceux qui, de près ou de loin, volontairement ou pas, furent mêlés à ces années noires.

Pleines de coups tordus.  

Deux exemples:

- lorsque l'OAS - organisation armée secrète- composée de français hostiles à l'indépendance de l'Algérie, commenca en 1961 sa campagne d'exécutions et d'attentats en Algérie et en France, le gouvernement français n'eut d'autre choix que de créer une police parallèle, elle même épaulée en secret par des barbouzes, des gros bras sans statut officiel, chargés des basses oeuvres.

Car le slogan revendiqué et pratiqué par l'OAS : " On frappe qui on veut, quand on veut, où on veut" - qui vaut bien la devise des marines " Kill, rape, mutilate" -

demandait des réponses musclées que les policiers républicains répugnaient à pratiquer. Face aux barbouzes, les commandos Delta de l'OAS ; une confrontation franco- française sur le sol algérien, sanglante. Les barbouzes se firent presque tous tuer par leurs compatriotes, pourtant l'Algérie ne resta pas française.

- cette guerre fut aussi celle du renseignement et de l'intox. L'affaire la plus célèbre s'appelle Rosa.Cette jeune militante FLN ( Front de libération nationale)

est arrêtée en 1958. Le capitaine Léger, spécialisé dans le "retournement" des rebelles invités à travailler pour la France, s'arrange pour laisser à sa portée une liste de " retournés" en l'étoffant des noms de militants FLN , recherchés par les français, qui n'avaient absolument pas trahi leur cause . Libérée par les services français, Rosa se fera torturer par le FLN qui la soupçonne d'être une "retournée". Pour prouver sa bonne foi, Rosa citera le nom de tous les algériens repris sur la liste du capitaine Léger, les vrais et les faux. Qui furent à leur tour torturés et le plus souvent exécutés par leurs frères d'armes algériens, les vrais et les faux.

Et dire qu'en ce temps là, les français qualifiaient les arabes de "fourbes", n'est-ce pas capitaine!

 

Donc, pour ceux qui vécurent cette guerre, " Jarehead" et ces snipers qui dépriment de ne pas voir l'ennemi, mérite assurément 20/20!

 

   

26.11.2005

Le grand écart tunisien


" Au nom de Dieu, Clément et Miséricordieux, Nous, Zine el-Abidine Ben Ali, Premier ministre de la République tunisienne, déclarons que (...) face à sa sénilité ( du Président Bourguiba) et à l'aggravation de son état de santé, le devoir national nous impose de le déclarer dans l'incapacité absolue d'assurer la présidence (...) et de ce fait, nous prenons en charge, avec l'aide du Tout-Puissant, la présidence de la République et le commandement suprême de nos forces armées"
 
C'est par ces mots que le 7 novembre 1987, le premier ministre Ben Ali déposa sans violence le président Bourguiba âgé de 86 ans. Un nouveau régime devait voir le jour puisque le jeune président annoncait: " Notre époque ne peut plus souffrir ni président à vie ni succession automatique à la tête de l'état. Notre peuple est digne d'une vie politique évoluée et institutionnalisée, fondée sur le multipartisme
De fait, le président Ben Ali graçia les membres du mouvement islamiste Ennahdha jetés en prison par son prédécesseur, autorisa leur journal ainsi que la centrale syndicale étudiante.
Pas longtemps. Deux ans plus tard, le parti islamiste était crédité de 15 % des voix aux élections présidentielles et législatives. Le régime commenca à serrer les boulons.
 
20 ans plus tard, le président Ben Ali vient de faire modifier la constitution tunisienne pour pouvoir obtenir un troisième mandat successif et le peuple tunisien fait concurrence à Kim Clijsters dans l'art de pratiquer le grand écart entre la maturité d'entreprendre et de s'instruire qu'on lui accorde et l'infantilisme dans lequel il est tenu au plan politique.  
Mais attention aux ischiojambiers.
Kim devrait expliquer à Ben que les lésions de ces muscles, fréquentes, surviennent le plus souvent sans échauffement suffisant. Elles vont de la simple élongation à la rupture complète et se manifeste par une douleur brutale. La prévention serait d'apprendre au peuple l'exercice progressif de la démocratie et aux élus les vertus de l'alternance. Car une fois blessé, la guérison des lésions entraine la formation d'un cal fibreux qui diminue chez les citoyens les propriétés élastiques de leurs muscles démocratiques.   
 
( écrit avec l'aide précieuse de J.A. n° 2339 et du Larousse médical)


Tunisie


Du " Sommet mondial sur la société de l'information" qui vient de se tenir à Tunis, ne nous sont parvenus que les récriminations de la presse internationale brimée voire brutalisée et les revendications des opposants au régime, opportunément grévistes de la faim durant le sommet.
Bien peu d'informations sur les travaux eux-mêmes et le fossé numérique qui divise le monde entre ceux qui s'adaptent et les autres, les nouveaux illettrés de ce siècle.
 
La Tunisie, telle Janus, présente deux visages ; les tunisiens disposent d'une très grande liberté de commercer, d'agir, de voyager ; dans chaque ville les deux plus beaux bâtiments sont l'école et le dispensaire ; depuis Bourguiba les filles bénéficient du même statut que les garçons ; le voile ou la barbe sont interdits dans les établissements publics ( écoles, ministères) ; les amphithéâtres sont bondés.
 
Cette liberté d'entreprendre et de s'instruire a cependant une limite. Pas de politique. Dès lors la presse est sous contrôle ; radios, télévisions et journaux sont aux ordres.
 
Mais le contrôle des médias a lui-même sa double limite : internet et les paraboles.
Si des logiciels filtrent les sites à connotation politique il reste que ce screening de la toile internet n'est pas étanche. De plus, les toits et balcons de Tunis fleurissent de coupoles paraboliques orientées vers les satellites qui permettent aux tunisiens de capter des dizaines de chaînes, européennes et arabes dont l'emblématique Al Jazira.
Voilà le paradoxe ; le Sommet mondial de l'information se tient dans un pays où les nouvelles technologies de l'information battent en brèche, ou du moins fragilisent, les dogmes du pouvoir.
 
Comment en est-on arrivé là?  Réponse demain.  


22.10.2005

d'Algérie : ramadan


Je sais que l'abstinence demandée aux musulmans en période de ramadan ne concerne pas seulement l'alimentation et les boissons. Que l'esprit aussi doit éviter de se nourrir de pensées négatives, que l'aumône est recommandée et la réconciliation avec ses proches recherchée.
Je sais également que certains excès, lorsque la fête est à nouveau permise, ternissent l'ambiance ascétique propice à la réflexion et à la célébration de Dieu.

Pour ma part, je me suis contenté de m'essayer au jeûne.
Ce qui n'est pas, en soi, un gros effort pour qui ne fume pas et n'exerce pas de métier lourd.

(A ce propos, le président tunisien Bourguiba avait été condamné en Arabie pour apostasie - le crime le plus grave- après avoir déclaré la primauté du travail sur le jeûne.) 

Le plus difficile fut l'absence de café. Une après-midi sans petit noir devient langueur et nonchalence. J'attends 18h pour rompre le jeûne avec un double expresso.
" Très mauvais, me disent mes hôtes, votre estomac n'est pas préparé. Il faut commencer par un verre de lait caillé" . Horresco referens.
 



21.10.2005

d'Algérie : un peu le matin..


Un entrepreneur algérien, petit, ridé, fripé me dit: " J'ai perdu 63 ans de ma vie".
" Mais quel âge avez-vous?"
" Je suis né en 42. A 17 ans je travaillais comme manoeuvre sur les chantiers des français. Puis je me suis installé à mon compte. Tout du temps perdu. Je vous le dis Monsieur. Chez nous, en Algérie, on travaille un peu le matin et pas trop l'après-midi. C'est pas possible".
De fait, le chantier a pris du retard. Deux mois, peut-être trois.Je lui dis que c'est pas un motif de déprimer.Il persiste.
" Vous avez perdu 2 mois, moi 63 ans. Et maintenant, c'est le ramadan, encore plus difficile".
Pourtant, je vois ce vendredi, jour de la prière, au coeur du ramadan, une quinzaine d'ouvriers au travail dans la poussière du béton, sous la tôle surchauffée du hangar. 
" Ce sont des volontaires, concède-t-il désabusé, et ils arrêteront à 15h. Je vous le dis Monsieur".
Et il s'éloigne en maugréant " ...un peu le matin". Je lui plante dans le dos, entre les omoplates, un regard amusé. Il doit le sentir car il se retourne. Pour la première fois depuis 2 jours, il sourit.
 


03.10.2005

Ramadan


Voici le 9° mois lunaire. Celui du ramadan, période de jeûne et de piété qui mobilise toute la communauté musulmane, de la Mauritanie à l'Indonésie.
Car il faut se rappeler que les arabes, qui peuplent ( pour faire bref)  les 22 pays de la Ligue arabe, ne représentent, avec 220 millions de personnes,  que la 4° communauté musulmane dans le monde. Loin derrière les indonésiens, les indiens et les malais.
Au total, près de 1,2 milliard de pratiquants. Et ici, on peut réellement parler de pratiquants car, des 5 préceptes de la religion musulmane, le ramadan est probablement celui qui est le mieux observé.
Pas toujours par souci de piété, mais par désir d'appartenance.
Appartenance à une communauté, à une famille qui se réunit, à tour de rôle chez un de ses membres, pour partager l'"iftar", le repas du soir. Celui qui n'aurait pas jeûné, n'aurait pas sa place autour de la table. Et quelle table!
Car les familles rivalisent pour recevoir au mieux leurs invités d'un soir. Jusqu'à l'excès.
Au point que les gouvernements sont appelés à prévoir des plans d'approvisionnements particuliers pour assurer la disponibilité des marchandises pendant cette période de surconsommation. Ils s'inquiètent aussi des augmentations intempestives des prix des denrées alimentaires et des produits festifs.
Certains regrettent cette sécularisation d'une obligation religieuse prise en tenaille entre une surconsommation et une sous-production. Car l'activité économique ralentit singulièrement, impactée par un régime alimentaire strict et des nuits raccourcies entre les veillées familiales et le premier repas avant l'aube.
Mais tout le monde ne s'en plaint pas. A commencer par les chaines de télévisions nationales.
Alors que - hélas- TF1 est la chaine la plus regardée à Alger durant l'année, les chaines nationales reprennent la main pendant le ramadan en programmant des émissions dédicacées à cet évènement dont des sitcoms formatées pour l'occasion. 
Le feuilleton, au nom évocateur, " Une famille respectable" est promise à un tabac sur les ondes marocaines à partir de cette semaine. L'audience reprenant, les annonceurs se bousculent dans la tranche horaire 18-22 h  et le prix des spots publicitaires s'envolent. 
Comme moi pour Tunis demain.



13.09.2005

Les plus anciens prisonniers de guerre du monde


Il est de bon ton de critiquer la politique extérieure américaine et elle le mérite bien. Guantanamo et la guerre en Irak sont deux outrances que seuls peuvent se permettre des Etats-Unis convaincus de leur impunité. Et c'est bien cela la marque de fabrique de l'impérialisme; imposer sa politique au mépris de tous et du droit international.
Pourtant, ces mêmes américains viennent de règler, par voie diplomatique et dans la discrétion, un des problèmes les plus délicats du Maghreb.
Les 404 plus anciens prisonniers de guerre du monde, soldats marocains détenus aux confins de l'Algérie, depuis plus de 20 ans dans des conditions extrêmement dures, par les indépendantistes sahraouis du Polisario, ont été libérés le 18 août.
Qui en a parlé?
Ils étaient 2.200 en 1991 lors des accords de paix entre le Maroc de Hassan II et le Front Polisario soutenu par l'Algérie et leur libération devait être immédiate. Mais au mépris de leurs engagements et du droit international humanitaire, les indépendantistes ont retardé leur libération pour faire pression sur le Maroc qui trainait à permettre l'organisation du référendum d'autodétermination du Sahara Occidental sous l'égide de l'ONU. Les prisonniers subirent encore de terribles années de détention avant qu'au compte goutte, lâché par tous ses partisans ( même par Danielle Mitterand ) le Polisario ne marchande leur relax  tantôt avec l'Espagne, tantôt auprès de l'Allemagne ou de la Lybie.
Restaient les 404 derniers.
Saisis du problème en mai 2005, les Etats-Unis, qui estimaient que ce problème relevait de la compétence européenne, intervint diplomatiquement ( et probablement financièrement) pour règler cette question une fois pour toute.Vous conviendrez qu'ils étaient les mieux placés ; les prisonniers détenus illégalement, ils connaissent.
Cette diplomatie efficace fait d'autant plus regretter la politique matamoresque pousuivie par ailleurs. Ce n'est pas de la science-fiction d'imaginer qu'il  aurait pu ne pas y avoir de guerre en Irak.
Lers States sont capables d'autre chose. Ils en ont fait la démonstration dans les sables sahraouis où il n'y a pas de pétrole en jeu et où les prisonniers étaient tous musulmans.
Comme leurs geôliers.