29.05.2011

Cigogne noire

Voici l'histoire d'une cigogne noire qui a des oeufs à couver et d'une martre de passage qui a grande faim. Il était une fois......

 PS: ce post doit beaucoup à P.

 

3. Black Stork and Pine Marten : violent struggle from asbl Solon on Vimeo.

 

 

voir aussi www.solon.be pour les comments

24.02.2011

WikiLeaks

La diffusion sur internet de cables diplomatiques confidentiels (mais pas classés top secret ou secret défense, à ce jour inaccessibles) irritent les états, les états-majors militaires ou les conseils d’administration, bref tous ceux qui sont dévoilés dans leurs agissements souvent peu glorieux. Ils agitent les slogans habituels : « cette transparence nuit à la démocratie » ou «  la diffusion d’infos frise le fascisme » etc et attaquent le fondateur de Wikileaks (en anglais leak=fuite), l'australien Julian Assange, sur tous les fronts, même sur le plan privé pour un viol "à la suédoise".

 Ils pourraient plus joliment s’inspirer de cette histoire racontée par un taximan algérien qui expliquait la notion du « sitr » cette pudeur qu’il faut garder sur sa vie intime que Dieu seul connaît.

 

L’ange Gabriel fut appelé un jour par une créature féminine qui lui demanda d’intercéder auprès de Dieu pour son salut, car elle avait beaucoup fauté.

L’ange monta au ciel, formula sa demande au Créateur qui, sans beaucoup réfléchir, accorda son pardon. Revenu sur terre, Gabriel annonça la bonne nouvelle à la croyante. Elle s’exclama : «  Tu as dû mal entendre, Dieu ne peut pas pardonner aussi facilement à quelqu’un qui a commis autant d’atrocités que moi. » Et elle lui conta ses adultères, incestes et homicides. « S’il te plaît, remonte voir Dieu et assure toi de ce qu’il a dit ».

 L’ange s’en alla raconter à Dieu la réaction de la femme et lui décrit la liste de mes méfaits. Alors l’Unique laissa tomber : » Tu lui diras qu’elle ira croupir en enfer ». Désarçonné, Gabriel osa : «  Mais Dieu, il y a un quart d’heure tu lui pardonnais ! »

Dieu répondit ; «  Oui, mais il y a un quart d’heure il n’y avait qu’elle et moi qui étions au courant de ses secrets. Maintenant tu es un troisième ! ».

 

Ce post doit beaucoup à un taximan algérien et à Fawzia Z.

18.02.2011

Conte

Un soir, un aîné Cherokee parle avec son petit-fils des conflits entre les tribus et de l'esprit de guerre qui anime les hommes à cause de leur instinct de possession.

Il lui explique aussi que dans le corps de chaque indien se déroule une bataille:

"Mon fils, la bataille se déroule entre deux loups qui vivent cachés en nous. L'un s'appelle Malheur. Il incarne la peur, l'inquiétude, la colère, la jalousie, le regret, l'apitoiement sur soi, le ressentiment, le sentiment d'infériosité, le déni des autres. L'autre s'appelle Bonheur. Il incarne la joie, l'amour, l'espoir, la sérénité, la gentillesse, la vérité, l'ouverture au autres".

Le petit-fils réfléchit puis demande:" Quel loup gagne?".

Le vieil indien répond:" Celui que tu  nourris".

 

PS: ce post doit beaucoup à un indien et à La Libre

18.10.2010

Vole Filair, vole (2)

A propos du crash aérien que je relatais dans mon post du 3 septembre, l'hedomadaire " Jeune Afrique" publie cette semaine le résultat de l'enquête menée par les autorités congolaises, qui ont délégué sur les lieux de l'accident un spécialiste, le commandant André Decorte dont les conclusions sont corroborées par le témoignage de l'unique survivante.

L'accident survenu le 25 août dernier, à 500 mètres de l'aéroport de Bandundu, qui entraina la mort de 19 passagers et des membres de l'équipage, ne serait pas dû à une panne de carburant mais à une panique à bord.

Le Let-140 tchèque transportait en cabine un..... crocodile vivant, dissimulé par un passager dans un gros sac de sport. Mais alors que l'avion amorçait sa descente sur Bandundu, le saurien se serait échappé jetant l'effroi dans l'étroite carlingue. L'hôtesse, effrayée, s'est précipitée la première vers le cockpit, aussitôt imitée par tous les passagers. Déséquilibré, l'appareil n'a pu être rattrapé par le commandant, Dany Philemotte. Si  l'on en croit le rapport, une partie des curieux accourus sur les lieux se seraient mués en pillards, allant jusqu'à dépouiller de leurs vêtements le corps des victimes.

Détail tragicomique; le crocodile, lui, a survécu au crash avant d'être découpé à la machette par les villageois. 

Vole Dany, vole.

PS: ce post doit beaucoup à Th. qui est ici remerciée.

03.09.2010

Vole Filair, vole

Il s'appelait Dany. Il avait mon âge. Grande gueule, gros coeur, il dirigeait sa propre compagnie aérienne au Congo, avec passion et fierté, la cie "Filair". Il faisait partie de ceux que je nomme les "ensablés", ceux qui ont choisi de vivre et de mourir là-bas. Et il est mort là-bas, il y a quelques jours, aux commandes de son avion à 1 km de la piste de Bandundu et avec lui 19 personnes.

Je suis sûr que si on lui avait dit qu'il prenait des risques insensés et finirait un jour ainsi, il aurait répondu que c'est comme cela qu'il voulait vivre, quitte à en mourir. On parle d'une panne sèche de carburant, ce qui serait étonnant mais qu'importe, même si là-bas les morts sont toujours entourées de forces obscures, il a eu ce qu'il acceptait sereinement: sa carlingue comme cercueil.

Donc paix sur lui.

Mais je pense aussi à sa femme et ses enfants, dont il s'était éloigné lorsqu'il décida de rester seul là- bas et d'y refaire sa vie. Ils ont dû apprendre le décès de leur mari ou père par la radio ou les journaux puisque ce crash a été très rapidement annoncé par les médias belges. Il a été inhumé à Kinshasa. Pas simple de faire son deuil dans ces conditions. Dany n'a jamais voulu que sa vie soit banale. Sa mort ne l'est pas non plus.

Vole Filair, vole.

Crash Avion BDD 25-08-2010.jpg

 

13.05.2010

Esther

Elle s'appelle Esther; elle est hongroise et a 20 ans.

Lorsqu'elle est arrivée en Belgique, il y a 8 mois, elle ne parlait pas un mot de français. Aujourd'hui, elle explique avec un accent gouleyant, qu'elle voulait, après son bac, consacrer un an de sa jeunesse à découvrir l'Europe occidentale, apprendre le français et servir une cause.

C'est ainsi qu'elle débarqua comme bénévole dans l'ASBL bruxelloise " Notre Abri" qui, comme son nom l'indique, accueille une soixantaine de bambins de 0 à 6 ans malmenés par la vie toujours, par leurs proches souvent. Elle jongle tous les ans pour boucler son budget, supérieur aux subsides obtenus, et recourt à quelques bénévoles pour renforcer son équipe professionnelle.

Esther s'occupe des enfants, partage leurs jours et leurs nuits puisqu'elle loge à l'ASBL  et découvre la face cachée d'une Belgique qu'elle croyait opulente. En soi, c'est déjà remarquable.

Pour emmener ses enfants une semaine à la mer du Nord pendant les vacances, l'ASBL organise chaque année une rando-vélo sponsorisée. 

Une trentaine de paire de mollets prend le train à 6 heures, descend à Knokke puis parcourt lentement les 140 kms vers Bruxelles pour venir, symboliquement, chercher les enfants qui passeront, l'été venu,  140 heures à la mer. ( voir post du 19-05-2008)

Esther ne pratique pas le vélo et n'a aucune condition physique, hormis celle de sa jeunesse. Elle reçut un vélo d'emprunt, on régla vaille que vaille la selle, elle chaussa des ballerines et commença à pédaler.

Elle moulinait un si petit rapport à la sortie de Knokke que je fus persuadé qu'elle ne rallierait pas Bruxelles. Elle oubliait de changer de vitesses, de boire avant d'avoir soif, de manger avant d'avoir faim, de s'abriter du vent au coeur du peloton. A partir de Gand, elle commença faire du yo-yo, rattrapant le groupe pour aussitôt le lâcher. Mais chaque kilomètre parcouru rapportait quelques euros à l'ASBL et à elle quelque fierté. 

On quitte la Dendre et le plat pays à Liedekerke pour aborder les montées du Brabant flamand. Au kilomètre 100, elle cria " bingo", épuisée mais étonnée de ne pas avoir défailli. Les dernières montées furent pénibles. Derrière ses lunettes cerclées, son regard tanguait. Les plus costauds la poussaient quelques mètres; ses mains tétanisées par le froid et la fatigue s'accrochaient au guidon; ses ballerines, trop souples,ne protègaient plus ses pieds des morsures des pédales.

Le premier bâtiment bruxellois qu'elle reconnut fut l'hôpital d' Erasme où elle avait accompagné des enfants. Là, elle comprit qu'elle arriverait au bout de ses 141 kms. Mais lorsqu'elle arriva au pied de la rue Van Zuylen, la dernière ligne droite, longue et raide comme un col alpin, elle dit:" Oh non". Alors on lui cria:" Lâche pas Esther, lâche pas".

Au sommet de la rue, les amis, les parents nous attendaient. Esther ne connaissait personne sauf les enfants, dans les bras des puéricultrices, qui s'étonnaient de voir tous ces casques bariolés sur des vélos trois fois plus grands qu'eux. Les bambins ne comprirent pas pourquoi leur "Esti" descendit de vélo, s'assit par terre et pleura.

S'il vous reste 2 francs 3 sous, envoyez un gosse à la mer. Ne le faites pas pour Esther, faites le pour ces gosses qui n'ont rien demandé ni à la vie, ni à vous. Mais raison de plus.

www.notreabri.be

ING 310-1412668-46 avec mention " 140 Kms pour Esther".

Pour tout don de 30 euros ou plus, vous recevez une attestation fiscale, qui donne droit à une déduction fiscale, à déclarer en code 1394;  mais 3 francs deux sous c'est très bien aussi.



01.03.2010

La même semaine

 

A Montréal, un copain d'enfance donne son dernier coup de pédale sur un vélo d'exercice dans une salle de sport. Rien ne le prédisposait à rejoindre Goscinny, le père d'Astérix, qui clabota à 51 ans en pédalant dans le cabinet de son cardiologue.

La même semaine à Amsterdam, un nouveau-né pousse son premier cri et la famille s'agrandit.

C'est la vie qui se déroule et s'écoule comme le sang dans nos veines.

Mais parfois, c'est l'hémorragie. Alors la parturiente rejoint les "mamans courage" qui exposent leur vie pour la donner. Elles abordent des contrées qui nous seront à jamais refusées, à nous les hommes tout penauds de rester sur le rivage de la souffrance.

Est-ce pour cela qu'on se bat, qu'on travaille ou qu'on pédale? Car nous ne devons pas être économes de notre sang?

On t'embrasse Y.   Salut à toi G.

" On naît parmi les hommes, on meurt inconsolé parmi les dieux" R. Char 

11.11.2009

L'enfer est pavé...

Etre ou devenir ce que nous sommes censés être, manque singulièrement d’intérêt. Aussi, quel souffle de fraîcheur de voir certains courtiser les chemins de traverse.

Ainsi,  à l’université de Nanterre, cet étudiant qui devait répondre  à une question de chimie,

 «  L’enfer est-il exothermique ou endothermique ? ».

Il savait évidemment ce que signifie ces termes (exothermique : qui évacue de la chaleur et endothermique : qui absorbe de la chaleur) ; il connaissait également la clé de la réponse attendue, basée sur la loi de Boyle ( si un gaz se dilate il se refroidit et inversement), mais il choisit la tangente que son  professeur, beau joueur, a posté sur le net .

 

«  Premièrement, nous avons besoin de savoir comment varie la masse de l’enfer avec le temps. Nous devons connaître à quel rythme les âmes entrent et sortent de l’enfer. Je pense qu’on peut assumer sans risque qu’une fois entrées en enfer, les âmes n’en sortent plus. Leur nombre est donc infiniment croissant.

De même, pour le calcul du nombre d’entrées en enfer, nous devons regarder le fonctionnement des différentes religions qui existent de par le monde.

La plupart de ces religions affirment que si vous n’êtes pas membres de leur religion, vous irez en enfer. Comme il existe nombre de religions exprimant cette règle et comme les gens n’appartiennent en général qu’à une seule religion, nous pouvons projeter que toutes les âmes vont en enfer, damnées par l’une ou l’autre des religions concurrentes.

Maintenant regardons la vitesse de changement du volume de l’enfer parce que la loi de Boyle spécifie que «  pour que la pression et la température restent identiques en enfer, le volume de l’enfer doit se dilater proportionnellement à l’entrée des âmes ». Par conséquent, cela donne deux possibilités :

-       si l’enfer de dilate à une vitesse moindre que l’entrée des âmes en enfer, alors la température et la pression augmenteront jusqu’à ce que l’enfer éclate.

-       si l’enfer se dilate à une vitesse supérieure à la vitesse d’entrée des âmes , alors la température diminuera jusqu’à ce que l’enfer gèle.

Laquelle choisir ?

 

Si nous acceptons le postulat de ma camarade de cours Jessica m’ayant affirmé en première année «  Il fera froid en enfer avant que je ne couche avec toi » et en tenant compte du fait qu’elle est venue se coucher près de moi  la nuit dernière, alors l’hypothèse doit être vraie ; il fait froid en enfer. Ainsi je suis sûr que l’enfer est exothermique et a déjà gelé.

 Le corollaire de cette théorie c’est que l’enfer ayant gelé il n’accepte plus aucune âme et du coup, il n’existe plus. Laissant ainsi seul le Paradis et prouvant l’existence d’un Etre divin que la nuit dernière Jessica invoquait sans cesse ; «  Oh… mon Dieu ».

 

Et si cette histoire n’est pas véridique, elle n’en est pas moins rafraîchissante.

PS: ce post doit beaucoup à Internet

 

04.11.2009

Le crocodile et le scorpion

Les kinois ont érigé la gouaille, la répartie et la dérision en art existentiel c.-à-d. essentiel à leur survie. Nous partageons avec eux une forme de surréalisme belgo/congolais, telle cette fable du " Crocodile et du scorpion". 

*   *   *   *

Un jour, à Kinshasa, un scorpion demande à son voisin crocodile de l'aider à traverser le fleuve Congo pour se rendre à Brazzaville.

" Je dois visiter ma mère de l'autre coté du fleuve mais je ne sais pas nager. Laissez-moi monter sur votre dos, Monsieur Crocodile ."

Le crocodile se méfie:" Je vous connais vous les scorpions. Quand nous serons au milieu du fleuve, tu me piqueras et nous nous noierons tous les deux".

"Pourquoi ferais-je cela? lui répond le scorpion. Si je vous pique, je meurs noyé."

Devant tant de logique, le crocodile se laisse convaincre et il se mit à l'eau, le scorpion cramponné à son dos.

Soudain, arrivés au milieu du fleuve, le scorpion le pique à la nuque et le crocodile sent la paralysie l'envahir.

"Mais pourquoi as-tu fait cela? lui demande le crocodile avant de perdre connaissance.

Et le scorpion lui répond en glissant sous les eaux:" C'est comme cela. Faut pas chercher, on est encore au Congo, non ? "

*   *   *   *

Cette fable, assez connue à Kinshasa, se trouve en exergue d'un livre récent " Réforme au Congo: attentes et désillusions" dont nous aurons l'occasion de reparler.

Rédigé par un collectif d'intervenants directs dans le domaine du développement, il fait un simple constat;" Les problèmes sont identifiés, les causes et les solutions aussi .... mais les choses vont de mal en pis".

Alors? "Est-ce comme cela et il faut pas chercher. Ou au contraire, il faut chercher, même si on est encore au Congo ? ".  Il le faut car la preuve que quelque chose d'autre est possible, qu'une autre Afrique se profile saute aux yeux .. à Kigali.

03.06.2009

Benda Bilili

Dans les rues de Kinshasa, il n'y a pas seulement des trous, des caniveaux bouchés et des ordures; il y a aussi des handicapés et des shégués.

Ces derniers, les 40.000 enfants qui dorment dans les rues de la capitale congolaise, doivent leur surnom par référence à l'espace Shengen selon les uns, à Che Guevara selon les autres. Eux s'en indiffèrent, tout occupés qu’ils sont à survivre avec pour seules armes la mendicité et les rapines. Orphelins, chassés de chez eux pour cause de sorcellerie, abandonnés ou perdus ils rejoignent rapidement un groupe d’autres shégués car seule l'appartenace à un clan permettra peut-être de subsister.

Ils partagent la rue avec les handicapés, souvent victimes de la polio, qui eux aussi vivent en bande, squattant certains carrefours ou parcs publics et se déplaçant au moyen d’improbables « vélos à bras » customisés. Organisés au sein d’un syndicat virtuel «  La plateforme », ils jouissent  d’un mélange de compassion et de crainte qui  empêche les kinois de se mettre en travers de leur chemin. La vaccination contre la polio fait pourtant l’objet de campagne régulière mais il faut prendre 3 doses orales du vaccin à quelques semaines d’intervalle … sans oublier. Or la relation entre la maladie et les poliovirus n’est pas encore totalement intégrée dans la perception collective congolaise car que pèse un vaccin contre la volonté d’un oncle maternel qui a décidé de votre handicap !

Une étrange alchimie s’est opérée entre ces deux groupes d’exclus : les shégués aident les handicapés qui en retour leur assurent une certaine sécurité.

Parfois la rumba, matinée de « sex machine », s’en mêle et une musique nouvelle monte des caniveaux. Pendant des années, les handicapés grattèrent le soir venu leurs guitares dans les squares pour passer le temps, chanter leur condition et la vie kinoise. Puis les enfants shégués se joignirent à eux jusqu’à ce qu’un belge, musicien et cinéaste les repère. Un ordinateur Mac, quelques micros et amplis suffirent pour capter ces grooves de rumba, reggae et blues mélangés.

 Un premier album est né «  Très Très fort » qui porte bien son nom. L’originalité de cette musique n’est ni sa qualité technique ni même qu’elle soit jouée par 4 guitaristes paraplégiques mais bien sa stupéfiante authenticité. Les voix, les accords et les instruments sont bruts de décoffrage comme cette boite à musique à une seule corde bidouillée par un shégué de 16 ans à partir d’un pot de lait, d’un arc en bois et d’un fil métallique.

Les rues de Kinshasa ne sont pas seulement pleines de trous ; on y perçoit aussi l’écho d’une musique confondante d’un groupe de musiciens qui se sont appelés » Benda Bilili », ce qui veut dire « Regardez (nous) autrement ».

 

 

 

 

 

Toutes les notes