24.11.2009
La main d'Henry
Et si le propre de l’homme n’était pas le « rire » comme le prétendait Bergson mais le « besoin de justice ».
Quelle autre espèce vivante possède, chevillée au corps, ce « désir d’équité » qu’on revendique d’abord pour soi-même, puis, au terme d’un long apprentissage, au bénéfice des autres également. Ainsi, sommes-nous courroucés si on estime être traité injustement et indignés si justice n’est pas rendue à autrui.
Mais à y réfléchir quelque peu, ce qui nous caractérise n’est pas tant un « besoin de justice » qu’un « refus de l’injuste ».
Caïn, fils aîné d’Adam et Eve, n’a-t-il pas tué son frère car Dieu avait refusé son offrande alors qu’il avait accepté celle d’Abel. Voici déjà le premier fils de l’homme qui s’irrite d’une injustice divine et se venge. (Gen 4 – 1 à 9)
Dans un premier temps, ce « refus de l’injustice » s’exprime d’abord par le rejet instinctif de toute discrimination dont on serait victime. Et à ce stade, ce sentiment s’arrête là car on supporte très bien l’inique et l’arbitraire s’ils nous sont favorables. « Ce n’est point parce qu’on craint de la commettre mais c’est parce qu’on craint de la subir qu’on blâme l’injustice » ( Platon).
Mais encore faut-il, pour ressentir de l’injustice, pouvoir se représenter ce qui est juste. Sinon comment souffrir d’une situation, d’un état si on ne peut en imaginer un autre possible, un autre sort, où nous aurions été méritoirement traités. Posséderait-on un sens inné d’une justice immanente qui nous permettrait de juger notre infortune par rapport à un référent de justice auquel nous aurions naturellement droit ? Regarder les enfants apporte un élément de réponse.
Le bambin viendrait-il au monde avec une conception innée de ce qui est juste ou habité d’une dose incommensurable d’égoïsme, nécessaire à sa survie, qui accapare autour de sa petite personne le monde entier, et surtout sa mère. A l’évidence, les enfants en bas âge, s’ils s’accommodent volontiers d’un traitement de faveur, s’emportent s’ils s’estiment lésés. Est-ce par référence à un concept de justice ou par égoïsme ?
Et il leur faudra du temps pour passer progressivement du "refus de l’injuste", qui s’apparente longtemps à une exigence d’appropriation, vers un "désir d’équité" qui requiert d'admettre l’existence équipotente des autres. Le temps de comprendre que la seule façon de ne plus souffrir d’injustice, le prix à payer pour être traité en équité, c’est de reconnaître le même droit aux autres. Le besoin de justice procède du refus de l’injuste. Le désir d’équité n’est pas inné ; il est la résultante acquise du rejet de l’iniquité.
Toute cette réflexion pour en arriver à parler de la main d’Henry, footballeur français qui, lors d’un match contre l’Irlande, contrôla le ballon de la main avant de le passer à un équipier qui marqua le but de la victoire et qualifia les français pour la coupe du monde de foot au détriment des irlandais. Mais voilà, seul l’arbitre n’a pas vu cette faute de main. Les télévisions passèrent en boucle, sous tous les angles, cette séquence et après match, Henry ne put qu’avouer sa tricherie. Mais pour beaucoup, dans ce cas, faute avouée n’est pas pardonnée.
Or, il est impossible pour un joueur, qui n’a même pas marqué le but lui-même, alors que 80.000 personnes hurlent de joie et que ses 10 équipiers lui sautent sur le dos pour le congratuler, de s’extraire calmement de la mêlée pour courir vers l’arbitre : « Excusez Monsieur, mais j’ai fauté ; si, si, je vous assure, vous ne l’avez pas vu mais demandez aux irlandais ».
Il eut fallu que l’arbitre convoquât Thierry Henry et « face to face » lui demande : " As-tu fauté, mon fils ? ». Et Henry, dans ce confessionnal à ciel ouvert, devant 12 caméras n’aurait pas dit : « Que nenni Monsieur, j’avais les mains en poche ».
Mais voilà, l’arbitre ne l’a pas fait ; les français iront un peu penauds ( même pas sûr) en Afrique du Sud, les irlandais méditeront sur l’injustice du sport, Domenech, l’entraîneur des Bleus empochera les 840.000 euros promis en cas de qualification et TFI rentabilisera les 240.000.000 euros payés pour s’attribuer les droits de retransmission télévisée de cette coupe du monde.
On s’accommode très bien d’une injustice sur les terrains de sport, comme dans la vie, si elle nous est favorable et le désir d’équité n’est définitivement pas inné.
Le propre de l’homme ne serait-il pas son égoïsme ?
23:40 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : justice, l humaine condition |
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05.05.2008
Au nom du père
Comparaison n'est pas raison, d'accord mais je ne peux m'empêcher de rapprocher deux situations très différentes ( quoique).
* Une femme autrichienne passa 24 ans dans une cave, récluse par son père qui, au passage ou plutôt en passant, lui fit 7 enfants tout en menant par ailleurs une vie toute à fait normale.
Dédoublement de la personnalité, donc schizophrénie, donc maladie mentale, donc cela ne nous concerne pas. Ouf!
* Un homme américain black (mais c'est certainement un hasard) nommé James Woodard passa 27 ans dans une prison, condamné à la réclusion à vie par la justice de son pays, clamant son innocence avant d'être blanchi (sic) sur base de test ADN.
Il n'est que le 216° condamné à être libéré suite à des tests de cette nature aux USA. Puisqu'ils ne sont pas schizophrènes, les juges qui condamnèrent ces innocents à la réclusion ne doivent plus dormir. Enfin j'espère qu'ils sont insomniaques à vie sinon ils s'apparentent quelque peu aux vrais coupables qui, non contents d'avoir commis leurs crimes, laissent sciemment des innocents en prison. Je suis d'ailleurs d'avis que cette attitude d'indifférence et de lâcheté est pire que l'acte criminel lui-même. Or, je n'ai pas souvenir que ce comportement - laisser porter le chapeau à un innocent - soit, en droit pénal, répréhensible!
Il y a des fêlures dans la nature humaine comme dans la justice des hommes.
09:01 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : justice, terre des hommes |
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23.04.2006
Justice, je crie ton nom
On se plaint souvent de la justice; sa lenteur, son inefficience, son hermétisme, sa complexité. Pourtant depuis la nuit des temps, sous toutes les latitudes et j'ajouterais, en regardant de très jeunes enfants, à tout âge, la justice est une revendication consubstantielle à l'humain.
Son mode opérationnel peut varier avec les époques et les cultures, ses critères et valeurs différer selon les lieux, il n' en reste pas moins qu'elle est existentielle en cela qu'elle pré-existe à son application.On ressent un besoin de justice ou un sentiment d'injustice avant de connaître ou d'organiser les mécanismes de sa mise en oeuvre.
Il n'y aurait ni tribunal ni code pénal que l'on réclamerait justice ou... vengeance.
Car indissociable de la justice est la réparation, le dédommagement, la sanction, en un mot la vengeance.
Alors, qu'est-ce qui est consubstantiel à l'humain? la justice ou la vengeance?
23:56 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : justice |
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Justice internationale
Milosevic est mort depuis plus d' un mois et le TPI ( tribunal international basé à La Haye) est frustré. Tout cela pour ça.
300.000 morts, 2.000.000 de personnes déplacées par l'épuration ethnique, 57 condamnés mais pas le principal inculpé qui, après avoir utilisé tous les moyens dilatoires pour retarder le verdict, a postposé son jugement pour l'éternité.
Ce procès devait être exemplaire; pour les autres dictateurs qui ne perdent rien à attendre, pour le devoir de mémoire dû aux victimes, pour les populations des Balkans mais aussi pour les initiateurs de ce concept de justice internationale qui, en 1996, avaient convaincu l'ONU que la mondialisation devait aussi engendrer cette forme de droit pénal qui transcendrait les cultures et les continents pour s' imposer à tous et partout.
Il fut sérieux ce procès, minutieux et lent. Milosevic comparut pour la première fois devant ses juges en ...2002 et au jour de sa mort il avait encore demandé et obtenu 50 heures supplémentaires pour présenter sa défense devant des juges tétanisés par la crainte de ne pas respecter tous les droits de la défense.
C'est un goût d' inachevé qui flotte sur La Haye même si quelques autres responsables de la tragédie des Balkans devraient encore y être jugés, si on les rattrape!
A Arusha en Tanzanie, c'est un sentiment de lassitude qui flotte sur le TPIR ( tribunal international pour le Rwanda). 12 ans après le plus grave génocide de ces 60 dernières années, le bilan est maigre; 72 arrestations, 27 procès terminés, 28 en cours, 15 encore à l' instruction et 2 décès.
Et sur les 27 sentences; 5 acquittements et 8 condamnés qui forment appel à leur jugement.
Je vous fais grâce des budgets de fonctionnement de ces TPI: astronomiques aux yeux d' un juge rwandais ou d'un enseignant bosniaque.
Mais bon, ils ont le bénéfice d' exister.
Car le TPI pour le Cambodge n'est pas encore constitué 24 ans après le génocide perpétré par les kmers rouges et malgré les démarches de l'ONU. Aux dernières nouvelles, le tribunal pourrait voir le jour prochainement même si Pol Pot ne figurera jamais dans le box des accusés; il est mort depuis 8 ans. Seule une demi-douzaine d'inculpés survivent et avancent doucement vers leur destin.
Comme la justice, cette vieille dame digne qui se hâte lentement.
Pourvu qu'elle reste digne!
23:21 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : justice, africa |
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12.03.2006
La Suisse rembourse
Une journée à Genève sous un crachin glacial.
Le Rhône en crue couvrait les berges piétonnes, ma balade favorite, et même le célèbre jet d'eau du Lac Léman n'osait pas sortir par un temps pareil.
" L'Italie, sous les Borgia, a connu la guerre, les trahisons, la terreur et les meutres mais elle a aussi produit Michel-Ange, Léonard de Vinci et la Renaissance.
En Suisse, ils ont connu 500 ans de paix et de démocratie et ils ont produit l'horloge à coucou".
Je partage un peu le sentiment de l'auteur de cet aphorisme dont j'oublie le nom. Comme je partage l'opinion de Jean Ziegler qui titrait dès 1976 " La Suisse au-dessus de tout soupçon"où les empires occultes des banques et de la finance étaient accusés de contribuer à la paupérisation absolue du Tiers-Monde.
30 ans plus tard, la Suisse essaye de se refaire une façade de moralité - elle qui refuse toujours de rejoindre l' Union européenne pour pouvoir préserver son système bancaire, tout comme la Norvège refuse pour ne pas avoir à partager sa richesse née de ses colossales réserves de gaz et de pétrole .
A ce jour, la Suisse a déjà remboursé usd 1,546 milliard à 13 états étrangers qui, lors d'un changement de régime ( je n'ose pas écrire" lors de l'avènement de la démocratie") ont réclamé la restitution des fonds détournés par les dirigeants précédents.
Restent huit contentieux en cours pour un total de usd 1,6 milliard : le plus petit montant concerne Mobutu soit 7,7 millions réclamés par ses successeurs Kabila père puis fils - le montant le plus élevé revient à Abacha, ex-dictateur du Nigéria, avec usd 700 millions saisis en 1999 .
L'Afrique n'a pas le monopole des coffres hélvétiques ; le Mexique réclame usd 130 millions détournés par l'ancien président Salinas et son frère tandis que l ' Indonésie aurait été pillée par l' ex-président Marcos à hauteur de 356 millions.
Ce faisant, la Suisse n'agit pas par excès de scrupules mais obtempère à la Convention anti-corruption de l' ONU de 2003 qui oblige de restituer l'argent de la corruption à l ' état d'origine. Mais n' en fixe pas les modalités. De sorte qu' il faut d'habitude plus de 10 ans et de multiples procédures avant que les coffres suisses ne s'entrouvrent . Souvent les sommes restituées sont confiées à des organismes internationaux, style banque Mondiale ou FMI, à charge pour ceux-ci de promouvoir des projets de développement au bénéfice de la population.
En tout cas, les kinois attendent toujours!
Sur le lac Léman, l'après-midi, le jet d'eau se lançait à la verticale et retombait, sous l'action du vent, en un rideau d'eau.
C'était joli.
22:43 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : business, justice |
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05.03.2006
Le combat ordinaire
Chaque année, 2000 mineurs d'âge assignent leurs parents devant les tribunaux français pour obtenir une " pension alimentaire" basée sur "l'obligation d'aliments" que les parents doivent à leurs enfants.
A l'antienne " Je te coupe les vivres", ultime menace de parents excédés par la jeunesse débridée de leurs adolescents, répond dorénavant " On s'expliquera au tribunal" d' enfants laissés pour compte par des parents immatures.
* * * *
Un jeune imposteur, qui n'avait pas confiance dans la justice française mais avait lu l'évangile, a usurpé l'identité de mineurs disparus pour réapparaître, tel l'enfant prodigue, et s'immiscer dans des familles, tellement heureuses de retrouver leur fils qu'elles mettaient plus de temps que de raison à constater l'imposture.
* * * *
Ces exemples pour vous dire que la sereine harmonie des familles reste une gageure.
Tous les pères devraient offrir à leurs fils et tous les fils devraient offrir à leurs pères les 3 albums BD de Larcenet " Le combat ordinaire" - un chef-d'oeuvre de décryptage des relations de ces nouveaux adulescents( néologisme) avec leurs pères et leurs compagnes - qui cassent les mythes machos ( le véto est une femme) et éclabousse d'un regard neuf nos certitudes.
Et si les mâles précités réchignent à se faire cadeaux réciproques, que les mères s'y collent et offrent ces moments de grâce à leurs hommes.
PS: voir photo colonne de gauche
21:12 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : loisirs, justice, l humaine condition |
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05.12.2005
Sophisme
Les sophistes sont apparus dans l' histoire de la philosophie grecque pour soutenir qu'il n'y a pas de lois naturelles mais seulement des conventions, pas de vérité mais seulement des opinions.Vaincra donc celui qui excelle dans l'expression de ses avis, la maîtrise des raisonnements ( vrais ou faux puisqu'il n'y a pas de vérité) ou la manipulation du verbe.
Protagoras avait un élève qui lui dit : " Je n'ai pas d'argent pour vous payer mais je m'acquitterai de ma dette lorsque j'aurai, grâce à votre enseignement, gagné mon premier procès ".
Durant 3 ans, l'élève exerça mille métiers sauf celui de plaideur.
Le maître le rencontre au marché et lui rappelle sa dette. " Je ne vous dois rien, rétorque l'élève, car je n'ai jamais gagné de procès".
" Alors je vais te faire un procès, ainsi tu vas plaider" prévient Protagoras.
"En tout état de cause, je ne vous payerai pas. Car si je gagne, c'est que je ne vous dois rien et si je perds, je n'aurai pas encore gagné de procès" ricane l'élève.
" Mauvais élève, tonne le maître, tu me payeras de toute façon, car si je gagne le tribunal t'aura condamné à me payer et si je perds c'est que tu auras gagné ton premier procès".
Heureusement, Platon est arrivé et les sophistes nous laissèrent de belles histoires où chacun croyait, à tort n'est ce pas,avoir raison.
22:44 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : justice |
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04.12.2005
L'ambition
Tout a été dit sur l'affaire d'Outreau qui vit des citoyens français embarqués dans une incroyable affaire de pédophilie non avérée mais qui leur coûta leur vie de couple, des années de prison, d'opprobe et même, pour l'un d'eux, la vie.
Je rajouterais simplement à l'adresse du juge d'instruction, des experts psychologues et psychiatres; " L'ambition sans la compétence est un vol"
20:47 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : justice, citation |
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22.11.2005
Milgram ou la diffusion de la responsabilité
Pour ceux que le concept de responsabilité sociale intéresse, lire le commentaire de Muriel dans le blog du 16/11/2005 " Dans une avalanche". Je crois que cette expérience a été reprise dans un film de Henri Verneuil " I comme Icare" ( ? )
23:59 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinema, justice |
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06.11.2005
Il faudrait qu'on m'explique (2): Justice
Le tribunal de grande instance de Reims a accordé à deux enfants de 7 et 12 ans une indemnisation de Eur 12.500, pour le dommage affectif et moral subi suite à la naissance d'une petite soeur trisomique. Selon les juges, les 2 frères ont pâti "du temps consacré par leur mère à leur soeur" et ont été "témoins de la souffrance de leurs parents". Le gynécologue condamné pour ne pas avoir décelé la trisomie au cours de la grossesse, s'arrangera avec sa compagnie d'assurance.
On croit rêver.
En balancant une telle information en 8 lignes, la presse manque à tous ses devoirs. Elle provoque l'incompréhension et les réactions épidermiques de lecteurs, comme moi, interloqués.
Car de deux choses, l'une.
Soit 2 enfants, manipulés par un ou des adultes et encadrés par un ou des avocats peu scrupuleux, ont réellemnt intenté une action contre le gynéco et ont obtenu gain de cause. Dans ce cas, le syllogisme admis par le tribunal est terrible:
- " si vous aviez prévenu que l'enfant à naître était trisomique, maman aurait pu avorter et nous l'aurions gardé pour nous seuls et en plus nous n'aurions pas eu à voir le chagrin de nos parents."
- "mais vous n'avez rien dit ( et peut-être rien diagnostiqué), donc maman n'a pas pu avorter et voici que l'enfant est né."
- "Et s'il est là c'est de votre faute. Et si nous nous souffrons, de votre faute aussi; donc dommage, donc indemnité."
Je ne relance pas la question de l'avortement thérapeutique, c'est un autre débat.
C'est le monde judiciaire qui est en cause avec le rôle dévastateur de certains avocats et le
processus de judiciarisation des relations humaines.
Soit l'affaire est toute autre, riche de complexité, d'humilité et de compassion. Et au terme d'un
jugement motivé, qui dit le droit aux médecins de se tromper, aux enfants de naître, aux mères de s'occuper des uns et des autres en regard de leurs besoins, aux parents de pleurer et aux enfants de les regarder, peut-être qu'à la marge le tribunal a décidé d'une indemnité, allouée aux enfants pour quelques justes motifs.
Mais de cela la presse ne dit mot. Elle surfe sur l'écume des choses. Danger.
22:59 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : justice, presse |
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