20.07.2011
Débranche
Le chaînon manquant entre l'animal et l'homme, c'est nous".
A voir la façon dont nous traitons notre "humanité", G. Lorenz a peut-être raison. Car à quoi passons-nous les 27.000 jours que nous avons, en moyenne, à vivre sur cette planète? A tenter, peu ou prou, de dominer ce cerveau reptilien qui libère en nous la testostérone qui nous rend agressif, développe notre instinct de possession et d'accaparement. Quand ce n'est pas cette hormone mâle, ce sont d'autres "humeurs" qui toujours nous assujettissent, hommes et femmes à nos errements pulsionnels.
On se rassure en pensant que ces hormones sont indispensables à la survie de notre espèce et que, privés de ces pulsions, notre race risquerait de disparaître de la terre.
C'était le cas hier, le sera-ce encore demain?
Car déjà nous parvenons à reproduire la race humaine in vitro, en éprouvette en choisissant au microscope quelle cellule mâle d'un donneur fécondera telle cellule femelle prélevée après l'activation du système ovarien d'une donneuse.
Plus besoin que les "parents" se rencontrent ou se connaissent.
D'un autre coté, en néonatologie, nous parvenons à "amener à la vie" des prématurissimes de 500 grammes après seulement 22 semaines d'aménorrhée, en les couvant dans une solution aqueuse plongée dans l'obscurité.
Reste donc à trouver une solution pour la période séparant la fécondation in vitro et la 22° semaine. Aujourd'hui, on doit encore avoir recours à une matrice humaine, pas forcément celle de la donneuse d'ovules d'ailleurs. Mais demain, aucun doute que la science construira le réceptacle qui permettra de concevoir, un être humain sans d'autres matériaux que des éprouvettes, des couveuses et un peu d'énergie électrique.
Et lorsque l'embryon aura atteint le 9° mois, on débranchera tous les appareils dans un rituel d'accouchement virtuel. Mais prendra-t-on encore cet enfant dans les bras?
D'étranges dialogues résonneront en maternité.
" Voilà, votre enfant est prêt, on peut le débrancher".
"Quand, maintenant ? Vous ne pourriez pas le garder encore 48h00 (i) car j'ai ma belle-mère qui vient demain et je ne veux pas qu'elle voit l'enfant (ii) car la chambre du petit n'est pas prête (iii) car j'ai un w-e de formation...
De toute façon, on ne sera plus à un jour, une semaine ou un mois près puisqu'il n'y aura plus les contraintes physiologiques de l'accouchement.
Bien sûr, on aura toujours besoin d'une cellule mâle et d'une cellule femelle mais on sera à jamais débarrassé des affres de la fécondation, des incertitudes de la grossesse et des douleurs de l'accouchement.
Sera-ce la fin du monde?
Il n'est pas d'exemple historique où l'homme a renoncé à une avancée scientifique pour des motifs moraux ou éthiques.
Donc on y arrivera. Dans quelques dizaines d'années, nos descendants nous considéreront sans doute avec commisération ou comme des barbares pour nous être reproduits depuis la nuit des temps selon un mode primitif.
Ils seront affranchis de la sanction biblique: " A la femme, il dit: Je multiplierai les peines de tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils" ( Genèse:Le récit du paradis 16)
. Avec quelles conséquences?
* La survie de l'espèce sera entièrement décorrellée de l'activité sexuelle qui elle-même risque de subir de profondes mutations car s'il est vrai que la fonction crée l'organe, on peut craindre pour la pérennité de ce dernier.
* La crainte primale des hommes de voir leur femme porter d'autres enfants que les leurs, à l'origine de tous les sévices portés à la moitié de l'humanité, sera devenue sans objet et toutes les contraintes ancestrales imposées aux femmes au nom de cette hantise n'auront plus ni justifications ni sens.
* Cette évolution ne sera pas égalitaire ni universelle; elle connaîtra des tensions et des contorsions car alors que certaines femmes ne connaîtront plus de l'accouchement que le prélèvement de quelques ovules, la majorité continuera, encore quelque temps, à enfanter sans aucun contrôle ni de leur fécondité ni de leur douleur.
* Le lien vital sera distendu qui favorisera l'eugénisme débarrassé de sa charge émotionnelle
* Un énorme commerce immiscera à tous les étages de cette architecture nouvelle
On sait qu'on y va mais on ne sait pas très bien où!
Ainsi, on sera deux fois débranché dans notre vie; une première fois à la "naissance" et une seconde fois en fin de vie puisque la médecine aura réussi à nous tenir en "vie" tellement longtemps à coup de sondes, de perfusions, de cathéters et de monitorings qu'il faudra bien que les héritiers se décident de débrancher leurs parents le moment venu.
D'étranges dialogues résonneront en gériatrie....
12:54 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : l'humaine condition |
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29.05.2011
L'homme boite
Si DSK n'a pas commis les actes qui lui sont reprochés, c'est un martyr, victime de sa réputation et des chiens qui ont été lâchés à ses basques.
Si DSK a abusé d'une soubrette guinéenne, non seulement il meurtrit une jeune femme qui n'en sortira pas indemne, il bafoue sa famille, détruit sa carrière mais encore il compromet l'avenir de la France, car pendant ce temps-là Sarkozy joue à papa-maman avec Carla et nous, on va en reprendre pour 5 ans!
Qui a dit:" L'homme boite toujours par le sexe et pourtant il est au milieu".
17:24 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : l'humaine condition |
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07.04.2011
Fils de
Qu’ont en commun Romain Hissel et Madoff Junior ?
La mort du père.
Maître Hissel, avocat emblématique des parents de Julie et Mélissa, lui-même tourmenté par des penchants pédophiles, a été poignardé par son fils Romain 20 ans, qui ne pouvait plus supporter ce dédoublement du comportement paternel; contempteur de pratiques condamnables auxquelles il s’adonnait lui-même.
Bernard Madoff, l’auteur de la plus grande escroquerie de l’histoire - une chaîne de Ponzi qui a berné des milliers de déposants pour la somme record de USD 65 milliards - purge une peine de 150 ans de prison aux USA, alors que son fils Mark, à défaut de pouvoir tuer son père, s’est suicidé.
Et ces milliers d’autres enfants qui prennent sur eux les dévoiements et les erreurs de leurs parents dans une sorte de devoir familial de rédemption.
Or les enfants n’ont pas à assumer cette charge ; s’ils peuvent ressentir envers leurs parents quelque reconnaissance ou gratitude, soit ; s’ils éprouvent quelque tendresse tant mieux mais ils ne doivent jamais endosser ni la responsabilité ou la sanction des erreurs parentales. De ce point de vue, ils n’ont strictement rien à devoir à leurs parents.
Tant mieux si les relations sont bonnes ; il en est souvent ainsi et on peut s’en féliciter. La plus grande satisfaction d’un parent reste le développement harmonieux de sa famille comme la plus grande aspiration d’un enfant est de grandir dans une famille aimante.
Mais si les enfants proviennent « de » leurs parents, ils ne sont pas « à » eux et en aucune façon ils ne doivent s’estimer impliqués par les erreurs de leurs géniteurs.
Romain et Mark ont malheureusement cru devoir porter la croix de leurs parents ; à tort.
Par contre, les parents, en toutes circonstances et sans réserves, doivent soutenir leurs enfants, même dans la pire adversité.
Car si les parents lâchent un enfant honni et condamné par la justice des hommes ou de leurs dieux, quels que soient ses crimes, que lui restera-il ? Plus rien ni personne.
Or précisément, si en bout de course il revient à quelqu’un de voir, envers et contre tous, que le damné fut et reste de la race des hommes, ce sont ses parents. Il ne s’agit ni d’innocenter, ni d’excuser, ni même de compatir mais d’assurer par sa simple présence l’appartenance au genre humain.
Et puisque nous sommes tous enfant de quelqu’un et souvent parent, le monde est ainsi fait que les devoirs que nous avons envers nos enfants sont ceux que nos parents nous doivent.
18:04 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : l'humaine condition |
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