20.09.2005
Schröder, Raus?
Le 5 septembre, je disais que Schröder perdrait les élections ( cfr " L'Iran aura sa bombe).
Rien d'original, tout le monde le prédisait car on ne sort pas indemne de tant d'années de pouvoir, marquées par la sécession d'un "ami " et l'émergence d'un million de chomeurs supplémentaires. Laissons Schröder à son bras de fer avec Merkel qui s'apparente à un double suicide politique. Et laissons le règler ses comptes avec Oskar Lafontaine qui, en radicalisant la gauche, lui piqua 8% des votes. La gauche de la gauche avait déjà précipité l'échec de L. Jospin en France; voici qu'elle récidive en Allemagne! Bref, l'Allemagne est mûre pour une coalition originale. La Belgique, championne de l'engineering politique, pourrait ,à cet égard, leur expliquer les vertus des majorités asymétriques, notre dernière trouvaille.
Ce qui interpelle beaucoup plus, fut l'absence, dans le débat électoral, du plus important problème allemand de l'heure ; la dénatalité avec 1,3 enfant par femme.A ce rytme, le pays le plus peuplé d'Europe va connaitre des lendemains douloureux. Non pas tellement parce que le nombre d'allemands va diminuer mais parce que l'Allemagne va mal vieillir. Dans son économie, ses finances, son attitude, ses projets , dans sa tête au risque de devenir une société "enfants non admis".Quand je dis des lendemains, vous aurez rectifié ; des surlendemains car les problèmes vont se poser à l'horizon d'une ou de deux générations et c'est ici que la politique montre ses limites.
On va voter en Allemagne au mieux dans 4 ans, au pire dans 6 mois.Comment capitaliser sur un problème pour lequel aucune politique- aussi volontariste soit elle- ne dégagera de résultats à ( brève) échéance électorale. De plus, ni "das Mädchen" Merkel ni Angela Schröder n'ont d'enfant.
Mais le silence des politiques ne devrait pas empêcher les citoyens de réagir d'autant que, prioritairement, la question de la natalité relève de la sphère privée.Deux chimères biaisent actuellement la perception des hommes et des femmes en âge de procréer.
Le mythe d'abord de l'épanouissement par le travail, la primauté d'une carrière professionnelle, accomplissement naturel du cursus scolaire.Attendre du travail un épanouissement et une reconnaissance est, pour beaucoup, un leurre, soigneusement entretenu par ceux qui s'en servent.Et en aucune facon il ne devrait interférer dans les choix de vie. Mais on connait- pour le vivre- l'hésitation de l'oiseau en cage devant sa grille ouverte.
La deuxième chimère concerne ces 35% d' hommes célibataires de 25 à 35 ans qui revendiquent leur liberté et déclarent ne pas vouloir d' enfant. Quelle liberté? Ils méconnaissent une vérité qu'ils ne pourront découvrir qu'en l'expérimentant et qui est le socle de la vie: la présence de l'enfant est indispensable à la définition de soi.
22:10 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : terre des hommes, l humaine condition |
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