04.06.2010

Insolite mais...

J'ai assisté à mon premier mariage entre deux femmes. 

Insolite.

Insolite, mais précédé du traditionnel "brûlage de culotte" entre copines à la Grand Place.

Insolite, mais deux robes de mariées blanches très classiques.

Insolite, mais chaque mariée conduite devant l'officier de l'état civil au bras de ses parents.

Insolite, mais une suite, en queues de pie et robes longues, précédée de petits enfants, qui faisait aux époux une haie d'honneur à l'Hôtel de ville et sous les frondaisons du jardin ensoleillé. 

Insolite, mais entouré de tellement d'amis et d'amies, majoritairement en couple hétéro, qui, au-delà de voeux de bonheur convenus, se plaisaient à encadrer et à accompagner ce couple, par respect pour son engagement.

Insolite, mais d'une telle sincérité revendiquée sans militantisme et longuement exprimée par elles, leurs proches et les 8 témoins.

Insolite, mais qui s'inscrit dans la démarche classique d'une envie de famille.

Insolite, mais tellement indispensable à leur accomplissement. 

Je ne sais pas pourquoi ces deux jeunes femmes, tout autant iconoclastes que traditionnelles, me remémorent cette phrase:

" Life is not about waiting for the storm to pass, it is about learning to dance in the rain".

Longue et belle vie à vous deux J & A. 

27.03.2010

Les mots pour le dire

 

Souvent, j’accueille de nouveaux employés, signe avec eux des contrats d’emploi et les présente à leurs nouveaux collègues.

Les mots de circonstances arrivent aisément, parsemés de sourires et d’encouragements.


Parfois, je revois ces personnes, quelques mois ou quelques années plus tard, pour un tout autre entretien ; celui de leur licenciement.


Les enjeux, les charges émotionnelles ne sont plus les mêmes ; les mots non plus. A l'embarras que j’éprouve à trouver les mots justes, je présents  la difficulté qu’ils ont à les entendre.

J’appréhende toujours, non pas leurs réactions immédiates assez prévisibles, mais les comportements ultérieurs. A juste titre bouleversés, ils traversent une zone de turbulences et sont  exposés à l’accident ou à la dépression. Aussi, je m’astreins d’abord à leur accorder du temps, lors de l’entretien et les jours suivants. Ensuite, alors qu’ils réclament systématiquement une explication rationnelle ou d’un motif précis, que je suis souvent bien en peine de leur donner et que toute façon ils n'entendent pas, je m’efforce de les amener vers la résilience qui consiste à transformer cette épreuve, non pas en une chance, mais en une opportunité de rebondir vers un possible différent.

Exercice délicat puisqu’ils passent généralement par les étapes classiques de l’incompréhension, du refus, du sentiment d’injustice que les avertissements préalables, explicites ou sous-entendus, n’ont guère prévenus .

Dans cette recherche du juste mot, je rejoins le médecin qui doit annoncer une maladie, le professeur un échec, le juge une condamnation, l’époux une séparation, l’ami un autre chemin ; bref nous tous qui, à un moment ou un autre, devons faire part d’une information qui touche au cœur.

Nous n’avons pas tous la même faculté de nous exprimer. Ni d’entendre. Il ne s’agit pas tant d’une question de vocabulaire que de ton. Lorsque l'annonce est faite, dans toute sa brutalité pour eux, quels que soient les mots utilisés, je continue de parler, de paraphraser, de meubler le temps pour leur laisser celui de déglutir, de reprendre souffle en réfléchissant, à leur tour, aux premiers mots qu'ils vont prononcer dans leur nouveau statut de licenciés. Je vois bien qu'ils ne m'écoutent plus vraiment, qu'ils sont en quête d'eux-mêmes et très, très seuls.

Lorsque la confrontation risque d'être conflictuelle, je demande à une autre personne d'être présente à l'entretien; mais c'est rare car ce tiers rompt le colloque singulier qui doit s'installer pour que le contrat d'emploi seul soit rompu; pas un avenir.


 

 

01.03.2010

La même semaine

 

A Montréal, un copain d'enfance donne son dernier coup de pédale sur un vélo d'exercice dans une salle de sport. Rien ne le prédisposait à rejoindre Goscinny, le père d'Astérix, qui clabota à 51 ans en pédalant dans le cabinet de son cardiologue.

La même semaine à Amsterdam, un nouveau-né pousse son premier cri et la famille s'agrandit.

C'est la vie qui se déroule et s'écoule comme le sang dans nos veines.

Mais parfois, c'est l'hémorragie. Alors la parturiente rejoint les "mamans courage" qui exposent leur vie pour la donner. Elles abordent des contrées qui nous seront à jamais refusées, à nous les hommes tout penauds de rester sur le rivage de la souffrance.

Est-ce pour cela qu'on se bat, qu'on travaille ou qu'on pédale? Car nous ne devons pas être économes de notre sang?

On t'embrasse Y.   Salut à toi G.

" On naît parmi les hommes, on meurt inconsolé parmi les dieux" R. Char 

06.12.2009

Persona

coverENG1

 

J'apprends presque fortuitement qu'un ancien collègue que j'ai beaucoup côtoyé, pas vraiment un ami, doit subir une transplantation cardiaque aussi vite que possible.

Que devrais-je ressentir ?

De la compassion, de l'indifférence, de la peur? Il me semble que ce qui prévaut ressemble à un sentiment de vulnérabilité. Nous avons le même âge, le même parcours professionnel et certains traits de caractère identiques où se mêlent de l'impatience et de l'intransigeance. Je cherche et trouve de justes motifs pour me convaincre que ce qu’il endure ne peut m’arriver. Mais il m’en coûte de ne pouvoir considérer son problème sans le ramener à moi. Quelles qualités faudrait-il pour pouvoir appréhender ce qui nous entoure sans se l’approprier ?

Cette propension égocentriste est parfaitement illustrée dans l'exposition "Persona" actuellement  au musée de Tervuren. 180 masques rituels africains déclinent le thème de l’identité, du respect de soi ou de la représentation de l'Autre. Ils sont regroupés par thème dans une douzaine d’espaces vitrés le long d’un déambulatoire bien documenté. Ce qui compte dans les traditions africaines, ce n’est sûrement pas le  porteur du masque. Celui-ci doit complètement s’effacer au seul profit du message qu’il incarne ; il ne peut, en aucun cas, essayer de s’approprier un rôle dans la cérémonie. Bien sûr, il véhicule avec talent et conviction le rite, mais il n’est pas autorisé à montrer son propre visage au public et, le masque déposé, il doit s’abstenir de toute forme de personnalisation.

Ingénument à deux reprises, le concepteur de l'exposition a placé, au milieu des masques, un miroir à hauteur d'homme. Déambulant lentement devant ces vitrines, attentif aux objets exposés, on aperçoit soudain son propre visage. L'effet est interpellant. Et c’est ici que, pour moi, l’expo prend tout son sens.

La « persona », en latin,  est le masque que tout individu porte pour répondre aux exigences de la vie en société. Pour les uns, notre figure au milieu des masques rituels dans ce musée a, de ce point de vue, tout son sens puisqu’elle n’est qu’un masque parmi d’autres. D’autres pourraient aussi comprendre, en se dévisageant dans la vitrine, que si on avance masqué dans la vie, malgré tous les artifices dont on se pare, on finit toujours par se retrouver face à soi-même. 

Les plus prosaïques enfin y verront la simple l’illustration du mot : «  Si on n’est pas responsable de sa figure, on est responsable de la tronche qu’on tire ». Car à l’évidence, les masques sont bien plus beaux que bien des visages.

Sauf peut-être les masques mortuaires.

  

 

24.11.2009

La main d'Henry

Et si le propre de l’homme n’était pas le « rire » comme le prétendait Bergson mais le « besoin de justice ».

Quelle autre espèce vivante possède, chevillée au corps, ce « désir d’équité » qu’on revendique d’abord pour soi-même, puis, au terme d’un long apprentissage, au bénéfice des autres également. Ainsi, sommes-nous courroucés si on estime être traité injustement et indignés si justice n’est pas rendue à autrui.

Mais à y réfléchir quelque peu, ce qui nous caractérise n’est pas tant un « besoin de justice » qu’un « refus de l’injuste ».

Caïn, fils aîné d’Adam et Eve, n’a-t-il pas tué son frère car Dieu avait refusé son offrande alors qu’il avait accepté celle d’Abel. Voici déjà le premier fils de l’homme qui  s’irrite d’une injustice divine et se venge. (Gen 4 – 1 à 9)

Dans un premier temps, ce  « refus de l’injustice » s’exprime d’abord par le rejet instinctif de toute discrimination dont on serait victime. Et à ce stade, ce sentiment s’arrête là car on supporte très bien l’inique et l’arbitraire s’ils nous sont favorables. «  Ce n’est point parce qu’on craint de la commettre mais c’est parce qu’on craint de la subir qu’on blâme l’injustice » ( Platon).

 

Mais encore faut-il, pour ressentir de l’injustice, pouvoir se représenter ce qui est juste. Sinon comment souffrir d’une situation, d’un état si on ne peut en imaginer un autre possible, un autre sort, où nous aurions été méritoirement  traités. Posséderait-on  un sens inné d’une justice immanente qui nous permettrait  de juger notre infortune par rapport à un référent de justice auquel nous aurions naturellement droit ? Regarder les enfants apporte un élément de réponse.

Le bambin viendrait-il au monde avec une conception innée de ce qui est juste ou habité d’une dose incommensurable d’égoïsme, nécessaire à sa survie, qui accapare autour de sa petite personne le monde entier, et surtout sa mère. A l’évidence, les enfants en bas âge, s’ils s’accommodent volontiers d’un traitement de faveur, s’emportent s’ils s’estiment lésés. Est-ce par référence à un concept de justice ou par égoïsme ?

Et il leur faudra du temps pour passer progressivement du "refus de l’injuste", qui s’apparente longtemps  à une exigence d’appropriation, vers un "désir d’équité" qui requiert d'admettre l’existence équipotente des autres.  Le temps de comprendre que la seule façon de ne plus souffrir d’injustice, le prix à payer pour être traité en équité, c’est de reconnaître le même droit aux autres. Le besoin de justice procède du refus de l’injuste. Le désir d’équité n’est pas inné ; il est la résultante acquise du rejet de l’iniquité.

 

Toute cette réflexion pour en arriver à parler de la main d’Henry, footballeur français qui, lors d’un match contre l’Irlande, contrôla le ballon de la main avant de le passer à un équipier qui marqua le but de la victoire  et qualifia les français pour la coupe du monde de foot au détriment des irlandais. Mais voilà, seul l’arbitre n’a pas vu cette faute de main. Les télévisions passèrent en boucle, sous tous les angles, cette séquence et après match, Henry ne put qu’avouer sa tricherie. Mais pour beaucoup, dans ce cas, faute avouée n’est pas pardonnée.

Or, il est impossible pour un joueur, qui n’a même pas marqué le but lui-même, alors que 80.000 personnes hurlent de joie et que ses 10 équipiers lui sautent sur le dos pour le congratuler, de s’extraire calmement de la mêlée pour courir vers l’arbitre :  «  Excusez Monsieur, mais j’ai fauté ; si, si, je vous assure, vous ne l’avez pas vu mais demandez aux irlandais ».

Il eut fallu que l’arbitre convoquât Thierry Henry et « face to face » lui demande : " As-tu fauté, mon fils ? ». Et Henry, dans ce confessionnal à ciel ouvert, devant 12 caméras n’aurait pas dit :  «  Que nenni Monsieur, j’avais les mains en poche ».

Mais voilà, l’arbitre ne l’a pas fait ; les français iront un peu penauds ( même pas sûr) en Afrique du Sud, les irlandais méditeront sur l’injustice du sport, Domenech, l’entraîneur des Bleus empochera les 840.000 euros promis en cas de qualification et TFI rentabilisera les 240.000.000 euros payés pour s’attribuer les droits de retransmission télévisée de cette coupe du monde.

On s’accommode très bien d’une injustice sur les terrains de sport, comme dans la vie, si elle nous est favorable et le désir d’équité n’est définitivement pas inné.

 

Le propre de l’homme ne serait-il pas son égoïsme ?

 

 

07.09.2008

Pathétique

A la table voisine dans ce restaurant, un homme et une femme cherchent à faire connaissance.

La quarantaine bien entamée, ils se rencontrent manifestement pour la première fois. On ne les écoute pas mais on les entend tant les tables sont rapprochées et tant l'homme met de conviction et d'emphase dans ses propos. Il parle de son boulot, donne des précisions techniques, commente des situations qu'il dut affronter, décrit ses collègues et l'ascendant qu'il a pris sur eux. Elle écoute avec soin, évoque à son tour son métier puis aborde les livres, les films, les programmes télé, la gastronomie, cherchant leurs goûts communs, testant leurs connaissances mutuelles. Ils parlent sans interruption comme si tout ce qui se ressent ou se vit devait être verbalisé, comme s'il fallait à tout prix éviter que le silence ne s'installe. En filigrane leur vie antérieure apparaît malgré leur souci de l'occulter . Lorsque leur échappe un " mon ex" ou " ma fille" ou " avant", l'autre feint de ne pas l'avoir relevé.

C'est gentil, maladroit, égocentrique. Il y a quelque chose de pathétique à devoir passer par là à 45 ans; cette quête de soi à travers l'autre. On n'est plus dans le coup de foudre, la flamme, la passion, le rêve. On aborde les rives du compromis, de l'association, de l'équilibre des prestations. On soupèse les avantages et les inconvénients, les profits et les risques.On est loin de l'innocence de l'adolescence.

Si j'avais été à sa place, je crois que je ne me serais pas mis en face d'elle mais à coté; je n'aurais pas parlé ou si peu. Je l'aurais regardée de temps en temps puis j'aurais attendu, peut-être en vain, de ressentir le syndrome de la madeleine de Proust.

Nous avons quitté le restaurant avant eux. Le week-end est chargé; nous avons un mariage. Notre premier mariage où les futurs époux se sont rencontrés sur internet. 

 

08.07.2008

Mal de vivre

 isabelle-caro-28s

J' aborde ce sujet sur la pointe de la plume car je n'y connais rien, je n'ai même pas lu Freud mais je ressens comme une évidence.

Le drame des anorexies mentales nous laissent souvent les bras ballants car on ne sait comment guérir, soulager ou simplement aider ces jeunes filles( pour la plupart) en perdition. J'en disais déjà deux mots dans un post du 15 octobre 2007 ( Filles de...).

La commission des Affaires Sociales du Sénat vient de voter une résolution relative à la lutte contre l'anorexie, visant à prendre " les mesures appropiées pour éviter l'étalage d'un idéal féminin où la maigreur est la norme". Il s'agirait notamment d'interdire de podium les mannequins et les candidates-miss ou de petit écran les présentatrices de la télé dont l'indice de masse corporelle  ( IMC ) serait inférieur à 18.  Pour rappel l'IMC est le rapport poids / la taille au carré; par exemple, une femme de 50 kgs mesurant 1,65 m a un IMC de 18,3. La maigreur commence à 18,5 , la dénutrition à 16 tandis qu'à l'inverse l'obésité démarre avec un IMC de 30. 

Je crois que l'on se braque trop sur les images véhiculées par ces modèles filiformes. Peut-être influencent-elles les adolescentes mais la majorité des anorexiques sont des jeunes filles intelligentes et dynamiques qui vont chercher leurs repères loin des feuilles glacées des magazines. Voyez le CV impressionnant d'Isabelle Caro qui apparaît sur la photo ou souvenez vous que Laurence Chirac est tombée malade alors qu'elle était une brillante étudiante en médecine.

Je m'interroge car personne ne met en évidence que l'anorexie ne concerne pas seulement les conséquences visibles de l'acte de se nourrir ( grossir )mais bien l'acte lui-même. Le corps humain est entre autres un tube digestif: on avale, on digère, on déféque. Je crains que l'anorexie ait quelque chose à voir avec la négation de ce cycle et soit aussi liée au refus de déféquer. Pas consciemment bien entendu. Mais la quête d'un corps parfait et d'une maîtrise absolue de celui-ci passe sans doute aussi par un stade qui rejette notre anatomie digestive. 

30.05.2008

Le serment d'Hippocrate

Soupçonné d'avoir commis des faux dans le cadre de plusieurs procédures judiciaires, le Président du Tribunal de 1° Instance de Marche, mis sur la sellette pendant des semaines, ne lâchait rien: ni aveux ni son job.La situation devenait ingérable au point que les avocats refusaient de plaider pour défendre leurs clients devant un juge lui-même dans le collimateur de la justice.

Récemment le juge trouva l'échappatoire; il rentra un certificat médical d'un mois. Tout le monde qualifia cette attitude de salutaire; " un geste  d'apaisement nécessaire pour que la justice retrouve la sérénité indispensable à son exercice". Pas moi.

L'ancien ambassadeur de Belgique en France a été démis de ses fonctions pour usage de faux et convoqué devant un comité disciplinaire. Il ne s'y est pas encore présenté, couvert par des certificats médicaux successifs prolongeant son congé de maladie depuis ... octobre 2007.

A se demander le jeu auquel se prêtent certains médecins! Un problème professionnel; un certificat. Un coup de blues; un certificat. Un long week-end en vue; un certificat.

J'exagère? En février dernier le mardi 13, il y eut 2,4 fois plus d'absence-maladie dans les entreprises: c'était la St Valentin. 3,3 fois plus de malades le 19 février; 1° jour de vacances du carnaval. Le 3 septembre, jour de la rentrée des classes, ce n'est pas mal non plus.

Que les travailleurs que nous sommes aspirent à lever le pied, quoi de plus naturel mais la seule solution est-elle cette hypocrisie générale? Et quel étrange jeu de rôles dans le cabinet médical où chacun fait semblant d'y croire.

Tiens, je préférerais encore être vétérinaire.

05.05.2008

Album souvenir

Fille de divorcés, elle a 30 ans. Jeune mariée, elle demande à sa tante:" Aurais-tu gardé des photos du mariage de mes parents. Je n'en ai jamais vues car ni l'un ni l'autre n'en ont conservées".

Heureusement sa tante collectionne les albums et lui remet 7 photos couleurs de ses parents... jeunes, beaux et heureux.

Regardant ces photos, elle dit désabusée;" Ils sont statistiquement fiables;ils sont restés ensemble 12 ans, c'est la moyenne". Puis ;" Quel gâchis!"

Comment faire pour accepter d'être le fruit d'un amour déchiqueté?

21.04.2008

Fille de ... ( suite)

Fourniret a fait beaucoup de dégâts. Sa vie en a détruit tant d'autres. A son procès, les magistrats, les avocats, les parents essayent de le faire parler, avouer, s'excuser ou s'expliquer. En vain. Même Maître Lombard, un ténor du barreau parisien n'y parvient pas.

Bien évidemment. Si aujourd'hui Fourniret répondait à ces suppliques, s'il avait une once de compassion, il aurait  réagi hier aux détresses des enfants qu'il martyrisait. C'est parce qu'il n'est pas de notre humanité qu'il a pu agir comme il l'a fait. Je ne dis pas qu'il n'est pas un humain. Simplement que pour mille et une raisons, il n'est pas de notre humanité. Même s'il a eu une mère. Même s'il a eu des enfants; deux filles jumelles notamment dont l'une, pendant l'instruction, s'est suicidée.

Toutes les notes