04.04.2010
La communion du Namibien
L'Ordre de Malte est une vénérable organisation catholique à vocation humanitaire qui prodigue ses bons soins et ses belles manières dans plus de 120 pays. A Kinshasa, je rencontre un père belge d'un certain âge qui, pour l'Ordre de Malte, se dévoue au chevet des malades et leur apporte l'aide et le soulagement des sacrements.
"Hier, me dit-il, j'ai pu faire la leçon à nos fidèles congolais car un homme de Namibie, alité, a pu me présenter son carnet de mariage."
Je devais paraître étonné, car il continua:" Je leur ai dit; voici un homme venu de loin muni de son carnet, où est le vôtre?"
Comme je ne comprenais pas le sens de cette parabole, il m'expliqua:" Oui, bien sûr, en Europe vous l'avez oublié mais ici nous essayons de l'appliquer: dans la foi catholique, un homme qui n'est pas marié à l'église ne peut pas communier! S'il vit en ménage ou a épousé plusieurs femmes, je ne peux pas lui donner la communion. Pas plus qu'aux divorcés".
"Mais ils sont mourants vos fidèles" me hasardais-je.
" En effet mais pas toujours. Vous comprenez, c'est pour protéger la famille africaine car les 2° ou 3° épouses sont très mal considérées. Ainsi l'Eglise veut-elle rappeler les hommes à la monogamie chrétienne. J'aurais beaucoup plus facile s'ils avaient tous leur livret de mariage" soupira-t-il.
Il feignait de ne pas savoir que, même épouse unique, une veuve est souvent mal traitée par la famille du défunt qui, généralement, lui reprend l'ensemble de ses biens, voire l'oblige à quitter le domicile conjugal. Son argument éducationnel ne me convainquit pas plus qu'il ne persuade les congolais d'adopter la monogamie.
Je fis la moue: "Sur leur lit de mort, vous pourriez faire une exception".
" Ah non,dit-il, car sinon pourquoi le namibien aurait-il pris son carnet de mariage?"
23:49 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : religion |
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31.03.2009
Le pape a raison !
La semaine dernière à Kinshasa, j'ai essayé d'aborder avec mes collègues congolais la polémique née des propos du pape Benoît XVI au sujet de l'usage du préservatif comme moyen de lutte contre le sida. Il avait déclaré, dans l'avion qui l'emmenait en Angola, première étape de son premier voyage en Afrique après 4 ans de pontificat, que le port du préservatif n'était pas "la" solution au problème de cette maladie - ce qui est vrai - et que son usage pourrait aggraver la pandémie - ce qui est inexact. ( voir post du 10-09-2006 ).
La conversation a tourné court car ce sujet n'est normalement pas débattu entre collègues, surtout à une attablée comme la nôtre composée de 4 hommes et 2 femmes. Je ne sais pas si la présence parmi nous d’un ingénieur dans la cinquantaine atteint par la maladie, qui marque son corps et son visage d’une maigreur blafarde, contribua au silence qui suivait mes questions mais je dus changer de sujet sans avoir recueilli leurs opinions.
J’ai forgé la mienne en relisant Abdelmajid Charfi, islamologue tunisien, qui s’exprimait à propos des fatwas qui prolifèrent en terre musulmane et dont la plus célèbre chez nous est la condamnation à mort de Salman Rushdie par l’ayatollah Khomeiny.
En réalité, le pape a raison. Ce n’est pas la réponse papale qui est inappropriée ; c’est la question du journaliste.
La religion relève de la relation à Dieu qui, dans toutes les croyances, est directe, personnelle, silencieuse. Les vecteurs en sont la prière, la méditation, la » communion ». Ceux qui s’insèrent entre l’homme et Dieu, les muftis ou les prêtres, n’ont d’autre rôle que de guider le croyant dans sa démarche vers Dieu. Mais ils ne s’en tiennent pas à cela. Ils ont une fichue tendance à vouloir peser sur le mode de vie des hommes pour leur dicter un comportement qui ne trouve pas ses fondements dans l’essence même de la religion.
Avez-vous remarqué que le catholicisme par exemple a organisé ses sacrements pour cadenasser chaque étape fondatrice de la vie d’un homme ; le baptême à la naissance- la confirmation à l’aube de l’adolescence- le mariage à l’entrée dans la vie adulte- l’extrême-onction au moment de la mort après avoir occupé la journée de repos du dimanche par l’eucharistie et consenti à la pénitence lors de chaque écart de conduite.
Que je sache ni l’ancien, ni le nouveau Testament, pas plus que le Coran n’ont abordé les questions de société actuelles ; ils n’en avaient ni le pouvoir ni le savoir.
Interroger aujourd’hui le pape ou un mufti sur les contingences de nos existences n’a pas de sens. Malheureusement, désorientés par une société civile bancale, nombreux sont ceux qui sollicitent les religions et leurs servants pour les guider dans une vie qui va parfois trop vite pour eux, les laissant désemparés face à leur humaine condition . Alors la lecture des textes sacrés sert de base à l’expression d’avis, d’opinions, de fatwas, de bulles qui visent surtout à figer les valeurs sociétales traditionnelles. La plupart des questions polémiquées relèvent de la vie, de la survie des hommes; pas de leur relation à Dieu.
En vérité, la réponse à nos questionnements ne peut procéder que d’une intériorisation des valeurs de notre espèce vivante - l'espèce humaine - dans sa texture temporelle et relationnelle aux autres espèces et à la planète. C'est un long cheminement auquel doit s'atteler chaque homme et chaque femme, dans une démarche personnelle enrichie par son éducation, sustentée par sa culture et sublimée par ses dieux.
Car les opinions religieuses tranchées, les fatwas et autres excommunications, font partie d’un système où elles jouent un rôle de justification et de légitimation des normes admises dans les sociétés qu’elles entendent contrôler.Les régimes politiques, aujourd'hui encore dans les pays musulmans, instrumentalisent la religion pour asseoir leur pouvoir non démocratique.
Dans la sphère familiale par exemple, les positions religieuses participent à maintenir la primauté de l’homme sur la femme. Cette infériorité de la condition féminine est nécessaire à la suprématie de l’homme au sein des religions. Comment prôner une égalité totale des hommes et des femmes dans les écoles, les foyers ou les bureaux si on la refuse dans les églises ou les mosquées ? Le port du voile n’est qu’un aspect de cet asservissement qui défend aussi la répudiation, le tutorat ou la sororité.
Ainsi, l’opinion religieuse est le signe pour ceux qui la sollicitent d’un comportement de « sujets », de pêcheurs, pas de citoyens libres, autonomes et sûrs de leur foi. Et ceux qui les émettent sont les défenseurs de l’ordre établi qu’il ne s’agit ni de modifier ni de questionner.
Laissons donc la fatwa papale pour ce qu’elle est ; une mauvaise réponse à une mauvaise question.
00:26 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : religion |
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31.07.2007
Voile et chicha
"L'interdiction du port du foulard en France le rend obligatoire dans nos pays" me dit mi-figue, mi-raisin un ami tunisien.
Dans son pays, une circulaire de 1981 ( la 108) interdit le port de "l'habit sectaire" dans tous les lieux publics. Ce texte, rigoureusement respecté et appliqué, assurait la laïcité et l'égalité homme-femme chères à Bourguiba dans la vie quotidienne. Mais récemment, le gouvernement dut exhumer la 108 tant la recrudescence du foulard, voire de la barbe ( également interdite) a pris de l'ampleur.
Non par le fait d'un prosélytisme ismalique radical ou la percée d'un wahhabisme importé, ni par un changement des rapports homme-femme ; la résurgence d'un sentiment religieux " light" traduit une réaction unificatrice face aux agressions ressenties par la communauté musulmane ( la Oumma) en Palestine, Irak, Afghanistan sur le plan international et en Europe sur le plan identitaire.
Tant que l'interdiction du voile émanait des autorités nationales tunisiennes, les citoyens s'y conformaient, avec souvent un sentiment de modernité qu'ils revendiquaient à l'égard des autres pays musulmans. Mais dès que l'injonction fut décrétée dans les pays occidentaux à l'encontre de leurs soeurs exilées, on ressortit le foulard des tiroirs. Il s'agit plus d'une quête identitaire que d'un retour au dogme.
Les pays méditerranéens sont à l'articulation d'une Europe qui attire et d'un Orient qui fascine. La multiplication des chaînes arabes captées par satellite font découvrir une arabité nouvelle à Dubaï, au Quatar, loin des traditions figées, surannées qui éloignaient les jeunes de leurs racines. Et la confrontation d'une nouvelle et possible identité arabo-islamique moderne soutient très bien la comparaison avec TF1 ou Rai Uno !
Sans omettre que cet occident ne parvient toujours pas à régler le problème majeur qui empeste le climat mondial car il humilie, frustre et révolte; le conflit israélo-palestinien. Les reportages sanglants et déchirants qui occupent 45 secondes aux journaux télévisés européens tournent en boucle sur les chaînes arabes que regardent, révulsés, les fumeurs de chicha dans les salons de thé à la tombée du jour.
Si on conteste aux arabes leur tradition du voile et si on les laisse à leur amertume, voici que se multiplient en Europe les bars à chicha où on peut fumer le narguilé, ce mélange de tabac aromatisé, qui ne contient pas plus de substances toxiques que la fumée de tabac mais dans des volumes beaucoup plus important. Alors qu'une bouffée de cigarette contient 35 ml de fumée, soit 3/4 de litre de fumée par cigarette ( ce qui n'est pas rien), le fumeur de chicha, qui aspirerait sur une soirée 30 à 50 bouffées de narguilé, aurait consommé l'équivalent de 40 cigarettes!
Or, selon le "Bulletin épidémiologique hebdomadaire", en France la moitié des moins de 16 ans ont déjà goûté la chicha.
Par jeu, par curiosité, par souci d'appartenance. Comme on porte le voile au même âge.
10:42 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : afrique du nord, religion |
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23.07.2006
United 93 ( Vol 93)
Bon film qui inspire 3 réflexions:
* je prends souvent l'avion sans peur ni palpitations mais les 30 premières minutes du film ont réussi à accélérer mes pulsations cardiaques malgré un scénario connu d' avance. C'est dire qu'il est bien fichu ce film de Paul Greengrass.
* le 11 septembre 2001, lorsque les autorités US prirent conscience de l'ampleur des détournements, ils appelèrent l'armée, la plus puissante du monde. On est très loin de Top Gun ! Cacophonie générale; il n'y avait sur la côte est des USA que 4 ( quatre) avions de chasse opérationnels dont 2 n'étaient pas armés! Le contribuable américain a de quoi s'inquiéter!
* plus sérieusement, dans cet avion United 93, tout le monde priait.
Les passagers récitaient le "Notre Père" car ils devinaient l'issue tragique du détournement et les pirates de l'air remettaient " leur vie et leur foi entre les mains d' Allah" paumes ouvertes vers le ciel.
Pour les uns et pour les autres, le même ciel, le même champ de maïs fracassé au nom du même Dieu, celui d' Abraham et de Moïse!
" Si Dieu a créé le monde, j'espère qu'il a une bonne excuse"

23:01 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cinema, religion |
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30.04.2006
Magnolia
Ce doit être la saison; les mariages et les baptêmes multiplient les parures blanches des mariées et des nouveaux-nés quand fleurissent de blanc les magnolias.
De tous les sacrements et de toutes les cérémonies catholiques, si les messes d'enterrement restent les plus pratiquées, les baptêmes et les mariages, lorsqu'ils sont célébrés, procèdent d'une décision réfléchie que l'on retrouve dans la préparation qui doit beaucoup aux participants.
L'intervention des parents, amis ou témoins individualise la cérémonie et peut véhiculer une sincérité et et une réelle émotion.
Un parrain qui décrit son rôle en disant:" c'est envers toi, petit gars, que je m'engage pour que, si tu tombes, ce soit dans mes bras" a tout compris.
Pendant la suite de la célébration, je ne sais pourquoi, l'image du " Kid" de Charlie Chaplin se superposa à celle du bébé.
En tournant le "Kid", Chaplin savait de quoi il parlait: son père mourut jeune, noyé dans l'alcool et à 7 ans, Charlie fut séparé de son frère et de sa mère, devenue folle.
Ainsi ses parents avaient perdu la maîtrise de leurs vies et lui ses parents. Mais le destin s'acharne car 2 semaines après le début du tournage, Chaplin perd son premier enfant, âgé de 3 ans et peu après l'amour de sa première femme. C'est dire si Charlie Chaplin n'était pas dans un rôle de composition sur le plateau lorsqu'il jouait le clochard qui remplace auprès du Kid le parrain qu'il n'avait pas.
Je ne vénère pas particulièrement C. Chaplin. L'acteur, le cinéaste jamais satisfait avait le goût des très jeunes filles, en épousa quelques- unes, fut leur victime aussi lorqu'il dut leur verser des rentes alimentaires démesurées.
Mais beaucoup lui sera pardonné: car le Kid, ou la scène de la danse des petits pains dans la "Ruée vers l'or ", restent des moments de grâce.

22:38 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : religion, cinema |
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26.02.2006
Le prophète
Tout a été dit et écrit à propos des caricatures du prophète. Je ne voulais rien y ajouter sans avoir pu en parler avec nos partenaires arabes.
Je rentre de Tunisie.
Nos associés, je les connais depuis 5 ans ; nous avons mené à bien des projets industriels, nous nous sommes endettés ensemble pour construire des usines, nous avons négocié des accords commerciaux, bref " business life".
A deux reprises, j'ai lancé la conversation sur les caricatures, ils ont botté en touche; sourires polis, pas d'avis. Une haie de cactus autour du problème.
Je n'ai donc rien à ajouter au débat si ce n'est qu'un sillon de silence s'est creusé entre nous. Peut-être la prochaine fois.
Je ne me serais pas prononcé, si l'occasion m'en fut donnée, sur la liberté d'expression, ses limites juridiques, morales ou civiques ni sur la démocratie ou le respect des religions, encore moins sur la pertinence d'interdire ici la représentation de Mahomet, là le sacerdoce des femmes.
J'aurais rappelé que la chrétienté avait connu des convulsions violentes au 7° siècle entre les iconoclastes et les " orthodoxes", les premiers voulant interdire toute représentation de Dieu, de la Vierge et des saints, les seconds défendant la force de l' image pour la propagation de la foi. La question fut tranchée par un concile. Il donna tort aux iconoclastes et mit fin à une lutte intestine qui fit des dizaines de milliers de morts !
Toute cette saga, partie d'un journal danois que seuls les danois lisent,a démarré lorsque le rédacteur en chef, consterné par l'auto-censure des dessinateurs danois qui refusèrent d'illustrer un livre de vulgarisation sur la vie de Mahomet, s'interrogea:" Pourquoi les danois devraient-ils se censurer au point de se plier à une règle qui concerne une religion majoritairement pratiquée à des milliers de kilomètres de Copenhague?"
De fil en aiguille, d'incompréhensions en maladresses,( voir à ce sujet la présence de Chirac à l'office en hommage au jeune juif assassiné, qui permettra aux arabos-musulmans de dire qu'on a jamais vu un président français aux obsèques d'un jeune musulman victime d'un crime raciste) de récupérations en manipulations par les régimes, le monde musulman a réagi, estimant, pour faire gros, être méprisé et criminalisé.
La seule conclusion que j'en tire c'est que la boite de vitesse du monde est enrayée.
La prolifération des zones de contact entre les hommes, la multiplication des communications qui permettent de faire voyager les idées, les débats, les opinions, les photos, les modes de vivre et de penser vont beaucoup plus vite que n'évoluent nos mentalités, nos compréhensions et nos tolérances.
Nous ne sommes pas prêts à partager tout , tout de suite avec tout le monde.
Les seuls qui se gargarisent de tous ces excès sont les extrémistes de tout bord qui surfent sur la peur de l'autre ; rendez-vous aux prochaines élections communales dans nos villes et nos villages!
En Tunisie, il est un homme qui répondit implicitement à mon attente: le cuisinier. A 125 kms de la capitale, dans une cantine froide, il nous servait des frites froides que nous mangions le manteau sur le dos. Il me dit: " Bon appétit et soyez le bienvenu.Vous serez toujours le bienvenu car chez nous, toutes les religions sont bienvenues, ce qui compte c'est l'homme. Soyez bienvenu."
Tiens, les frites étaient déjà moins froides.
21:59 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : religion |
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22.12.2005
Saturnales
A 6 ou 7 ans, vous fûtes fort déçus d'apprendre que le Père Noël n'était pas...mais chut, on a tous survécu à cette vilénie et malgré cela on dresse le sapin chaque année, rien que pour le plaisir, le nôtre, celui de nos enfants ou petits enfants.
Et pourtant, on vous doit la vérité.
Noël, fête religieuse s'il en est, fut inscrite au calendrier fin décembre, non par souci historique mais essentiellement pour contrecarrer les fêtes païennes célébrées pendant 4 jours à la même période : les Saturnales. Implanter le catholicisme ne fut pas chose aisée et , tout comme Mahommet avait pour objectif premier de lutter contre les idolâtres, les pères de l'Eglise développèrent une politique systématique de cérémonies religieuses aux endroits et dates occupés par des rites païens.
Pourtant les Saturnales ne manquaient pas de charme. Elles étaient célébrées en hommage à Saturne, célèbre mangeur d'enfants mâles, les siens, qu"il s'était engagé à supprimer dès leur naissance pour ne pas avoir de descendance mâle et laisser ainsi la succession ouverte à son frère aîné Titan. Mais madame Saturne, Rhéa , en eut marre de donner la vie à des fils dévorés par leur père et cacha un nouveau-né mâle, Jupiter, qui à l' âge adulte chassa son père du ciel.
Saturne, dépité d'être devenu simple mortel, se réfugia près de Rome et créa une sorte de république modèle basé sur l'égalité des hommes et l'absence de propriété privée; l'âge d'or
C'est pour célébrer ce souvenir que les empereurs romains abolissaient pendant 4 jours le droit des maîtres sur les esclaves, rendaient à ceux-ci leur liberté et interdisaient toute activité autres que les banquets et les siestes ( enfin vous me comprenez).
Ces fêtes libertines ne plurent pas au catholicisme, devenue religion d'état et Noël survint.
Bon, c'est vrai que parfois, comme à Carthage, les Saturnales dérapaient. Sur les côtes tunisiennes, on offrait à Saturne des enfants nouveau-nés mais, comme c'était fête, le bruit des tambours et des flûtes couvraient les cris des immolés .
Allez, dressons quand même un beau sapin.
PS: à gauche un tableau de Goya - Saturne dévorant un de ses fils-
00:47 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : religion |
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06.12.2005
Un cheveu sur la foi
" Toute femme qui prie le chef découvert fait affront à sa tête; c'est comme si elle était tondue. Si donc une femme ne se couvre, alors qu'elle se coupe les cheveux! Mais si c'est une honte pour une femme d'avoir les cheveux tondus, qu'elle se couvre.
L'homme, lui, ne doit pas se couvrir la tête, parce qu'il est l'image et la gloire de Dieu ; quant à la femme, elle est la gloire de l'homme.Ce n'est pas l'homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l'homme; et ce n'est pas l'homme, bien sûr, qui a été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme.
Est-il convenable que la femme prie Dieu la tête découverte?"
J'adore le "bien sûr" qui est symptomatique de l'assurance proférée.
Un verset du Coran?
Raté. Ce sont des versets de la première épître de Saint Paul aux corinthiens( 11-5 et svts).
La relation des religions -ou de ce qui en fut fait - avec les chevelures féminines devrait être psychanalysée!
22:22 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : religion |
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17.11.2005
Opération Torch
Il y a quelques jours, les croyants que nous sommes ont célébré un curieux anniversaire.
Le 8 novembre 1942, les soldats américains débarquèrent pacifiquement au Maroc pour préparer la reconquête de l'Europe. Hommage leur soit rendu.
Mais soucieux de se ménager les faveurs du peuple marocain, alors sous domination française, le président Roosevelt fit largement distribuer un message à la population, concocté par ses conseillers arabisants. Sidérant.
" Louange à Dieu seul, le Clément, le Miséricordieux.
Vous, fils du Maroc, que Dieu vous bénisse, voici venu un grand jour pour vous et pour nous, fils d'Adam, qui aimons la liberté. Nous, américains, combattants de la guerre sainte, sommes venus lutter pour le grand djihad de la liberté. Allumez des feux au sommet des collines, rassemblez vous pour souhaiter la bienvenue à nos frères; que vos femmes les accueillent par des you-yous.
Nous ne sommes pas comme d'autres chrétiens qui vous foulent de leurs pieds. (ndlr les français) Considérez nos soldats comme vos frères. Ce sont des moudjahidine, heureux d'accomplir leur devoir.(...) Que Dieu nous bénisse tous."
(cité dans" Jeune Afrique" n° 2340)
Je tremble à comprendre jour après jour que le sort de l'humanité est entre les mains
d' apprentis sorciers.
Même pas doués.
22:14 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : america, religion |
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30.10.2005
La voix de son Maître
George W. Bush a récemment déclaré à un homme politique étranger abasourdi :" J'ai entendu Dieu me commander d'aller en Afghanistan combattre les talibans et je l'ai fait. Puis il me dit d'aller en Irak instaurer la démocratie et je l'ai fait aussi".
En cela, Bush n'est que l'héritier d'une longue lignée d'hommes et de femmes qui, au cours des siècles, eurent avec Dieu un colloque singulier qui dicta leur action humaine. Pour le meilleur et souvent pour le pire.
Je n'ai pas peur des hommes qui s'adressent à Dieu mais je crains ceux qui entendent des réponses.
22:25 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : america, religion |
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22.10.2005
d'Algérie : ramadan
Je sais que l'abstinence demandée aux musulmans en période de ramadan ne concerne pas seulement l'alimentation et les boissons. Que l'esprit aussi doit éviter de se nourrir de pensées négatives, que l'aumône est recommandée et la réconciliation avec ses proches recherchée.
Je sais également que certains excès, lorsque la fête est à nouveau permise, ternissent l'ambiance ascétique propice à la réflexion et à la célébration de Dieu.
Pour ma part, je me suis contenté de m'essayer au jeûne.
Ce qui n'est pas, en soi, un gros effort pour qui ne fume pas et n'exerce pas de métier lourd.
(A ce propos, le président tunisien Bourguiba avait été condamné en Arabie pour apostasie - le crime le plus grave- après avoir déclaré la primauté du travail sur le jeûne.)
Le plus difficile fut l'absence de café. Une après-midi sans petit noir devient langueur et nonchalence. J'attends 18h pour rompre le jeûne avec un double expresso.
" Très mauvais, me disent mes hôtes, votre estomac n'est pas préparé. Il faut commencer par un verre de lait caillé" . Horresco referens.
13:08 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : afrique du nord, religion |
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03.10.2005
Ramadan
Voici le 9° mois lunaire. Celui du ramadan, période de jeûne et de piété qui mobilise toute la communauté musulmane, de la Mauritanie à l'Indonésie.
Car il faut se rappeler que les arabes, qui peuplent ( pour faire bref) les 22 pays de la Ligue arabe, ne représentent, avec 220 millions de personnes, que la 4° communauté musulmane dans le monde. Loin derrière les indonésiens, les indiens et les malais.
Au total, près de 1,2 milliard de pratiquants. Et ici, on peut réellement parler de pratiquants car, des 5 préceptes de la religion musulmane, le ramadan est probablement celui qui est le mieux observé.
Pas toujours par souci de piété, mais par désir d'appartenance.
Appartenance à une communauté, à une famille qui se réunit, à tour de rôle chez un de ses membres, pour partager l'"iftar", le repas du soir. Celui qui n'aurait pas jeûné, n'aurait pas sa place autour de la table. Et quelle table!
Car les familles rivalisent pour recevoir au mieux leurs invités d'un soir. Jusqu'à l'excès.
Au point que les gouvernements sont appelés à prévoir des plans d'approvisionnements particuliers pour assurer la disponibilité des marchandises pendant cette période de surconsommation. Ils s'inquiètent aussi des augmentations intempestives des prix des denrées alimentaires et des produits festifs.
Certains regrettent cette sécularisation d'une obligation religieuse prise en tenaille entre une surconsommation et une sous-production. Car l'activité économique ralentit singulièrement, impactée par un régime alimentaire strict et des nuits raccourcies entre les veillées familiales et le premier repas avant l'aube.
Mais tout le monde ne s'en plaint pas. A commencer par les chaines de télévisions nationales.
Alors que - hélas- TF1 est la chaine la plus regardée à Alger durant l'année, les chaines nationales reprennent la main pendant le ramadan en programmant des émissions dédicacées à cet évènement dont des sitcoms formatées pour l'occasion.
Le feuilleton, au nom évocateur, " Une famille respectable" est promise à un tabac sur les ondes marocaines à partir de cette semaine. L'audience reprenant, les annonceurs se bousculent dans la tranche horaire 18-22 h et le prix des spots publicitaires s'envolent.
Comme moi pour Tunis demain.
23:10 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : religion, afrique du nord |
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26.08.2005
Frère Roger et Mitterand
"Le Monde" rapporte ,sous la plume de Marie de Hennezel, que Mitterand se rendait une fois par an , non seulement à la roche de Solutré, mais également à Taizé. Il y rencontrait , à défaut de Dieu, le frère Roger qui lui disait;
"Ne parlons pas trop de Dieu, nous l'abimons".
Je trouve cette phrase admirable.
16:09 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : citation, religion |
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