10.09.2006
Sida
La 16° conférence mondiale sur le sida s'est tenue à Toronto au mois d'août. Deux "bronca" pendant cette grand messe où les ONG jouent un rôle capital, dénoncant les disfonctionnements et rappelant les gouvernements, industries pharmaceutiques et autorités morales à leurs devoirs élémentaires. Avec quelques succès d'ailleurs. Faut dire que certains se plaisent à leur donner du grain à moudre.
Ainsi les Etats-Unis lorsqu'ils défendirent leur plan A-B-C soit A pour Abstinence, B pour Being ( être fidèle) et C pour condom si et seulement si A et B ne peuvent absolument pas suffire. Les activistes, le nez dans les statistiques mondiales, ont taxé ce plan d' "angélique".
Ainsi égalementl' Afrique du Sud qui décroche le record morbide du plus haut taux de décès causés par le sida: 320.000 morts en 2005. Pourtant le président sud-africain Mbeki, par ailleurs très présent sur la scène internationale, doute toujours du lien entre le virus et la maladie. Et ne contredit pas sa Ministre de la Santé, Mme Tshabalata, qui préconise publiquement un traitement du sida à base d'ingrédients comme la pomme de terre africaine ou la bettrave. Pour la ministre, la nutrition représente la clé de la guérison et tout malade devrait au moins avoir le choix entre ce traitement et les anti-rétroviraux.
L'incompréhension internationale à l'égard de l'Afrique du Sud à ce propos s'est muée en hostilité déclarée à Toronto car les observateurs craignent une diffusion insidieuse de ce " virus du déni" dans d'autres pays de l' Afrique Australe, partie du monde la plus touchée par le virus avec des taux de prévalence entre 20 et 32% de la population, tant l'Afrique du Sud fait figure de leader d'opinion dans cette région du monde.
Les ONG s'activent aussi dans les prisons sud-africaines où les prisonniers n'ont pas accès aux anti-rétroviraux de sorte que les morts se comptent par centaines et que la principale ONG a déposé plainte pour meurtre contre la Ministre de la Santé!
Comme quoi, malgré Bill et Melinda Gates, le virus a encore de belles années devant lui.
23:37 Écrit par JLH dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : africa, sante |
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21.05.2006
La peste ou le choléra?
L' Angola connait pour le moment la pire épidémie de choléra de son histoire; 1.300 victimes et des millions de personnes menaçées.
Il y a un an, c'est la peste, cet antique fléau endémique, qui attaqua un camp de chercheurs de diamants à Damaseki au Congo, où s'entassaient 7.000 creuseurs dans des conditions de promiscuité effrayantes, propices à la forme la plus redoutable de cette maladie; la peste pulmonaire. L'épidémie a été jugulée par des antibiotiques et l'isolement naturel du camp de sorte que les malades " consignés" qui échappaient à la surveillance mourraient avant d'atteindre la ville.
A la fin des années 70, un convoi fluvial chargé de passagers ( facile à imaginer pour ceux qui ont vu " Congo-River" ) arriva à la hauteur de Kinshasa avec à son bord plusieurs cas de choléra. Le convoi fut bloqué en quarantaine au large, surveillé à distance par des militaires. Dans la capitale les piscines furent vidées, les savons antiseptiques distribués et la consommation de bière en forte progression.
Alors, la peste ou le choléra?
A l'Afrique centrale rien ne sera épargné; elle a toujours eu droit aux deux.
23:20 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : africa, sante |
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07.05.2006
L'épidémie oubliée
Le linguiste dit: " du latin palus, marais".
L'économiste dit: " il ralentit la croissance économique de l'Afrique de 1,3% par an et lui coûte usd 12 milliards par an ".
Le statisticien dit: " 2 millions de morts chaque année et 9 cas sur 10 concernent l'Afrique sub-saharienne".
L ' OMS dit: " vouloir réduire la mortalité de 50 % d' ici 2010".
La femelle du moustique anophèle dit: " cause toujours".
Et le responsable financier de notre filiale congolaise ne dit rien, cloué au fond de son lit par la fièvre.
Le processus itératif de la maladie est singulier.
Tout commence dans l'estomac du moustique où se développe le parasite Plasmodium. Lorsque l'anophèle femelle pique l'homme, elle lui injecte dans le sang sa salive chargée de parasites.Ceux-ci s'installent dans le foie de l'homme, s'y multiplient puis se répandent dans le sang et tuent les globules rouges. L'histoire pourrait s'arrêter là puisque le moustique meurt peu après avoir piqué sa victime et celle-ci, au pire, décède à son tour. Mais la boucle continue si un moustique sain pique à son tour l'homme contaminé. Le moustique suce le sang humain infecté , s' en emplit l' estomac et le cycle recommence.
Donc, l' homme est à la fois victime et chainon indispensable .
Les conférences et programmes se multiplient; Bill & Melinda Gates font un don de usd 258 millions pour soutenir ce "combat sans fin" mais la maladie garde 3 longueurs d'avance :
- car les moustiques résistent de mieux en mieux au DDT et autres insecticides
- car les parasites résistent de plus en plus aux médicaments
- car les pays riches résistent toujours aux pays pauvres.
Pour la malaria comme pour le reste;
" Si t' es blanc c'est tout bon; chinois couçi-couça ; t'es marron c'est pas bon; noir désespoir"
22:44 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : africa, sante |
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04.12.2005
Sida
Le 1° décembre fut organisée la journée mondiale de lutte contre le sida et on reparla, à juste titre, des séropositifs, des malades, des tri-thérapies, du vaccin escompté et des statistiques peu encourageantes.
Il ne faudrait pas sous-estimer un effet collatéral du sida, dévastateur en Afrique: les orphelins du sida. Si tous ne sont pas infectés par le virus, tous sont affectés par la maladie, ces enfants de patients décédés que la " famille africaine au sens large" ne parvient plus à absorber, surtout au Lésotho, au Botswana, en Afrique du sud et centrale. On sait que la mortalité touche surtout la population des jeunes adultes - les 25 à 40 ans- qui, à leur mort, laissent derrière eux charges de famille.
Bien sûr, on crée quelques orphelinats ; bien sûr les parents survivants font ce qu'ils peuvent ( Yvonne, la cuisinière de la société à Kinshasa, une alerte quinqua a 18 - dix huit- enfants à charge à la maison, recueillis au gré du décès de ses soeurs ) mais que faire lorsqu'on est débordé par la masse, comme en Afrique du Sud qui connaït environ 5 millions d'orphelins. Cinq millions.
Ils rejoindront les innombrables enfants des rues, livrés à eux-mêmes, déscolarisés, vivants d'expédients, éduqués ( dressés) par les "grands" dans la rue. Des millions d'enfants qui vont aborder l'âge adulte, peut-être sans virus mais aussi sans formation, sans repères, sans structure tutélaire.
Au total, quoiqu'on fasse et malgré Emmanuelle Béart, par ailleurs charmante ambassadrice de l'Unicef, le sida fabrique une bombe à retardement puisqu'il tue les hommes ( surtout les femmes d'ailleurs) et déstructure les enfants de ses victimes.
21:17 Écrit par JLH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : africa, sante |
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